BULLETIN DE LA m m SOCIETE ZOOLOGIQUE DE FRANGE POUR L'ANNÉE 1908 AV I S Les Membres de la Société sont instamment priés d'adresser, d'une façon impersonnelle, tous les envois d'argent et les mandats à Monsieur le Trésorier de la Société zoologique de France 28, rue Serpente.. Paris (Vie). BULLETIN J DE LA SOCIÉTÉ ZOOÉOIIIOUÉ DE l'UANCIÏ RECONNUE D'UTILITE PUBLIQUE TRENTE -TROISIEME VOLUME ANNÉE 1908 PARIS AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE FRANGE 28, rue Serpente (Hôtel des Sociétés swantus) 1908 Extrait du règlement de la Société zoologique de France Art. 3. — Les membres titulaires doivent payer un droit fixe d'entrée de 10 francs Les membres titulaires se divisent en trois catégories : 1° Membres ordinaires, qui doivent payer une cotisation annuelle de 20 francs; "2° Membres à vie, qui s'affranchissent du paiement de la cotisation annuelle par le versement, en une seule fois, ou au moyen de trois annuités consécutives, d'une somme de 300 francs. Les sommes versées à ce litre restent, en tous cas, définitive- ment; acquises à la Société ; 3° Membres donateurs, ayant versé une somme d'au moins oOO francs Art. 10. — La cotisation annuelle est due et se perçoit à partir du 1 er janvier; elle devra être transmise sans frais au Trésorier; toutefois la Société pourra faire toucher, à domicile, aux frais du débiteur. Les membres démissionnaires ne seront dégagés de la coti- sation que pour les années qui suivront celle de leur démis- sion (1). Art. 11. — Tout membre qui n'aura pas payé sa cotisation cessera de recevoir les publications de l'année courante. Après trois années de non-paiement, il sera considéré comme démis- sionnaire. (1) Art. 4 de la loi de 1001 sur les Associations. — Tout membre d'une Asso- ciation qui n'est pas fondée pour un temps déterminé peut s'en retirer en tout temps, après paiement des cotisations échues et de l'année courante, nonobstant toute clause contraire. LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ AU 1er FÉVRIER 1908. Avec la date de leur admission Le nom des Membres fondateurs est précédé de la lettre F. SECRÉTAIRE GÉNÉRAL HONORAIRE F Blanchard (Prof. Raphaël), élu le 18 décembre 1900. MEMBRES HONORAIRES 1894. Agassiz (Alexander), directeur du Musée de zoologie comparée de Harvard Collège, à Cambridge, Mass. (Etatg-Unis) . F Barboza du Bocage (prof. José-Vicente), membre de l'Aca- démie royale des sciences, à Lisbonne (Portugal). 1893. Beneden (Edouard Van) membre de l'Académie royale de Belgique, professeur à l'Université de Liège (Belgique). 1905. Carlos I er (S. M. don), roi de Portugal, palacio das iNecessidades, à Lisbonne (Portugal). 1901. Fabre (J. H.), membre correspondant de l'Institut, à <- Sérignan (Vaucluse). 1901 . Grassi, professeur d'anatomie comparée à l'Université, 92, via Agostino Depretis, à Rome (Italie . 1878. Gunthlr (D r Albert), F. R. S., directeur de la section zoologique du British Muséum, à Londres (Angleterre). 1901. Ijima (Isao), professeur de zoologie à l'Université (Col- lège of science^, à Tokio (Japon). 1901 . Laveran (À.) membre de l'Institut, membre de l'Académie de médecine, 23, rue du Montparnasse, à Paris (t> c ). 1894. Lilljeborg (W.), professeur émérite à l'Université d'Upsal (Suède). 1894. Môbius (K.), directeur du Musée zoologique, 43, Invali- denstrasse, à Berlin (Allemagne). 1897. Murray (Sir John), Ph. D., directeur des publications de l'expédition du Challenger, Challenger lodge, Wardie, à Edimbourg (Ecosse"!. VI 1897. Nansen (prof. Fricltjof), ministre de Norvège à Londres. F Sharpe (H. Bowdler), F. L. S., chargé de la section orni- thologique du British Muséum, à Londres (Angleterre). 1901. Schllze (F. E.), directeur de l'Institut zoologique, 43, Invalidenstrasse, à Berlin (Allemagne). 1903. Zograf (D r Nicolas de), professeur à l'Université (Musée polytechnique), à Moscou (Russie). MEMBRES CORRESPONDANTS 1893. Brusina (Spiridion), professeur à l'Université, directeur du Musée national zoologique à Agram (Croatie). 1905. Bu.n (Odôn de), sénateur, directeur du laboratoire de biologie marine des Baléares, professeur à l'Université de Barcelone (Espagne). 1886* Dugès (D r Alfred), consul de France, à Guanajuato (Mexique). 1888. Fritch (D r Anton), professeur à l'Université de Bohême, à Prague (Bohême). 1896. G raffL. VoiN), professeur à l'Université de G raz (Au triche). 1890. Horst (D r B.), conservateur au Musée d'histoire natu- relle, à Leydo (Hollande). 1897. Sluiter (G. Pb.), professeur à l'Université, à Amsterdam (Hollande). 190 ï. Strebfl (Hermann), au Musée zoologique, à Hambouig (Allemagne). 1891. Vejdovsky (Franz), professeur à l'Université de Bohême, à Prague (Bohème). MEMBRES DONATEURS DÉCÉDÉS (*) F Branicki (comte Constantin), décédé en 1884. 1888. Chancel (M lle Aline), décédée en 1889. 1888. Guerne (baron Frédéric de), décédé en 1888. F Hamon ville (baron d'), décédé en 1899. F Hugo (comte Léopold), décédé en 1895. 1880. Schlumbërger (Charles), décédé en 1905. 1876. Semallé (vicomte René de), décédé en 1894. F Vian (Jules), décédé eu 1904. (1) Par une délibération en date du 25 janvier 1885, le Conseil a décidé de main- tenir perpétuellement en léte du Bulletin la liste des Membres donateurs décédés. VII MEMBRES TITULAIRES (*) 1903. Abric (Paul), licencié ès-sciences, 46, quai Debillv, à Paris (1G C ). 1897. Aconin (Georges', avocat, 8, rue Sophie-Germain, à Paris (14 e ). 1890. Albert I er (S. A. S.), prince de Monaco [membre dona- teur), correspondant de l'Institut, 10, avenue du Tro- cadéro, à Paris (16°). 1889. Alluaud (Charles), 3, rue du Dragon, à Paris (6 e ). 1892. André (E.), notaire honoraire, 17, rue des Promenades, à Gray (Haute-Saône). 1906. Anfrie (Emile), naturaliste, 3, rue de Paris, à Lisieux (Calvados). 1905 Anthony (D r Raoul), préparateur au Muséum, 12, rue Chevert, à Paris (7 e ). 1896. Arechavaleta (D r José ), directeur général du Muséum national, 369, calle Uruguay, à Montevideo (Uruguay). 1906. Arenberg (Prince Ernest d'), 10, rue d'Astorg, à Paris (8 e ) 10. 1893. Arrigoni degli Oddi (comte), professeur à l'Université, à Padoue (Italie). 1897. Artault (D r Stéphen), 2, rue Boutarel, à Paris (4 e ). 1895. Aubert (Marius), aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle, palais de Longchamp, à Marseille (Bou- ches-du- Rhône). 1880. Bambeke (D r Charles van), professeur à l'Université, 7, rue Haute, à Gand (Belgique). 1880. Barrois (D r Théodore), professeur à l'Université, 220, rue Solférino, à Lille (Nord). 1879. Bavay (Arthur), pharmacien en chef de la marine, en retraite, 82, rue Lauriston, à Paris (16°). 1903. Beauchamp (D r Paul Marais de), préparateur à la Faculté des sciences, 16, rue de Bagneux, à Paris (6°). 1901. Beauclair (Henri) vétérinaire à Cherré, commune de la Ferlé-Bernard (Sarthe). 1889. Bedot (D r Maurice), directeur du Musée d'histoire naturelle, professeur à l'Université, à Genève (Suisse). 1904. Bellard (D r E. P. de), médecin-chirurgien, à La Ceïba (Honduras). 1 La Société s'est vue dans la nécessité de rayer de la liste des membres un certain nombre de personnes qui avaient négligé de payer leur cotisation (Art. Il du règlement). VIII MEMBRES TITULAIRES 20. 1906. Berner (Paul), directeur de l'Ecole d'horlogerie, à La Chaux de Fonds (Suisse). F Besnard (Auguste), conducteur des ponts et chaussées, 08, route de Laval, au Mans (Sarthe). 1904. Best (D r W. II. G. IL), 98, rue de Longchamp, à Paris (16 e ). 1884. Bibliothèque de l'Université et de l'Etat, à Strasbourg (Alsace . 1889. Bibliothèque de l'Université, à Grenoble (Isère). 1890. Bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle, 2, rue de Buffon, à Paris (o e ). 1892. Bibliothèque du Musée des Invertébrés, 19, via Romana, à Florence (Italie). 1892. Bibliothèque de l'Université, à Rennes (Ille-et- Vilaine) . 1884. Bignon (M llB Fanny), docteur ès-sciencesl professeur à l'Ecole Edgard-Quinet, 162, rue du faubourg Pois- sonnière, à Paris (10 e ). 1884. Binot (D r Jean), chef de laboratoire à l'Institut Pasteur, 22, rue Cassette, à Paris (6 e ). 30. 1906. Blaizot (Ludovic), préparateur à la Faculté de médecine, 4, rue Flatters, à Paris (5 e ). 1891 . Blanc (Edouard) , (membre àvie) , explorateur, à la Société de Géographie, 184, boulevard Saint-Germain, à Paris(6°). 1892. Blanchard (M mc Raphaël), {membre donateur), 226, bou- levard Saint-Germain, à Paris (7 e ). F Blanchard (D r Raphaël), (membre donateur), professeur à l'Université, membre de l'Académie de médecine, 226, boulevard Saint-Germain, à Paris (7 e ). 1889. Blasius (professeur Wilhelm), directeur du Musée d'his- toire naturelle, 7, Gaussstrasse, à Brunswick (Alle- magnej 1905. Blatin (D r Marc), 46, rue de Grenelle, à Paris (7 e ). 1881 . Blonay (Roger de), 23, rue deLarochefoucauld,à Paris (9 e ). 1904. Bohn (D r Georges), préparateur-chef de zoologie à la Faculté des sciences, 8, rue des Toulouses, à Fontenay- aux-Roses (Seine). 1883 . Bolivar (Ignacio), professeur d'entomologie à l'Université, 17, paseo de G. Martinez Campos, à Madrid;'(Espagne). 1882. Bonaparte (le prince Roland), (membre donateur), membre de l'Institut, 10, avenue d'Iéna, à Paris (16°). 40. 1898. Bondouy (Th.), préparateur à la Faculté des sciences, à Rennes (Ille-et- Vilaine). MEMBRES TITULAIRES IX 1893. Bonnaire (D r E.), professeur agrégé à l'Université, accoucheur des hôpitaux, 134, rue de Grenelle, à Paris (7 e ). 1907. Bonnet (Alexandre)^ 30 l,,s , boulevard Bineau, à Neuilly- sur-Seine (Seine). 1903. Bonnet (Aincdée), [membre donateur), préparateur à la Faculté des sciences, 1, quai de la Guillotière, à Lyon (Rhône). 1904. Borcéa Jean), docteur ès-seiences, maître de conférences à l'Université, à Jassy (Roumanie . 1906 Bordas (D r L. . maître de conférences à la Faculté des sciences, à' Rennes (llle-et- Vilaine). 1904. Boubée (Ernest), naturaliste, 3, place Saint-André-des- Arts, à Paris (6 e ). 1905 Bourgeois (Jules», à Sainte -Marie-aux-Mines (Aisace- Lorraine) . 1897 . Boutan (D r Louis), maître de conférences à l'Université de Paris, directeur de la Mission pour l'exploration scien- tifique de rindo-Chine, à Hanoï (Toulon . 1890. Bouvier (E. L.), membre de l'Inslitut, professeur au Muséum d'histoire naturelle, 7, boulevard Arago, à Paris (13 e . 50. 1893. Brabant (Edouard), "au château de l'Alouette, près Cam- brai (Nord). 1889. Branicki (comte Xavier), (membre à vie), 10, rueWiejska, à Varsovie (Russie). 1892. Brian (Alfred;, (membre donateur), 6, via San Sebastiano, à Gênes (Italie). 1894. Brolemann (Henri), [membre à vie), directeur de la suc- cursale du Comptoir national d'escompte, à Pau Basses-Pyrénées). 1896. Brumpt (D r Emile), docteur ès-sciences, professeur agrégé à la Faculté de médecine, 1, rue Dupuytren. à Paris (G). 1896. Bruyant, professeur suppléant à l'Ecole de médecine, 26, rue Gaultier- de -Biauzat, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). 1892- Bucret Gaston), rue de i'Ecu, à Romorantin (Loir-et- Cher). 1904. BuGNiON (D r Edouard), professeur d'embryologie à /a Faculté de médecine, villa Montméry, Florissant, à Genève (Suisse;. MKMIHIKS TITULAIRES 1897. Bujor (D r Paul), professeur de zoologie à la Facullé des sciences de l'Université, à Jassy (Roumanie). F Bureau (D r Louis), [membre à vie), directeur du Musée, professeur a l'Ecole de médecine, 15, rue Gresset, à Nantes (Loire-Inférieure). 60. 190*2 Calvet (Louis), sous-directeur de la Station zoologique de Cette, chargé d'un cours de zoologie (P. C. N.), à la Faculté des sciences de Montpellier (Hérault). 1889. Camerano (D r Lorenzo), professeur à l'Université, palazzo Carignano, à Turin (Italie). 1902. Carié (Paul), (membre donateur), 40, boulevard de Courcelles, à Paris (17 e ). 1895. Caustier (Eugène), professeur au lycée Saint-Louis, 32, rue Lacépède, à Paris (5 e ). 1903. Caziot (Commandant), 21, quai Lunel, à Nice (Alpes- Maritimes). 1903. Certes (M m0 Adrien), 53, rue de Varenne, à Paris (7°). 1907. Chabot (Fernand), ingénieur-architecte, à Ault (Somme). 1891. Chancel (M mc Marius), (membre donateur), 226, boule- vard Saint-Germain, à Paris (7°). 1906. Chappellier (Albert), 46, faubourg Poissonnière, à Paris (9°). 1900 . Charlot (M Uo Julie), 40, rue des Saints-Pères, à Paris (7 e ). 70. 1907. Chatelet (C), greffier du Conseil de préfecture, 32, rue du Vieux-Sextier, à Avignon (Vaucluse). 1883. Chatin (D r Joannès), membre de l'Institut, professeur à l'Université, 174, boulevard Saint-Germain, à Paris (6 U ). 1904. Chatton (Edouard), préparateur à l'Institut Pasteur, 25, rue Dutot, à Paris (15 e ). 1891. Chaves (Francisco Ali'onso), directeur de l'Observatoire météorologique, a Ponta Delgada, île Sao Miguel (Açores). 1884. Chevreux (Edouard), (membre donateur), route du Cap, à Bône (Algérie). 1891. Chevreux (M Uo ), (membre à vie), 131, Grande-Rue, à Boulogne-sur-Seine (Seine). 1907. Chopard (Lucien), 98, boulevard St-Germain, à Paris (5 e ). 1888. Claybrooké (Jean de), 5, rue de Sontay, à Paris (16 e ). 1881. Clément (A. L.), [membre, à vie), dessinateur, 34, rue Lacépède, à Paris (5°). 1887. Cosmovici (D r Léon C.), professeur à l'Université, 11, Stephan cel marc, à Jassy (Roumanie). MBMBRES TITULAIRES XI 80 1900. Coutièrk ( D r II.., professeur à l'Ecole supérieure de phar- macie, 12, rue Notre-Dame-des-Champs, à Paris (0 e ). 1905. Cratunesco (M mo Eugénie), 1, avenue de l'Observatoire à; Paris (6°). 1905. Dabija (M lle ), 35, avenue Friedland, à Paris (8 e ). 1895 . Dalmas (comte Raymond de), 26, rue de B.erri, à Paris (8 e ). 1906. Dalmon (D r Henri., à Bourron-Mariotte (Seine-et-Marne). 1904. Dambeza, {membre à vie), avocat au Conseil d'État et à la Cour de Cassation, 5, rue de Villersexel, à Paris (7 e ). 1907. Danois (Edouard), naturaliste du service scientifique des pèches maritimes, au laboratoire Lacaze-Duthiers, à Roscoff (Finistère). 1902. Darboux (G.), [membre donateur), chargé de cours à la Faculté des sciences, 53, boulevard Périer, à Mar- seille (Bouches-du-Rhône) . 1884. Dautzenbicrg (Philippe), [membre donateur), 209, rue de l'Université, à Paris (7 e ). 1901. Dave.nport (Charles), directorofthe Station for expérimental Evolution of Cold spring Harbor, Carnegie Institution, New- York (États-Unis).' 90. 1898. Davenière (D r Emile), licencié ès-sciences, 36, boulevard de La Tour-Maubourg, à Paris (7 e ). 1904. Debreuil (Charles), avocat a la Cour d'appel, 25, rue de Chàteaudun, à Paris (9 e ). 1907. Dehaut (Georges), 121 bis , rue de la Pompe, à Paris [16 . 1887. Delage (D r Yves), membre de l'Institut, professeur à l'Université, à la Sorbonne, Paris (5 e ). 1876. Demaison (Louis), archiviste, 21, rue INicolas-Perseval, à Reims (Marne). 1901. Dessalle (L. A.), 4, allée des Fontainiers, à Digne (Basses- Alpes . F Dollfus (Adrien), directeur de la Feuille des jeunes na- turalistes, 35, rue Pierre-Charron, à Paris (8 e ). 1892. Dollfus (Gustave), [membre à vie), 45, rue de Chabrol, à Paris (10°). 1897. Domet de Vorges (Albert), licencié ès-sciences naturelles, 4, avenue Thiers, à Compiègne (Oise). 1887. Domimci (D r Henri), licencié ès-sciences, directeur do Sanatorium du Mont des Oiseaux, à Hyères (Var). 100. 1877. Douvillé (H.), professeur à l'École des Mines, 207, bou- levard Saint-Germain, à Paris (7 e ). 1902 . Dubar, docteur en médecine, 73, rue Caumartin, à Paris (9 e ) . XII MEMBRES TITULAIRES 1876. Dlrois (Alphonse), docteur ès-sciences, conservateur honoraire du Musée royal d'histoire naturelle, 42, rue des Chalets, à Uccle, Brabant (Belgique). 1897. Duboscq (D r 0.), professeur de zoologie à la Faculté des sciences, à Montpellier (Hérault). 1905. Difurmier (M mc A.), née Pogor, 4, rue Dangeau, à Paris (16-). 1902. Dïé (D r Léon), 123, avenue de Wagram, à Paris (17°). 1895 Elllngsen (Edvard), à Kragero (Norvège). 1887. Emery (D r Emile), médecin de Saint-Lazare, 105, rue Saint-Lazare, à Paris (8 e ). 1905. Fage (Louis), préparateur au laboratoire Arago, à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), 88 bis, avenue Kléber, à Paris (16 e ). 1907. Falgutère (Willie), instituteur public, 92, rue Gambetta, à Suresne (Seine). 110. 1908. Fadré-Fremiet (Emmanuel), artiste peintre, 154, boule- vard Malesherbes, à Paris (8 e ). 1884. Faurot (D r Lionel), {membre à vie), 1, rue Gustave- Nadaud, à Paris (10 e ). 1904. Fayette (D r ), à Saint-Bel (Rhône). 1902. Ferdinand I er (S. A.R.),^nnceàeBu\gaxie(membre donateur), àSophia(Bulg'arie). Direction de la Bibliothèque princière. 1906. Fiault (Léon), 29, avenue de Ségur, à Paris (15 e ). 1893. Field (D r Herbert Haviland. directeur du Concilium bibliographicum, 9, Kôllikerstrasse, à Zurich-Neu- miïnster (Suisse). 1894 Fischer (Henri), docteur ès-sciences, chef de travaux pratiques à la Faculté des sciences, 51, boulevard Saint-Michel, a Paris (5 e ). 1895. Fockeu (D r Henri), professeur à la Faculté de médecine, 34, rue Barthélemy-Delespaul, à Lille (Nord). 1905. Fol (M 110 Alice), licenciée ès-sciences naturelles, 90, rue d'Assas, à Paris (6 e ). 1905. Fouad (Izzet, Salah el Din), 104, rue de la Tour, à Paris (16 e ). 120. 1900. François (Ph.), docteur ès-sciences, chef de travaux pratiques à la Sorbonne, 20, rue des Fossés-Saint- Jacques, à Paris (5°). 1897. Freyssinge (Louis), licencié ès-sciences, pharmacien, 83, rue de Bennes, à Paris (6 e ). 1890. Friedlànder (B.) et fils, libraires, 11, Carlstrasse, à Berlin (Allemagne). Membres titulaires xm 1881. Gadeau de Kerville (Henri), {membre donateur), 7, rue Dupont, à Rouen (Seine-Inférieure). 1900. Garcia Camzares (D r Philippe), professeur d'histoire naturelle, 110, calle de Consulado, à La Havane (Cuba). 1880. Garman (Samuel), assistant of Ichthyology and Herpe- tology at the Muséum of Comparative Zoology, at Harvard Collège, à Cambridge, Mass. (États-Unis). 1894. Gaudry (Albert), membre de l'Institut, professeur au Muséum d'histoire naturelle, 7 bis, rue des Saints- Pères, à Paris (6°). 1895. Gaulle (Jules de), 41, rue de Vaugirard, à Paris (6 e ). 1879. Gazagnaire (Joseph;, 29, rue Centrale, ;\ Cannes (Alpes- Maritimes). 1907 . Gedoelst (Louis), professeur à l'Ecole vétérinaire, 31, rue Jourdan, à Bruxelles (Belgique). 130. 1905. George (E.), étudiant, 91, boulevard Beaumarchais, à Paris (3 e ). 1899. Georgevitcfi (Jivoïn), professeur de zoologie à l'Univer- sité, à Belgrade (Serbie). 1905. Germain (Louis), licencié ès-sciences, 20, rue Covpel, à Paris (13°). 1887. Girod (D r Paul 1 , professeur a l'Université, à Clermont- Ferrand (Puy-de-Dôme) . 1890. Girodon (Alphonse), 7, quai Saint-Clair, à Lyon (Rhône). 190G. Glandaz (Albert), greffier en chef au tribunal de Com- merce, 87, rue Ampère, à Paris (17 e ). 1903. Goeldi (prof. Emile A.), {membre à vie), 36, Ziegler- strasse, à Berne (Suisse). 1900 Grandidier (Guillaume), chargé de missions scientifiques à Madagascar. 2, rue Goethe, a Paris (16 e ). 1902. Gréban {membre à vie), notaire, rue de Paris, à Saint- Germain-en-Laye (Seine-et-Oise). 1905. Grobon (D.), médecin-vétérinaire, 7, rue des Filles- Saint-Thomas, à Paris (2 e ). 140. 1891. Gruvel (A.), directeur des pêcheries de la côte occi- dentale d'Afrique, 4, rue Lagarde, à Paris (5 e ). 1900. Guérin-Ganiyet (J.), docteur ès-sciences, naturaliste attaché au service scientifique des pêches mari- times, au laboratoire maritime, à Concarneau (Finis- tère). 1880. Guerne (baron Jules de), (membre donateur), 6, rue de Tournon, à Paris (6 e ). XIV MEMRRES TITULAIRES 1895. Guiart (D r Jules), (membre donateur), docteur ès-scien- ces, professeur à la Faculté de médecine, 36, quai de la Charité, à Lyon (Rhône). 1880 Guitel (Frédéric), professeur à la Faculté des sciences, 32, rue Gurvand, à Rennes (Ille-et- Vilaine). 1891. Hakki (Ismaïl), professeur aux Ecoles vétérinaires mili- taire et civile, vétérinaire de la Société des tramways, à Constantinople (Turquie). 1891. Hallez (D r Paul), professeur à l'Université, à Lille (Nord). 1900. Hamonville (baron d'), (membre à vie), au château de Manonville, par Noviant-aux -Prés (Meurthe-et-Moselle). 1888 II&cfît (D r Emile), chef de travaux à la Faculté des sciences, 12, rue Victor-Hugo, à Nancy (Meurthe-et- Moselle). 1902. Henry, répétiteur à l'École Vétérinaire, à Alfort (Seine). 150. 1886. Hérouard (Edgar), (membre à vie), maître de conférences de zoologie à l'Université, sous-directeur du labora- toire de Roscoff, 9, rue de l'Eperon, à Paris (6e). 1891. Herrera (Alphonse), aide-naturaliste au Muséum na- tional, à Mexico (Mexique). 1889. Hertwi6 (D r Richard), professeur de zoologie à l'Uni- versité de Munich (Bavière). 1900. Hércbel (Marcel), préparateur à la Sorbonne, 112, rue Monge, à Paris (5 e ). 1896. Houssaye (Emile), pharmacien de l'Assistance publique, 5, rue de l'Epée-de-Bois, à Paris (5 e ). 1906. Hugues (Albert), à Saint-Geniès-de-Malgoires (Gard). 1907. Iches (Lucien), attaché à l'officine de zoologie. 57, Casilla Correo, à Buenos-Aires (République Argen- tine). 1906. Innès-Bey (D r Walter Francis), square Halem Pacha- Esbekieh, Le Caire (Egypte). 1907. Institut Pasteur de Tunis, Tunisie. 1895. JamMes (D r L.), professeur adjoint à la Faculté des sciences, a Toulouse (Haute-Garonne). 160. 1893. Janet (Armand), (membre à vie), ancien ingénieur de la marine, 29, rue des Volontaires, à Paris (15 e ). 1890. Janet (Charles), (membre à vie), docteur ès-sciences, in- génieur des arts et manufactures, villa des Roses, près Beauvais (Oise). 1906. Jamn (D l Francisque), à Kourousa (Guinée française). MEMBRES TITULAIRES XV 1007. Jauhegui (Francisco), docteur eu médecine, 12, rue de la Sorbonne, à Paris (5 P ) et Alrina 654, à Buenos- Aires (République Argentine). 1882. Joi;bin (U r Louis); [membre à vie), professeur au Muséum d'histoire naturelle, 88, boulevard Saint-Germain, à Paris (5 e ). 1882 . Jourdain (Etienne), professeur adjoint à l'Université, 6, rue de la Bibliothèque, à Marseille (Bouches-du-Rhône). F Jousseaume (I> Félix), (membre à vie), 29, rue de Gergo- vie, à Paris (14 e ). 1883. Joyeux-Laffluie.(J.), député, professeur de zoologie à l'Université de Caen, 70, rue d'Assas, à Paris (6 e ). 1900. Jumentié (Joseph), interne des hôpitaux, 126, rue de la Pompe, à Paris (16°). 1879. Kempen (Ch. van), 12, rue Saint-Beitiu, à Saint-Omer (Pas-de-Calais). 170. 1888. Kerhervé (L. B. de), licencié ès-sciences naturelles, à Laci-es, par Saiîier (Pas-de-Calais). 1894. Koeiiler (R.), professeur à l'Université, 29, rue Guilloud, à Lyon (Rhône). 1893. Krasilshtshik (Isaac), 82, Leovskaïa, à Kishinev (Russie méridionale). 1903. Krempf (Armand), attaché à la Mission scientifique de l'Jndo-Chine, à Hanoï (Tonkin). 1881. Kunstlèr (Jules), professeur à l'Université, à Bordeaux (Gironde). 1904. La Barre (Gaston de), 10, rue de Phalsbourg-, à Paris (17 e ). 1891. Labbé (Alphonse), docteur ès-sciences, 28, rue Yauque- lin, à Paris (5 e ). 1905. Labobatoire de biologie générale de l'Université, à Dijon (Côte-d'Or). 1903. Labobatoire de malacologie du Muséum d'histoire natu- relle, 55, rue de Buffon, à Paris (5 e ). 1892. Labobatoibe de zoologie de l'Université, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 180. 1904. Lamy (Edouard), préparateur de malacologie au Muséum, 47, rue Claude-Bernard, à Paris (5 e ). 1904. Landriei (Marcel _, 19, rue de la Falaise, au Havre (Seine- Inférieure). 1883. Larcher (D r Oscar), membre de la Société de biologie, 97, rue de Passy, à Paris J6 e ). 1900. Lainois (D r J, professeur agrégé à la Faculté de médecine, 12, rue Portalis, à Paris (8 e ). XVI MEMBRES TITULAIRES 1907. Lavagna (D r Joseph), directeur de l'Institut ophthalmo- logique <( Princesse Alice », à Monaco. 1900. Lebailly (D r Charles), préparateur à la Faculté des sciences, rue Pasteur, à Caen ((Calvados). 1891. Lignières (Joseph), directeur de l'Institut de médecine vétérinaire, à Buenos-Aires (République Argentine). 1890. Loriol (de), à Frontanex, près Genève (Suisse). 1897. Loyez (M lle Marie), docteur ès-sciences naturelles, pro- fesseur à l'école Edgar-Quinet, 11, quai de la Tour- nelle, à Paris (5 e ). 1889. Lucet (Adrien), assistant au Muséum, 2, rue des Arènes, à Paris (5 e ). 190. 1893. MAËs(Albert),164,ruedufaubourg-Saint-HonoL'é,àParis(8 e ). 1889. Magalhaes (D r Petro Severiano de), professeur à la Faculté de médecine, nia doHospicio, 3a, A Rio-de-Janeiro(Brésil). 1886. Magne (Alexandre), (membre donateur), 17, rue Henri- Monnier, à Paris (9 e ). 1889. Magretti (D r Paolo), 21, via Leopardi, à Milan (Italie). 1897. Malaquin (D r A.), professeur de zoologie générale et appliquée à la Faculté des sciences, 159, rue Brûle- Maison, à Lille (Nord). 1884. Man (D r J.-G. de), à Jerseke, Zélande (Hollande). 1905. Mantell (M Uc Lydie), 30, rue Dutot, à Paris (15"). 1887. Marchal (Paul), directeur de la Station entomologique de Paris, professeur de zoologie à l'Institut national agronomique, 30, rue des Touiouses, à Fontenay-aux- Roses (Seine), l'hiver, 142, boulevard Saint-Germain, à Paris (6 e ). F Marmottan (D r ), 51, rue Desbordes-Valmore, à Paris (16°). 1892. Martin (D p Henri), 50, rue Singer, à Paris (16 e ). 200. 1885. Martin (René), avocat, au Blanc (Indre). 1893. Maupas (E.), conservateur de la Bibliothèque nationale, rue de l'État-Major, à Alger (Algérie). 1899. Maurice (Charles), docteur ès-sciences, à Attiches, par Pont-à-Marcq (Nord). 1904. Mkillassoux (Jean-Baptiste), [membre donateur), 14, rue Pelouze, à Paris (8 e ). 1907. Menegaux (A.), assistant au Muséum, 55, rue de Butï'on, à Paris (5 e ). 1906. Meraz (A.), professeur assistant à la Commission de parasitologie agricole, 8, calle de Betlemitas, à Mexico (Mexique). MEMBKES TITULAIRES XVII 1889. Minchin (D r Edward A.), professeur à l'Université de Londres, Lister Institute of préventive Medicine, Chelsea, Londres, S.-W. (Angleterre). 1884 Moniez (D r Romain), recteur de l'Université, à Grenoble (Isère). 1907. Montezuma \l mc ), 19, boulevard de lOuest, au Vésinet (Seine-et-Oise). 1907. Montezuma, 19, boulevard de l'Ouest, au Vésinet (Seiue- et-Oise). 210. 1893. MooitE (J. Percy), instructor in Zoology, University of © Pennsylvania, à Philadelphie, Penn. (Etats-Unis). 1897. Moreau (D r Louis), 3, rue Saint-Simon, à Paris (7°). 1903. Mottaz (Charles), 39. Grand-Pré, à Genève (Suisse). 1892. Moulé (Léon), vétérinaire délégué de Paris et du dépar- tement de la Seine, 33, avenue Sainte-Marie, à Saint- Mandé (Seine . 1892. Musée d'histoire naturelle, à Genève (Suisse). 1888. Musée zoologique, 43, Invalidenstrasse, à Berlin (Alle- magne). 1892. Musée zoologique de l'Université, à Pavie (Italie) 1883. Musée national zoologique, à Agram (Croatie). 1886. Nabias (D r B. de), (membre à vie), professeur à la Faculté de médecine, I7 bis , cours d'Aquitaine, à Bordeaux (Gironde). 1888. rs T ADAR (Paul), photographe, 51, rue d'Anjou, à Paris (8 e ). 220. 1891 . Nerville (Ferdinand de), ingénieur des télégraphes, 59, rue de Ponthieu, à Paris (8°).. 1891. Neumann (Georges), professeur à l'Ecole vétérinaire de Toulouse (Haute-Garonne). 1896. Neveu -Lemaire (D r Maurice), professeur agrégé à la Faculté de médecine, à Lyon (Rhône). 1903. Nibelle (membre à vie), rue des Arsins, à Rouen (Seine- Inférieure). 1876. Oberthub (Charles), imprimeur, à Rennes (llle-et- Vilaine). 1892. Odin (Ainédée), directeur du Laboratoire maritime, 23, quai de Franqueville, aux Sables-d'Olonne (Vendée). 1896. Oka (D r Asajiro), au laboratoire de zoologie de la Koto- Shihan Gakko (Ecole normale supérieure), à Tokyo (Japon). 1892. Olivier (Ernest), directeur de la Revue scientifique du Bourbonnais, 10, cours de la Préfecture, à Moulins (Allier . Bull, de bi Soc. Zool. de Fr., 190É xxxm — 2 XVIII MEMBRES TITULAIRES 1907. Osorio (Balthazar), à l'École Polytechnique, à Lisbonne (Portugal). 1903. Oudemans (I) r Antoine Cornelie), leerar, 85, boulevard, à Arnhem (Hollande. 230. 1879. Oudri (général Emile), commandant de la 9 e division d'infanterie, à Orléans (Loiret) et à Durtal (Maine-et- Loire). 1900. Pacault (Edgar), Bordj Marga, à la Sokhra, par la Marsa (Tunisie). 1890. Palacky (Jean), professeur à l'Université de Bohême, 11, rue de Cracovie, à Prague (Bohême). 1907. Paquet (René), 34, rue de Vaugirard, à Paris (6 e ). 1905. Paris (Paul), préparateur à la Faculté des sciences de Dijon (Côte-d'Or). 1890. Paszlavszky (Joseph), professeur à la Réaliskola, 7, Batthyâny-utcza, à Budapest (Hongrie). 1902. Pas (comtesse du), [membm à vie), 97, rue Royale, à Lille (Nord). 1904. Patte (Paul), au château de Gorget, près Chartres (Eure-et-Loir). 1884. Pavlov (M mo Marie), Dolgoroukovsky pereoulok, Uni- versité, à Moscou (Russie). 1905. Peignon (Eugène), naturaliste, 22, rue des Grandes- Ecoles, à Poitiers (Vienne). 2i0. 1900. Pellegrin (D r Jacques), préparateur au laboratoire d'herpétologie du Muséum d'histoire naturelle, 143, rue de Rennes, à Paris (6°). F Pemsetier (D r Georges), directeur du Musée d'histoire naturelle, professeur à l'Ecole de médecine, impasse de la Gorderie, Mont Saint-Aignan-lès-Rouen (Seine- Inférieure). 1905. Pérez (Charles), professeur de zoologie à la Faculté des sciences, cours Saint -Jean, à Bordeaux (Gironde). 1887 Perrier (Edmond), membre de l'Institut, directeur du Muséum d'histoire naturelle, 57, rue Cuvier, à Paris (5 e ). 1880- Perroncito (D r Edouard), correspondant de l'Académie de médecine, professeur à l'Ecole vétérinaire et à l'Université, 40, corso Valentino, à Turin (Italie). • F Petit (Louis) aîné, (membre à vie), naturaliste, 21, rue du Caire, à Paris (2°). 1897. Philippson (Maurice), docteur en sciences, 17, rue Gui- mard, à Bruxelles (Belgique). MEMBRES TITULAIRES XIX 1893. Pic (Maurice), {membre à vie), Les Guerreaux, par Saint-Agnan (Saône-et-Loire). 1906. Picaud (Albin), professeur suppléant à l'Ecole de méde- cine, 9, rue Condorcet, à Grenoble (Isère). 1879. Pierson (Henri), {membre à vie), à Brunoy (Seine-et-Oise), 250. 1900. Pinoy (D 1 Ernest', 30, rue de Versailles, à Ville d'Avray (Seine-et-Oise). 1901. Pizon (Antoine;, docteur ès-sciences naturelles, profes- seur au lycée Janson de Sailly, 92, rue de la Pompe, à Paris (16 e ). 1899. Plate (D r Ludwig), professeur de zoologie à la Land- wirtschaftliche Hocliscliule, 13, Beethovenstrasse, à Berlin (Allemagne). 1879. Plateau (Félix), professeur à l'Université, 148, chaussée de Courtrai, à Gand (Belgique). 1902. Polaillon (D r Henri), 229, boulevard Saint-Germain, à Paris (7 e ). 1896 . Portier (D r Paul), préparateur à la Sorbonne, à Paris (5 e ). 1886. Prouho (Henri), à Babastens-sur-Tarn (Tarn). 1895. Pruvot (professeur Georges), directeur du laboratoire 1 Arago, à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées -Orientales), au laboratoire d'anatomie comparée, à la Sorbonne, Paris (5 e '). 1907. Quidor (Auguste), licencié ès-sciences, 40, rue Trézel, " à Paris (17 e ). 1893. Bacovitza (Emile-G.), {membre à vie), docteur ès-sciences, directeur adjoint du laboratoire Arago (Banyuls-sur- Mer), 112, boulevard Baspail, à Paris (6 e ). 900 * 88 " 2 - Railliet (A.), membre de l'Académie de médecine, professeur d'histoire naturelle à l'École vétérinaire, à Alfort (Seine). 1906. Raspail (M mc Xavier), {membre donateur), à Gou vieux (Oise). 1886. Raspail (Xavier), à Gouvieux (Oise). 1896. Batz (D s Stéphan von), professeur de l'Académie vété- rinaire, 23, Rottenbiller uteza, à Budapest (Hongrie). 1879- Regnard (D r Paul , membre de l'Académie de médecine, • directeur de l'Institut national agronomique, 22 ï, bou- levard Saint-Germain, à Paris (7 e ). 1905. Benesse de Duivenbode (G. de), 45, rue de Trévise, a Paris <9 e ). XX MEMBRES TITULAIRES 1895. Reyckaert (J.), ag-ent de la Société zoologique, 85, rue du Cherche-Midi, à Paris (6°). 1898. Ribemont-Dessaignes (D r A.), professeur agrégé à la Faculté de médecine, membre de l'Académie de médecine, 10, boulevard Alalesherbes, à Paris (8 e ). 1887. Richard (D r Jules), directeur du Musée océanographique, à Monaco 1877. Richet (D r Charles), professeur à l' Université, 15, rue de l'Université, à Paris (7°). 270. 1903. Rivera (D 1 ' Manuel), [membre à vie), professeur d'ento- mologie à l'Institut agricole du Chili, à Santiago (Chili). 1897. Robert (Adrien), chef de travaux à la Sorbonne, 18, rue du Pré-aux-Clercs, à Paris (7 e ). 1887. Robinet (Charles!, professeur au lycée, 72, rue Bonneval, à Chartres (Eure-et-Loir). 1893. Roche (Georges, docteur ès-sciences, 4, rue Dante, à Paris (5°). 1901. RoDRiGLEZjJean), directeur du Musée'national d'histoire naturelle, à Guatemala (Amérique centrale). 1888. Rollinat (Raymond), [membre à vie), à Argenion (Indre). F Rothschild (Baron Edmond de), [membre donateur), 19, rue Laffitte, à Paris (9 e ). 1880. Rotrou (Alexandre), pharmacien, à La Ferté-Bernard (Sarthe). 1895. Roule (D r Louis), professeur à l'Université, 19, rue Saint-Etienne à Toulouse (Haute-Garonne). 1906. Royer (Maurice), secrétaire de la Société entomologique de France, 55 bls , rue de Villers, à Neuilly-sur-Seine (Seine). 280. 1888. Sabatier (D r Armand), correspondant de l'Institut, pro- fesseur honoraire à la Faculté des sciences, à Mont- pellier (Hérault). 1895. Saint-Joseph (baron de), 23, rue François I er , à Paris (8°)- 1897. Sand (René), 45, rue des Minimes, à Bruxelles (Belgique). 1876. Saunders (Howard), 7, Radnor place, Gloucester square, à Londres (Angleterre. 1884. Sauvage (D r Emile), directeur honoraire de la Station aquicole, directeur du Musée, 39 bis, rue Tour-Notre- Dame, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais . 1881. Sauvinet (L. -Ernest), assistant au Muséum, 57, rue Cuvier. à Paris (5 e ). MEMBRES TITULAIRES XXI 1902. Savouré (P.), licencié ès-sciences naturelles, préparateur de zoologie à la Faculté des sciences, à Rennes (llle-et- Vilaine). 1896. Scott Thomas), naturalist to the Fisbery Board for Scotland, 280, Victoria Road, à Aberdeen (Ecosse). 1889. Secoues François), pharmacien de l r0 classe, 14, rue Saint-Louis-en-Tile, à Paris (4 e ). 1902. Semjchon Louis), docteur ès-sciences, stagiaire au Mu- séum, 27, rue Cassette, à Paris (6°). 290 1876. Shelley (captain Georges-Ernest), (membre à vie), 7, Princes street, Cavendish square, W., à Londres (Angleterre . F Simon (Eugène), 16, villa Saïd, à Paris (16 e ). 1901. Slmroth (Heinrich), professeur à l'Université, à Leipzig (Allemasne). 1903. Sirvent [membre à vie), préparateur au Musée océano- graphique, à Monaco. 1899 . Société scientifique et Station zoologique d'Arcachon, à Areachon (Gironde . 1893. Spengel (D r J. \V.), professeur à l'Université, à Giessen (Allemagne). 1877. Steindachner (Bofrath D 1 ' Frantz), Director des natur- historischen Hofmuseums, I, Burgring, 7, à Vienne (Autriche). 1891. Stiles (D r Charles Wardell), Chief of the Division of Zoology, Hygienic Laboratory, Public Health and Marine Hospital service of the U. S., à Washington, D.C. (États-Unis). 1889. Stlder (D r Th.), professeur à l'Université, directeur du Musée, rue des Orphelins, à Berne (Suisse). 1890. Suard (D r Paul , ex-professeur aux Ecoles de médecine navale, 11, boulevard Félix-Martin, à Saint Raphaël (Var). B00. 1898. Ternter (Louis), avocat, à Honneur (Calvados). 1893. Théry (André), à Saint-Charles, près Philippeville (Algérie) . 1896. Thézée (D r Henri), professeur à l'Ecole de médecine, 70, rue de Paris, à Angers (Maine-et-Loire). 1895. Thompson (W. d'Arcy), professeur à l'Université, direc- teur du Musée zoologique, à Dundee (Ecosse). 1901. Tillier (J.-B.), chef du transit du canal de Suez, 83, rue de la Tour, à Paris (16*). X\ll MEMBRES TITULAIRES 1887. Topsent (Emile), docteur ès-sciences, chargé de cours do zoologie à la Faculté des sciences, à Caen (Calvados). 1878. Tourneux (D r Frédéric), professeur à l'Université, 14, rue Sainte-Philomène, à Toulouse (Haute-Garonne). 1894. Traizet (Emile), (membre à vie), 40, rue de Sévignô, à Paris (3 e ). 1 887 . Trapet, pharmacien-major de première classe en retraite, 8, rue Valentin-Ilaiiy, à Paris (15°). 1895 Trolessart (D r Edouard), professeur au Muséum d'his- toire naturelle, Cl, rue Cuvier, à Paris (5 e ). 310. 1889. Vaillant (Léon), professeur au Muséum d'histoire naturelle, 8, rue de Buffoii, à Paris (o e ). 1903. Vaney, docteur ès-sciences, chef des travaux de zoologie à la Faculté des sciences, à Lyon (Rhône). 1894. Vaudremer (D r Albert), 50, rue Centrale, à Cannes Alpes-Maritimes). 1898. Versluys (D r J.), Privat-Dozent à l'Université, à Giessen, liesse (Allemagne). 1876. Vian Paul), notaire, 9, rue Boissy-d'Auglas, à Paris (8 e ). 1894. Vignal (Louis), 28, avenue Duquesne, à Paris (7 e ). 1900. Villatte des Prûgnes (Robert), ingénieur-agronome, au château des Prùgnes, par Vallon-en-Sully (Allier). 1888. Villedieux (Léopold), à Saint-Didier-en-Rollat (Allier). 1902. Visard de Bocarmé (comte Ferdinand), C, rue du Grand- gagnage, à Namur (Belgique). 1903. Vlks (Fred), licencié ès-sciences, préparateur du Labo- ratoire de Roscoil' (Finistère), 15, rue de Cluny, à Paris (5 e ). 320 1905. Vlès (M mc Nela), 15, rue de Cluny, à Paris (5°). 1897. Ward (Henry-Baldwin), professeur à l'Université de Nebraska, à Lincoln, Nebr. (États-Unis . 1880. Wavrin (marquis de), château de Ronsele, par Somer- gem, près Gand (Belgique). 1880. Weber (D r Max), professeur à l'Université, à Eerbeck (Hollande). 1890. Wierzejsky, professeur à l'Université, G, Wielopole, à Cracovie (Autriche). 190C. Wlntrerert (D 1 ) (?nembre à vie), préparateur à la Fa- culté des sciences, 41, rue de Jussieu, à Paris (5 e ). 1900. Vung (D r Emile), professeur de zoologie à l'Université, à Genève (Suisse). * r LISTE GEOGRAPHIQUE DES MEMBRES DE LA SOCIETE M II = Membre honoraire; M C = Membre correspondant. FRANCE (237) Allier (3) - Olivier Villate des Prûgnes Yilledieux Alpes-Maritimes 3) Caziot Gazagnaire Vaudremer Basses-Alpes (1) Dessalle Basses-Pyrénées (1 ) Brolemann Bouches-du-Bhônk 3 Auliert Darboux Jourdan Calvados (4) An Trie Lebailly Ternier Topsent Côte d'Or (2) Dijon (Laboratoire de biologie) Paris Eure-et-Loir (2) Patte Robinet Finistère (2) Danois Guérin-Ganivet Hugues Gard(1) Gironde (4) Arcachon Station) Kûnstler Nabias (B. de) Pérez Haute-Garonne (4ï Jammes Neumann Roule Tourneux André Haute-Saône (I; HÉRAULT (3) Calvet Duboscq Sabatier iLLE-ET-VlLAINE (6) Bondouy Bordas Guitel Oberthùr Rennes (Bibliothèque) Savouré Indre (2) iMartin (R.) Rollinat Isère (3) Grenoble (Bibliothèque) Moniez Picaud \ X I V LISTK GÉOGRAPHIQUE Buchet Bureau Oudri Thézéc Loir-et-Cher (1) LOIKE-lNFÉUIEURE (1 Maine-et-Loire (2) Marne(I) Demaison Meurthe-et-Moselle (3) Hamonville (Baron d') Hecht Nancy (Laboratoire de zoologie) Nord (7) Barrois (Th.) Brabant Fockeu Hallez Malaquin Maurice l'as (Comtesse du) Oise (4) Domet de Yorges Janet (Ch.) Raspail (M m «) Raspail . Pas-de-Calais (3) Kempen (Ch. van) Kerhervé (L.-B. de) Sauvage Puy-de-Dôme (2) Bruyant Girod Rhône (7j Bonnet (Amédée) Favette Girodon Guiart Kœhler Neveu -Lemaire Vaney Saône-et-L0IRE (L Pic Sarthe (3) Beauclair Besnard Ko trou Sbine (9) Bohn Bonnet (Alexandre) Chevreux (M lle ) Falguière Henry Marchai Moulé Railliet Royer Paris (130) Abric Aconin Alluaud Anthony Arenberg (Prince d') Aitault Bavay Beauchamp (P. de) Best Bignon (Mue) Binot Blaizot Blanc Blanchard (M™») Blanchard Blatiu Blonay (R. de) Bonaparte (Prince R.) Bonnaire Boubée Bouvier Brumpt Carié Caustier Certes (M me ) Chancel (M mc ) Chappellier Chariot (M 11 ») Chatin Chatton Chopard Claybrooke (J. de) Clément LISTE GEOGRAPHIQUE XXV Coutière Cratunesco (M me Dabija (M"<=; Dalmas Comte de Dambeza Dautzenberg Davenièce Debreuil Dehaut Delage Dollfus (A Dollfus (G.) Douvillé Dubar Dufiirmier i.M me Dyé Emery Page Fauré-Fremiet Faurot Fiault Fischer Fol (M"») Fou ad François Freyssinge Gaudry Gaulle (J. de) George Germain Glandaz Grandidier Grobon Gruvel Guerne (Baron J. de) Hérouard Hérubel Houssaye Janet (A.) Jauregui Joubin Jousseaume Joyeux- Laffuie Jumentié La Barre (G de) Labbé Lamy Larcher Launois Laveran, M. H. Lovez (M"< Lucet Maës Magne MantelJ (M"«) Marmottan Martin (D* H.) Meillassoux Menegaux Moreau Muséum (Bibliothèque) Muséum (Lab. de malacologie- Nadar Nerville (F. de) Paquet Pellegrin Perrier Petit Pizon Polaillon Portier Pruvot Quidor Racovitza Regnard Renesse de Duivenbode Reyckaert Ribemont-Dessaigncs Richet Robert Roche Rothschild Baron Edm. de) Saint-Joseph (Baron de) Sauvinet Secques Semichon Simon Tillier Traizet Trapet Trouessart Vaillant Vian Vignal Vlès (M mf ) Vlès Wintrebert. Seine-et-Marne (i) Dalmon XXVI LISTE GEOGRAPHIQUE Seine-bt-Oise (5) Tarn (1) Gréban Prouho Montezuraa (M m6 ) Var (2) Montezuraa Dorainici Pierson Suard Pinoy Vaugluse (2) Seine-Inférieure (4) Chatelet Gadeau de Kerville Fabre, M. H. Landrieu Vendée (1) Nibelle Odin Pennetier Vienne (1) Somme (1) Peignon Chabot ÉTRANGER (114) EUROPE (85) Allemagne (11) Berlin (Musée) Blasius (W.) Friedlà'nder Hertwig (R.) Mobius, M. H. Plate Schulzo, M. H. Siraroth Spengel Strebel, M. C. Versluys. Alsage (2) Bourgeois Strasbourg (Bibliothèque) Autriche-Hongrie (10) Agram (Musée) Brusina, M. C. Fritch, M. C. Graff (L. von), M. C. Palacky Paszlavszky Râtz (S. von) Steindachner Vejdovsky, M. C. Wierzejsky Belgique (9) Bainbeke (Ch. van) Beneden (Ed. van), M. H. Dubois (Alph.) Gedoelst Philippson Plateau Sand Visart de Bocarmé (Comte) Wavrin (Marquis de) Bulgarie (1) Ferdinand I" (S. A. R.) Espagne (2) Bolivar Buen Odôn de), M. C. Grande-Bretagne (8) Gunther, M. H. Minchin Murray (Sir John), M. H. LISTE GEOGRAPHIQUE XXVII Sa uiulers Scotl Sharpe, M II. Shplley Thompson (YV. d'Arcy) Hollande (5) Horst, M. G. Man (J. G. de) Oudemans Sluiter, M. G. Weber Italie (8) - Arrigoni degli Otldi (< 'ointe) Brian Caméra no Florence Bibliothèque des Inverté- brés) Grassi, M. H. Magretti Pavie (Musée) Perroncito Monaco (4) Albert I" S. A. S. le Prince) Lavagna Richard Sirvent Norvège (2) Ellingsen Nansen, M. II. Portugal (3) Barboza du Bocage, M. II. Carlos P' (S. M. don) M. H. Osorio Roumanie (3) Borcea Bujor Cosmoviei Russie (4) Branicki (comte X.) Kra prédécesseurs. Je compte beaucoup sur votre indulgence ; d'autre part, M. Blanchard m'ayant dit que pour exercer ces délicates fonctions il fallait surtout beaucoup de bonne volonté, je puis vous assurer que cela du moins ne me manquera pas ». MM. Jauregui et Menegaux remercient de leur admission. Le Comité du monument à Clémence Rover adresse une liste de souscription. M. le Président rappelle que Je prix Nobel vient d'être attribué à l'un de nos membres honoraires, M. le D r Laveran. I ne lettre lui sera envoyée pour lui présenter les félicitations de la Société. M. le Président félicite au nom de la Société M. G. Dollfus, récemment nommé chevalier de la Légion d'honneur; M. P. de Beauchamp, nommé préparateur à la Faculté des sciences (laboratoire de Roscolf), poste créé par le conseil de l'Univer- sité de Paris, et M. J. Guérin, nommé docteur ès-sciences. L'Institut Pasteur de Tunis, présenté à la précédente séance, est nommé membre de la Société. M. Emmanuel Fauré-Fre.miet, artiste peintre, demeurant 154, boulevard Malesherbes, à Paris (8°), est présenté par M. E. Chatton et M llc Lovez. M. Alluaid sollicite l'appui de la Société dans le but d'obtenir l'acquisition pour le Muséum de la collection Regim- bait et dépose une liste de souscription pour cet objet. Il montre que plusieurs collections très importantes ont déjà échappé a la France faute de crédits suffisants. Il faut espérer que celle-ci, qui comprend un ensemble unique d'Insectes aquatiques, n'ira pas à l'étranger. M. de Guer.ne rappelle qu'une souscription semblable, com- plétée ensuite par une subvention de l'Etat, a permis à M. Bu- reau d'acquérir pour le Musée de Nantes l'importante collection Lebesconte. M. Secques désirerait qu'il soit fait un relevé des collections particulières qui existent en France et dont l'acquisition pour les Musées publics serait souhaitable. M. Coutiere décrit ses recherches sur la Murène hélène. On a cru à l'existence d'une glande venimeuse située au palais de ce Poisson et dont la sécrétion aurait été inoculée par les 10 SÉANCE du I i JANVIER 1908 dents. Or il n'existe aucune glande dans cette région, niais seulement de grands espaces remplis de sang. Ce sang, il est vrai, est très toxique, mais il n'est nullement en communication avec les dents. On peut donc affirmer que, contrairement au préjugé courant, la Murène n'est pas un animal venimeux. METROTROPISME DES ROURGEÛNS NUS CHEZ LES SCYPHISTOMES TAU EDGARD HÉROUARD Depuis plusieurs années se développent dans certains bacs de l'aquarium de Roscoff, des Scyphistomes. Le ouïes embryons qui ont donné naissance aux lignées d'individus qui s'y rencon- trent actuellement ont été amenés par l'eau d'alimentation distribuée indistinctement dans tous les bacs de l'aquarium, mais ne se sont développés que dans ceux maintenus à l'abri de la lumière. C'est d'ailleurs un fait assez fréquent dans le règne animal, que l'obscurité estfavorable, tout au moins, aux premiers stades du développement. Les lignées nombreuses de Scyphistomes qui existent actuelle- ment dans l'aquarium sont surtout le produit du bourgeonnement. J'ai déjà fait connaître à l'Académie ce fait tout à fait inat- tendu, de la formation de bourgeons spéciaux qui s'abritent sous un kyste et qui ont la signification de Statoblastes lar- vaires. C'est le seul fait connu jusqu'ici dans le règne animal, d'un Statoblaste prenant naissance à une époque encore très éloignée de la fin du cycle évolutif. Ce Statoblaste des Scy- phistomes se forme sous la sole pédieuse. Le bourgeon normal ou bourgeon nu, le seul que Ton con- naissait précédemment, se produit au contraire sur les parois latérales du Scyphistome, dans la région inférieure de la colonne. Il existe un lien étroit entre les modes de locomotion et la formation de ces bourgeons. Si l'on suit, en effet, les différentes phases de la formation d'un bourgeon nu, on voit d'abord apparaître une digitation libre de toute adhérence au sol, dressée perpendiculairement au grand axe du corps de la mère et capitée à son extrémité. Quand cette digitatiuu a acquis une certaine longueur, un SÉANCE du 14 JANVIER 1908 M renflement se forme en un point de son parcours, devient saillant du côté opposé an sol et pousse des tentacules à son sommet. A ce moment la digitation formatrice de ce bourgeon est encore librement suspendue dans le milieu ambiant; c'est alors seulement, qu'elle incurve son extrémité vers le sol, y fixe sou bouton terminal, et une fois fixée, haie le bourgeon vers ce point en rompant le pédicule qui rattachait encore à la mère. Dès lors le métrotropisme de ce jeune individu se manifeste activement. A peine libéré, il pousse à son tour un prolonge- ment digitiforne en un point diamétralement opposé à la mère et, par un processus semblable à celui qui vient d'être décrit, cette digitation haie le jeune Scyphistome jusqu'au point où elle a fixé son extrémité. Ce phénomène se répète un certain nombre de fois et le jeune gagne ainsi à l'aide de cet arpen- tage un point suffisamment éloigné de la mère. Pendant l'arpen- tage le jeune grandit et les prolongements digitiformes ayant une longueur en rapport avec la taille de l'individu qui les produit, l'amplitude des déplacements croit suivant une pro- gression régulière. Quand l'individu a atteint sa place définitive, il continue à émettre encore des prolongements digitiformes, mais alors, ces prolongements ne sont plus destinés à la locomotion, ils four- nissent des bourgeons nus suivant le mode indiqué plus haut. J'ai déjà indiqué antérieurement, que la formation des Statoblastes est en rapport avec le déplacement de l'animal par reptation de la sole pédieuse. Les bourgeonnements nu et enkysté sont donc mutuellement liés aux modes de locomotion de l'animal et à chaque mode de locomotion correspond un bourgeonnement particulier. Ouvrages offerts. CHâ/rTON (Edouard). — Caullerya Mesnili n. g., n. s/7., Ilaplosporidie parasite des Daphnies (Comptes rendus Soc. de biologie, 23 mars 1907). Comité des travaux scientifiques et historiques. Liste des membres titulaire?, honoraires et non résidents du comité, des membres des commissions qui s'y rattachent et de la commission des documents économiques de la Révolution française, des correspondants hono- raires et des correspondants du ministère de l'Instruction publique et des Sociétés savantes de Paris et des Départements. Paris, Imp. nat. 1907, 155 p. Marchai. Paul). — Utilisation des Insectes auxiliaires entomophages dans la lutte contre les Insectes nuisibles à l'agriculture [Annales de l'Institut nat. agronomique [2), VI, 1907, 7-1 p. . Séance du 28 janvier 1908. PRÉSIDENCE DE M. MAKCHAL, PRÉSIDENT M. Laveran remercie des félicitations à lui adressées au nom de la Société à propos du prix Nobel qui lui a été attribué. M. le D r J. Charcot a envoyé à M. le Président la lettre suivante : « J'ai l'honneur de solliciter la faveur d'obtenir de votre estimable Compagnie une subvention pour notre nouvelle Expédition dont le départ est fixé au mois de juillet prochain. Cette seconde exploration est organisée par l'ini- tiative de l'Académie des sciences qui a bien voulu élaborer elle-même notre programme scientifique. Patronnés, subven- tionnés par l'Etat et par de nombreuses Sociétés scientifiques, nous venons vous demander votre appui financier; il est néces- saire que notre approvisionnement soit plus complet que la première fois et il nous faut pour cela obtenir encore de l'argent afin d'équilibrer notre lourd budget. Je vous serais reconnaissant si vous pouviez réussir à glaner parmi les per- sonnalités de votre Société quelques souscriptions, car nous avons besoin du concours de tous pour mener à bien cette entreprise patriotique et reconquérir au pavillon français le rang qu'il doit occuper clans l'Antarctide. » Les souscriptions sont reçues aux bureaux de l'Expédition, 416, rue Saint-Honoré, à Paris. The public Muséum of the city of Milwaukee accepte d'échanger les Bulletins of the Wisconsin naturel history So- ciety avec le Bulletin de la Société. MM. Bavay et Semichon sont élus membres de la commission pour la vérification des comptes du Trésorier. M. E. Fauré-Fremiet, présenté à la précédente séance, est nommé membre de la Société. M. Trouessart annonce, au nom de M. Petit, qui s'excuse de ne pouvoir assister à la séance, l'échouage récent d'un Balénoptère sur la côte de la Corse, près d'Ajaccio. M. Trouessart déplore que les pécheurs aient demandé la des- truction du petit nombre de Phoques qui habitent encore les SÉANCE 1H 28 JANVIER 1908 1 .*{ sables de la baie de la Somme. Il faudrait savoir si le tort qu'ils causent aux pêcheries est aussi grand qu'on l'imagine. Les Otaries de Californie avaient été accusées de détruire le Saumon au mo- ment où il vient à la cùte pour remonter dans les cours d'eau ; or l'observation a démontré que ce Poisson n'entrait que pour une part intime dans l'alimentation de ces animaux. Il se pourrait que les Phoques de la Somme ne se nourrissent que de Poisson de peu de valeur, et il serait fâcheux d'anéantir, sans plus ample informé, l'une des dernières colonies de ces intéressants animaux qui subsiste encore en France. M. Marchal annonce, avoir reçu d'Hyères des feuilles de Pois attaquées par Notophallus hœmatopus. Cet animal ne fait pas de toiles, mais cause le dessèchement du parenchyme des feuilles, qui blanchissent. M. Trouessart. — Cet Acarien n'avait été signalé jusqu'ici que dans les endroits humides, tels que la Mousse et non comme parasite pouvant causer des ravages dans les cultures. Les Acariens apparaissent parfois brusquement sans qu'on sache pourquoi, tel le Glycypkagus domesticm qui pullule par moments dans les maisons, notamment dans la bourre des meubles. SUR DEUX INFUSOIRES NOUVEAUX DE LA FAMILLE DES TRACHEL1D.E PAR E. FAURÉ-FREMIET Loxophyllum soliforme sp. nov. J'ai trouvé cet Infusoire Holotriche dans une eau saumatie provenant des marécages du Socoa près de Saint-Jean-de-Luz, que je devais à l'obligeance de M. de Beauchamp. Cette eau renfermait des Confervacées au milieu desquelles se trouvaient une quantité de Diatomées, de Protozoaires et de Rotateurs. Le Loxophyllum soliforme, en petit nombre, évo- luait au milieu des Algues et des détritus déposés au fond du vase. Cet Infusoire mesure environ 90 y. de long sur 30 ^ de large ; son épaisseur au milieu du corps ne dépasse guère 10 ou 12 a. Le L. soliforme est donc un Infusoire très plat ; sa \\ séance nr 28 JANVIER 1008 forme est à peu près celle d'un trapèze ou pins exactement d'une semelle. Il est pleurothétique ; la face droite est absolu- ment plate, couverte d'un revêtement ciliaire égal. La face gauche présente un contour plat, puis elle se bombe au milieu. Le côté antérieur descend obliquement du pôle antérieur de l'animal, situé au point d'intersection avec le côté dorsal, jus- qu'au côté ventral ; il porte une longue fente, difficilement visible, la bouche. Le côté postérieur relie les côtés dorsaux et ventraux sui- vant un contour courbe. Normalement, le Loxophyllum soli- forme repose sur sa face droite, ciliée, et se déplace lentement en avant et en arrière. D'après ce qui précède, on voit qu'il est constitué par deux régions distinctes : une zone périphérique très plate, ne dépassant pas 2 ou 3 \, '.vus. xxxm — 5 32 SÉANCE X)\ 11 FÉVRIER 1908 Enfin, la périphérie de chaque tube est recouverte par une membrane péritonéale, très ténue, caractérisée par un cercle transparent et quelques rares noyaux, disposés çà et là et loca- lisés surtout entre les deux bords postérieurs de deux cellules adjacentes. Cette glande, sorte d'appareil défensif, sécrète un liquide volatil, à odeur forte, nauséabonde, parfois acre et alliacée, rappelant l'odeur de Souris ou celle du vieux fromage de Roquefort ou de la Morue en décomposition. La sécrétion s'effec- tue d'une façon continue; parfois elle s'accélère quand l'animal est en danger, poursuivi ou saisi par un ennemi quelconque. D'autre part, la nature de ee produit est nettement alcaline, ainsi que le prouvent les réactifs suivants : papier de tournesol et phtaléine. Nous savons que la phtaléine du phénol est un liquide inco- lore dans les solutions neutres, mais prenant une teinte rougeAtre dans les liquides alcalins. Or, en ajoutant de la phtaléine à quelques gouttes de la sécrétion glandulaire, on voit le mélange prendre aussitôt une teinte orangée. Pour cette expérience, on procède de la façon suivante : Les gouttelettes qui suintent à l'extrémité du conduit excré- teur de la glande sont recueillies sur du papier buvard et le tout est placé au fond d'une coupelle en verre contenant de l'eau distillée. En procédant plusieurs fois de la sorte, on parvient à avoir une petite quantité de liquide dans lequel on verse une goutte de phtaléine : on voit alors le mélange prendre une teinte rougeàtre. On peut également extraire la glande de l'animal vivant et l'écraser sur une lame de verre. En écrasant ainsi plusieurs glandes et en versant sur l'organe quelques gouttes de phtaléine, la coloration rouge pâle, si caractéristique, ne tarde pas alors à apparaître. Le papier de tournesol rougi, mis au contact du produit de sécrétion de la glande, par son virage au bleu pâle, nous fournit les mômes indications et nous révèle la nature alcaline du liquide. SÉANCE DU 11 FÉVRIER 1908 33 DIAGNOSE D'UNE NOUVELLE ESPÈCE DE PALUDESTRINA DE L'ÎLE DE CORSE, ET COMPLÉMENT A LA FAUNE DES MOLLUSQUES TERRESTRES DE CETTE ÎLE PAR Le Commandant CAZIOT Paludestrina bigugliana n. sp. Testa regulariter conica, elongata, crusta luteo virescente cooperta, sabpellucida , lasvi, fere frar/ili, quando crusta tolli- lur ; sœpe corrosa ; apice obtuso; anfractibus 0. convexis, lente ac progressim crescentibus, ultimo convexiore {ait. 1 '/j millim.) non declivi; sutura profunda; fissura stricta; apertura a dextru ad sinistram lœvissime obliqua, ovoïdea, ad partent superiorem curtum et arcuattnn, margine infero rotundo ; peristomate con- tinua leviter reflexo , sed magis ad umbilicum quem partim tegit, margine supere anquloso, inferiore bene rotundato. » Alt. 3 D. 1 Y, — 1 Coquille régulièrement conique, allongée ; test jaune verdàtre ou blanchâtre, encroûté, brillant lorsqu'on enlève la croûte, alors légèrement transparent, lisse, sou- vent corrodé, un peu fragile ; sommet obtus ; suture bien marquée ; fente étroite ; 6 tours de spire convexes, de croissance lente et progressive, le dernier plus con- vexe que les précédents (haut. 1 V'. mm ) '•> ouverture très légèrement oblique de droite à gauche, ovoïde, bord supérieur très peu anguleux, bord inférieur arrondi ; péristome continu, très légèrement réflé- chi, principalement vers l'ombilic qu'il recouvre en partie (fig. 1). Cette Paludestrina ne peut être comparée qu'à la Paludes- trina Macei Paladilhe, que nous trouvons dans la Siagne Alpes-Maritimes) près de son embouchure. Elle en diffère par Je mode de développement régulier et lent de ses tours de PlG. 1. Paludestrina bigugliana Caziot. Dessin de M.Thifi.x. x7. 34 SÉA.NCE DU 11 FÉVRIER 1908 spire ; par ses tours moins convexes ; par son dernier tour rela- tivement moins haut : (dans notre Paludestrina, la hauteur totale est égale à 2 fois '/ 4 ' a hauteur du dernier tour, tandis que dans la Macei, celle-là est 3 fois plus grande) ; par son ouverture légèrement oblique (celle de la Macei est verticale) ; son sommet non aigu ; son péristome continu. Paludestrina bigugliana var. Guittoni var. nov. Cette variété diffère du type par ses dimensions plus petites ; sa forme moins allongée ; ses tours un peu moins convexes, surtout le dernier ; par son ouverture plus oblique dans le même sens, piriforme au lieu d'être ovoïde, c'est-à-dire plus resserrée (fig. 2). L'espèce et la variété vivent dans les eaux saumâtres de l'étang de Biguglia, situé au sud et près de Bastia, sur les bords du lac, en face de l'Ile Saint-Damiano, sur les herbes aquatiques, principalement dans un petit chenal où l'on abrite les bateaux. L'étang de Biguglia a une superficie de 1 500 hectares ; c'est, par son insalubrité, le fléau de la contrée. Il était autrefois un vaste port où venaient s'abriter des vaisseaux ; des atterrissements successifs ont comblé le port et intercepté presque complètement sa com- munication avec la mer. On y pèche des Anguilles fort appréciées et des Cardium edule var. Lamarcki, qui sont recherchés comme comestibles. Le Bevinco et quelques autres torrents viennent s'y jeter. La mer y pénètre par un petit chenal ouvert dans sa partie nord. L'étang ne gèle jamais ; on sait que dans la zone de la plage maritime, il n'y a en réalité que deux saisons : l'une, chaude et sèche, du mois de mai au mois de septembre ; l'autre, douce et tempérée, du mois d'octobre à la fin d'avril. Dans la « Faune des Mollusques terrestres et fluviatiles de Corse », que j'ai publiée en 1900, il n'a pas été fait mention des Mollusques qui vivent dans les petites îles qui bordent la grande île sur différents points et à peu de distance de ses limites. Il est inutile de faire ressortir l'intérêt que présente l'étude des Fig. 2. Paludestrina bigugli- ana. var. Guittoni Caziot. Dessin de M. Thieux. X 7. SÉANCE DU 11 FÉVRIER 1908 • 35 individus qui vivent ainsi isolés ; ces iles n'étant pas habitées, et visitées seulement par de rares pêcheurs, l'étude de leur faune pourrait apporter une nouvelle certitude à mon ami, le comman- dant Ferton, qui a été conduit (1) à établir que le massif corso- sarde ne s'est définitivement séparé du continent français qu'après le Pliocène et avant la période glaciaire ; ses études sur les Hyménoptères qui habitent la Corse, ne l'ont pas conduit non plus, à admettre une liaison antérieure de l'île avec la Barbarie. Mon confrère et ami, M. \1aury, en étudiant la géologie du Gap Corse, m'a permis de combler une lacune en me rappor- tant des coquilles qu'il a recueillies dans la petite ile de Finocchiarola, au terrain siliceux, qui se trouve située au nord- est du Cap Corse, tout près de son extrémité. Il n'a passé que peu de moments sur cette petite ile et ne m'a rapporté que trois espèces bien connues, mais en grande quantité et ayant déjà subi l'influence du milieu et de l'isolement. Ce sont des Hélix vermiculata, Muller, 1774, Verra, hist., II, p. 21, de forme plus convexe, plus globuleuse, plus conique et à suture plus profonde que le type H. 15-17 ; D. 20-22 mm . Puis des Xerophila. Hélix didymopsis, Fagot, in Locard, 1893. Coq. terr. France, p. 234, %. 309-310. Ceux-ci sont encore plus coniques; les tours sont plus con- vexes, la suture plus prononcée que chez le type ; le test, au lieu d'être; solide, est très fragile. Le sol sur lequel elles vivent étant siliceux, cela n'a rien d'étonnant. Eûfin des Hélix acuta Mûller, loc. cit., II. p. 100. (1) Cii. Ferton. — Description de l'Osmia corsica, n. sp. et observations sur la faune Corse [Bull. Soc. tnlomoloçj. France, 1901, p. 95). 36 SÉANCE DU 11 FÉVRIER 1908 SUR UN ACARIEN DU GENRE NOTOPHALLUS PRODUISANT DES DEGATS SUR LES POIS DE PRIMEUR DANS LE DÉPARTEMENT DU VAR PAR E. TROUESSART (Note Préliminaire; M. Valéry-Mayet, professeur à l'Ecole d'agriculture de Montpellier, m'a communiqué, pour eu déterminer l'espèce, des Acariens qui se montrent en ce moment (janvier 1908 , en quantité énorme, sur les plants de Pois, dont ils dévorent les feuilles, dans les environs d'Hyères (presqu'île de Giens). Ces Acariens appartiennent à la famille des Eupodidœ et au genre Notophallus Canestrini, 188G. Ils correspondent à l'espèce, type de ce genre, désignée par Koch sous le nom de Pentlia- leus hœmalopus (1835), mais à laquelle on doit restituer celui de Notophallus major (Dugès), celui-ci l'ayant décrit précé- demment sous le nom de Téiranyque majeur (1834). En effet, la description et les figures de Dugès (1) sont très suffisantes pour établir son droit de priorité. Elles sont incontestablement supérieures. à celles de Koch. Cet Acarien, long d'environ un millimètre, a le corps noir avec deux taches rouges sur le dos, l'une en avant, l'autre en arrière ; le rostre est également rouge ainsi que les pattes qui sont plus longues que le corps, grêles, et indiquent un animal très agile. Une paire d'yeux d'un blanc brillant se voient à la région numérale. Tous les individus examinés ont le canal intestinal bourré littéralement de parenchyme chlorophyllien. Les femelles, qui sont en très grande majorité, renferment de 3 à 5 œufs d'un jaune orangé. Les Acariens du genre Notopliallus vivent d'ordinaire dans les lieux humides des bois, particulièrement dans les Mousses (2). (1) Duges. — Recherches sur l'ordre des Acariens [Annales des sciences natu- relles (1834), zoologie, (2), II, p. 57, pi. IX, fîg. 57 à 60). (2) M. Valéry- M ayiiT donnera une description plus complète, accompagnée de figures, de ce nouveau parasite nuisible à l'horticulture. SÉANCE DU 11 FÉVRIER 1908 37 M. Marchal. — J'ai engagé à essayer comme agent de des- truction les procédés employés contre le ïetranyque, c'est-à- dire l'arrosage prolongé, le prolosulfure de potassium, le sou- frage. Ouvrages offerts. Ghatton (Edouard). — Sur la reproduction et les affinités du Blas- lulidium pxdophlorwn, G. Ferez. [Comptes rendus Soc. biol., LXIV, 11 janvier 1908.) Ghatïon (Edouard) et François Picard. — Sur une Laboulbéniacée : Trenomyces hislopldorus n. g., n. sp., endoparasite des Poux (Menopon pallidum Nitzsch et Goniocoles abdominalis P.) delà Poule domestique. (Comptes rendus Acad. se, 27 janvier 1908.) o QUINZIÈME ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE Séance du 25 février 1908. PRÉSIDENCE DE MM. ODÔN DE BUEN, PRÉSIDENT D'HONNEUR ET P. MARCHA L, PRÉSIDENT. Sont présents : MM. Alliacd, Bavay, de Beaichamp, M 110 Bignon, MM. Blaizot, G. Blanc, Blanchard, M m0 de Bien, MM. Odôn de Buen, Chatton, Chopard, Clément, Coutière, Clénot, Danois, Debreuil, G. Dollfus, R. Dollfus, Falré- FfiEMIET, FAUROT, (iADEAU DE KeRVILLE, GERMAIN, GROBON, DE Guerne, Joubin, La.uy, M me Marchal, MM. Marchal,, Menegaux, Pellegrin, M m0 Petit, MM. Petit, Racovitza, G. Reyckaert, J. Reyckaert, Richard, Richard fils, Robert, Secoues, Semichon, Topsent, Trouessart, Vignal, M 100 Vlès, MM. A. Vlès, Wintre- BERT. MM. Falgltère, Guiart, Hérouard, Olivier, Pérez, Perron- cito, Pruvot, J. Richabd, F. Vlès s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. M. P. Marchal, président, prononce l'allocution suivante : « Mis chers Collègues, M. le Professeur Odôn de Buen nous a fait le grand plaisir d'accepter la présidence d'honneur que nous lui avons offerte, comme témoignage de notre admiration pour la grande œuvre qu'il vient d'accomplir en créant un nouveau centre d'études biologiques et en inaugurant en Espagne la zoologie expérimentale. Au nom de la Société zoologique de France et du fond du cœur je souhaite la bienvenue à M. et à M mo Odôn de Buen ; je les assure de notre très vive et respectueuse sym- pathie et je les remercie d'avoir franchi la frontière qui sépare les deux pays amis pour répondre à notre appel. Mon cher Président d'honneur, nous sommes fiers de vous voir prendre place à ce fauteuil pour diriger les débats de uotre quinzième assemblée générale. » 40 SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1908 M. le Professeur Odôn de Buen, Président d'honneur, pro- nonce le discours suivant : « Mesdames et Messieurs, Je reconnais profondément l'honneur iuespéré et au-dessus de mes mérites, que vous m'avez accordé en m'élevant à la présidence d'honneur de l'Assemblée générale annuelle de cette savante Société, dont la tradition est si éclatante. Et ma reconnaissance est d'autant plus intense, que vous m'offrez l'occasion solennelle d'annoncer à nos collègues qui cultivent la biologie marine, que, dès ce moment, le monde scientifique compte un nouveau laboratoire au bord de la Mé- diterranée, en un point stratégique admirablement situé et sous le ciel splendide de la principale des Baléares, l'île de Mayorque. Je devrais peut-être borner mes paroles à cette annonce, car pour vous, expérimentalistes fervents, un fait a plus d'élo- quence que cent discours; mais à l'offre d'une nouvelle maison zoologique espagnole, il faut joindre l'exposé des moyens que vous y trouverez et l'ambiance qui vous entourera, si vous acceptez, comme je l'espère, mon invitation. D'abord, ceux qui nous honoreront de leurs travaux au labo- ratoire de biologie marine des Baléares, tout en s'v trouvant chez eux, vivront en terre espagnole, et je suis convaincu qu'ils y seront reçus avec l'hospitalité la plus exquise et la plus fraternelle. De l'ancien don-quichottisme, qui fit de nous jadis les maitres du inonde et qui constitue dans les temps modernes l'origine de notre grande décadence, les Espagnols conservent l'esprit chevaleresque, et, pénétrés de la conviction que les seuls facteurs de notre progrès et de notre grandeur morale doivent être la science, le travail et la liberté, nous conservons le plus grand respect pour les savants. Nos moyens sont bien modestes, mais nos désirs d'aider la science et ses artisans dans leurs travaux, n'ont pas de limites. De toutes nos forces nous travaillerons pour donner aux cher- cheurs la jouissance d'une complète liberté, et pour les en- tourer d'une aimable ambiance de tranquillité et d'affection. Ce fut en 1887, pendant un voyage d'études à bord de la frégate « Blanca », école espagnole des gardes-maritimes, que je conçus le projet de travailler à l'établissement d'un laboratoire Witobâ Je SlbiieU ?iot ODON DE BUEN , Sénateur Profètfj'&ur eil'l rvùoerjitè de Barcelone. Prétfùlent à ' //onni'iir il- la Société Zooloqique de France en 1908 Eéliog Sdmtzenljerger I SÉAJSCE DU 25 FÉVRIER 1908 41 biologique aux Baléares. Plus tard, lorsque je fus nommé pro- fesseur de zoologie à l'Université de Barcelone, en me rap- prochant du laboratoire Arago, augmentèrent les probabilités de voir se réaliser mes désirs. Quelque temps se passa avant ma première visite à Banyuls, le temps indispensable pour transformer mon cours universitaire et l'orienter vers des voies qu'on pourrait appeler « auto-expérimentalistes », par la création auprès de ma chaire d'un service de manipulations pour les étudiants, où mes élèves pussent observer dans des travaux pratiques chaque jour plus complets, ce qui constitue le fondement de mes explications, avec de fréquentes excur- sions à la campagne. L'école et le maître qu'il me fallait je les trouvai au labo- ratoire Arago et dans son illustre fondateur M. de Lacaze- Duthiers. Combien de sages conseils, combien d'énergiques encouragements je dois au regretté fondateur des laboratoires de Roscoll' et de Banyuls ! Je dois associer son nom à mon œuvre scientifique, si faible à côté de la sienne ! Si le labo- ratoire naissant des Baléares réussit à prospérer, cela sera dû plus encore à M. de Lacaze-Duthiers qu'à moi-même ; j'aurai la seule gloire d'avoir mis toute mon énergie, toute la force de ma volonté, dans la réalisation du plan que me donna votre grand zoologiste. Et voilà comment la création de cette maison espagnole dédiée aux investigations biologiques marines, est une œuvre presque française. J'ajoute que j'ai eu et espère avoir toujours des collaborateurs aussi savants que mes excel- lents amis le Professeur Pruvot et le Docteur Racovitza, main- tenant directeur et sous-directeur du laboratoire Arago. J'avoue qu'il m'a fallu vaincre des difficultés sérieuses; peut-être aurai-je encore longtemps à lutter ; mais j'ai une grande foi en 1' venir du laboratoire des Baléares, parce que j'espère qu'il sera accompagné de la sympathie des amis de la science, qu'il aura toujours l'appui des savants et parce que dans ma patrie on s'intéresse déjà à ces investigations et qu'il soufile des vents favorables dans les hautes régions ofticielles. Dans la mémorable séance extraordinaire tenue à Palma de Mallorca par la Société zoologique de France, le 26 avril 1905, et dont j'ai eu l'honneur d'être désigné comme président, je vous disais : « Il est nécessaire, de créer sur ces côtes baléares un laboratoire frère de celui de Banyuls. Mes efforts tendent à cela, vous le savez, depuis déjà plusieurs années; je me butte à de sérieuses difficultés par suite du manque de moyens 42 SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1908 matériels dont on est si parcimonieux en Espagne pour le travail scientifique ; mais malgré tout je puis vous annoncer que j'ai de grandes espérances de pouvoir bientôt créer le laboratoire baléarique, où, quelque modestes que puissent être nos ressources, vous trouverez la même hospitalité frater- nelle que nous avons rencontrée, nous, à Banyuls. » Et je viens aujourd'hui vous dire que le laboratoire de biologie marine des Baléares est fondé, qu'il est à votre dis- position dans la belle et tranquille baie de Palma. t ^ 'vMALléORCA CABW&K/C? "IB1ZA roRn entera 'zxhtLLjr. *WJ<)» Fig. 2. — Les iles Baléares. Le laboratoire a un caractère officiel ; il appartient à l'État; c'est une annexe du Musée des sciences naturelles de Madrid, dont le Directeur est notre savant collègue, M. le Professeur Bolivar, bien connu de tous par ses importants travaux ento- mologiques. Il a été créé par un décret du 2 novembre 1900 et placé sous ma direction, grâce à l'appui résolu de l'illustre docteur Amalio Gimeno, professeur à la Faculté de médecine de Madrid, sénateur par l'Université de Valencia et alors ministre de l'Instruction publique. Il y a une coïncidence digne d'être notée ; je me trouvais au laboratoire Arago avec mes élèves, lors de l'excursion que SÉANCE m 25 FÉVRIER 1908 43 depuis tant d'années nous faisons aux vacances de la Toussaint, quand je reçus un télégramme où le ministre m'annonçait la publication du décret sur la création du laboratoire des Baléares. Dans l'ample salle de l'aquarium, témoin de tant de fêtes de confraternité scientifique, je lus à mes élèves la dépèche du ministre : un long applaudissement salua l'heureuse nouvelle, résonnant au pied de la tombe de l'immortel fonda- teur, comme le meilleur tribut à son œuvre féconde ! E^ttfcLLfc AH! A ae F^LMA Fig. 3. — La baie de Palma. Le décret de création spécifie que : le laboratoire sera ouvert pendant toute l'année ; ses services seront gratuits ; on y admettra les travailleurs de tous les pays, s'ils le sollicitent du directeur et que celui-ci dispose des moyens nécessaires pour le faire. L'Espagne, dit le décret, doit participer aux recherches de biologie marine et elle veut le faire, dans la mesure de ses moyens. Le laboratoire a de grands desseins pour son développement. Il doit effectuer des travaux océanographiques suivant l'exten- sion compatible avec ses ressources. Il fera des essais de culture d'animaux marins. Il fera le service d'envoi d'animaux 44 SÉANCK DU '25 FÉVRIKR 1008 vivants pour les chaires et laboratoires des Universités de Madrid, Barcelona, Valencia, Zaragoza et autres qui le demanderont. Après la création du laboratoire, on lui a assigné le service de la biologie marine des côtes africaines voisines de l'Espagne. Pour remplir cette mission, je prétends établir bientôt dans la baie d'Algésiras, une station dépendant du laboratoire de Pal ma. Le laboratoire dépend directement du ministrèe de l'Instruc- tion publique, mais le ministère « del Fomento » lui a attribué cette année dans son budget la somme de 10 000 pesetas. Le Conseil municipal de Palma et la Députation des Baléares lui accordent aussi des subventions. Le budget du laboratoire s'élève maintenant a la somme annuelle de 34 000 pesetas, et 7 000 pour le personnel, sans compter les traitements du Directeur et de son auxiliaire M. le docteur Fuset, professeur au Lycée de Palma. Bien certainement cette somme augmentera pour les années à venir, à mesure que le laboratoire développera le plan de ses travaux. La situation ne peut être ni plus pittoresque, ni plus « stratégique », comme je vous le disais déjà en commençant. Nous hésitâmes d'abord, pour savoir si l'on devait placer le laboratoire à Mahon ou à Palma; mais à la fin nous décidâmes de le placer dans cette dernière ville ; elle est en communica- tion journalière avec la péninsule (avec Barcelone en 12 heures, avec Valence et Alicante) et par un service de bateaux hebdo- madaires avec Marseille et avec Alger; elle est très peuplée et bien approvisionnée (Palma compte 70 000 habitants); et sa baie, vaste et tranquille, protégée des vents violents du nord, offre un ample champ d'investigations; a tous ces avantages on peut ajouter qu'ayant pour station centrale la capitale des Baléares et disposant de bateaux convenables on peut faire sans difficulté des travaux de dragage et de sondage à Minorque, Ibiza, Cabrera, et dans les baies du nord de Mayorque (Alcudia et Pollensa), localités toutes pourvues d'une faune très riche. Vous pourrez juger de la situation par les cartes que je vous montre en projections : la carte générale des Baléares (Palma est presque le point central) (fig. 2) ; celle de la baie de Palma avec l'ancien port, Porto-Pi, où se trouve placé le laboratoire (fig. 3). SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1 908 45 Porto-Pi (fig. 1 et 4) est une anse qui se trouve à 4 kilomètres de Palrna, avec laquelle on communique au moyen d'un tramway. Au bord de cette anse on a. construit des villas et ses environs offrent de splendides'panoramas. Nous avons utilisé une de ces villas pour installer le laboratoire en y faisant une transfor- mation complète. Devant notre terrasse" s'étend, toujours tranquille, une nappe d'eau sous laquelle'vivent en abondance des Zostera, Caulerpa, Ulva, Padina' et, 'parmi ces Algues, une population de Crus- Fig. 1. — Porto-Pi!; ;'i droite, le laboratoire. tacés, Mollusques, petits Poissons, Eponges, Echinodermes (les fonds à Caulerpa) (1), en tous temps faciles a récolter. Avec les animaux que nous y déposerons après nos pêches, Porto- Pi deviendra un abondant vivier à riche faune. Derrière le laboratoire s'étend la Cala mayor, petite baie aux côtes ro- cheuses que les vagues fouettent avec violence lorsque souffle le vent du sud ou de l'est. Il y a un grand contraste entre Porto-Pi et Cala mayor ; dans celle-ci l'eau est très pure, il y a une profondeur assez grande et à son extrémité se trou- (1) La région méditerranéenne des Baléares (Bulletin Soc. zool. de France, XXX, 1905, p. 98.) 46 SÉANCE PU '2. r > FÉVRIER 1008 vent les Me tas, une des meilleures localités pour les récoltes zoologiques. Le bâtiment a deux étages (fig\ 5) ; il est entouré d'un petit jardin où nous avons construit un cabinet de photographie, pourvu d'un matériel suffisant, et où nous avons aussi placé les réser- voirs de l'eau de mer, qui descend ensuite aux bacs de l'aqua- rium. Le premier étage comprend : un vestibule, le cabinet du Directeur, trois stalles de travail, la bibliothèque et un petit laboratoire destiné à la préparation des réactifs. Fig. 5. Le laboratoire des Baléares. Chaque stalle de travail, absolument isolée et bien éclairée, est munie des objets suivants : une table à trois corps en forme de fer à cheval avec un fauteuil tournant, une armoire pour le matériel, une étagère et une boîte pour réactifs ; toutes les stalles ont la lumière électrique et un robinet d'eau douce à pression, dont les réservoirs peuvent être facilement remplis d'eau de mer. La bibliothèque est encore pauvre, mais nous prendrons un soin spécial de l'enrichir. Malgré que le plus grand nombre des travailleurs aient l'habitude d'apporter leur microscope et quelques-uns des ins- truments qu'ils emploient, nous disposons, s'il est nécessaire, SÉANCE DU 23 FÉVRIER 1908 17 de quelques microscopes Reichert, derniers modèles, munis d'objectifs à immersion 1/12 et 1/16, de microtomes Reichert et Minot, d'un binoculaire Zeiss, de microscopes à dissection avec prisme et objectifs Porro, d'étuves Adnet, de chambres claires Abbe, etc. Devant la bibliothèque, s'étend une ample terrasse, sous laquelle, au bord même de la mer, on a construit l'aquarium. Au second étage il y a une grande salle centrale pourvue de deux tables de travail ; une étagère pour les collections et une autre pour la verrerie, abondante, fournie par la maison Fig. 6. — Aquarium. Leuue. Il y a, en outre, cinq stalles de travail, organisées comme celles du premier étage. Sous la terrasse, presque au niveau de la mer, se trouvent placés : l'aquarium, une salle pour nettoyer et trier la pèche, un magasin pour les filets et la machine pour alimenter l'aquarium. Cet aquarium (fig. 6) est relativement petit; il est composé d'une salle rectangulaire de 13 mètres sur 6, dont le mur du côté de la mer est percé d'une grande porte et de fenêtres. On a bâti, dans les trois autres murs, huit bacs avec des verres de l m 50 de longueur sur m o0 de hauteur. L'intérieur des bacs est garni de façon à imiter différents fonds : rochers calcaires, siliceux, volcaniques, grands nodules de Lithotamnion (cascajo orga- Bull. de la Soc. Zool. de Fr., 1908. xxxiii — 6 48 SÉANCE DU 25 FÉVItIKR 1008 nique) caractéristiques de quelques fonds du plateau conti- uental des Baléares, sable calcaire, sable granitique. Tous les bacs s'ouvrent dans l'intérieur de la salle, et des abat-jour de verre leur renvoient la lumière zénithale. La circulation de l'eau se fait de la manière suivante : un tube pénètre dans la mer jusqu'à une certaine distance entre le fond et la surface et conduit l'eau, par un égout, jusqu'à un grand réservoir creusé dans la roche calcaire et garni de ciment pour éviter les infiltrations; ce réservoir se trouve auprès de l'aquarium. Une pompe, mise en activité au moyen d'un électro-moteur d'un cheval, élève l'eau, purifiée par la sédimentation et ra- fraîchie, à cinq cuves de ciment armé, placées sur la terrasse, d'où elle descend aux bacs de l'aquarium. Les cuves ont 20 mètres cubes de capacité; elles sont suffisantes pour la consommation journalière. Je n'ose anticiper sur le résultat de ce système quant à la vitalité dans l'aquarium, surtout pen- dant Tété, mais j'ai pris toutes les mesures possibles, étant donnée la situation, et jusqu'à présent les expériences ont été complètement satisfaisantes. L'eau de mer tombe dans les bacs vraiment pulvérisée, en formant un nuage de fines gout- telettes qui l'aèrent parfaitement. Sur l'un des côtés de l'aquarium on a bâti une pièce, munie de robinets d'eau de mer, qui sert à nettoyer et à trier la pêche, ainsi qu'à la préparation des envois d'animaux vivants aux laboratoires et Universités. De l'autre côté on bâtira une pièce identique, où nous pla- cerons plusieurs bacs d'expérience peu profonds, réservés aux travailleurs. Comme note instructive, je veux donner la liste des premiers habitants de l'aquarium, qui ont été jusqu'à présent l'objet de nos expériences : Axinella polypoides, Stiberites domitnada, Tethia lyncorium, Cladocora cespitosa, Actinia equiiia, Ane- monia salcata, Adamsia palliata avec son Pagurus, Sagartia parasitica et son commensal, Ile/iactis belli*, Asterias glacialis, Echinaster sepositus, Astropecten aurantiacus, Ophioglypha lacertosa, Sphœrechinus gramtlaris, Holothuria tubidosa, Ciicu- maria, Dromia avec son revêtement de Suberites, Stenorhyn- cluis, Inachus, Eriphia, Palœmcm, Troc/uis, Tellina, Aplysia très nombreuses, Pecten varius, Arca, Serpulides, Cynthia pa- p il/ osa. Il est impossible dans la Méditerranée, mer sans marées, de travailler d'une manière constante et ordonnée sans disposer SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1008 40 d'embarcations. Le laboratoire en possède en toute propriété. Le « Lacaze-Duthiers », bateau à voile de tonneaux, com- plètement appareillé pour la pêche de fond, avec un patron et quatre hommes d'équipage, est un excellent voilier, qui a fait plusieurs fois la traversée de Palma à Alger. Le premier bateau espagnol destiné aux recherches zoologiques devait porter le nom, si cher à nous tous et si glorieux pour la science, de l'illustre fondateur du laboratoire Arago, maître et frère aîné du laboratoire des Baléares. Voyez dans les projec- tions le port élégant du « Lacaze-Duthiers » mouillé (fig. 7), et dans les travaux du dragage. Fig. 7. — Le « Lacaze-Duthiers. Le « I. Bolivar », un peu plus petit que le « Lacaze-Duthiers », a aussi un port élégant ; il marche très bien. On le dotera d'un moteur à gazoline pour l'approprier à la pêche pélagique, à celle qui se fait aux endroits peu profonds, et aux excursions aux environs de la baie. Nous avons encore un petit bateau pour deux à trois personnes et un petit bateau pliant pour l'exploration des lacs souterrains qui existent dans les grottes mayorquines. Dans nos excursions de l'été dernier à l'île de Cabrera, nous avons utilisé le bateau à vapeur du même nom, où nous avons installé commodément les appareils de sondage et de dragage pour explorer les grands fonds à Brachiopodes du bord du .')() SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1908 plateau continental. Le « Cabrera » est un bateau de 80 ton- neaux qui fait le service de courrier entre Palma et la petite île de ce nom. Nous l'emploierons pour le tracé de la carte bio- nomique du littoral baléarique. Nous ne manquons pas, pour le présent, des engins néces- saires pour la pèche : grande chaloupe, filets de fond, filets pélagiques, trémails, filets à Langoustes, dragues, fauberts, etc. Et considérez que, dans la baie de Palma, plus variée dans ses fonds que n'auraient pu le faire croire les campagnes du « Roland », on peut pécher pendant la plus grande partie de l'année, presque tous les jours, et que Porto-Pi deviendra avec le temps un vivier riche en espèces. Des projets pour l'avenir? Pourquoi vous en parler, s'ils devaient être illusoires ? Il vaut bien mieux que, avec le temps, je puisse vous annoncer les grands progrès réalisés au labo- ratoire. D'abord je n'aurai de repos que je n'aie obtenu une installation définitive dans un édifice bâti ad hoc, où l'on puisse disposer avec ampleur tous les services. L'installntion actuelle est provisoire ; du moins je le crois ainsi. J'ai besoin d'un bateau à vapeur pour étendre nos investi- gations jusqu'au détroit de Gibraltar et entre Ceuta et Chafa- rinas, sur la côte africaine, un laboratoire ilottant semblable au « Roland ». En dehors de l'Espagne, le laboratoire pourra être le refuge des travailleurs qui veulent étudier la faune baléare ou conti- nuer leurs travaux à la recherche de la solution des grandes questions de la biologie contemporaine. Dans notre patrie, il doit remplir une mission transcendante. Il s'opère en Espagne un vrai mouvement de régénération pédagogique ; il y a un grand nombre de personnes qui ont confiance en la science seule et qui dirigent vers elle leurs regards. Divulguer, ré- pandre, populariser l'étude de la Nature, c'est faire une œuvre sociale d'immense importance ; c'est en même temps préparer l'atmosphère, le milieu favorable aux progrès scientifiques. Peut- être dans cette œuvre ne travaille-t-on pas pour sa propre gloire : c'est ainsi que l'on creuse un profond sillon où les semeurs de l'avenir pourront déposer leur semence ; c'est ainsi que l'on crée pour les âges futurs. En Espagne, la vulgarisation scientifique est absolument nécessaire pour assurer l'œuvre de ceux, en petit nombre aujourd'hui, qui travaillent pour la science pure. On nous SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1908 51 aidera du moment où on nous comprendra, vous en pouvez être bien sûrs ; l'Espagnol est généreux et répand à tous les vents ses bienfaits lorsqu'il est arrivé à pénétrer l'utilité de ses efforts. Je ne me reposerai pas un moment dans ce travail pour créer, dans ma patrie, une atmosphère favorable à la. culture de la science. C'est une chose bien compréhensible que, parmi nous, très petit soit le nombre des chercheurs scientifiques ; vous n'en devez pas être étonnés : l'ambiance manque ; nous la formerons. Et si dans le présent nous n'arrivons pas à décou- vrir de nouveaux faits, nous réussirons du moins à préparer un peuple qui produira plus tard une légion de travailleurs désintéressés. Peut-être le don-quichottisme de la science pré- pare-t-il une grande Espagne ! Et quelle science est meilleure, plus belle en ses manifes- tations que la zoologie ! Si la mer est le sein fécond de la vie, trois mers environnent la Péninsule Ibérique, et les peuples de cette péninsule peuvent trouver dans l'étude biologique de la mer la même grandeur qu'ils ont acquise dans les temps passés en parcourant les Océans inconnus et en entourant le monde d'un équateur d'héroïsme. Le laboratoire de biologie marine des Baléares doit être un foyer de diffusion scientifique pour tous les pays qui parlent l'idiome espagnol. Je travaillerai pour cela avec toute ma per- sévérance. Pardonnez-moi, Mesdames et Messieurs, cette péroraison. Je vous remercie sincèrement, encore une fois, de votre bien- veillance. En ouvrant, cette année 1908, l'assemblée générale de la Société zoologique de France, j'annonce aux zoologistes français et au monde scientifique tout entier, la naissance du cadet des laboratoires de Banyuls et de Roscolf. » ( Vifs applaudissements.) Mine K. Blasius s'excuse d'annoncer tardivement la mort de son mari, le professeur Rudolph Blasius, membre de la Société depuis 1889, décédé le 21 septembre 1907. M. Jolbin communique une quatrième liste de membres de la Société ayant souscrit au monument Lamarck. Ce sont : S. A. S. Albert 1 er , Prince de Monaco, M. Berner, S. M. D. Carlos I er , Roi de Portugal, MM. Cosmovici, Davenport, Geor- 52 SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1908 gevitch, Jammes, Lucet, sir John Murray, MM. Neumann, E. Simon, Tourneux. Cette liste porte à 114 le nombre de nos collègues souscrip- teurs et à 4 174 fr. 50 le montant des sommes versées par eux. Le total de la souscription atteint aujourd'hui 33 500 fr. M. le Commandant Caziot adresse un mémoire faisant suite à l'un de ceux qu'il a déjà déposés et intitulé : « Bibliographie des ouvrages, monographies et contributions partielles qui ont paru sur les Mollusques terrestres et fluviatiles de l'Algérie, de la Tunisie et du Maroc ». M. Oudemans annonce l'envoi d'un mémoire intitulé : « Notes sur les Acariens, XVIII e série ». M. le Président remercie la maison Poulenc qui, sur la demande de M. Secoues, a mis à la disposition de la Société un préparateur et un appareil de F rémont, pour faire les pro- jections qui ont accompagné le discours du Président d'hon- neur. M. le Président adresse les félicitations de la Société à MM. X. Raspail, Rollinat et Roule, récemment nommés corres- pondants du Muséum. A la suite d'une demande signée de MM. Alluaud, Bavay, Blanchard, Delage, de Guerne, Marchai et Robert, M. E.-T. Hamy, membre de l'Institut et de l'Académie de médecine, professeur d'anthropologie au Muséum d'histoire naturelle, est nommé à l'unanimité membre honoraire de la Société. MM. Chatelet et Jourdan sont nommés délégués pour repré- senter la Société au centenaire de la reconstitution de l'Aca- démie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d'Aix, qui aura lieu le 9 avril prochain. Conformément à l'article XIV des Statuts, M. Vignal, Tréso- rier, rend compte de sa gestion pendant l'année 1907. M. Bavay donne lecture du rapport suivant au nom de la commission de vérification des comptes : « Messieurs, M. Semichon et moi avons procédé à la vérification des comptes de notre Trésorier, mission dont vous nous aviez chargés. SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1908 53 Nous avons constaté que l'année 1907 a débuté par un encaisse de 1723 fr. 69; que les recettes de Tannée ont été de 7 963 fr. 30 dont 643 fr. 30 de revenus du capital; que les dépenses ayant été de 6 981 fr. 88, il restait en caisse au 1 er janvier 1908, 2 705 fr. 11 auxquels nous pouvons ajouter le revenu acquis du capital, soit 643 fr. 30, en tout 3 348 francs. La situation financière de la Société est donc satisfaisante. Mais, nous avons aussi et surtout vérifié comme nous le devions les comptes et nous avons reconnu que les écritures étaient en règle et tous les chiffres parfaitement exacts. Nous avons donc en votre nom apposé notre visa sur ces comptes et il nous reste pour terminer notre mission à vous demander de voter à notre excellent collègue M. le Trésorier Vignal, les remerciements qu'il a largement mérités. » Les conclusions de ce rapport sont adoptées à l'unanimité et chaleureusement applaudies. M. Blaizot fait une communication sur la gestation chez Acant/iias vulgaris. M. E. Chàtton expose ses nouvelles recherches sur les Blastodiniens. « M. CoiiTiÈRE fait une communication sur les Alphéidés américains du genre Synalpheits, dont il a pu séparer 45 formes nouvelles. Les espèces de ce genre se répartissent en six groupes, très différemment représentés dans les deux régions indo-pacifique et américaine. Une dizaine de ces formes ont dû recevoir l'appellation trinominale; elles se groupent autour de certaines espèces dont elles sont séparées par des différences très faibles, mais très constantes. Elles font penser à ce que les botanistes appellent les petites espèces. » M. Trouessart proteste contre l'introduction eu zoologie de l'expression « petite espèce ». M. Gadea-u de Kerville se met à la disposition de ses collègues pour leur rapporter de son prochain voyage en Syrie des matériaux de travail. M. Petit signale que, d'après un récent article du « Journal de Genève », on rendrait les Chats plus sédentaires et on les empêcherait de détruire les petits Oiseaux en leur rognant le pavillon des oreilles. M. Trouessart. — Le fait a été signalé par Darwin : les 54 SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1908 Chats ainsi mutilés craignent, parait-il, l'humidité de la rosée et évitent d'aller en chasse le matin : or c'est l'heure où ils capturent le plus de jeunes Oiseaux. « M. Wintrebert signale la présence à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) du Discoglossus pictus Otth. ; il en a capturé, en avril 1906, 4 exemplaires, dont deux mâles adultes, un mâle jeune et une femelle ; un mâle adulte appartient au type tacheté, l'autre ainsi que le jeune et la femelle sont du type rayé. Cette trouvaille à Banyuls, près d'un laboratoire de recherches, donne à penser tout d'abord que ces animaux y ont été apportés par un naturaliste ; d'autre part, les commu- nications régulières de Port-Vendres avec l'Algérie font soup- çonner une provenance algérienne. Cependant le directeur du laboratoire, M. Pruvot, peut affirmer qu'aucun batrachologue n'est venu faire des recherches au laboratoire; de plus, il ne se trouve, à sa connaissance, dans le département, aucun natu- raliste s'intéressant aux Batraciens. D'autre part, les Disco- glosses algériens (d'après Héron Royer) sont, même en hiver, vifs et turbulents, presque toujours en mouvement ; on ne conçoit donc pas qu'ils aient pu être introduits dans les mottes de terre parfois volumineuses qui entourent les racines des arbres importés. Le Discoglossus picttts Otth. parait donc bien réellement indigène. La constatation de sa présence à Banyuls tend à fermer par le nord, l'aire de sa distribution autour de la Méditerranée. Les essais réussis d'acclimatation du Disco- glosse algérien, pratiqués aux environs d'Amboise par Héron Royer, à la Varenne-Saint-Hilaire, près Paris, par Ch. Mailles, avaient déjà montré que le climat de la France était favorable à sa reproduction et à sa persistance. » M. Wintrebert dépose sur ce sujet un travail plus étendu destiné aux « Mémoires » de la Société. Le jeudi 27 février, à 8 heures du soir, a eu lieu au restau- rant Champeaux le banquet annuel. Etaient présents : MM. Alluaud, Blanchard, M mc de Bien, MM. Odùn de Buen, Clément, Coutière, Danois, A. Dollfus, Fockeu, Gadeau de Ker- ville, Grobon, Guiart, Jammes, C. Janet, Jocbin, Lucet, Mar- chal, Paris, Petit, Pierret, Kacovitza, Reyckaert, Robert, Roule, Secques, ïrouessart, Vaillant, Vignal, M mc Wintrebert, M. Wintrebert. A l'heure des toasts, M. Marchal, Président, prononce l'allo- cution suivante : SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1908 OO « Mes chers Collègues, Eu écoutant avant-hier la remarquable conférence de notre Président d'honneur, nous avons tous eu conscience du très grand progrès scientifique que sa puissante intervention a dé- terminé en Espagne. M. Odôn de Buen est l'apôtre de la science zoologique au- delà des Pyrénées. Par son Traité didactique et par son bril- lant enseignement à l'Université de Barcelone, il a donné a la zoologie la place qui lui revient dans l'éducation philosophi- que des esprits. En créant le laboratoire maritime de Palma, il a fait pour l'Espagne ce que de Lacaze-Duthiers avait fait pour la France : il a donné les bases qui lui sont indispen- sables à la science zoologique expérimentale. Si M. Odôn de Buen a des titres de gloire qui commandent l'admiration de tous les savants, il a droit d'une façon toute spéciale à la reconnaissance des zoologistes français. Depuis plus de quinze années, il travaille à établir des rapports de plus en plus intimes entre la science française et la science espagnole; il sert la cause de nos chères études autant par les contributions qu'il leur apporte que par l'art qu'il déploie à les faire aimer. Nombreux parmi nous sont les naturalistes ayant pris part à ces excursions de Pâques, qui, sous la haute direction de notre Président d'honneur et de M. Pruvot, dont nous regrettons aujourd'hui l'éloignement, réunissent en une chaude confraternité les Universités de Paris et de Barcelone. Tous en ont conservé l'une des impressions les plus fortes et l'un des souvenirs les meilleurs de leur existence. Appeler les jeunes à faire de la zoologie en parcourant les iles Baléares, ce pays si beau et baigné d'une si pure lumière qu'il semble que le malheur ne puisse y trouver asile, les ac- cueillir en amis avec une cordialité et un enthousiasme com- municatifs qui gagnent les cœurs les moins expansifs, leur préparer de la part de la population la plus sympathique l'hospitalité la plus douce, mettre à leur disposition les mer- veilleuses richesses que recèlent la mer, les montagnes et les lacs des grottes fantastiques,... n'y a-t-il pas là, pour faire naître ou pour confirmer des vocations, des moyens d'action plus puissants que ceux dont dispose un professeur dans sa chaire universitaire? Avec une maîtrise qui s'affirme autant par sa science que 56 SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1908 par l'influence entraînante de son caractère et de son éloquence, M. Odôn de Buen fait bénéficier de ces précieux avantages les étudiants de France et d'Espagne. Je lui en exprime notre profonde gratitude et je porte ensemble — car elles sont insé- parables — la santé de notre Président d'honneur et celle de M me Odôn de Buen, qui a bien voulu apporter le charme de sa présence au milieu de notre assemblée respectueusement reconnaissante. » M. le Président d'honneur remercie de l'accueil fait en sa personne à la science espagnole par la Société et dit son admi- ration pour les savants français. Le Secrétaire général présente les excuses des absents : MM. Th. Barrois, le Prince Roland Bonaparte, Boutan, Delage, Falgltère, Hérouard, Olivier, Pkrez, Perroncito, Pruvot, J. Ri- chard, M me Vlès, M. Vlès. « iNous regrettons particulièrement ce soir, dit-il, l'absence de M. Pruvot, retenu loin de nous dans ce laboratoire de Banyuls, où j'ai eu il y a douze ans le plaisir de vous accueillir, cher Président d'honneur, aux côtés d'Henri de Lacaze-Duthiers, comme simple préparateur du laboratoire. Je me suis ainsi trouvé mêlé, d'une façon bien modeste, au début des relations amicales que vous avez nouées par la science, entre nos deux patries. Ensemble nous avons navigué à bord du « Roland », cet admirable instrument de travail dont je regrette de ne pas voir ce soir auprès de nous le généreux donateur. Laissez-moi vous dire que, lorsque j'avais fait pavoiser le « Roland » en votre honneur, je croyais voir par avance dans ce petit bateau bien pacifique, portant en tête de mât les couleurs espagnoles, à la poupe les couleurs fran- çaises, le symbole de cette entente franco-espagnole qui semble réalisée aujourd'hui . A votre tour vous nous avez reçus en Espagne avec une cordialité que nous n'oublierons pas, lorsque, il y a onze ans, vous nous avez montré à Porto-Pi remplacement où vous vouliez fonder votre laboratoire et où vous l'avez réalisé aujourd'hui. Merci pour avoir accepté de nous présider ce soir. Merci à nos collègues de province, dont quelques-uns ont fait de longs voyages pour assister à notre banquet, et aux dames trop peu nombreuses qui ont répondu à notre appel. Merci spécialement à M mo de Buen d'avoir bien voulu accepter de se rendre à notre invitation. » \1. Blanchard, dans une improvisation en castillan, exprime X SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1908 57 l'estime des hommes de science français pour les savants espa- gnols, et M. Odôn de Buen répond dans la même langue en exaltant la Science qui plane au-dessus des partis et des natio- nalités. Le vendredi 28 février, à 9 heures du soir, la Société s'est réunie en séance extraordinaire dans L'amphithéâtre Richelieu, à la Sorhonne. M. le Président d'honneur a ouvert la séance par une allocution très applaudie et a donné la parole à notre collègue M. C. Pérez, professeur à l'Université de Bordeaux, pour une intéressante conférence, accompagnée de nombreuses projections, sur son voyage scientifique au golfe Persique. Ouvrages offerts. Travaux de la Société des naturalistes et amateurs d'histoire naturelle de Bessarabie, fascicule 2, 1907. Vlès (Fred.). — Sur la biréfringence apparente des cils vibratiles (Comptes rendus Acad. se. Paris, 13 janvier 1908). OBSERVATIONS SUR LA GESTATION CHEZ ACANTHIAS VULGARIS R. PAR L. BLAIZOT D'après les recherches de Brinkmann (1), tout l'épithélium utérin, chez A canthias vulgaris, sauf la couche interne, dégénère au moment où les embryons contenus dans leur capsule commune brisent cette enveloppe pour devenir libres dans l'utérus. Il en résulte que les capillaires sous-épi théliaux ne sont plus séparés de la lumière utérine que par la couche épithéliale interne : de la sérosité filtre dans l'utérus et sert à la nutrition des embryons. Mes observations sont en désaccord sur plusieurs points avec les précédentes. J'ai vu que la couche interne se désorganise en même temps que la couche moyenne et disparait après cette (1) 1901. A. Brinkmann. — Histologie, Histogenèse und Bedeutung der Mucosa Uteri einiger viviparer Haie und Rochen. [Mittheil. zool. Stat Ne&pel, XVI. p. 365-408,8 pi.) 58 SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1908 dernière ; les produits de l'histolyse de ces deux couches font retour à Ja mère, mais ne tombent pas dans l'utérus. La couche externe vient s'appliquer directement sur le réseau capillaire sous-épithélial ; la turgescence de la papille, due à la dilatation des capillaires, compense la perte de substance résultant de l'histolyse épithéliale et s'oppose au plissement de la couche externe. Ni la chaleur, ni le biuret, ni le réactif de Millon ne m'ont révélé la présence d'albuminoïdes dans le liquide utérin. La persistance de la couche externe, pourvue d'une cuticule et de bandelettes de fermeture et pouvant se comporter comme un dialyseur, explique cette absence de filtration des albuminoïdes. La pesée du système « embryon -j- vésicule vitelline » m'a donné des résultats trop variables pour que je puisse en tirer des conclusions sur l'absence ou la réalité de l'augmentation de poids des embryons au cours de la gestation. Voici le ré- sultat de ces pesées : elles ont été faites à Roscofl", en avril, époque à laquelle on trouve tantôt des œufs au début de la segmentation, tantôt des embryons de 16-17 "'. niaTS EMBRYONS -"- — — — — — - . -~ - Nombre d'oeufs contenus Poids de l'œuf. Nombre d'embryons contenus dans Poids de « embryon -f- vésicule vitelline ». dans chaque utérus chaque utérus. • 2 589,5 2 539, :; 449,6 •> 49 a, 3 373,3 3 429,70 5 23 9, i Ti 379. Ce tableau montre qu'il y a un poids global de vitellus rela- tivement constant dans chaque utérus, le poids de l'œuf et le nombre des œufs étant jusqu'à un certain point inversement proportionnels. Mais il donne des résultats trop variables pour indiquer quelle part revient à l'organisme maternel dans la nutrition des petits ; par nutrition j'entends l'apport de sels et d'eau, puisque le liquide utérin ne contient pas de matières albuminoïdes dissoutes ni d'éléments figurés. On peut, dans tous les cas, apprécier que cette part est faible ; l'utérus ne fournit pas de matières organiques aux embryons, comme cela se produit par une sécrétion de lait séance du 25 FÉVRIER 1908 59 utérin formé de débris épithéliaux chez Trygon Bleekeri (i), Heptanchus cineretis, Trygon violacea et Myliobatis aquila, ou d'une sécrétion graisseuse chez Torpcdo marmorata et T. ocellata (d'après les observations de Brinkmaw ; les embryons ne sont pas reliés à la paroi par leur vésicule vitel- line ; la gestation a donc surtout pour résultat d'assurer la fonction respiratoire et la protection mécanique des petits. Acanihias vulgaris parait, au moins au point de vue physiolo- gique, faire le passage entre les Sélaciens ovipares et ceux à viviparité plus accusée chez lesquels les embryons se nourris sent aux dépens de l'organisme maternel. LES GLANDES CUTANÉES DE QUELQUES VESPIDES PAR Le D> L. BORDAS Le tégument des Insectes est abondamment pourvu de glan- des unicellulaires, éparses çà et là en des points déterminés de leur corps. Ces glandes sont tantôt séparées et diffuses, tantôt agglomérées en massifs plus ou moins volumineux. Au premier groupe appartiennent les glandes cirières, les glandes à laque et les glandes urticantes, très répandues dans certains groupes d'Hexapodes. Les glandes à cire des Abeilles sont très développées et se trouvent à la face ventrale des quatre derniers anneaux de l'abdomen. Ces organes ont été également bien étudiés chez les Tetraneura, les Dactylopius, les Aspidiotus, les Phylloxéra, les Aonidiella, etc., ainsi que chez les Fulgorides et les Ci- cadides. Les appendices tubuleux, situés de chaque côté de la face dorsale de l'extrémité de l'abdomen des Aphides, appelés cornicules, sont des tubes cuticulaires en rapport avec une glande hypodermique unicellulaire, sécrétant une substance cireuse très fluide. Les glandes à laque existent chez Lecanium oleœ etc., et les glandes urticantes chez diverses larves de Lépidoptères, telles que Lasiocampa, Arctia, etc. (1) 1890. Alcock. — Observations on the gestation of some Shark and Rays. (Journ. Asiat. Soc. of Bengal. L1X). 60 SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1008 Quant aux glandes groupées et réunies en faisceaux, dépen- dant du système cutané, elles existent également chez la plu- part des ordres d'Insectes; elles sont localisées sur les divers segments céphaliques, thoraciques et abdominaux et présen- tent la structure et les formes les plus variables. Les Yespid.e (Vespa crabro, Yespa germa?iica, Vespa md- garis, etc..) possèdent, indépendamment de leur appareil venimeux très développé, des agglomérations de glandules monocellidaircs situées à l'extrémité antérieure des deux der- niers sternites abdominaux. /. m, <*i^. Gl. Gl (/ . Fig. 1. — Ensemble des glandes cutanées de la Vespa crabro ; a et 6, cinquième et sixième sternites abdominaux ; gl. m., glandules monocellulaires ou cutanées de la partie antérieure du 5 e sternite ; GL, massif glandulaire du dernier stér- ilité ; en Gla. on voit quelques canalicules excréteurs. Leur position et surtout leur mode de groupement varient suivant les segments considérés. Les glandules de l avant-dernier sternite abdominal forment une bandelette blauchâtre, a peu près rectangulaire dans sa partie médiane et à extrémités latérales amincies et coniques. Elle est directement appliquée contre le tégument chitineux de l'anneau et recouverte par une mince lamelle de tissu adi- peux,, par la chaîne nerveuse et par tous les autres organes internes (fig. 1, gl. m.). Ce massif est constitué par un amas de cellules glandulaires ovoïdes ou sphériques, pourvues chacune d'un fin caualicule SÉANCE DU 2.'*) FÉVRIER 1008 61 excréteur, comprenant une partie intracellulaire. Le proto- plasme est finement granuleux et le noyau, de forme ovale, occupe une région un peu excentrique de l'élément. Le cana- licule excréteur est cylindrique et très ténu ; il s'unit parfois à ses congénères pour constituer un conduit d'un plus fort calibre. Généralement, les canalicules eflérents sont libres. Chacun d'eux décrit plusieurs sinuosités et traverse la paroi chitiueuse du segment pour déboucher a la face ventrale, par un pertuis microscopique. Tout le bord antérieur du sternite est ainsi perforé, suivant une zone rectangulaire, d'une multitude d'ori- rrts. Fig. 2. — Face supérieure du dernier sternite abdominal de Vespide ( Vespa crabro), avec deux faisceaux de glandes monocellulaires GL; ces deux massifs glandulaires sont localisés aux deux extrémités antéro-latérales c du sternite ; M et m, faisceaux musculaires. fices, visibles seulement aux forts grossissements microsco- piques. Les glandules sternales ou (pygidiennes) du dernier segment abdominal sont situées aux deux extrémités antéro-Iatérales du sternite (fig. 1 et 2, Gl et Gla). Elles forment deux massifs, disposés symétriquement par rapport au plan médian du corps et recouverts par le rectum et la partie terminale des glandes venimeuses. Un large espace sépare les deux groupes glandu- laires qui se présentent alors sous un aspect arrondi, granu- leux, mûriforme et de teinte blanchâtre. Une lamelle conjonc- 62 SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1008 tive entoure et isole incomplètement chaque groupe. Le tout peut facilement être mis en évidence (fig. 2, Gl). Ces glandes pygidiennes (fig. 2, Gl) sont constituées par une agglomération de glandnles unicellulaires, se continuant par des filaments canaliculés très grêles qui, généralement, se fusionnent à leurs voisins en nombre variable pour constituer des conduits d'un plus large calibre, allant s'ouvrir à la face inférieure du segment. Le nombre de ces cellules glandulaires est très considérable, et leur ensemble constitue une masse compacte, de forme ovoïde et de couleur blanchâtre, entourée par une mince membrane propria. Chacune de ces glaudules est très visible, même à un faible grossissement microscopique. Les orifices externes sont localisés dans une zone assez res- treinte, située aux deux extrémités latéro-ventrales du dernier anneau abdominal. Ces organes présentent ici une disposition un peu différente de celle de leurs homologues du segment antérieur. Sur le dernier sternite, ils affectent une légère tendance au grou- pement, tandis que, en avant, les diverses glandules sont éparses, diffuses, plus indépendantes les unes des autres et moins nettement localisées. De plus, autour de chaque agglo- mération, existe une membrane enveloppante qui lui donne une structure compacte et massive. Les glandes du dernier sternite abdominal occupent une position bien déterminée ; aussi est-il très facile de les mettre rapidement en évidence (fig. 2, Gl). Il suffit, chez les di- verses Vespides [Vespa crabo, V. germanica, V. vulgans, etc.), d'enlever le tube digestif, les glandes venimeuses et de débar- rasser la cavité abdominale postérieure des divers faisceaux trachéens et conjonctifs : on voit alors, sur les côtés antérieurs et latéraux de l'aiguillon, les deux massifs glandulaires en question. Ils se présentent sous l'aspect de deux corps arron- dis, granuleux, mûriformes et de teinte blanchâtre. Structure histologique (fig. 3). — La figure 3 représente une coupe faite à travers l'un des massifs glandulaires du der- nier sternite abdominal de la Vespa germanica. Ces organes, qui dérivent probablement des éléments épithéliaux hypoder- miques, sont formés par l'agglomération de nombreuses cel- lules sécrétantes volumineuses, sphériques, à noyaux ronds ou ovales. Ces derniers sont généralement entourés, après fixation et coloration, d'une aréole périphérique blanchâtre et occu- SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1908 03 pent une situation excentrique. A côté du noyau, se trouve la partie terminale, ovoïde ou légèrement renflée, du canalicule excréteur intracellulaire (fig\ 3, A et B, v). Tout autour de cette extrémité caecale, le protoplasme se condense et dessine une série de stries rayonnantes. Toutes les cellules de la par- tie centrale de chaque massif sont semblables et ce n'est que sur les bords externes qu'on rencontre des éléments sécréteurs plus petits et parfois de forme ovale. Le protoplasme est fine- ment granuleux vers le centre et tout à fait à la périphérie, mais présente un aspect vacuolaire clans l'espace compris entre ces deux régions. Chaque glandule unicellulaire se continue par un mince fila- rrvb v. cyt Fie 3. — Coupe des glandes monocellulaires du dernier sternite abdominal ( Vespa germanica) — A, section d'un massif glandulaire ; eu, revêtement chitineux externe ; hy., hypoderme ou assise cbitinogène, avec membrane basale mb. ; b. glandules monocellulaires, avec caûalicules excréteurs ca. terminés par un ren- flement vésiculiforme v. intracellulaire; o., orifices externes et d. portion intracu- ticulaire des canalicules; m., noyaux. — B. glande monocellulaire isolée ;N., noyau; cyt., cytoplasme; c, canalicule excréteur et n., petits noyaux de la membrane propria entourant les cellules et leurs canalicules efférents. ment canalicule, jouant le rôle de conduit efférent. Ce dernier (fig. 3, ca et c) comprend deux parties : une région intra- cellulaire et une portion externe, libre et à contours sinueux. La première partie se termine par une extrémité caecale, courte, ovoïde ou légèrement renflée. Plusieurs canalicules se réunissent fréquemment pour constituer un conduit simple, très court. Tous ces canalicules traversent 'l'assise hypodermi- Iiull. de la Soc. Zool. de Fr. 1908. xxxin — 7 <)i SÉANÛE DU 25 FÉVRIER 1908 que, la membrane ou cuticule chitineuse externe et s'ouvrent au dehors par un petit orifice microscopique. Une section per- pendiculaire à la cuticule (eu) intéresse un grand nombre de ces conduits (6g. 3, d). La partie B de la figure 3 repré- sente une des glandules monocellulaires d'un des massifs du dernier sternite abdominal. On y voit le noyau (N) entouré de son aréole claire, le cytoplasme, avec ses vacuoles médianes, l'extrémité caecale (v) légèrement renflée du canalicule intra- cellulaire et le canalicule efférent recouvert d'une très mince propria caractérisée par de petits noyaux aplatis, ?i. Ajoutons que ces noyaux sont très abondants et fortement colorés dans la zone avoisinant la couche hypodermique (fig. 3, A)-. INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 1859. Leydig. — Zur Anatomie der Insecten (Arrh. f. Anat. Physiol. u. wissemeh. Med.). 1873 Karl Kraepeijn. — Unters. ù. den Bau, Mechanis. und Entw. des Slachels (Zeitsch. fur wiss. Zool, XXIII). 1891 . Henry Borget. — Die Hautdrusen der Tracheaten ; Jena. 1892. Win. M. Wheeler. — On the appendages of ihe first abdominal segment of Embryo Insects : (Transact. of Ihe Wisconsin Academy of Sciences, Arts and Letlers, VIII). 1894. L. Bordas. — L'Appareil glandulaire des Hyménoptères (Ann. des Sciences naturelles, z-ool., XIX). 1898. Ch. Janet. — Système . Glandulaire tégumentaire de la Myrmica rubra, Lille. 1898. A. S. Packard. — A Text-book of Entomolosry ; New- York. 1899. G, A, Koschevnikov. — Zur Kenntnisder Hautdrusen der Apidœ und Vespidœ [Anatomischer Anzeiger, XV, p. 519-528, 4 fig.) 1904. F. Hbnneguy. — Les Insecles ; Paris. 1907. L. Bordas. — Sur les glandes cutanées ou sternales des Vespidœ (C. rendus Soc. biologie de Paris). 1907. Antonio Beri.ese. — Gli Insetti : Fascicules 16 à 20 ; Milano. 1907. E. Bugnion et N. Popoff. — Les glandes cirières de Flata [ Phromnia) marginella, Fulgorelle porte-laine des Indes et de Oeylan [Bull, de la Soc. Vaudoise des Sciences naturelles ; LXIII, n° 161, décembre 1907). 5ÉANCE DU 25 FÉVRIER 1908 65 LA CANEPETIÈRE, TETRAX TETRAX (Linné) EN BOURGOGNE PAR PAUL PARIS À la plupart des Oiseaux qui en France diminuent de plus en plus, la Canepetière Tetrax tetrax (Linné) fait une heureuse exception. Ne se rencontrant au commencement du siècle dernier que dans le sud de la France, elle en habite aujourd'hui la plus grande partie, même le nord (De Norguet (1) ; Gadeau de Kerville (2). Temminck (3) ne la signale que dans le midi de la France et d'Hamonville (4) ne donne que vers 1825 son apparition en Champagne, région qui parait aujourd'hui une de ses stations favorites si nous en jugeons par les bandes considérables qui s'y rencontrent et où elle a remplacé sa congénère la Grande Outarde, Otis tarda (Linné), qui, elle, a complètement disparu de cette contrée. En 1867, Degland et Gerre (o) disent « La Canepetière se reproduit en France dans les plaines de Mon treuil, de Bellay et de Doué, dans celles de Champagne, aux environs de Troyes, dans la Vendée près de Niort. Il est certain d'après les recherches de M. J. Gray que le nombre des Canepetières augmente d'année en année dans le département de l'Aube. Il y a 20 ans elles étaient rares, aujourd'hui elles peuplent les plaines ». Cet accroissement n'est pas propre à la région champenoise, puisque nous lisons dans Lacroix (6) « Il y a vingt-cinq ans cette Outarde était regardée à Toulouse comme une rareté, maintenant elle semble beaucoup plus commune, son passage est régulier maintenant. » Son apparition en Bourgogne est beaucoup plus tardive. (1) De Norguet. Catalogue des Oiseaux du nord de la France. Liile, 1865. d Gadeau de Kerville. Faune de Normandie. Les Oiseaux. Paris, Baillière et fils, 1890. (8) Temminck. Manuel d'ornithologie européenne, II. Paris, 1840. 4) D'Hamonville. Note sur l'acclimatation ou la domestication de différents Gallinacés ou Palmipèdes (Bull. Soc. reg. acclirnat. Nancy, 1857). (5) Degland et Z. Gep.be. Ornithologie européenne. Paris, Baillière, 18G7, II. \.ù Lacroix. Catalogue des Oiseaux observés dans les Pyrénées françaises. Paris, Baillière et fils; Toulouse, Privât, 1873-75. 66 SÉANCE Dl 25 FÉVRIER 1008 Donnée par le D r Marchant (1) comme accidentelle et très rare en Côte-d'Or, ce n'est guère que depuis une dizaine d'années qu'elle est venue nicher dans ce département pour venir le faire maintenant régulièrement et toujours aux mêmes endroits. Nous avons pu également constater il y a quelques années qu'elle se reproduisait aussi dans l'Yonne où Paul Bkrt (2) ne la signale que de passage accidente). Elle parait ne pas avoir encore trouvé d'endroits à sa convenance dans le département de Saône-et-Loire où sa reproduction n'a pas été signalée jus- qu'ici. Il semble bien que cette dispersion des Canepetières est due plus à un accroissement de nombre qu'à un changement de lieux d'habitat. Cet Oiseau est très défiant et par suite on en tue peu, de sorte que malgré sa couvée limitée (ordinai- rement quatre œufs) et les nombreuses destructions de celle- ci leur augmentation n'a rien d'impossible. D'autre part en Champagne, les défrichements, rétablissement de camps et les nombreuses plantations de Pins qui nous ont donné la Geli- notte {Tetrastes bonasia Linné) n'ont pas paru en faire dimi- nuer le nombre dans cette région Une particularité anatomique de cet Oiseau c'est la présence chez l'embryon d'une glande uropygienne bien développée, glande qui ne se retrouve plus chez l'adulte. (1) D r L. Marchant. Catalogue des Oiseaux observés dans le département de la Côte-d'Or. Manière Loquin, Dijon, 1869. (2) Paul Bert. Catalogue méthodique des animaux vertébrés de l'Yonne. Mas- son, Paris, 1861. Séance du 10 mars 1908. PRÉSIDENCE DE M. MARCHAL, PRÉSIDENT. M. E.-T. Hamï remercie de son élection comme membre honoraire. The New York Acaclemij of sciences demande que, dans l'échange qui est fait avec ses publications, la Société remplace le c Bulletin » par les « Mémoires ». Renvoyé au Conseil. Le Comité des Congrès coloniaux français, 18, rue Le Pele- tier, à Paris (9 e ), adresse le programme du prochain Congrès qui se réunira le 1 er juin prochain à l'Ecole des Hautes études commerciales, 108, boulevard Malesherbes, à Paris. M. Magaud d'Aubusson, demeurant 18, rue Erlanger, à Paris (16 e ),, demande à être réintégré sur la liste des membres de la Société. M. Marchal dépose un Mémoire intitulé : « Contribution à l'étude des Coccides de l'Afrique occidentale ». M. le Président adresse les vifs remerciments de la Société à M. C. Pérez pour sa très remarquable conférence qui a clôturé l'assemblée générale de 1908. « M. le D r Jacques Pellegriis présente un Ho tu (C/wndrostoma nasus L.) atteint d'occlusion buccale. On a signalé quelques exemples d'obturation de la bouche chez les Poissons, mais ces cas sont extrêmement rares et paraissent se rapporter à peu près exclusivement à la Carpe. 11 s'agit ici encore d'un Cyprinide, mais d'un genre assez éloigné. Le spécimen mesure '228 millimètres de longueur et est par conséquent adulte. 11 n'existe pas trace de la bouche sur la moitié gauche de la tête ; la fente buccale est réduite à un petit orifice à bords irréguliers, situé au fond d'un repli et rejeté à droite, au-dessous et en avant de l'œil. Les parties dures, osseuses ou cartilagineuses, sont profondément modifiées. Toute la partie antérieure et le côté droit de la mandibule ont disparu. A la mâchoire supérieure les maxillaires, intermaxillaires et premiers sous-orbitaires font défaut. Pas trace, bien entendu, de lèvre inférieure ou 68 SÉANCE DU 10 MARS 1908 supérieure. Pour le reste, il n'y a rieu d'important à signaler, sinon la maigreur du sujet, l'intestin, comme il fallait s'y attendre, ne contenant pas de débris alimentaires. En somme, il semble que l'occlusion buccale soit imputable à une altération patho- logique peu ancienne. » Ouvrages offerts : Hamy (E-T.j. — Analecta historico-naturalia. Notes sur diverses questions historiques et naturelles présentées à l'assemblée des natu- ralistes du Muséum. Paris, imp. nat. l re série, I à XXV, 1895-1898 ; 2* série, XXVI à LI, 1899-1901 ; 3 e série, LI à LXXV, 1902-1906. Hamy (E.-T.). — Recherches sur les origines de l'enseignement de l'anatomie humaine et de l'anthropologie au Jardin des Plantes. (Nou- velles Archives du Muséum (3), VII, 30 p.) Hamy (E.-T.). — Un précurseur de Guy de la Brosse : Jacques Go- hory et le Lycium philosophai de Saint-Marceau-lès-Paris (1571-1576). (Nouvelles Archives du Muséum (4), I, 26 p.) Hamy (E.-T.). — Le père de la zoologie française: Pierre Gilles d'Alhi (Nouvelles Archives du Muséum (4), II, 24 p.). Hamy (E.-T.). — Jean Le Roy de la Boissière et Daniel Babel, peintres d'histoire naturelle du commencement du XVII e siècle. (Nouvelles Archives du Muséum (4), III, 20 p.) Hamy (E -T.). — Alexandre de Humboldt et le Muséum d'histoire naturelle. Etude historique, publiée à l'occasion du centenaire du retour en Europe de Humboldt et Bonpland. (Nouvelles Archives du Muséum (4), VIII, 32 p.) Pelleorin (Jacques.). — Les Poissons d'eau douce de Madagascar. [Bull. Soc. nal. d'acclimatation. 1908. 15 p.) SÉANCE DU 10 MARS 1908 69 SUR TROIS NOUVEAUX AMPHIPODES MÉDITERRANÉENS APPARTENANT AU GENRE COROPHIUM LATREILLE PAR Ed. CHEVREUX On connaît, en Méditerranée, trois espèces du genre Coro- phium : C. acherusicum Costa, le pins commun de tous, très répandu sur le littoral français et sur les côtes d'Algérie et de Fig. 1. — Corophium aculeatum. — Mâle, vu du côté gauche, X 28. Tunisie ; C. runcicorne Délia Valle, décrit d'après des exemplaires de Naples, retrouvé par Sowinsky dans le Bosphore et dragué à Bonifacio et à Alger par la « Melita » ; C. volutator (Pallas), signalé dans l'Adriatique et à Antibes, et dont je possède des exemplaires provenant de Sicile, de Djidjelli, de Porto Vecchio et de Cannes. Ces trois espèces existent aussi sur les cotes de l'Océan. Quelques recherches effectuées dans le port de-Bône me per- mettent d'ajouter trois espèces nouvelles à l'énumération pré- cédente. On trouve, daus la partie du port désignée sous le nom de grande darse, quatre formes différentes de Corophium. C. acherusicum. est commun dans les Algues fixées sur les 70 SÉANCE DU 10 MARS 1908 bouées, les deux premières des espèces dont la description suit, C. acitleatum et C. annulatum, habitent les fonds de vase molle grise de la darse, par une profondeur d'environ 8 mètres, et la dernière espèce, C. acatum, dont je n'ai encore rencontré que des femelles, se trouve sur les Eponges et les Ascidies qui garnissent les quais, un peu au-dessous du niveau de la mer. Corophium aculeatum, nov. sp. Mâle. — Corps assez grêle, d'un gris rosé translucide, annelé IJ Fig. 2. — Corophium aculeatum, mâle. — A, tête; B, mandibule ; C, mandibule d'un autre exemplaire: D, gnathopode. antérieur ; E, gnathopode postérieur; F, péréiopode de la deuxième paire. (A X 32 ; B, C X 76 ; D, E, F x 56). de brun violacé dans sa partie dorsale, mesurant un peu moins de 2 millimètres de longueur, dans la position où il est figuré ici (fig. 1). Segments de l'urosome séparés. Tète armée d'un rostre très allongé, grêle et aigu (fig. 2 .4). Lobes latéraux peu saillants, tronqués à l'extrémité. Yeux comprenant de six à sept ocelles. Antennes supérieures aussi longues que l'ensemble de la tète et du mésosome. Premier article du pédoncule très allongé, atteignant le double de la longueur de la tête, aussi long que l'ensemble des deux articles suivants. Flagellum aussi long- que le premier article du pédoncule et comprenant de neuf à onze articles. Antennes inférieures extraordinairement déve- SÉANCE DU 10 MARS 1908 71 loppées, beaucoup plus longues que le corps. Avant-dernier article du pédoncule très robuste et très allongé, bord postérieur prolongé pour former une dent longue et aiguë, accompagnée d'une dent plus petite. Dernier article du pédoncule court et grêle, portant au bord postérieur une dent triangulaire, qui peut se croiser avec les dents de l'article précédent. Flagellum Inarticulé, atteignant la moitié de la longueur du dernier article du pédoncule. / Fig. 3. — Corophium aculeatum. — .4, péréiopode de la dernière paire; D, uro- somedu mâle. — C, tête; D. antenne supérieure; E, antenne inférieure; F, gna- thopode antérieur de la femelle. (A, B, F X 70; C, D, E X 32). Palpe des mandibules (fig. 2, B et C) très remarquable par le prolongement deutiforme de son premier article, qui se ter- mine, comme le second article, par une longue soie ciliée. Propode des gnathopodes antérieurs (fig. 2, D) un peu plus court que le carpe, à peine subehéliforme, son bord palmaire étant extrêmement petit. Dactyle très allongé, presque aussi long que le propode. Article méral des gnathopodes postérieurs (fig. 2, E) atteignant au niveau de l'extrémité du carpe. Propode un peu plus long que le carpe. Dactyle n'atteignant pas la moitié de la longueur du propode. 72 SÉANCE DU 10 MARS 1908 Propode des péréiopodes des deux premières paires (fig. 2, F) un peu plus long que l'article méral. Dactyle atteignant la longueur de l'ensemble du carpe et du propode. Péréiopodes de la dernière paire (fig. 3, A) grêles et très allongés, article basai un peu plus de deux fois aussi long que large, article méral et carpe d'égale longueur, propode beaucoup plus al- longé, dactyle remarquablement grand, atteignant près des deux tiers de la longueur du propode. Epines terminales des branches des uropodes des deux pre- mières paires (fig. 3, B) très allongées. Branche des uropodes Fig. 4. — Corophium annulation. — Mâle, vu du côté droit, x 42. de la dernière paire cylindrique, plus longue que le pédoncule et ne portant que quatre soies terminales. Telson (fig. 3, B) plus large que long, tronqué à l'extrémité, bord distal armé de deux petites épines. Femelle uvigère. — Un peu plus longue que le mâle. Tète (fig. 3, 6) armée d'un rostre aigu, beaucoup plus court que celui du mâle. Antennes supérieures (fig. 3, D) moins allongées que celles du mâle, premier article du pédoncule armé de nombreuses épines. Antennes inférieures (fig. 3, E) plus courtes que les antennes supérieures. Pédoncule très robuste, troi- sième et quatrième articles armés d'épines, mais ne portant pas de dents. Gnathopodes antérieurs (fig. 3, F) un peu plus robustes que ceux du mâle, dactyle moins allongé. Le nom spécifique fait allusion à la forme du rostre. SÉANCE DU 10 MARS 1908 73 Corophium annulatum, nov. sp. Mule. — Corps beaucoup plus robuste que celui de l'espèce précédente, coloré en jaune finement ponctué de brun, me- surant 1 mm. 1/2 de longueur dans la position où il est Fig. 5. — Corophium annulatum. — .1, tète; B, mandibule; <\ gnathopode anté- rieur; D, gnathopode postérieur: E, péréiopode de la première paire; F, urosome du mâle. — G, antenne supérieure; //, antenne inférieure; /, extrémité d'un gna- thopode antérieur de la femelle. 'A, G, II X 40; B X %; C, D, E, F, I x 56 . figuré ici (fig. 4). Segments du mésosome renflés, formant une suite d'anneaux nettement séparés les uns des autres. Méta- some lisse. Segments de l'urosome séparés. Tète (fig. 5, A) un peu prolongée en avant, mais ne présentant pas de rostre. Lobes latéraux assez saillants, arrondis au bord distal. Yeux ronds et noirs. 74 SÉANCE DU 10 MARS 1908 Antennes supérieures aussi longues que l'ensemble de la tête et des six premiers segments du mésosome. Premier ar- ticle du pédoncule très robuste, à peine plus long que la tête, portant un tubercule au bord interne et une petite épine cro- chue à chaque extrémité du bord postérieur. Deuxième article aussi long que la tète. Troisième article atteignant les deux tiers de la longueur de l'article précédent. Flagellum aussi long que le premier article du pédoncule et composé de six à sept articles de taille très inégale. Antennes inférieures très volumineuses, un peu plus courtes que le corps. Avant- dernier article du pédoncule présentant des bords antérieur et postérieur convexes. Bord postérieur armé de deux grosses épines et d'une dent peu proéminente. Dernier article du pé- doncule beaucoup plus étroit que le précédent. Flagellum triarticulé, atteignant les deux tiers de la longueur du dernier article du pédoncule. Palpe des mandibules (fig. 5, B) semblable à celui de C. aculeatum. Propode des gnathopodes antérieurs (fig. 5, C) ovale allongé, aussi long que le carpe. Bord palmaire oblique. Dactyle un peu plus long que le bord palmaire. Gnathopodes postérieurs (fig. 5, D) de même forme que ceux de C. aculeatum, mais un peu plus robustes. Dactyle des péréiopodes des deux premières paires (fig. 5, E) plus long que l'ensemble des deux articles précédents. Article basai des péréiopodes de la dernière paire étroit, plus de deux fois aussi long que large. Propode aussi long que l'article basai. Dactyle atteignant à peine le tiers de la longueur du propode. Branches des uropodes (fig. 5, F) de même forme mais un peu moins allongées que chez l'espèce précédente. Telson semblable à celui de C. aculeatum. Femelle ovigère. — Mésosome moins distinctement annelé que celui du mâle. Antennes supérieures (fig. 5, G) de même forme mais un peu plus grêles que celles du mâle. Antennes inférieures (fig. 5, H) un peu plus courtes que les antennes supérieures et modérément robustes. Troisième article du pédoncule portant deux épines au bord postérieur. Quatrième article armé de six épines. Cinquième article presque aussi long que l'article précédent. SÉANCE DU 10 .MARS 1008 7«j D Corophium acutum, nov. sp. (I) Femelle ovigère. — Corps jaune, avec une tache d'un brun violacé sur la tète et une grande tache de même couleur sur les plaques coxales, mesurant 3 millimètres de longueur. Œufs d'un jaune clair. Veux noirs. Segments de l'urosome soudés ensemble. Antennes supérieures (fig. 6, A) courtes, n'atteignant que le tiers de la longueur du corps; flagellum 6-articulé. Antennes Fig. 6. — Corophium acutum, femelle. — A, antenne supérieure; B, antenne inférieure; C, urosome ; D, E, F, uropodes des première, deuxième et troisième paires; G, telson [A, B, C X 40 ; D, E. F. G X 96). inférieures (fig. 6, B) robustes, avant-dernier article du pédon- cule armé de trois épines, mais ne portant pas de dents. Premier article du palpe des mandibules présentant un court prolongement dentiforme, terminé par une soie ciliée. Gnatho- podes et péréiopodes différant à peine de ceux de C. acherusiciim. Uropodes fig. 6, C) très courts. Branche des uropodes de la dernière paire (fig. 6, F) arrondie, aussi large que longue. Telson (fig, 6, G) subtriangulaire^ rétréci dans sa partie distale et terminé en pointe. Le nom spécifique fait allusion à la forme du telson. (1) N'ayant encore rencontré que des femelles de cette espèce, j'en donne seulement une courte diagnose, me réservant de la décrire plus complètement lorsque j'aurai trouvé le mâle. 7G SÉANCE DU 10 MARS 1908 MIGROGROMIA SPUMOSA (sp. nov.) PAR E. FAURÉ-FREMIET Le genre Microgromia Hertwig et Lesser renferme, outre la l'orme bien connue sous le nom de M. socialis, quelques petits Thecamœbiens dont les caractères en quelque sorle négatifs : petite taille, coque sans ornements, absence de particularités quelconques, font un groupe assez homogène. C'est ainsi que E. Penard a récemment décrit les M. levipes et M. elegantula. J'ai trouvé au Jardin des Plantes, dans la mare du carré Brongniart, un petit Rhizopode qui a sa place marquée à côté de Microgromia levipes. Il mesure 25 à 30 ;x de diamètre; sa coque, subsphérique, est constituée par une mince membrane d'aspect chitineux se colorant par le rouge Congo. Elle pré- sente une ouverture ovale assez étroite sur sa face antérieure, légèrement aplatie, à l'opposé de la face postérieure légère- ment pointue. Le corps protoplasmique est divisé en trois régions bien distinctes. Au fond de la coque, se trouve un plasma hyalin dans lequel je n'ai pu encore déceler aucune structure à l'état vivant ; il renferme le noyau, constitué par un karyosome situé au milieu d'une masse chromatique finement granuleuse enveloppée elle-même par une membrane. La colorabilité de ce noyau est extrêmement faible. En avant de cette zone protoplasmique postérieure se trouve une zone granuleuse renfermant deux sortes de granulations : 1° des grains de très petites dimensions auxquels le Kresylblau communique in vivo une teinte bleue, et des grains de dimen- sions très variables qui se colorent en rouge dans les mêmes conditions ; traités par une solution d'acide sulfurique à 5°/ , ils restent seuls colorés dans le plasma de notre organisme. Ces caractères permettent de les comparer aux corpuscules métachromatiques ou grains de volutine des Bactériacées, Cyano- phycées, etc. etc. Ils apparaissent dans le plasma sous forme de très petites granulations qui se fusionnent en masses plus SÉANCE DU 10 MARS 1908 77 considérables et auxquelles on trouve bientôt accolé un petit cristalloïde très réfringent. En avant de cette seconde zone, on trouve un plasma spu- meux qui donne naissance aux pseudopodes ; ceux-ci sont très fins, et peuvent atteindre une assez grande longueur ; ils se ramifient et peuvent même s'anastomoser. Mais un des carac- tères de cette espèce est la facilité avec laquelle le plasma spumeux prébuc- cal se vacuolise / au contact de / l'eau ; lorsque l'or- i • ganisme est en ex- tension, il forme bientôt en avant de la bouche une masse que tra- versent les pseu- dopodes et qui est tout à fait com- parable par sa structure au plas- ma des Héliozo- aires. A la moindre excitation au con- traire, les va- cuoles crèvent les unes dans les autres* puis au de- hors, et le plasma rentre lentement Microgromia spumosa. -- On voit la coque, la zone de i i plasma homogène renfermant le noyau (qui contient lui- fians la coque. même un karyosome), puis la zone moyenne renfermant La multiplica- des grains métachromatiques, enfin la zone de plasma tion de MicrOûro- spumeux qui donne naissance aux pseudopodes. mia spumosa se fait par sporulation. Le noyau se divise suivant le schéma de Keuten. par allongement du karyosome ; il se divise trois fois de suite et lorsque l'organisme possède de la sorte huit noyaux, une couche plasmatique s'individualise autour de ceux-ci et il se forme huit petites Amibes dont je n'ai pas encore suivi le sort ultérieur. J'ajouterai que les phénomènes de plastogamie sont très fréquents chez cet Amœbien. Séance du 24 mars 1908. PRÉSIDENCE DE M. MARCHAL, PRÉSIDENT M. Magaud d'Aubusson est réélu membre de la Société. M. Semichon est nommé délégué pour représenter la Société au prochain Congrès des Sociétés savantes. « M. Coutière signale l'existence, dans le genre Eiconaxius, d'une podobranchie associée à une touffe de soies, alors que d'autre part l'épipodite du membre porte lui-même une podo- branchie. Ce fait montre que le bourgeon épipodial s'est ici divisé en deux groupes de deux organes et que le tubercule sétifère est bien l'homologue des autres branchies. » « M. Falré-Fremiet expose ses observations sur un Infusoire de la famille des Halteridas, que M. Paolo Enriques considère comme une espèce nouvelle appartenant à un genre nouveau (Turbilina instabilis), alors qu'il est connu depuis longtemps sous le nom de Strobilidium gyrans (Schewiakoff, Stokes, J. Houx). L'animal possède un appareil fixateur constitué par les extrémités postérieures de cinq rangées ciliaires transformées en éléments qui ressemblent à une bordure en brosse; cet organe, comparable à la scopula des Vorticellides, est le siège d'une sécrétion muqueuse colorable par la thyonine et qui se solidifie sous la forme d'un filament fixateur extrêmement ténu. L'appareil nucléaire est constitué par un macronucléus segmenté en deux tronçons, réunis par un compartiment central qui pa- rait bien représenter le micronucléus d'une espèce voisine, le Strombidium turbo. Cette structure a été vue par M. P. Enri- ques, mais celui-ci décrit de plus un micronucléus acidophile, qui n'a pas été retrouvé. » Ouvrages offerts. Mingaud (Galien). — Observations sur la Saga serrata (Feuille des jeunes naturalistes, l e >" fév. 1908, 1 p.;. Vlès (Fred). — Sur la biréfringence musculaire (note préliminaire). Arch. zool. expér. 1908 (4), VIII, Noies et Revue n° 2, p. XL-LI). SÉANCE nu 24 MARS 1908 79 NOTE SUR LA RÉGÉNÉRATION DE LA TUNIQUE CHEZ LES TUNICIERS PAR ALICE FOL L'étude de la tunique a été faite au point de vue histolo- gique et chimique. Les résultats acquis sont encore fort con- troversés. On sait qu'elle est en partie sécrétée par l'ectoderme, mais que les cellules qui s'y trouvent sont d'origine mésoder- mique. L'émigration se fait, soit par le vaisseau sanguin qui relie le corps à la tunique où il se ramifie, soit directement, en traversant l'ectoderme. Chez les Appendiculaires, la capsule, sécrétée par certaines régions différenciées de l'ectoderme, ne contient pas de cellules (1). Elle se détache complètement de l'animal, une fois formée, et celui-ci nage librement à son intérieur. Au bout de quelques heures, il l'abandonne pour en sécréter une nouvelle. J'ai voulu voir si les Tuniciers fixés possédaient, à un degré quelconque, le pouvoir de reformer leur enveloppe. J'avais à plusieurs reprises, et dans un autre but, découpé des ouvertures dans la tunique d'Ascidia mentula. Cette espèce est peu résistante et la plupart des animaux opérés meurent rapidement dans les bacs. J'observai au contraire que chez Ascidiella aspersa, dont j'ai pu avoir à Banyuls de beaux exemplaires, l'ouverture béante se refermait bientôt. Déjà au bout de 24 heures, on voit une mince pellicule translucide recouvrant le manteau et se soudant par ses bords aux bords de la fenêtre. Une semaine plus lard, on a peine à reconnaître la place où elle se trouvait. J'ai donc essayé de pousser l'opé- ration plus loin et n'ai laissé de la tunique que la partie intersiphonale avec une bande entourant les siphons ; cela pour leur conserver leur turgescence et ne pas gêner les fonctions de l'animal. Cette précaution même était inutile. Ayant supprimé complètement la tunique à d'autres individus (l) Seeliger. Bronns Thierreich. Bull, de la Soc. Zool. de Fr., 1908. xxxm — 8 80 SÉANCE DU 24 MARS 1908 et dégagé par traction la partie réfléchie à l'intérieur «les ouvertures, je les ai vus vivre et accomplir leurs fonctions dans les bacs. Une partie des animaux opérés survivaient indéfiniment, quelques-uns mouraient peu à peu. Je pense que cet accident était dû à l'accumulation de matières excré- mentitielles dans le cloaque et la partie postérieure du tube digestif, les fonctions musculaires étant gênées par l'ablation de la tunique. Je reviendrai sur ce point. Pourquoi cette expérience, si facile à réussirlorsqu'on s'adresse à Ascidiella aspersa, est-elle difficile avec Phallusia mamillata, et peut-être impossible avec les Molgules et les Polycarpal Cela m'amène à dire deux mots sur deux points un peu négligés de l'histoire de la tunique : 1° ses rapports physiques avec le corps ; 2° son rôle physiologique, ou son utilité. Chez tous les Tuniciers fixés il y a trois points de contact principaux : 1° l'intérieur des siphons, où la tunique réfléchie s'intrique plus ou moins dans les replis de l'ectoderme invaginé, sans être cependant en continuité avec lui; 2° un fort vaisseau sanguin partant du corps du côté où l'animal est fixé et se rendant dans la tunique où il se ramifie abondamment. Chez beaucoup de Cynthiadées il y a de plus des adhérences sur une grande partie de la surface, partout où celle-ci est musculeuse, c^st-à-dire autour des siphons et jusqu'au tiers inférieur du sac. La partie non musculeuse est celle qui con- tient le cœur et les viscères. A cet endroit seulement l'enve- loppe est séparée du corps par un espace libre, traversé par le vaisseau sanguin. Au-dessus, elle est feuilletée, et se sépare en plusieurs couches dont la dernière adhère fortement à l'ectoderme. Lorsque celui-ci est contracté par la forte mus- culature sous-jacente, la tunique se plisse en même temps et ranimai peut (par exemple chez Cynthia papillosa) être réduit à une fraction de son volume primitif. Chez cette Cynthia l'é- panouissement après une contraction maxima peut mettre des heures à se produire. Au contraire, les mouvements musculaires des Phallusiadées n'intéressent que très peu la tunique. Autour des siphons seu- lement elle est amenée à se replier de façon à en produire l'occlusion. Les mouvements ont peu d'amplitude et sont assez rapides; d'ailleurs la tunique a généralement une consistance très différente. Elle est fortement aqueuse et turgescente, sou- vent hyaline, gélatineuse ou cartilagineuse, au lieu d'être fi- breuse, parcheminée et coriace. Elle contient généralement SÉANCE DU 24 MARS 1908 81 plus de sang. Tout cela amène des différences physiologiques considérables. Vue, Phallusia mamillata à laquelle on enlève la tunique subit une perte de sang' notable qui amène le plus sou- vent la mort à bref délai. J'en ai opéré deux exemplaires jeu- nes de 5 cm. environ, mais en laissant attenante au corps la partie contenant le principal vaisseau avec une bande reliant cette région à la base de fixation. L'une des deux a survécu et reformé une tunique nouvelle. Ni avec les Molgules, ni avec aucune Cynthiadée je n'ai pu réussir cette opération. Les Microcosmes et les Molgules referment parfois les ouvertures de peu d'étendue qu'on y pratique, mais ils meurent si l'ou- verture est un peu grande. J'attribue ce fait à la perturbation qu'amène dans les fonctions digestives (et peut-être respira- toires) le manque de point d'appui pour les mouvements mus- culaires. En effet, lorsque les siphons se contractent, au lieu de rencontrer une résistance qui permette l'expulsion violente de l'eau par diminution de volume du corps, l'animal subit un recul dans le vide, et le jet n'a plus assez de vigueur pour expulser les matières fécales qui produisent alors un empoi- sonnement. La tunique a donc une autre fonction, au moins chez cer- tains groupes, que celle de protéger l'animal contre les enne- mis du dehors. Elle joue chez eux le rôle de squelette externe, et paraît être nécessaire aux fonctions physiologiques du corps. Cela est surtout évident chez Polycarpa varians, entre autres. 11 ne m'a pas été possible chez un animal bien vivant de supprimer une partie de la tunique, dans la région viscérale tout au moins, sans provoquer une rupture de la paroi du corps avec hernie du tube digestif, tant la pression est forte à son intérieur, aussitôt que l'animal se contracte. Toutes ces perturbations n'ont lieu qu'à un très faible degré chez les Phallusiadées et c'est ce qui explique, je pense, la facilité avec laquelle on obtient chez quelques-unes la survie et la régénéra- tion de la tunique. Les expériences que j'ai faites sont d'ail- leurs encore peu nombreuses. Je pense étudier la tunique ré- énérée au point de vue histologique. Si elle présentait quel- que particularité j'en ferais l'objet d'une deuxième note. S Séance du 14 avril 1908. PRÉSIDENCE DE M. ALLUAUD, VICE-PRÉSIDENT. MM. Marchal et Robert s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. M. Chatelet remercie de son élection comme délégué de la Société au centenaire de la réorganisation de l'Académie d'Aix. M. Magaud d'Aubusson remercie de sa réadmission comme membre de la Société. r M. L. Moulé adresse un mémoire intitulé : « Etudes zoolo- giques et zootechniques dans la littérature et dans l'art. La faune d'Homère. » M. Joubin adresse les statuts de la Société des Amis du Muséum. M. F. Secques. — « J'ai eu le plaisir d'assister, le jeudi 9 avril, à la première séance de cette Société, séance dans laquelle ont été adoptés les statuts. Dans l'assistance nombreuse qui avait répondu à l'appel du comité d'initiative se trouvaient plusieurs membres de la Société zoologique de France, de la Société entomologique, de la Société géologique, etc. Tous les naturalistes enfin, que leurs travaux appellent dans les labora- toires si accueillants du Muséum avaient tenu à manifester leur sympathie pour cet établissement, que les pouvoirs publics semblent délaisser, que le public parait ignorer, mais qu'il n'oublie plus cependant lorsqu'il a appris que le Muséum n'est autre chose que le Jardin des Plantes. A plusieurs reprises dans nos réunions ont été signalés des départs à l'étranger de collections de valeur, précieusement amassées par des Français (1). Dans cette lutte pacifique pour la science, le trésor de guerre que va constituer la Société des Amis du Muséum pourra lui en permettre l'acquisition. Il faut intéresser le public à cette œuvre. A ceux que pourrait effrayer l'évocation de savants absorbés dans la contemplation des infi- niment petits ou la dissection des infiniment grands il suffira (1) Voir séance du 11 juin 1908. SÉANCK DU 14 AVRIL 1908 83 de parler du Jardin des Plantes et de la Ménagerie, qui doit être digne de Paris. L'admirable leçon de choses qu'on y trouve vaut bien celle que donne l'avenue des Champs-Elysées au retour du Grand Prix. » M. L. Petit signale l'arrivée des Hirondelles. Elles ont élé observées le \ avril à Dijon, le 7 aux environs de Fontaine- bleau et à Aulnay-sous-Bois. Il fait remarquer combien cette date est tardive si on la rapporte aux nombreuses observations de M. Lescuyer qui a toujours signalé invariablement leur pré- sence le 20 mars et quelquefois le 18. MAMMIFÈRES ET OISEAUX D EUROPE ET EXOTIQUES PRÉSENTANT DES ANOMALIES SIXIEME SERIE PAR CH. VAN KEMPEN M. Trouessart ayant fait voir à la Société zoologique, de la part de M. Petit, une Perruche à bec anormal, j'ai pensé qu'une énumération très sommaire des pièces du même genre que je possède, pourrait intéresser les zoologistes. "Ce n'est donc qu'une simple indication. J'y ai ajouté la liste des ano- malies et des variétés de coloration obtenues depuis 1899(1). Corbeau freux, Cor vu s frugilegus Linn. Mâle adulte, ayant la partie supérieure du bec deux fois aussi longue que d'ordinaire et très recourbée. Albert (Somme), octobre 1894. — Mâle adulte, même anomalie. Cernavoda (Roumanie), 21 décembre 1902. — Mâle adulte; mandibule supérieure du bec très longue et recourbée ; l'inférieure égale- ment très longue, mais droite, vient se poser sur la supérieure. Kronstadt (Transylvanie), 7 novembre 1901. Corbeau choucas, Corvus monedula Linn. Mâle adulte, partie supérieure du bec moitié moins grande 1. Voir Bulletins et Mémoires de la Société 1891-1899. 84 SÉANCE DU 14 AVRIL 1908 que l'inférieure. Vienne (Autriche), 16 mars 1893. — Mâle jeune, bec croisé. Cernica (Roumanie), 10 août 1902. Pie ordinaire, Pica caudata Linn. Mâle adulte, dont le bec est croisé, tué le 18 novembre 1858 au château d'Arqués (Pas-de-Calais). Etourneau vulgaire, Sturnus vulgaris Linn. Femelle adulte, bec croisé. Environs d'Arras (Pas-de-Calais), 1883. — Femelle adulte, les deux mandibules du bec relevées. Marais d'Arqués, près Saint-Omer, 21 janvier 1885. Merle noir, Tardas merula Linn. Mâle adulte, mandibule supérieure du bec, de m 20 de long. (Excessivement rare). Sienne (Italie), sans date. — Femelle adulte, mandibule supérieure du bec recourbé. Autingues (Pas-de-Calais), 1858. — Jeune, bec cintré. Sans lieu, 1907. Rouge-gorge familier, Rubecula familiaris Blyth. Femelle adulte, bec recourbé. Château de la Morianne par Estaires (Nord), août 1867. Hirondelle de mer Pierre Garin, Sterna hirundo Linn. Mâle adulte, bec recourbé. Cernavoda (Roumanie), 10 août 1903. Rossignol ordinaire, Philomela luscinia Sell. Mâle adulte, bec très long. Colentina (Roumanie), 17 sep- tembre 1904. Pigeon Boulant nain d'Amsterdam, Columba gntturosa Amsterdami. Variété bleue barrée blanc. Femelle adulte, bec remarquable par sa longueur. Saint-Omer, 25 avril 1880. Lophophore resplendissant, Lophophorus. refulgens Lath. Mâle adulte, bec très long. Provient d'une volière des environs de Saint-Omer. Coq domestique, Gallus domesticus Linn. .Mâle adulte, bec fortement croisé, ayant vécu plusieurs années SÉANCE DU 14 AVRIL 1908 85 dans ma basse-cour. 11 prenait très bien sa nourriture dans une mangeoire. Je l'avais trouvé le G mai 1902 sur le marché de Saint-Omer. Canard domestique, Anas boschas domestica Linn. Mâle adulte, bec cintré. Marché de Saint-Oiner, 3 avril 1890. — Mâle jeune, même particularité. Longuenesse, près Saint- Omer, 28 juillet 1887.— Mâle adulte, bec enforme de spatule. Marché de Saint-Omer, 28 janvier 1893. Perruche ondulée, Melopsittacus undulalus Shaw. Femelle adulte, bec d'une longueur anormale et en forme de spatule. Trouvée à Lille, en décembre 1882. — Femelle adulte, le bec est croisé; du côté droit part un appendice corné, en tire-bouchon, mesurant m. 15. Venant de Lille, mai 1884. Ce bizarre ornement rend cet Oiseau le plus curieux de ceux que je viens de citer. Toutes ces pièces ont été capturées à l'état sauvage, sauf les six dernières, qui vécurent plusieurs années en volière, malerré la conformation extraordinaire de leur bec et la difficulté qu'elles devaient avoir à prendre leur nourriture. De là pro- vient leur très grande rareté. Les visiteurs de ma collection examinent aussi avec grand intérêt : Œdicnème criard, GEdicnemus crepitans Tem. Femelle jeune, en mue, ayant sur le sommet de la tète, une touffe de plumes blanches, un peu usée par le changement de plumage. Tuée le 25 novembre 1880, à Serques, près de Saint- Omer. Bécasseau canut, Tringa canutus Linn. Jeune, avec une huppe blanche sur le sommet de la tête. Ile d'Heligoland, sans date. Canard domestique, Anas boschas domestica Linn. Mâle adulte, ayant une huppe très volumineuse au bas de la nuque, au lieu de l'avoir sur la tète, ce qui rendait ce Pal- mipède très singulier. Marché de Saint-Omer, 26 octobre 1896. 80 SÉANCE DU I '< AVRIL 1908 Acquisitions depuis 1899. Mammifères Chat domestique, Felis cctttus domesticus Linn. Femelle adulte, de couleur noire, possédant cinq pattes ; Tune de devant se sépare au milieu, et la cinquième patte, un peu plus courte, vient s'y souder. Saint-Omer, 22 février 1902. — Trois jeuues. L'un a huit pattes et deux corps; six pattes ser- vaient à la marche ; deux devant et deux derrière plus les deux pattes supplémentaires du devant qui se trouvent sur le dos ; une seule tête. Les deux autres sujets ont deux tètes et un corps ; l'un a une lèvre inférieure unique pour deux bouches ; l'autre a les deux bouches bien conformées. Marseille, mars 1902. — Jeune, à sa naissance, deux yeux rapprochés au milieu de la tète. Marseille, juin 1907. Chien domestique, Canis domesticus Linn. Jeune, à sa naissance, ayant au lieu du nez, une trompe droite horizontale. Il était de plus cyclope. Marseille, mars 1902. Lapin domestique, Lepits domesticus Linn Mâle adulte, six pattes ; deux supplémentaires à l'arrière du corps servaient à la marche. Olarg'ues (Hérault), 28 août 1894. — Jeune, denture très longue. Helfaut (Pas-de-Calais), novem- bre 1902. Cochon d'Inde, Cavia cobaya Linn. Jeune. Deux corps, une seule tète. Marseille, mars 1902 (Anomalie excessivement curieuse). Bœuf domestique, Bos domeslicas Linn. Jeune, ayant des dents lors de sa naissance ; forme une boule ; les pattes sont relevées, droites. Village de Tatinghem, près de Saint-Omer, 22 mars 1905. Chèvre, (Japreolus vulgaris Linn. Jeune. Le nez forme une trompe relevée en l'air ; un seul œil. Marseille, mars 1902. SÉANCE DU 14 AVRIL 1908 87 Mouton, Ovis '/fies Linn. Agneau double. Il n'aurait pu se traîner que sur les quatre pattes de derrière ; une seule tète très difforme ; deux trous occipitaux où communiquaient deux colonnes vertébrales. Beau- Recueil, près d'Aix en Provence (Bouches- du- Rhône), 1901. Oiseaux Pigeon domestique, Columba domestica Linn. Femelle adulte, possédant trois pattes, la troisième, près du croupion. .Nantes, 2 juillet 1905. Coq commun, Galhis commuais Linn. Mâle adulte, ayant quatre pattes ; les deux additionnelles se trouvent derrière, soudées au coccyx ; les deux pattes sont bien séparées et l'anus est dévié sur le coté. — Femelle adulte, ayant également quatre pattes ; les deux de surplus soudées ensemble l'une contre l'autre. — Poussin d'un jour, ayant deux têtes, deux becs et trois yeux, un au milieu et un de chaque côté. Tous trois viennent de Marseille, mars 1902. — Poussin au sortir de l'œuf, ayant une partie du corps double; quatre pattes sont placées naturellement; une cinquième se trouve près du croupion. Helf'aut (Pas-de-Calais), juin 1902. — Pous- sin, deux têtes. Saulxures-les-Bugneville (Meurthe-et-Moselle), juin 1903- — Poussin, quatre pattes. Lille, décembre 1903. — Poussin, quatre pattes. Bucharest (Roumanie), juin 1904. — Poussin, quatre pattes. Bucharest, juillet 1905. Canard domestique, Anas boschas domestica Linn. Deux duvets, unis ensemble par le dos. Marseille, mars 1902. (Groupe intéressant). 88 SÉANCE 1".' 1 r i AVRIL 1908 MAMMIFÈRES ET OISEAUX PRÉSENTANT DES VARIÉTÉS DE COLORATION, OBTENUS DEPUIS 1899 pab CH. VAN KEMPEN Mammifères Belette, Putorius vulgaris Owen. Adulte, variété blanche. Suzanne près Bray (Somme), 1905. Martre, Mustela martes Linn. Mâle adulte, variété albine. Poméranie, 2 janvier 1903. Taupe, Talpa enropœa Linn. Adulte, variété albine. Thuringe, avril 1901. — Adulte, variété blanche. Suzanne, 1905. — Adulte, variété blonde. Halle sur Saale (Allemagne), 16 avril 1907. Hamster ordinaire, Cricetus vulgaris Desm. Adulte, variété albine. Gotha (Thuringe), octobre 1900. Campagnol ordinaire, Arvicola arvalis Pall. Mâle adulte, variété presque blanche. Martincourt (Meurthe- et-Moselle), septembre 1903. — Adulte, variété albine. Sans lieu ni date. Campagnol agreste, Arvicola agrestis Linn. Adulte, variété blonde. Hongrie, avril 1902. Lièvre, Lepus timidus Linn. Jeune, variété noire. Halle sur Saale, avril 1906. Lapin de garenne, Lepus ciuiiculus Linn. Mâle adulte, variété noire. Forêt d'Eperlecques (Pas-de- Calais), 2 novembre 1902. SÉANCE DU 14 AVRIL 1908 89 Guenon patas, Eri/throccbus palas Schreb. Adulte, variété complètement albine. Jardin zoolog'ique d'Anvers, avril 1907. Habite le Sénégal, l'Ethiopie. Ours du Thibet, Ursus thibetanus Liun. Mâle adulte, variété albine. très grande rareté. Sikkim (Himalaya), hiver 1898-99. Chevreuil, Cervus capreolus Linn. Mâle adulte, variété tout â fait blanche. Rudolstadt (ïhuringe), septembre 1902. Oj SEAUX Vautour moine, Vultur monackus Linn. Femelle adulte, quelques plumes blanches aux ailes. Gerna- voda (Roumanie), 18 décembre 1902. Aigle fauve, Aquila fulva Savig. Mâle adulte, les grandes pennes d'une aile, blancbes. Alpes françaises 1903. Buse vulgaire, Buteo vulgaris Bochst. Femelle adulte, variété blanche. Environs d'Haubourdin (Nord), 12 décembre 1902. Buse féroce, Buteo ferox Thienm. Mâle adulte, variété noire. Meurgab (Steppes transcaspien- nes), 19 décembre 1905. Bondrée apivore, Pernis apivorus Bonap. Mâle adulte, variété, ayant la tète blanche. Suède 1902. Faucon Eléonore, Falco Eleonorœ Genè. Mâle adulte, variété noire. Androsteno (Grèce), 10 mars 1899. Faucon Ivobcz, Fdico vespertiiuts Linn. . Mâle adulte, variété avec plume blanche â la queue. Bucha- rest (Roumanie), 19 septembre 1900. — Mâle adulte, variété avec plume blanche sur la tète. — Mâle adulte, variété tachée 93 SÉANCE DU 14 àVllIL 1908 de blanc à la tète et au cou Tous deux de Mirceavoda, (Rou- manie), juin 1904. Epervier ordinaire, Accipiter nisus Pal). Mâle adulte, variété fond vert brunâtre. Wermgerode (Alle- magne), août 1901 Busard harpaye, Cirais aeruginosus Savig. Mâle adulte, variété noire. Séville (Espagne), janvier 1905. — M à le jeune, variété noire. Prundeni (Koumanie), 15 septem- bre 1902. Busard cendré, Circus cineraceus Naum. Mâle adulte, variété noire. Monastirca (Roumanie), 17 août 1904. Chouette hulotte, Symium aluco Brehm. Adulte, variété ; plumes blanches aux ailes et à la queue. Maine-et-Loire, juin 1906. — Paire adulte, variété noire. Naljt- schik (Caucase), 19 décembre 1902, rareté. Chouette effraie, Strix flammea Linn. Femelle adulte, dessous du corps blanc. Environs de Mar- seille, janvier 1902. Hibou vulgaire, Otas vuigaris Flemm. Mâle adulte, variété albine. Ile Volga, décembre 1906. (Oiseau très remarquable). Grand Duc, Bubo maximus Flemm. Mâle adulte, variété en partie albine. Wladicaucase, 7 février 1907. Driopic noir, Driopicus martius Boie. Mâle adulte, variété à ailes rousses. Sans lieu ni date. Pic épeiche, Picus major Linn. Mâle adidte variété noire. Forêt la Reine (Meurthe-et-Moselle), avril 1902. SÉANCE DU 14 AVRIL 1908 01 Pie mar, Picus médius Liiin. Femelle adulte, variété à dos et queue rouges. Stavacioc (Roumanie . 14 avril 1002. Pic vert, Cecinus mridis Boie. Mâle adulte, variété isabelle clair. Sans lieu ni date. — Mâle adulte, variété gris pâle. Maine-et-Loire, juillet 1006. Coucou gris, Cuculus canorus Linn. Mâle adulte, variété rousse. Sintesei (Roumanie), 7 juin 1003. — Mâle adulte, variété avec plumes Manches à la nuque. Daliloo (Roumanie), 16 avril 1004. Corbeau corneille, Corvus corone Linn. Adulte, gorge et ailes blanches. Sans lieu ni date. — Adulte variété cendrée. Sans lieu ni date. — Adulte, variété gris marron foncé. Sans lieu ni date. — Jeune, variété albine. Environs de Dieppe (Seine-Inférieure), 1005. Corbeau mantelé, Corvus comix Linn. Mâle adulte, variété avec plume blanche à la queue. Stafci- nesii (Roumanie), février 1003. Corbeau choucas, Corvus monedula Linn. Femelle adulte, variété albine. Ile Volga, décembre 1006. Pie ordinaire, Pica caudata Linn. Adulte, variété isabelle. Sans lieu ni date. — Adulte, variété marron clair, trouvé en janvier 1007 chez un marchand de gibier de Paris. — Adulte, variété marron foncé. Sans lieu ni date. Geai ordinaire, Garruhts glandarius Vieill. Mâle adulte, variété à cinq rectrices grises. Environs de Gaillac (Tarn), 11 novembre 1001. — Adulte, variété isabelle. Sans lieu ni date. Etourneau vulgaire, Stumus vulgaris Linn. Adulte, variété isabelle. Gamache (Somme), octobre 1002. — Mâle adulte, variété albine. Parme (Italie), 10 septembre 1006. 02 SÉANCK DU 14 AVRIL 1908 Moineau domestique, Passer domesticas Briss. Femelle adulte, variété gris clair. Pise (Italie), décembre 1899. — Femelle adulte, même variété. Pise, décembre 1899. — Femelle adulte, variété isabelle. Château d'Autingues (Pas-de- Calais), 2 novembre 1901. — Femelle adulte, variété panachée de blanc. Arques (Pas-de-Calais), novembre 1901. — Mâle adulte, variété gris roussâtre. Environs de Marseille, janvier 1902. — Femelle adulte, variété; la moitié des plumes des ailes blanches. Saint-Marcel-les-Marseille, septembre 1902. — Femelle adulte, variété; tête, dos, partie des ailes blanches. Reigate, Surrey (Angleterre), 1902. — Femelle jeune, variété en partie albine. Turin (Italie), 13 octobre 1902. — Femelle jeune, variété albine. Wainbrechies (Nord), mai 1903. — Mâle adulte, variété ; ailes et queue blanches. Saint-Omer, 23 décembre 1903. — Femelle adulte, variété panachée. Sans lieu ni date. — Femelle adulte, variété isabelle. Sans lieu ni date. — Femelle adulte, variété, une aile et deux plumes de la queue blanches. Bucharest, 1 er mai 1904. — Mâle adulte, variété isabelle. Bucharest, 14 août 1904. — Mâle adulte, variété isabelle. Bucharest, 20 août 1904. — Mâle adulte, variété isabelle. Bucharest, 21- septembre 1904. — Femelle adulte, variété ; quelques plumes blanches à la queue. Bucha- rest, 1 er août 1905. — Femelle adulte, variété blanc gris. Fontainebleau, mai 1904. — Femelle adulte, variété panachée de blanc. Chapelle-la-Reine (Seine-et-Marne), avril 1906. — Femelle adulte, variété blanche, tête grisaille. Le Raincy (Seine), septembre 190G. Moineau cisalpin, Passe?' Ilalise Degl. Femelle adulte, variété isabelle. Pise (Italie), novembre 1902. — Mâle adulte, variété albine. — Femelle adulte, même variété. Tués tous deux à Crémone (Italie), décembre 1904. — Femelle adulte, variété ; plumes blanches à une aile. Parme (Italie), 2 octobre 1900. Moineau friquet, Passer montanus Briss. Femelle adulte, variété presque albine. Environs de Coblentz sur le Rhin, octobre 1899. — Mâle adulte, variété en partie albine. Pise, décembre 1901. — Mâle adulte, même variété. Provient de l'Exposition du Japon en 1900. — Mâle adulte, séance i»r 14 Avim, 1908 03 variété isabelle. Gènes, novembre 1903. — Mâle adulte, même variété. Gènes, novembre 1903. Bouvreuil vulgaire, Pyrrhula vulgaris Temm. Adulte, variété semi-albine. Exposition du Japon 1900. Pinson ordinaire, Fringilla cœîebs Linu. Mâle adulte, variété semi-albine. Faslau (Roumanie), l or avril 1902. — Mule adulte, variété ; tète, dos, couleur cannelle ; sur le dos, taches gris bleuâtres. Saxe, octobre 1902. — Adulte, variété, tète, dessous du. corps et partie du plumage blancs. Sans lieu ni date. — Adulte, variété ; tète presque blanche, poitrine gris marron, dos marron. Sans lieu ni date. — Adulte, variété ; plus gris que le précédent ; dos et croupion jaune ver- dàtre, ventre, gorge et cou d'un rouge marron très clair. Sans lieu ni date. Pinson d'Ardennes. Fringilla montifringilla Linu. Mâle adulte, variété semi-albine. Exposition du Japon 1900. — Mâle adulte, variété avec quelques plumes blanches. Envi- rons de Gaillac, janvier 1902. — Mâle adulte, variété presque blanche. Femelle adulte, même variété. Proviennent tous deux du Lion d'Angers, juin 1907. Linotte vulgaire, Çannabina linota Gray. Femelle adulte, variété ; épauîettes et bas-ventre blancs. Environs de Gaillac, décembre 1901. — Adulte, variété isabelle. Saint-Gilles, près Bruxelles, octobre 1904. Passerine mélanocéphale, Passerina melanocephala Vieill. Mâle adulte, variété ; le noir de la tète s'étendant sur le cou. Grèce, 1904. Bruant proyer, Miliaria eiiropœa Swains. Adulte, variété semi-albine et bec anormal. Sans lieu ni date. — Adulte, variété albiue. Saint-Just (banlieue de Mar- seille), février 1903. — Mâle adulte, atteint de mélanisme. Crémone, décembre 1905. — Mâle adulte, variété ; plumes blanches â la queue et aux ailes. Cernavoda (Roumanie), 1" mai 1906. 94 SÉANCE DU 14 AV1UL 1908 Bruant jaune, Emberiza citrinella Lion. Mâle adulte, variété jaune serin, sans lieu ni date. — Femelle adulte, variété jaune plus marron, sans lieu ni date. — Mâle adulte, variété albiue. Home, lo mars 1906. — Femelle jeune, variété ; bout des ailes blanches. Mirouville (Meurthe), décembre 1907. Cynchrame scbœnieole, Cynchramus schœniclus Boie. Mule adulte, complètement blanc. Rome, janvier 1906. Cynchrame rustique, Cynchramus rusticus Gerbe. Adulte, variété semi-albine. Exposition du Japon 1900. — Mule adulte, même variété. Mont Fougi (Japon), 14 mars 1901. Alouette des champs, Alauda arvensis Linn. Adulte, variété albine. Environs de Nice, 1900. — Adulte, variété noire. Environs de Nice, 1900. — Adulte, tendant à l'albinisme, sans lieu ni date. — Femelle adulte, variété isabelle. Autiugues (Pas-de-Calais), 31 octobre 1903. — Mâle adulte, variété isabelle. Home, janvier 1906. — Femelle adulte, variété noire. Rome, lévrier 1906. — Mâle adulte, variété isabelle. Séville (Espagne), 15 novembre 1906. — Mâle adulte, variété tapirée de blanc. Rome, janvier 1907. — Femelle adulte, variété blanchâtre. Rome, 2 juillet 1907. — Adulte, variété isabelle; quelques taches marron clair aux ailes et au croupion. Sans lieu ni date. Alouette lulu, Alauda arbore a Linn. Adulte, variété albine. Environs de Marseille, décembre 1901. — Mâle adulte, variété jaunâtre. Environs de Gaillac, jan- vier 1902. Alouette cochevis, Alauda cristata Linn. Jeune, variété tapirée de blanc. Environs de Gaillac, 10 juin 1899. — Adulte, variété gris pâle. Salon (Bouches-du- Rhône), mai 1900. — Jeune, variété très pâle. Environs de Gaillac, 3 septembre 1902. Agrodrome champêtre, Agrodroma campestris Swains. Mâle adulte, couleurs très claires. Environs de Gaillac, 12 septembre 1901. séani i du ! '< wim 1008 95 Pipi des prés, Anthus pratensis Bechst. Adulte, variété presque blanche. Marseille-lès-Camoins, no- vembre 1903. — Adulte, variété isabelle. Pise, novembre 1903. Bergeronnette printanière, Budytes /lava Bonap. Adulte, variété isabelle. Corse, novembre 1902. Bergeronnette grise, Motacilla alba Liun. Adulte, variété a tète blanche, ailes et dos en partie blancs. Bastia (Corse), 1902. — Adulte, variété; albinisme partiel. Saxe, 1902. Loriot jaune. Orioius qalbula Linn. Màlc adulte, variété ; plumes noires sur le jaune du dos. Crémone, avril I90r». Merle noir, Tardas merula Liun. Mâle adulte, variété tapirée de blanc. Berre (Bouches-du- Rhône), décembre 1899. — Mâle adulte, même variété. Berre, décembre 1899. — Mâle adulte, même variété; dessous du corps blanc. Tunis, décembre 1899. — Mâle adulte, même variété; dessous du corps blanc. Tunis, décembre 1899. — Femelle adulte, variété isabelle. Sienne (Italie), décembre 1899. — Mâle adulte ; variété avec quelques plumes grises dans la robe. Gaillac, février 1901. — Mâle adulte, panaché de blanc. Sienne, mai 1901. — Mâle adulte, même variété. Sienne, mai 1901. — Adulte, variété albine. Chàteau-Gombert près Marseille, novembre 1901. — Mâle adulte, variété avec plumes blanches. Les Eygalades près Marseille, décembre 1901. — Mâle adulte, variété isabelle. Corse, 1901. — Mâle adulte, variété; dessous du corps roux de rouille. Italie, 7 décembre 1901. — Mâle adulte, variété blanche. Espagne, janvier 1902. — Mâle adulte, variété ; albinisme partiel. Roumanie, 1902. — Jeune ; albinisme parfait. Forêt d'Eu (Seine-Inférieure), mai 1902. — Mâle adulte, variété ; cou et tète blancs, variés de noir. Chàteau-Gombert près Marseille, novembre 1902. — Mâle adulte, tète variée de blanc. Environs de Marseille, novembre 1902. — Mâle adulte, poitrine et abdomen variés de blanc et noir. Ajaccio, novembre 1902. — Mâle adulte, cou et ailes variés de blanc. Ajac- cio, novembre 1902. — Mâle adulte, variété ; dessous du Bull, de la Soc. Zool. de Fr., 1 908 . xxxnt — 9 06 SÉANCE DU 14 AVRIL 1908 corps roux. Rome, 18 janvier 1903. — Femelle adulte, variété isabelle, bout des ailes blanc. Sartène (Corse), 23 janvier 1903. — Mâle adulte, variété; gorge blanche, dessous du corps presque blanc. — Femelle adulte, même variété. Tous deux de Sienne, 5 Février 1903. — Mâle adulte, variété tapirée de blanc. Pise. novembre 1903. — Femelle adulte, variété isabelle. Ajaccio, novembre 1903. — Mâle adulte, variété; dessous du corps roux de rouille. Anzio (Italie), 21 novembre 1903. — Mâle adulte, variété ; tour de la tète, et collier blancs. Rome, 24 novembre 1903. — Mâle adulte, variété ; dessous du corps roux de rouille. Rome, 7 décembre 1903. — Mâle adulte, variété; tète blanche. Bône (Algérie), février 1904. — Mâle adulte, variété ; cou blanc. — Mâle adulte ; même variété. Tués tous deux à Rome en 1904. — Femelle adulte, variété ; dessous du corps roux. Rome, janvier 1905. — Femelle adulte, même variété. Crémone, décembre 1903. — Mâle adulte, variété avec plumes blanches. Rome, décembre 1905. — Mâle adulte, même variété. Rome, janvier 1906. — Femelle adulte, variété cendrée. Rome, janvier 1906. — Mâle adulte, variété ; dessous du corps blanc. Rome, 4 janvier 1906. — Mâle adulte, variété; dessous du corps roux, rayé de noir. Rome, février 1906. — Femelle adulte, variété avec quelques plumes blanches. La Rappe (Meurthe-et-Moselle), 6 mai 1906. — Mâle adulte, variété ; plumes blanches à l'aile et â la queue. Marchand de gibier à Paris, sans date. Merle à plastron, Turdus torquatus Linn. Mâle adulte, variété ; albinisme partiel. Environs d'Abbeville (Somme), sans date. — Mâle adulte, quelques plumes blanches à la tèle. Environs de Dieppe (Seine-Inférieure), 1901. — Femelle adulte, variété en partie albine. Pietra-xMare (Transyl- vanie), 24 avril 1902. — Mâle adulte, même variété. Turkos (Transylvanie), 19 mai 1902. — Mâle adulte, variété tapirée de blanc. Rome, mars 1904. Merle pâle, Turdus pallidus Gmel. Adulte, variété isabelle. Kasatani-Kobé (Japon), avril 1903. Merle litorne, Turdus piloris Linn. Mâle adulte, variété; albinisme partiel. Thuringe, octobre 1902. — Adulte, variété isabelle, queue striée comme un Faucon. Sartène, 28 janvier 1903. SÉANCE DU 14 AVRIL 1908 97 Merle draine, Turdus viscivorus Linn. Adulte, variété isabelle. Tunis, décembre 1899. — Adulte, variété albine. Espagne, novembre 1902. — Mâle adulte, variété isabelle. Rome, 1903. Merle mauvis, Turdus iliacus Linn. Adulte, variété isabelle. — Adulte, même variété. Tués tous .deux dans les Ardennes beleres, 1898. — Adulte, variété albine. Espagne, janvier 1902. — Adulte, variété presque blanche. Cagliari (Sardaigne), novembre 1902. — Adulte, variété isabelle. Alpes, décembre 1905. — Mâle adulte, variété semi-albine. Bergame (Italie), novembre 1905. — Mâle adulte, variété atteinte de mélanisme. Rome, novembre 1905. — Mâle adulte, variété tapirée de blanc. Pichauris près Mar- seille, janvier 1906. — Mâle adulte, variété; tète et ailes blanches. Province de Gênes, février 1906. Merle grive, Turdus musicus Linn. Adulte, variété ; plumage mélangé de blanc. Sartèue, décembre 1899. — Adulte, même variété. Ajaecio, novembre 1900. — Adulte, même variété. Espagne, janvier 1901. — Adulte, variété ayant le dessus de la tête blanc. Espagne, janvier 1901. — Adulte, variété à tête blanche. Sienne, janvier 1901. — Adulte, variété isabelle. Ajaecio, janvier 1901. — Adulte, variété isabelle. Sienne, novembre 1901. — Adulte, variété cendrée. Corse, mars 1902. — Adulte, variété tout à t'ait albine. Valencia (Espagne), 1902. — Adulte, variété tapirée de blanc. Sartène, 28 mai 1903. Adulte, variété à tète blanche. Marcel-les-Marseille, novembre 1903. — Adulte, variété isa- belle. Corse, 1905. — Mâle adulte, variété semi-albine. Corse, février 1906. Rouge-gorge familier, Rubccula familiaris Blyth. Mâle adulte, variété semi-albine. Wambrechies (Nord), 3 novembre 1906. — Mâle adulte, variété marron. Sans lieu ni date. Rossignol ordinaire, Philomela luscinia Selby. Mâle adulte, variété tout à fait albine. Crémone, 9 août 1904. 98 SÉANCE DU M AVRIL 1908 Traquet Oreillard, Saxicola aurita Temra. Adulte, variété albiae. Cagliari, novembre 1902. Tarier rubicole, P rat incola rubicola Koch. Mâle adulte, variété cendrée. Sienne, 20 août 1902. Fauvette des jardins, Sylvia hortensis Lath. Adulte, variété albine. Environs de Bruges (Belgique), 1895, Fauvette babillarde, Curruca garrula Briss. Adulte, variété albine. Marchand d'Oiseaux à Paris. Sans lieu ni date de capture. Pouillot siffleur, Phyllopneusle sibilatrix Brehm. Mâle adulte, variété albine. Iles Foebr (nier du Nord), août 1904. Mésange charbonnière, Parus major Lion. Mâle adulte, variété à ailes rousses. Pise, novembre, 1903. — Adulte, variété isabelle. Sans lieu ni date. — Adulte, variété très claire, jaune verdâtre ; touteslestaches, normalement noires, sont marron clair. Sans lieu ni date. — Adulte, variété très claire ; toutes les taches, normalement noires, sont marron clair. Sans lieu ni date. Mésange à longue queue, Parus caudatus Linn, Adulte, variété dont toutes les nuances normales sont dimi- nuées de ton. Sans lieu ni date. Gobe-mouches gris, Muscicapa grisola Linn. Mâle adulte, variété albine. Halle-sur-Saale (Allemagne), 6 juillet 1903. Hirondelle de cheminée, Ilirundo rustica Linn. Femelle adulte, variété isabelle. Crémone, 3 septembre 1902. — Adulte, variété albine. Perrière, juin 1906, — Mâle adulte, variété albine. Crémone, août 1907. — Adulte, variété albine, gorge rousse. Sans lieu ni date. SÉANCE DM I ï w aiL 1908 99 Hirondelle de fenêtre, Chelidon urbica Boie. Adulte, variété isabelle. Environs d'Anvers, 1900. — Jeune, variété albine. Molna-Sczenod (Hongrie), i juillet 190,3. — Adulte, variété gris cendré. Le Crotoy (Somme), septembre 1905. Pigeon ramier. Columba palumbus Linu. Mâle adulte, variété albine. Rome, mai 1907. Tétras urogalle, Tetrao urogallus Scop. Femelle adulte, plumage du mâle. Finlande, 4 décembre 1901. — Femelle adulte, plumage du mâle. Laponie, 16 jan- vier 1903. — Femelle adulte, plumage du mâle. Laponie, 16 mai 1903. — Femelle adulte, variété argentée. Kuhmonienii Finlande), 2 janvier 1904. Tétras lyre, Tetrao tetrix. Linn. Mâle adulte, variété ; dessous du corps blanc, ainsi cjue les ailes. Finlande, 9 décembre 1901. — Mâle adulte, variété; dessous du corps, ailes et queue blanches. Sans lieu ni date. — Femelle adulte, variété papillotée de blanc. Brescia, octobre 1905. Perdrix rouge, Perdix rnbra Briss. Mâle adulte, variété ; bas-ventre blanc. Barcelonnette (Basses- Alpes), janvier 1902. — Je possède deux variétés de la Perdrix rouge Perdix rubra Briss. à plumage remarquable, tuées en Espagne ; l'une et l'autre rouge foncé ; dessous de la tête noire ; dessous du croupion à plumes blanches ; l'une a le front noir, avec série de petites plumes noires autour du cou et sur la poitrine. Elles se rapprochent beaucoup des spécimens décrits en 1894 par Seoane, dans les « Mémoires » de la Société et dénommés hispamca. J'ai aussi un individu, (qui sera l'objet d'une notice particulière), de la Perdix saxatilis, var. melano- cephala, décrite en 1901, dans le « Bulletin » de la Société. Elle a été capturée en Espagne. Perdrix grise, Slarna cinerea Bonap. Femelle adulte, variété isabelle. Environs de Cambrai (Nord), sans date. — Femelle adulte, variété isabelle. Suède, 1902. — Femelle adulte, variété cendrée. Mout-de-Pula, Cagliari, 100 SÉANCE DU 14 AVRIL 1908 15 novembre lî>05. — Femelle adulte, variété isabelle, marquée de taches rousses accentuées sur les flancs. Sans lieu ni date. Caille commune, Coturnix communis Bonnat. Mâle adulte, variété à gorge rousse. Crémone, octobre 1904. — Mâle adulte, variété noire. Crémone, 26 décembre 1 90 i. Faisan commun, Phasianus cùlchicus Linn. Femelle, prenant plumage du mâle. Anclam (Poméranie), 20 novembre 1903. — Femelle, même aberration. Seeben, près Ilalle-sur-Saalc (Allemagne), 3 novembre 1904. — Mâle adulte, variété cendrée. Pbalempin (Nord), 19 janvier 1904. Pluvier à demi-collier, Charadrius cantianus Lath. Femelle adulte, variété isabelle, parties supérieures très claires, inférieures d'un blanc très pur, avec le collier d'un rouge clair. Le Croisic (Loire-Inférieure), 22 avril 1901. Vanneau huppé, Vanellus cristatus Mey. et Wolf. Adulte, variété presque albine. Pise, décembre 1899. Tourne-pierre â collier, Strcpsilas interpres lllig. Adulte, variété isabelle. Sans lieu ni date. Courlis cendré, Numenuts arquata Linn. Mâle adulte, variété pâle. Suzanne, près Bray (Somme), 15 décembre 1901 . Bécasse ordinaire, Scolopax riisticuta Linn. Adulte, variété isabelle. Château-Gombert, près Marseille, novembre 1903. — Adulte, variété roussâtre, sans lieu ni date. Bécasseau cincle, Pelidna cinclas Bonap. Adulte, variété albine. Charente, août 1905. Combattant ordinaire, Machetes pugnax Cuv. Femelle adulte, variété ; mélanisme. Crémone, mai 1904. — Femelle adulte, variété gris clair. Crémone, 2 avril 1905. — Mâle adulte, albinisme prononcé. Le Crotoy, oclobie 1905. SÉANCE DU 14 AVK1L 1908 101 Chevalier gambette, Totanus calidris Bechst. Adulte, variété isabelle. Sans lieu ni date. Râle d'eau, Rallim aquat.icits Liun. Adulte, variété passant au mélanisme. Suède, 1902. Porzane marouette, Porzana maruetta Gray. Mâle adulte, variété ; plumage très nuancé de blanc. Mari- gnanne (Bouches-du-Rhône), décembre 1900. Porzane de Bâillon, Porzana Bailloni Vieill. Adulte, variété demi-albine. Environs de Saint^Omer. Sans date. Foulque noire, Fulica alra Lath. Mâle adulte, variété avec plumes blanches à la tète. Marais d'Hautebut (Somme), 20 décembre 1903. — Femelle adulte, variété avec un peu de blanc à la tète. Crémone, septembre 1905. Héron bihoreau, Xijcticorax europseus Steph. Mâle adulte, atteint de mélanisme ; plumes ornementales noires et blanches. Prundeni (Roumanie^, 15 mai 1900. Cigogne blanche, Ciconia alba Willugh. Mâle jeune, variété; queue partie noire, partie blanche. Cer- navoda (Roumanie), 18 août 1 903. Cormoran ordinaire, Phalacrocorax carbo Leach. j\Iàle adulte, variété; cou presque entièrement blanc. Ca- balsee (Roumanie), 24 mars 1904. Hirondelle de mer fissipède, Rydrochelidon ftssipes Gray. Adulte, variété albine. Goll'e de Cagliari, septembre 1907. — Adulte, variété isabelle, tète marron. Sans lieu ni date. Canard sauvage, Anas boschas Linn. Mâle adulte, variété pale, dessous jaunâtre. Le Crotoy, 10 décembre 1902. - Femelle adulte, variété semi-albine. Le Crotoy, 10 décembre 1902. — Femelle adulte, variété presque blanche. Embouchure de la Bidassoa, 13 décembre 1902. — 102 SÉANCE DU 14 AVRIL 1908 Femelle adulte, variété blanche, Environs de Saint-Omer, 2 janvier 1904. — Femelle adulte, variété très pâle. Aiguillon- sur-Mer (Vendée), mars 1904. — Mâle adulte, variété gris cendré roux Environs de Saint-Omer, 3 janvier 1906. — Femelle adulte, variété beurre frais. Environs de Saint-Omer, 29 décembre 1906. Sarcelle d'été, Querquedida circia Steph. Femelle adulte, variété; deux plumes blanches sur chaque couverture de l'aile. Crémone, mars 1904. — Femelle adulte, variété ; dessous du corps rayé rouge et noir. Crémone, avril 1905. Sarcelle d'hiver, Querquedida crecca Steph. Mâle adulte, variété; dessous du corps rougeâtre. Saint- Valéry-sur-Somme, 8 janvier 1903. Guillemot nain, Mergulus aile Vieill. Mâle adulte, variété ; ailes grises. Expédition polaire zoolo- gique suédoise, 1900. Macroscelis amaurotis Temm. Adulte, variété albiue. Exposition du Japon, 1900. Cilrinella personata Schl. Mâle adulte, variété blanche. — Mâle adulte, même variété. Proviennent tous deux de l'Exposition du Japon, 1900. Rupicola crocea Vieill. Mâle adulte, variété blanche, ailes gris clair. Gayenne, 1900. Temenuchus pagodarum Gmel. Adulte, variété albine. Malacca, 1892. Ramphastos Temminckii Wagl. Mâle adulte, ailes et dos très pâle, toutes les couleurs mates. Santa Catharina (Brésil), 1907. Melopsittacus undulatus Shaw. Femelle adulte, variété jaune. Sud de l'Australie, sans date. SÉANCE DU 14 AVRIL 1908 103 Psittacus erythacus Linn. Mâle adulte, variété isabelle. Capturé eu 1901 au Bas Congo; a vécu deux ans et demie au Jardin zoologique d'Anvers. — Adulte, aberration de plumage ; ailes et dos bariolés de plumes jaunes. Jardin zoolcgique d'Anvers, 1906. Ploya cayanus Linn. Femelle adulte, variété albine. Bogota, 16 décembre 1904. Piaya rutilus Spix. Mâle adulte, variété semi-albine. Venezuela, 20 juin 1904. Hybridité. Hybride Verdier ordinaire ç? Chardonneret élégant Q- Liguriniis chloris cf Carduelis elecjam 9- Mâle adulte. Vielsam (Belgique), 6 septembre 1906. Hybride mésange à longue queue. Acredula caudata ~çf Acredula rosea 9- Mâle adulte, Crémone, 26 décembre 1904. Cette longue liste paraîtra peu attrayante ; mais les natura- listes y trouveront, cités, des spécimens uniques, et qu'on ne rencontre qu'une fois, malgré les recherches les plus continues. Séance du 38 avril 1908. PRÉSIDENCE DE M. ALLUAUD, VICE-PRÉSIDENT. M. Henri Benoit-Bazille, demeurant 6, rue Poulet, à Paris 18 e ), est présenté par MM. Petit et Trouessart. LA STRUCTURE DES MATIÈRES VIVANTES PAR E. FAURÉ-FREMIET Les idées générales sur la structure des matières vivantes, des protoplasmas et de leurs différenciations, ont évolué en même temps que les méthodes et les procédés d'investigation. Les premiers observateurs avaient eu l'idée d'une gelée vivante, notion presque métaphysique encore, qui fut précisée plus tard et donna naissance à l'idée de protoplasma. Les études histo- logiques, l'emploi des réactifs, des méthodes de coloration, les teintures régressives et les imprégnations métalliques, permirent de déceler une foule de structures inconnues dans ces proto- plasmas. Puis les progrès de la physico-chimie, l'étude des colloïdes en particulier, orientèrent les idées dans une direc- tion nouvelle ; la matière vivante semble bien être un complexe de colloïdes et l'on doit tenir compte dès lors, lorsque l'on étudie une structure post mortem, des phénomènes de coagula- tion dus aux réactifs. Il semble en un mot que, à côté fies élé- ments structurés qui existent réellement dans un plasma vivant, il se forme des structures purement artificielles, des artefacts. La part de ces derniers dans nos conceptions sur la morphologie cellulaire ne peut être faite qu'après des recherches minutieuses, effectuées sur le plasma vivant. Celles-ci peuvent et doivent être effectuées par des procédés divers, dont on peut superpo- ser les résultats. Ces procédés sont les suivants : examen d'un plasma vivant, en lumière transmise A l'aide d'un puissant objectif ; examen a l'ultra -microscope ; étude des colorations vitales. SÉANCE DU 28 AVRIL 1908 105 Les résultats donnés par ces trois méthodes d'investigation concordent parfaitement et sont en accord avec les idées des physico-chimistes sur la matière vivante. Je donnerai comme exemple ce que l'on peut observer chez un Infusoire, une Vor- ticelle, et chez une cellule de Métazoaire appartenant à la lignée germinalive. un spermatocyte de Pyrrhocoris. Dans ces deux éléments observés in vivo, on trouve une substance plasmique, homogène en lumière transmise, qui parait légèrement lumi- neuse à l'ultra-microscope et qui se colore très faiblement par cer- tains colorants vitaux, tels que le brun Bismarck. Cette substance est un colloïde ou plus probablement un mélange de colloïdes. Elle renferme des grains très réfringents, globules de graisse ou ciïstalloïdes précipités, qui sont des produits de réserve ou d'excrétion ; elle renferme encore des éléments particuliers, qui semblent essentiellement vivants : ce sont les sphérules plasmatiques des Infusoires et les mitochondries des cellules sexuelles. Sans entrer dans de nombreux détails, je dirai que ces éléments, dont les réactions histologiques sont identiques, apparaissent en lumière transmise et à l'ultra-microscope comme des sphérules colloïdes plus condensées que le plasma environ- nant, et peut-être séparées de celui-ci par une mince couche lipoïde. La structure du noyau, telle qu'elle apparaît par les méthodes précédentes, diffère souvent de celle que font apparaître les réac- tifs. Beaucoup de noyaux et le macronucleus des Infusoires montrent toujours, in vivo comme post mortem, des micro- somes, paraissant jouir d'une certaine individualité, élaborant des substances chromatiques, et qui ne semblent pas sans rap- ports quant à leur constitution avec les mitochondries cyto- phasmiques. Un très grand nombre de noyaux, certaines vési- cules germinatives et le micronucleus des Infusoires sont au contraire caractérisés par l'absence complète de structure. Ces noyaux semblent uniquement constitués en effet par une membrane fine, enveloppant un suc nucléaire homogène, dans lequel apparaissent très nettement les nucléoles. Il semble que la chromatine soit ici à l'état de solution, que les réactifs peu- vent coaguler sous forme de grains irréguliers ou de chromo- somes plumeux. Mais au moment de la mitose, la chromatine semble se précipiter et s'agréger en chromosomes qui deviennent parfaitement visibles in vivo, ainsi d'ailleurs que les filaments achromatiques. Je dirai en un mot que les idées actuelles sur la nature 106 SÉANCE DU 28 AVRIL 1908 colloïde des substances vivantes ne permettent plus d'accepter toutes les structures montrées par les réactifs, sans les contrô- ler par l'examen du protoplasma vivant. Ce dernier mode d'in vestigation, trop souvent négligé, permet en effet d'observer à peu près tout ce qui existe, avec une grande certitude ; et je crois que Ton doit toujours se défier d'une structure ou d'un organule cellulaire que l'on ne pourrait distinguer à l'état vivant. M Uc Loyez. — « Il me semble que c'est aller un peu loin que de ne regarder comme n'existant réellement dans une cellule que ce qu'on peut y voir à l'état frais. Deux éléments cellulaires de nature différente ne se distinguent pas au micro- scope, sur le vivant, s'ils possèdent la même réfringence. A côté des propriétés optiques des corps, il y a les propriétés chi- miques, et c'est en tenant compte de celles-ci que les réactifs de la technique histologique peuvent révéler l'existence de cer- tains éléments ou de structures cellulaires. En ce qui concerne les chromosomes des vésicules germinatives, par exemple, ils peuvent parfaitement existe!', à l'état ligure, même en dehors de la période de mitose, et le fait de ne pouvoir les observer a l'état frais ne me semble pas suffisant pour nier leur exis- tence. Toutefois, il est certain que l'examen de pièces non fixées peut rendre de grands services en cytologie. » M. Semichon. — « Après l'action du Neutralroth, les œufs de Poisson continuent à se développer, souvent jusqu'à l'éclosion : il est donc peu vraisemblable que ce réactif fasse apparaître dans les cellules des structures incompatibles avec la vie. Sur les tissus morts, son action se modifie : tandis qu'il colore à peu près uniformément l'œuf vivant, on voit au moment de la mort toute la masse vitelline prendre une coloration beaucoup plus accentuée et l'embryon pâlir en devenant opaque. » M. de Beauchamp. — « 11 ne faut pas chercher à comparer les résultats donnés par les colorants vitaux avec ceux des colorants histologiques usuels. D'autre part, dans les noyaux à gros karyosome comme ceux des Rotifères, celui-ci, qui cons- titue toute la partie chromatique du noyau, est bien visible à Tétat frais et la répartition de la chromatine n'est aucunement modifiée par la fixation. » SÉANCE Dl 28 AVIUF- l'MIS 107 Ouvrages offerts. E. Fauré-Fremikt. — Le Glauromu pyriformis et l'organisation de la substance vivante [Comptes rendus Assoe. analomisles, VIII, Bordeaux, 1906). E. Fauré-Fremiet. — L'organisation de YOpercularia notoneeix dans ses rapports avec la cytologie générale. [Ibid., IX, Lille, 1907). E. Fauré-Fremiet. — Structure de l'appareil basilaire des Opercuda- ria {Comptes rendus Soc. biol., LXII. 1907). E. Fauré-Fremiet. — Mitochondries et sphéroplastes chez les Infu- soires ciliés [Ibid., LXII, 1907 . E. Fauré-Fremiut. — Une variété du Trichorliynchus tuamotuensis Ibid., LXIIL 1907 . E. Fauré-Fremiet. — UEpistylis Perrieri, sp. nov. [Ibid. LXIII, 1907 . E. Fauré-Fremiet. — Sur l'étude ultramicroscopique de quelques Protozoaires. Ibid., LXIV, 1908). E. Fauré-Fremiet. — Les conditions organiques du comportement chez les Gy tozoaires. Le Colpoda cucullus. [Bull. Insl. gèn. psychologique, 1907,. E. Fauré-Fremiet. — Les conditions organiques du comportement chez les Oytozoaiies. UUrostyla grandis. [Ibid., 1907 . K. Loppens. — Sur quelques fouilles faites dans une sablière près Nieuport. [Annales Soc. archéol. Bruxelles, XXI, 1907). K. Loppens. — Sur une variété de Membranipora membranacea L. vivant dans l'eau saumàtre. Ann. biol. lacustre, I, 1906). K. Loppens. — Contribution à l'étude du micro-planklon des eaux saumâtres de la Belgique [Ibid., III, 1908). K. Loppens. — Bryozoaires marins et fluviatiles de la Belgique [Ann. Soc. roy. zool. et malao. Belgique, XLI, 1906). K. Loppens. — Sur les caractères distinctifs entre Alcyonidium gela- linosum et Aie. hirsiitum. [Ibid., XLII, 1907). D 1 ' J. G. de Man. — Description of a species of Palsemon from near Sydney, probably either a new species or tbe adult form of Palsemon (Eupalœmon; Danw Heller. [Ann. and mag. ofnat. hist. (8), I, 1908). Séance du 1$ mai 1908. PRÉSIDENCE DE M. P. MARCHAL, PRÉSIDENT. MM. Alluaud, Clément, Robert et Secques s'excusent de ne pouvoir assister à la séance, M. le Président adresse les félicitations de la Société à M. Iches, nommé officier d'Académie. La famille du professeur Karl Môbius, membre honoraire de la Société, fait part de son décès, survenu le 26 avril 1908. M. II. Benoit-Bazille, présenté à la précédente séance, est nommé membre de la Société. « M. J. Pellegrin, à propos du voyage qu'il vient de faire à Vienne, fournit à la Société quelques renseignements sur un certain nombre d'établissements touchant la zoologie. Il parle d'abord du Musée impérial d'histoire naturelle, où il a reçu le plus aimable accueil du Directeur, notre collègue M. le D r Steindachuer. Il a visité également la Ménagerie impériale de Schônbrunn, une des plus vieilles d'Europe, puisqu'elle date de Marie-Thérèse, et qui n'en est pas moins des plus coquettement aménagées et des mieux tenues. M. Pelle - GRiN donne ensuite quelques détails sur le « Biologischer Versuchsanstalt », institut de biologie expérimentale ; c'est un établissement particulier de création récente, qui a rem- placé l'ancien Vivarium du Prater, et où se poursuivent, sous la direction du D l II. Przibram les expériences les plus inté- ressantes sur les modifications que subissent un grand nombre d'espèces animales, Reptiles, Batraciens, Poissons, Mollusques, Insectes, etc., sous l'influence des agents chimiques, physiques, des croisements, etc. » MM. Trouessart et Coutière posent quelques questions sur la permanence des hybrides et la variabilité de l'espèce chez les Poissons. M. Trouessart rend compte de la visite que lui a faite M. Miller, qui est venu des Etats-Unis étudier la faune mamma- SÉANCE DU 12 MAI 1908 109 logique d'Europe. Il a récolté en Espagne des formes très curieuses de Mus miisculus et distingué dans les Campagnols souterrains (s. g. Pitymys) une vingtaine d'espèces, en Italie, Autriche, Suisse, Provence, où l'on n'eu connaissait que trois ou quatre. Certaines avaient déjà été indiquées par Gerbe. Elles présentent des caractères crâniens et dentaires bien accu- sés, mais seront peut-être réductibles au rang de sous-espèces géographiques. Ouvrages offerts PAR M. R. BLANCHARD Berg. A propôsito de Dolichotis salinicola Bunn, 1898, in-8, 2 p. et 2 pi. Berg, Notas sobre los nombres de algunos Mamiferos sudamerica- nop, 1900, in 8, 4 p. Blanchard B , La Chaire d'histoire naturelle médicale à la Faculté de médecine de Paris, 1907, in-8, 56 p. Blanchard (R.), Parasitisme du Dipylidium caninum dans l'espèce humaine, 1907, in-8, 32p., long. Blanchard R. , Zoology and Medicine, 1907, 16 p. Blanchard R.), Glossaire allemand-français des termes d'anatomie et de zoologie, 1908, 1 vol. in-8, Paris, Asselin et Houzeau, 298 p. Branca (A.), Le diamant, histoire et critique, 3 br. in-8, 50, 20 et 38 p . avec 3 pi . Brandt, TJeber Backentaschen, in-8, 4 p. Braun, Uierus masculinus von Phocxna commuais, in-8, 6 p., 3 hg. Braun, Zahl und Verbreitung desliausstorches Ciconia alba) in Ost- preussen, 1906, in-8, 8 p. Bujard (E.), Les appendices choriaux dans des semi-placentas dif- fus, iu-8, 8 p., 4 fig, Grampton (H.-E.;, Zoology, 1907, in-8, 36 p. Cijénot (L.), Les races pures et leurs combinaisons chez les Souris, 4 e et 5° notes, in-8, 28 p. Goeldi (A.), Ein erstes authentisches Exemplar eines ecliten "Wiesels aus Brasilien, 1897, in-8, 8 p., 1 pi. Grandidier G.), Description d'une nouvelle espèce d'Insectivore pro- venant de Madagascar, 1899, in-8, 2 p. Grandidier (G. , Description d'ossements de Lémuriens disparus, 1907, in-8, 6 fig. Grandidier (G.) et M. Neveu-Lemaire, Descriplion d'une nouvelle espèce de Tatou, type d'un genre nouveau, 1905, in-8, 2 p. Séance du 96 mai 1908. PRÉSIDENCE DE M. MARCHAL, PRÉSIDENT. M. Boutan propose à la Société de lui présenter un Gibbon vivant qu'il a rapporté du Tonkin. Il invite ses collègues à se rendre dans ce but au laboratoire de zoologie, à la Sorbonne, mardi prochain, 2 juin, à 5 heures. M. Secoues annonce qu'une exposition de nouveautés photo- graphiques aura lieu du 29 mai au 6 juin à la section photo- graphique de la maison Poulenc, 19, rue du 4 septembre. Le Secrétaire général signale tout particulièrement à ses collègues, dans le lot d'ouvrages zoologiques que M. H. Blanchard offre à la Société, le « Glossaire allemand-français des termes d'anatomie et de zoologie » de M. Blanchard lui- même (1 vol. in-8 de 298 p., Paris, Asselin et Houzeau, 1908). Ce volume donne le sens d'un nombre considérable de termes techniques et de noms vulgaires d'animaux, (ceux-ci immédia- tement traduits par leur nom scientifique latin), toutes expres- sions dont on chercherait vainement l'explication dans les dictionnaires usuels. Il rendra les plus grands services à tous ceux qui s'occupent de zoologie. M. Boutan décrit les blessures déterminées chez l'homme par les poils urticants de la Chenille du Bananier du Tonkin. Les boursouflures de la peau causées par cet animal sont attri- buées par les indigènes à un Millepattes. M. Marchal. — Ces observations montrent que les poils de cet animal sont bien réellement urticants, tandis que Fabre a nié que les poils des Processionnaires, par exemple, fussent venimeux par eux-mêmes ; ils seraient seulement imprégnés, d'après lui, par la cantharidine, qui est rejetée dans le nid par l'intestin. M. Tillieh. — En Cochinchine on attribue communément aux Millepattes les boursouflures de la peau, quand elles sont disposées en série. M Allia.ud. — On distingue d'ailleurs aux colonies les Mille- pattes (Iules) des Cent-pieds (Scolopendres). SÉANCE 1)1 26 MAI 100S 111 M. Trolessart. — L'action venimeuse de ces derniers ani- maux n'est pas douteuse. On cite même un cas de mort sur- venu à Cayenne par la blessure de l'un d'eux. M. Tillier expose ses observations sur les pêcheries de Port-Saïd. Les barques de pêche, surtout napolitaines, de la région emploient le bœuf, chalut traîné par deux embarcations. Les Poissons sont surtout abondants à 30 kilomètres du rivage, par 20 mètres de fond, ce qui constitue la profondeur extrême à laquelle peuvent atteindre les engins employés. Il y avait donc lieu de penser que la pèche serait encore plus abon- dante a une profondeur plus grande. Tout au contraire, les essais faits par un chalutier ù vapeur anglais jusqu'à une pro- fondeur de 100 mètres n'ont pas ramené de Poissons, sauf des Rougets, d'ailleurs énormes. Mais ils ont amené la découverte, à 20 milles au large de Pord-Saïd, d'un banc d'Epongés, qui commence à être exploité. Ouvrages offerts PAR M. 11. BLANCHARD Grandidier(G.) et Neveu-L.ema.irr. Les Cervidés de la Cordillère des Andes. 4906, in-8. 12 p. Guide io the garden of the Zoological Society of Philadelphia. 1907, in-12, lis p., fig. Lord Howe Island. Its Zoology, Geology and Physical charaeters. Sydney, 1889, in-8, 132 p., lit pi. ' Metalnikoff. Ueber die intracellulaire Verdauung. l ( X)3, in-s, 7 p. MoNTuoMERY H. . On reproduction, animal life cycles and the bio- logical unit 1906, in-s, 20 p. Monïicelli (Fr. Sav. . Sussualita e gestazione nello Clenodrilus ser- ralus. 1907. in-8. 3 p. Nassonow (N. . Ueber die krallenartigen Gebilde an den hinleren Extremilâten bei Lamnungia. 1897, in-8, 6 p., 7 fig. Nbveu-Lemairb. Voyagea travers les plateaux boliviens. 1905, in-S, 20 p. Parona C. . Sulia dicotomia délie braccie nei Gefalopodi. I9o0, in-8. 7 p., 1 pi. Parona G.). Sulla corologie italica délie varietà dell' Hyla arborea. 1902, in-8, 5 p. Philippi. Contribucion a la osteolojia del Grypotherium domesticum Rotb. 1890, in-8. 12 p., i pi. Bull de la Soc. Zool. de Fr. L908. xxxm - 10 112 SÉANCE DU 20 M\l 1908 Philippi. Naeva especie ehilena de Zorras. 1901, in-8, 6 p , 1 pi. Piètrement (G. -A.). L'origine et révolution intellectuelle du Chien d'arrêt. 1900, in-8, 50 p. Porter (G.). Brèves instrucciones para la recoleccion de objetos de historia natural. 1903, in-8, 5I 26 MAI 1908 Le mardi 2 juin 11)08, à .'i heures, un certain nombre de nos collègues se sont réunis au laboratoire de zoologie de M. L)e- lage, à la Sorbonne, où M. Bouian leur a présenté diiïérentes espèces de Gibbon. Ce sont d'abord des échantillons conservés de tli/lobates lar . H. pileatus, H. Henrici. Cette dernière espèce a été dédiée par M. Pousargues au priuce Henri d'Orléans; sa couleur est fauve avec une 1acbe noire longitudinale sur la tète. Elle parait au premier abord bien distincte de //. leitco- (jetit/s, au pelage noir et aux favoris blancs. Pourtant les lao- tiens affirment que l'on rencontre toujours dans les troupes de II. leucoyenys un ou deux individus de couleur rousse : ce seraient, d'après eux, des femelles. Les mensurations des deux espèces donnent des résultats identiques; il ne serait donc pas impossible que H. Henrici soit une variété blonde de H, leu- cogenys. Mais à coup sûr les femelles de cette dernière espèce ne sont pas toutes de couleur fauve : l'échantillon vivant que M. Boutan a présenté à la Société est en effet une femelle, qui montre tous les caractères de H. leucogenijs typique. Elle a été capturée à Luang-Prabang en janvier 1907 et paraissait alors âgée de G mois. Elle était gris de Souris et son corps mesurait 29 centimètres. Aujourd'hui le corps mesure 38 centimètres; les membres antérieurs 46, et les postérieurs 34. Elle possède, de chaque côté et à chaque mâchoire, 2 pré- molaires et une molaire; c'est la dentition d'un enfant de 6 à 7 ans. L'évolution du Gibbon semble donc se faire à peu près trois fois plus vite que celle de l'Homme. L'animal est en par- faite santé; il s'est facilement habitué au régime de l'Homme et manie avec habileté la cuiller et le verre à boire. Sa démar- che est nettement bipède; en marchant, il se sert de ses longs bras en guise de balanciers, ne posant que rarement une main à terre. Séance du 9 juin 1908. PRÉSIDENCE DE M. MARCHÀL, PRESIDENT. M. Blanchard annonce la mort du Professeur Spiridon Brisina, Directeur du Musée national zoologique à Agram (Croatie), membre correspondant de la Société, décédé le 21 mai dernier. M. Vain Kempen écrit : « Bien que recherchant avec grand soin, depuis 45 ans, pour ma collection d'histoire naturelle, tout ce qui peut être tué d'intéressant dans notre région, je n'ai jamais pu obtenir la Tetrax tetrax Linné. On m'a bien affirmé l'avoir vue au marché de Saint-Omer au mois d'août 1904, mais la personne qui m'a fait cette affirmation a pu se tromper, n'ayant aucune connaissance en ornithologie. On peut donc considérer la capture de la Canepetière comme très fortuite dans le nord de la France ». La « Smithsonian Institution » de Washington propose l'échange d'un certain nombre d'ouvrages publiés par elle avec les volumes qui manquent à sa collection des publications de la Société (Renvoyé au Conseil). La a Société française de bibliographie » demande la liste des périodiques étrangers possédés par la bibliothèque de la Société, dans le but de publier un catalogue général des périodiques étrangers exislant dans les bibliothèques de Paris. La Société, considérant qu'un pareil catalogue sera de la plus grande utilité, charge M. l'Archiviste-Bibliothécaire de donner satisfaction à cette demande. M. H. Holliisat adresse un Mémoire intitulé : « Note sur deux Serpents albinos », accompagné d'un cliché qu'il pro- pose de faire reproduite à ses frais en photocollographie. La Société lui adresse ses plus vifs remerciments pour cette offre généreuse. M. le docteur Giovanni Gulia, demeurant à Gozo (Malta) est présenté par MM. Germain et Robert. « M. Coutière fait connaître un parasite Entoniscien, le pre- mier qui ait été décrit chez les Eucyphotes ; il attaque le Sijnalphcits longicarpus Herrick, espèce américaine très corn- 120 SÉANCE nu 9 JUIN 1908 mune d'Alphéidé. Le parasite occupe une gibbosité de la carapace, dans la région cardiaque ; il est situé tout entier du même côté du tube digestif, son « céphalogaster » (Giard et Bonnier) ne présente qu'uue seule sphère au lieu de deux ; les œufs sont à tous les états de développement, depuis ceux à peine segmentés jusqu'aux larves épicaridiennes très avancées. L'orifice de communication avec l'extérieur est situé à l'angle postérieur de la chambre branchiale droite ; il est relativement beaucoup plus grand que chez les Crabes parasités par les Entonisciens. Ces Isopodes n'étaient jusqu'à présent connus que chez les Crabes et les Porcellanes. Leur présence chez les Eucyphotes indique que ce groupe de Crustacés présente avec les Heptantia, et par suite avec les Crabes, des relations de parenté plus étroites qu'on ne pouvait le soupçonner, ce que confirme d'autre part la présence de « sétobranchies » chez les Eucyphotes et quelques rares Reptantia (Ecrevisse, quelques Thalassinidés). Ouvrages offerts. Ghevretjx i Ed.) . — Diagnoses d'Amphipodes nouveaux provenant des campagnes de la Princesse Alice dans l'Atlantique nord. [Bull. Insu. ooéanogr. Monaco, n° 117, 13 p.). Chevreix Ed.). Sur les commensaux de Bernard-l'IIermite. [Bull. Muséum, 1908, n° 1, 3 p.). Fauré-Fremiet (E). Le Tinlinnidium inquilinum. (Arch.f. Protisten- kunde, XI, 26 p. 1 pi.). Froument (P.). Les méthodes de la raison. (Paris, Vigol, 1908, lo6 p.). Janet (Charles). Anatomie du corselet et histolyse des muscles vibrateurs, après le vol nuptial, chez la reine de la Fourmi [Lasius niger). (Limoges, Ducourtieux et Goux, 1907, 1 vol. 119 p. et 1 atlas, 13 pi. Janet (Charles . Histolyse des muscles de mise en place des ailes, après le vol nuplial, chez les reines de Fourmis (C. R. Acad. Se. Paris, 9 déc. 1907'. Séance du Vô juin 1908. PRÉSIDENCE DE M. TROUESSART, ANCIEN PRESIDENT. La Société est invitée à la célébration du centenaire de la « Physikalisch-medizinische Sozietàt zu Erlagen », qui aura lieu à l'Université d'Erlangen, le 27 juin 1908. Le comité constitué par le syndicat de la Presse du dépar- tement de Constantine pour élever un monument à la mémoire de M. de Calassanti-Motylinski, officier interprète principal, mort à la suite d'un voyage au pays des Touareg, adresse une liste de souscription. M. le Dr. Gulia, présenté à la précédente séance, est nommé membre de la Société. M. Petit signale un concours de Pigeons voyageurs et de Martinets qui a eu lieu le 21 juin 1908 entre Rouen et Màcon ; les animaux ont été lâchés à Rouen à 7 heures du matin ; les Martinets sont arrivés à Màcon à 11 heures du matin, les Pigeons à 3 heures après midi. M. Trouessart. — De pareils essais ont déjà été tentés et ou a reconnu que le Martinet était le plus rapide des Oiseaux. M. Benoit-Bazille présente la photographie d'un Gamase mâle, pris sur un llyménoptère. M. Troukssart. — Cette capture est intéressante, car ce sont d'habitude les nymphes qui se font ainsi transporter et il est très exceptionnel d'observer un adulte dans ces conditions. M. Trouessart annonce qu'il a reçu récemment de la Nou- velle-Calédonie une Chauve-Souris qui n'y avait pas encore été signalée. C'est une petite Roussette Notopteris Macdonaldi, déjà connue notamment aux Nouvelles- Hébrides, mais de très petite taille et constituant une sous-espèce nouvelle. Cette découverte présente de l'intérêt en raison de l'extrême pau- vreté de la faune mammalogique de cette île. Elle ne consiste guère qu'en un Rat européen, un Rat maoris, probablement importé par les Polynésiens, et deux Roussettes, l'une à long poil, propre à la Nouvelle-Calédonie, Pteropus vetulus, et une à poil lisse, très répandue eu Polynésie, Pteropus Keraudreni. 1 22 séanck nu 25 ji m l'.MI.S SUR L'ÉTABLISSEMENT JUDICIEUX D'UN NID DE ROUGE-GORGE PAR XAVIER RASPAIL On sait qu'en général, chaque espèce d'Oiseaux établit sou nid dans des conditions qui sont toujours les mêmes, tant sous le rapport de la l'orme que de la position adoptée par elle pour l'édifier. Mais cette règle n'est pas immuable, elle pré- sente, bien qu'assez rarement, des exceptions et, pour ma part, j'ai déjà cité plusieurs établissements anormaux de nids sans qu'il m'ait été possible de déterminer la raison qui avait amené un couple d'Oiseaux à s'écarter des mœurs ancestrales de son espèce. Aujourd'hui, il s'agit d'un nid de Rouge-gorge (Huôecula fami- liaris) placé dans des conditions telles que je suis porté à y voir un acte raisonné en vue de le l'aire échapper à la destruction qui avait atteint la première couvée et qui pouvait être attribuée à un Chat. Le Rouge-gorge place son nid à terre, dans le pied d'un buisson, sous une souche d'arbre, mais toujours en le dissi- mulant sous les herbes et les feuilles qui forment ou qu'il dis- pose comme un dôme au-dessus, ce qui ne permet pas de le découvrir facilement. C'est toujours ainsi que j'ai trouvé le nid de cette espèce dans toutes les contrées que j'ai habitées et jamais dans aucune cavité pouvant être prise pour un trou, ainsi que quelques auteurs l'ont avancé. Cet aimable Oiseau niche rarement près des habitations, à moins qu'elles ne soient attenantes à de grands espaces boisés. Dès que la période de ses amours est arrivée, il s'accouple et s'en va faire ses couvées dans l'intérieur des bois. Entre temps, il vit solitaire, ne tolérant dans le cantonnement qu'il a adopté la présence d'aucun individu de son espèce ; mais par contre, il se plait dans le voisinage de l'homme auprès duquel il se montre si familier qu'il l'approche souvent de quelques mètres, dès qu'il entend le moindre bruit qui éveille sa curiosité ; il suffit de casser une branche, de frapper avec une baguette sur SÉANCE m '2.') JUIN 100 jjg^ *r%oiii3 Fia. 1 Xiil il' 1 Roti£'e-£Oi , ';p . les parents disparaissent après cette destruction et j'avais tout lieu de croire que, cette fois encore, ils avaient gagné l'intérieur des bois pour y trouver un peu pins de sécurité pour leur couvée, lorsque le 20 mai, le jardinier vint m'annoncer qu'en voulant enlever une boîte a conserves qui avait été jetée dans un haut taillis avoisinant une volière, il avait été surpris de voir s'en échapper un Oiseau ; l'intérieur était occupé par un nid contenant des œufs de Rouge-gorge ; il avait replacé cette boite dans la même position où il l'avait trouvée, totalement à décou- vert sur les feuilles mortes couvrant le sol, sans une seule herbe autour, ainsi qu'on peut en juger sur la photogravure ci-jointe. 124 SÉANCE DU 2"» JUIN 1008 Dans ces conditions toutes exceptionnelles, l'incubation se poursuivit sans encombre et l'éducation des jeunes parvint à terme. Pendant plusieurs jours, je les vis courant à terre comme des Souris, car, ainsi que les jeunes du Rossignol et du Bouvreuil , ils quittent le nid avant d'être en état de voler ou de se tenir sur les branches basses du buisson qui les abrite. Cette boîte à conserves, cylindrique, longue de m /125 et d'un diamètre de m ,10, était placée à 2 m 50 d'un chemin bordé d'un rideau de Noisetiers élevés et très fréquenté la nuit par les Chats se rendant à la maraude. Or, cette allée, sou- vent ratissée, montrait par les empreintes régulières de leurs pas, que ces Chats suivaient leur route sans marquer le moindre temps d'arrêt en face de cette boite, que les pieds écartés des Noisetiers ne pouvaient masquer à leur vue habi- tuée à découvrir, au plus épais des fourrés, les nids les mieux dissimulés. Leur flair avait été complètement mis en défaut par l'objet peu ordinaire que ce couple de Rouge-gorge avait choisi pour abriter sa seconde couvée. De là à y voir une intention raisonnée, il n'y a qu'un pas pour ceux qui, comme moi, admettent que l'intelligence n'est pas l'apanage de l'Homme, et que de temps A autre elle se manifeste, souvent à un haut degré de développement, chez certains individus appartenant à des espèces d'animaux aux- quels il est admis de n'accorder que de l'instinct. C'est dans cet ordre d'idées, que cette observation m'a paru intéressante à relever. DESCRIPTION DE DEUX POISSONS NOUVEAUX DE L'AMÉRIQUE DU SUD, DE LA FAMILLE DES LORICARIIDÉS PAR Le Dr JACQUES PELLEGRIN M. F. Geay a fait lors de ses nombreux voyages dans l'Amé- rique du Sud, au Venezuela et surtout en Guyane française, d'importantes récoltes ichtyologiques qui ont considérablement enrichi les collections du Muséum d'histoire naturelle de Paris. Plusieurs espèces d'eau douce nouvelles pour la science, dues à SÉANCE tu 25 juin 1 908 125 cet infatigable voyageur, ont été déjà décrites soit par M. le professeur VaHiaint (1), soit par moi-même (2), ce sont un Siln ridé : Arius physacanthus Vaillant, nu Cyprinodontidé : Rivu- lus Geayi Vaillant, trois Gichlidés : Acara Geayi Pellegrin, Geophagus camopiensis Pellegrin, et Crenicichla Genyi Pelle- grin. Cette dernière forme seule provient dn Venezuela, toutes les autres ont été recueillies en Guyane française ou dans l'an- cien contesté franco-brésilien. On trouvera dans cette note la description de deux nouvelles espèces d'eau douce, de la famille des Loricariidés, l'une provenant du Venezuela, le Loricaria Eigenmanni, l'antre de la Guyane, VOxyloricaria Fowieri-, Loricaria Eigenmanni nov. sp. La longueur de la tète est comprise 4 fois et 4/5 dans la longueur du corps, sans la caudale; elle fait une fois et demie environ sa propre largeur. Le diamètre de l'œil est contenu 6 fois dans la longueur de la tête, l'espace interorbitaire 3 fois 1/2 A 3 fois 3/4, le museau 2 fois environ. Ce dernier est pointu, triangulaire; le suroccipital possède une paire de ca- rènes peu distinctes; la surface de la tète est uniformément convexe, sans carènes. Il existe une large encoche en arrière de l'œil. Les lèvres sont papilleuses, A bords frangés, et de chaque côté se trouve un petit barbillon dont la partie libre dépasse légèrement la longueur du diamètre de l'œil. Les dents sont bien développées, fourchues, au nombre de 8 de chaque côté, à chaque mâchoire. Les boucliers en avant de la dorsale sont peu nettement carénés. On compte 27-28 bou- cliers latéraux, 1 o -f- 12 -13; les carènes latérales sont unies en arrière. La face inférieure de la tête est nue presque com- plètement. On compte généralement 3 séries de boucliers abdo- minaux entre les séries latérales. En avant, les boucliers abdominaux sont beaucoup plus nombreux et s'étendent pres- que jusqu'au niveau des commissures antérieures des fentes branchiales. Il existe un large bouclier anal bordé antérieure- ment par 3 boucliers, précédés A leur tour de 5. La largeur du corps au niveau du premier rayon anal égale 5 fois la dis- tance de ce point A l'origine de la caudale. Le premier rayon de la dorsale fait 1 fois 12 ou presque la longueur de la tête. (1) Léon Vaillant. (Nouv. Arch. Mus , (4), II, 1900, p. 123.) (2) D r J. Pillegrin. (Bull. Mus. hist. nat 1902, p. 417 et 1903, p. 123.1 126 séance nu 25 juin 1908 L'épine de la pectorale s'étend jusqu'au tiers antérieur de la ventrale. Le rayon antérieur de la dorsale et de l'anale, le rayon externe des pectorales et des ventrales dépasse légère- ment les premiers rayons bran chus. Les rayons supérieur et inférieur de la caudale sont prolongés, filamenteux, le supé- rieur faisant près du double de l'inférieur. La coloration générale est brun olivâtre, jaunâtre en-des- sous, avec des traces de "> ou 6 barres foncées transversales. Chaque nageoire est marquée d'une ligne de points bruns vers l'extrémité. La base de la caudale est brune. D. I 7; A. I 5; P. I 6; V. 1 5; L. lat. 27-28. N- 99-118-119. Coll. Mus. — Sarare (Venezuela) : M. F. Geay. Longueur : 102+10= 1 12 millimètres (1) et 95+ 10 — 105 millimètres. Cette espèce se rapproche surtout de Loricaria teffeana Steindachner (2) de l'Amazone. Elle s'en distingue par son corps plus court, sa dorsale plus allongée, ses barbillons plus longs, sa caudale a rayon supérieur et inférieur prolongés. Je me fais un plaisir de dédier ce Poisson au savant ichtyo- logiste de l'université d'Indiana. M. C. II. Eigenmann, auquel on doit la connaissance de tant de formes intéressantes de Pois- sons américains. Oxyloricaria Fowleri nov. sp. La longueur de la tète est comprise 4 fois 1/2 dans la lon- gueur sans la caudale. La tête est à peine plus longue que large el 2 fois 1/2 environ moins haute que longue. Le diamè- tre de l'oeil est compris 5 fois 1/2 dans la longueur de la tète, l'espace in terorbi taire près de ii fois, la longueur du museau 1 fois3/4, ce dernier est légèrement arrondi ; il n'y a pas d'encoche orbitaire. Les lèvres sont papilleuses, finement frangées. Il n'existe pas, A propremeutparler, de barbillons distincts. Les dents sont nombreuses, sétiformes. On compte 28 boucliers latéraux, 19-j-9. Les boucliers latéraux sont obtus, les autres boucliers n'ont pas de carènes. La partie inférieure de la tète est nue, sauf un (1). Le premier chiffre indique la longueur du corps, le second celle de la na- geoire caudale jusqu'à l'extrémité du rayon médian. (2). D' F. Stkindachner. {Denks.Ak. Wiss. Hïen, XLI, 1879, p. 44, pi. vi, fig. 2.) SÉANCE DU 2a JUIN 1008 127 bouclier triangulaire en avant de chaque ouverture branchiale. L'abdomen est couvert de très nombreux petits boucliers gra- nuleux formant 20-22 rangées environ entre les boucliers latéraux, les postérieurs à peine plus développés. Il existe une paire de boucliers anaux. La largeur du corps au niveau du premier rayon de l'anale égale 3 fois 1/2 la longueur de ce point à l'origine de la caudale. Le premier rayon de la nageoire dor- sale dépasse à peine la longueur de la tète. Le premier rayon de l'anale égale le quatrième de la dorsale. L'épine delà pec- torale n'atteint pas le milieu de la ventrale. Cette dernière na- geoire commence à peu près au niveau de l'origine de la dorsale. La caudale est fortement émargiuée, le rayon supérieur très légèrement prolongé. La coloration générale est brun olivâtre au-dessus, jaunâtre au-dessous. Il existe une tache noire peu nette à la base des rayons de la caudale. Les nageoires ne sont pas ponctuées. D. I 7; A. 1 5; P. 1 6 ; V. I 5 ; L. lat. 28 N° 01-372. Coll. Mus.— Rivière Caniopi Guyane française) : F. Geay. Longueur : 142 -j- 17 = 1 5'. ► millimètres. Cette intéressante espèce qui porte à la Guyane ainsi que plusieurs autres Loricariidés le nom de Goret est surtout voi- sine de V Oxyloricaria platystoma Gunther (1) de Surinam. Elle en diffère par son abdomen couvert de boucliers beaucoup plus petits, par sa dorsale moins élevée, son corps plus large et plus court, l'absence de barbillons et la coloration. Je la dédie bien volontiers au distingué ichtyologiste améri- cain M. Henry W. Fowler. (1) D' A. Guntheh [Proc.Zool. Soc. 1868, p 236, fig. I et 5. Bull, de la Soc. Zool. de F,-., 1908. xxxm — 11 128 SÉANCE 01 25 JUIN 1908 SUR L INTERPRETATION DE L'APPAREIL ROTATEUR DANS LES FAMILLES DES MICROCODONIDÉS ET DES CONOCHILIDÉS PAR P. de BEAUCHAMP Préparateur à la Faculté des sciences de Paris. Dans l'essai de synthèse et d'explication des diverses formes de l'appareil rotateur chez les Rotifères que j'ai publié l'année dernière (de Beauchamp,, 1907), j'avais dû, faute de matériel, laisser de côté quelques familles tout en annonçant qu'elles paraissaient rentrer sans difficulté dans ma conception générale. Il n'est pas inutile de revenir à présent sur deux d'entre elles qui ont donné lieu à des interprétations erronées de la part des auteurs antérieurs. L'appareil rotateur de Microcodon a été figuré par Grenacher (1869), Hudson et Gosse (1886), Weber (1888 et 1898) dont les descriptions sont suffisamment exactes pour qu'il n'y ait pas à y revenir. Il forme un disque évasé, légèrement hilobé, qui tronque obliquement le corps, bordé d'une couronne de cils lins en dedans de laquelle, on observe deux arcs latéraux formés de cils beaucoups plus forts, véritables membranelles, qui simulent un second cercle concentrique au premier. On a, bien entendu, qualifié celui-ci de cingulum et celui-là de trochus. Mais le fait que la bouche est exactement au centre de l'en- semble suffit à indiquer que le prétendu trochus n'est en rien comparable à la couronne supraorale que nous avons décrite chez Pedalion et qui entoure l'espace apical. Nous avons déjà indiqué chez l'Hydatine et le Brachion, par exemple, l'existence d'un « pseudotrochus » qui résulte d'une différenciation secon- daire de la plaque buccale et qui se perd sur les côtés de la bouche sans se fermer exactement au-dessous d'elle. On voit que pour passer de là au type de Microcodon, il snfîit d'une régularisation qui fait remonter la bouche au centre de cette ceinture (ou plutôt de ces arcs ciliaires, car elle n'est jamais continue), et de la disparition à peu près complète de la cilia- tion homogène primitive de la plaque buccale. séance du 25 juin 1908 129 Cette idée est confirmée par l'observation du genre Microco- dides Berge ndal qui, très voisin de Microcodon, est moins aber- rant que lui (voir R.OUSSELET 1895) : la disposition générale y est la même, mais la bouche encore située sur la partie ven- trale du disque. Notons d'ailleurs que cette disposition est assez voisine de celle du genre Gyrtonia auquel Microcodides se rat- tache par sa forme et son aspect général, et qui nous a montré l'ébauche de la différenciation du pseudotrochus. L'intérêt principal de la disposition concentrique de Microcodon est qu'elle a été considérée fort à tort comme primitive par Bournk (1886) qui en fait dériver, d'une façon entièrement hypothétique, la disposition à cercles supraoral et infraoral et part de là pour rapprocher le Rotifère du Pilidium des Némertes dont le cercle ciliaire entoure la bouche. Pour les Conochilidés, l'interprétation est plus difficile. Jus- qu'à ces dernières années, le genre Çonochihts Ehrenberg était placé dans la famille des Mélicertidés ; Hlata le premier (1904), créa à ses dépens un second genre Conochiloides et forma, avec les deux, une sous-famille spéciale, qui était plus que justifiée et que je propose d'élever au rang de famille : avec un aspect général très analogue, la différence de l'appareil rotateur est en effet profonde : comme tous les auteurs l'ont dit, la dispo- sition est précisément inverse. Il existe dans les deux cas uue bande ciliée bordée de deux cercles de cils différenciés et entou- rant un espace nu ; chez les Mélicertidés, elle porte ventrale- ment la bouche au milieu d'un élargissement; du côté dorsal elle est souvent, mais non toujours, interrompue par une lacune. Chez Conochilus elle a une lacune ventrale qui lui donne la forme d'un fer à cheval et la bouche se trouve, dans un élar- gissement aussi, sur la ligne médiane dorsale. Le premier type est, comme nous l'avons montré, très voisin de celui auquel on peut rapporter toutes les variations de l'organe rotateur : une plaque buccale et une bande circumapicale entourant l'aire syncipitale. On comprend immédiatement d'après ces données que l'espace enclos par la bande ciliée chez Conochilus, ventral par rapport à la bouche, n'est pas cet espace apical, et que par conséquent la bande ciliée n'est nullement homologue de celle des Mélicertiens. Le véritable espace apical se trouve donc rejeté en arrière, sur la face apparemment dorsale de l'animal, où rien ne le distingue du reste de la cuticule : la ceinture qui l'entourait a complètement disparu, comme nous en avons cité ailleurs des exemples, et nous devons envisager 130 séance m 2o juin \ ( M)H le fer a cheval ciliaire de Conochiius comme formé unique- ment par la plaque buccale. Ces homologies sont mises eu évidence par les schémas ci-contre (fig. 1), A est notre type morphologique de l'appareil rotateur ; D représente un Mélicertien à couronne non lobée, OEcisles, par exemple, où le champ apical, (a), avec sa ceinture, s'est étalé et rejeté dorsalement : sur l'animal vivant il est dans un plan sensiblement frontal et la bouche, (6), avec sa lèvre inférieure formée par la plaque buccale, est horizontale et diri- c -t Fig. 1. — Schémas de l'appareil rotateur : A, type général; B, Conochiloides ; C, Conochiius; D, Œcisl.es ; a, espace apical ; c, ceinture circum- apicale ; /), plaque buccale; b, bouche ; t, tenta- cules lombaires. gée vers Je haut. La bande circumapicale, (c), interrompue par une lacune dorsale, est bordée d'un trochus ou cercle supraoral à cils très longs et d'un cingulum infraoral à cils beaucoup plus courts. H est le schéma du genre Conochiloides (voir Hlava 1905), où l'on voit la bouche encore franchement ventrale ; la plaque buccale s 1 est découpée en trois languettes dont la mé- diane^ qui est un peu surélevée, la porte. L'espace apical a été délimité, d'ailleurs arbitrairement, sur la figure, par une ligne interrompue qui représente la bande disparue. On remarque, juste en dessous de la couronne, les deux tentacules, [t), placés latéralement vers le milieu ou le quart inférieur du corps chez la plupart des Rotiteres et qu'on peut pour cela qualifier en SÉANCE Dl "2-") JUIN 1908 131 général de lombaires ; chez tous les Mélicertiens, par un effet naturel de la vie tubieole, ils remontent jusqu'au niveau du tentacule mical et se placent ventralement, vu la position dorsale de la couronne. Enfin en C, qui représente le genre Conochihis Ehrenberg", la bouche est devenue tout à fait dor- sale, la languette médiane s'étant raccourcie et devant elle le champ ventral est relevé en deux bosses ; les tentacules, con- tinuant leur ascension, sont venus s'y loger. Toute laconcavité de la bande appartient donc en réalité à la face ventrale du corps. Cette bande est, dans les deux genres, bordée en dehors d'une couronne de cils beaucoup plus longs et qui, pour cette raison, a été toujours jusqu'ici qualifiée de trochus, bien qu'elle ne soit à aucun degré « préorale », quelque orientation qu'on donne à l'animal. Sa présence s'explique naturellement parles considérations mécaniques que j'ai développées ailleurs et son rôle est le même que celui du trochus véritable: en battant l'eau dans le sens vertical elle produit la propulsion (tous les Conochilidés sont libres et pélagiques), et l'adduction des parti- cules alimentaires à portée des cils courts de la plaque qui les amènent à la bouche. C'est un nouveau type de pseudotrochus qui diffère profondément de ceux d' Hydatina ou de Mierocodon parce qu'il entoure complètement la bouche et le reste de la ciliation. Si cette interprétation de la couronne des Conochilidés s'im- pose, pour peu qu'on fasse attention aux connexions, il n'est point aisé d'établir de quelle façon elle a pu se constituer. Nous manquons totalement ici des intermédiaires qui relient, par exemple, l'appareil rotateur des Brachions à notre type géné- ral, par l'intermédiaire de ceux d' 'Hydatina, EucJilani^ Cyr- tonia. L'embryologie, dans ce groupe des Rhizotes où elle n'est pas tout entière intraorale, pourrait être d'un précieux secours, et je regrette vivement de n'avoir pu vérifier si le jeune, à l'éclosion, ne possédait pas une véritable ceinture eir- cumapicale, qu'il perdrait ensuite pour acquérir la disposition de l'adulte. J'ai montré que c'est ce qui se passe chez les Flos- culariens,, où l'appareil rotateur est également réduit, à l'état adulte, à la seule plaque buccale approfondie en entonnoir plus ou moins lobé et placée dans l'axe du corps, rejetant dor- salement l'espace apieal que rien ne vient plus circonscrire. Mais il se pourrait aussi que, chez les Conochilidés, l'embryo- logie fût plus condensée, et la disposition définitive réalisée 132 séance du *25 juus J908 d'emblée. L'idée de Hlâva (1905), que les Conochilidés nous acheminent à l'appareil rotateur des Flosculariens, est donc justifiée jusqu'à un certain point, avec cette restriction que l'un ne dérive certainement pas de l'autre, le reste de l'organisme, surtout l'appareil digestif et le mastax, étant très différencié dans des sens divergents. Mais ses tentatives, et celles des auteurs précédents, pour déterminer ce qui, dans la ciliation des Flosculaires, correspond au trochus et au cingulum, sont, comme je l'ai déjà dit, parfaitement vaines et sans fondement, aucune homologie n'étant possible. Quelles sont les conséquences taxonomiques de ces remar- ques ? A ne considérer que l'appareil rotateur, les Conochi- lidés, réunis jusqu'ici aux Mélicertidés, en seraient, malgré la similitude apparente, beaucoup plus éloignés que n'en sont Pterodina ou Pedalion. Mais on ne saurait baser les coupures systématiques sur un seul caractère, et le reste de l'organisa- tion est trop semblable pour permettre une séparation com- plète. Il est très difficile de dire jusqu'à quel point des carac- tères aussi adaptatifs que ceux de l'appareil rotateur doivent être mis en première ligne ; il se peut que les deux familles dérivent d'ancêtres rapprochés, ayant un appareil rotateur voisin de notre schéma général , dont procède aisément l'un et l'autre type ; il se peut aussi qu'elles soient d'origine très différente, et que la similitude de l'organisation, du mastax notamment , du pied et du fourreau gélatineux, soit due à la convergence entraînée par des conditions de vie semblable. Nous avons déjà donné de remarquables exemples de corrélation du mastax avec l'appareil rotateur. La phylogénie réelle étant à jamais impossible à retrouver, il faut se contenter de rapprocher les familles d'après la somme de leurs similitudes exactes, et l'on peut réunir les Conochilidés aux Mélicertidés, dans un sous-ordre des Mélicertiens opposé aux Flosculariens, subdivision très naturelle des Rhizotes. Remarquons, en terminant, combien les causalités mécani- ques dont nous avons cherché à mettre en évidence l'action morphogène sont nécessaires et précises, puisqu'elles ont abouti à la constitution d'un appareil rotateur formé de deux cercles de cils, dont l'un plus fort, plus ou moins concentri- ques, par des voies tout à fait différentes et aux dépens de par- ties diverses, dans trois types au moins : type à trochus véri- table de Pedalion, des Mélicertiens, etc.; type à pseudotrochus dCHydatina et Brachiunus, auquel on peut, à la rigueur, ratta- séance m 25 juin I90S 133 cher Microcodon; type enfin des Gonochilidés . Dans tons ces cas, il s'agit de tonnes à mastax inalléé ou malléo-ramé, se nourrissant de petites particules en suspension, que le cercle ciliaire le plus fort (qui produit aussi la propulsion dans les formes libres) fait tourbillonner et amène au second cercle, accompagné ou non d'une bande de cils fins, qui L'achemine vers la bouche. OUVRAGES GITES 1907. Bea.ugh.vmp (P. Marais de). — Morphologie et. variations de l'appareil rotateur dans la série des Rotifères. [Arch. de Zool. expérim. 4), VI, p. 1-29). 1886. Bourne (A. G.). — On the modification of the trochal dise of the Rôti fera. iRep. British Ass. for Adv . of Science for 1885, p. 1095-96 . 1869. Grknacher H.). — Einige Beobachtungen ïiber Râderthiere. Zeilschr. /'. wiss. Zool , XIX, p. 483-98, pi. xxxvn . 1904. Hl.ava (St.). — Virnici cesti, Monographie celedi Melicertidae. Arch. f. Landesdurchforsch . Bôhmen, XIII, p. 1-79). 1905. Hlava (St. . — Beitrâge zur Kenntniss der Bâdertiere : Ueber die Anatomie von Conoohiloides nalans iSeligo). (Zeitschr. /'. wiss. Zool. LXXX, p. 282-326, p 1 . xvii-xvm). 1886. Hudson (G. T.) et Gosse (P. H). — The Roulera, or Wheel-ani- malcules, both british and foreign. (London, 2 vol. in-4°). 1895. Rousselet (Gh. F.). — On Diplois ùrigona n. sp. and other Roli- fers. [Journ. Quekett Microsc. Club 2 , VI, p. 119-26, pi. vi-vn). 1888. Weber E. F.'. — Note sur quelques Rotateurs des environs de Genève [Arch. de Biol., VIII, p. 647-722, pi. xxvi-xxxvi). 1898. Weber E. F.). — Faune rotatorienne du Léman. [Rev. Suisse de Zool., V, p. 263-785, pi. x-xxv . 134 SÉANCE DU 25 .11 IN 1908 NOTE PRÉLIMINAIRE SUR TROIS FORMES NOUVELLES DU GENRE BLASTODINIUM CHATTON. PAR EDOUARD CHATTON Préparateur à l'Institut Pasteur de Paris. J'ai fait connaître, il y a deux ans (I), des parasites nouveaux des Copépodes pélagiques et des Appendiculaires, appartenant A la classe des Dinoflagellés qui ne renfermait alors, à l'excep- tion du Gymnodinium pulvisculus Pouchet, commensal externe des Oïkopleura, que des organismes essentiellement libres. La morphologie et l'évolution de ces parasites sont si différentes de celles des formes libres que j'ai créé pour eux l'ordre nou- veau des Blastodiuiens, qui comprend actuellement les deux genres Blastodinium et Apodinium auxquels il faut certaine- ment adjoindre le genre Haplozoon Dogiel, que cet auteur con- sidère comme un type nouveau de Mésozoaires. Les Blastodinium sont des parasites de l'intestin des Copé- podes pélagiques. Dans une première note préliminaire, j'ai étudié la structure et la reproduction du Blastodinium Pruvoti. On y trouvera la définition des termes employés dans les dia- gnoses qui vont suivre. Les caractères sur lesquels ces diagnoses sont établies sont tirés : 1° de la morphologie du macrocyte qui à l'état de repos est l'équivalent de la forme végétative des Péridiniens libres ; 2° du nombre des générations de microcytes qui entourent le macrocyte ; 3" de l'existence ou de l'absence d'une multiplication du parasite consécutive à son entrée dans l'hote. Dans le premier cas, l'hôte contient plusieurs parasites évoluant simultanément (1) 1906. Chatton (E.). — Les Blastodinides, ordre nouveau de Dinoflagellés para- sites (C. r. Ac. Se. Paris. CXLI1I, p. 981-983). 1907. Nouvel aperçu sur les Blastodinides {Apodinium mycetoides n. g., n. sp.). (C. r. Ac. Se. Paris'. CXLIV, p. 282-285). SÉANCE Dl "2.") .11 IN \{)i)S 135 --rn.n (formes grégaires); clans le second cas, il n'en héberge jamais qu'un seul (formes solitaires]. La morphologie des spores me parait trop peu caractéristi- que et sujette à trop de variations pour être utilisée dans ces diagnoses. Ou sait d'ailleurs que les auteurs n'ont pu séparer spécifiquement un certain nombre de Péridiniens nus de petite taille. Il v aurait lieu de discuter la valeur et la subordination de ces caractères et surtout d'en montrer les relations avec le cycle évolutif des espèces. Ces j\j\ considérations trouveront place dans le travail où j'exposerai l'ensemble de / mes recherches sur les Dinoflagellés. Je résumerai d'abord les caractères de Blastodinium Pruvoti Chatton (fîg. 1), espèce type du genre. — Ma- crocyte fusiforme, arrondi à l'extré- mité qui est antérieure par rapport à l'hôte, aigu à l'extrémité postérieure, légèrement incurve. Cuticule ornée dune série linéaire de spinules dessi- nant deux tours d'hélice autour du corps cellulaire. Ces spinules sont ca- duques et disparaissent souvent dans les parasites dont l'évolution est avan- cée. Au maximum deux générations de microcytes. Comme dans les espè- ces suivantes la masse totale du para- site(macrocyte -j- microcytes) est sem- blable comme forme au macrocyte. Coloration quelquefois nulle, ordinai- rement jaune verdâtre ou jaune beige. Formes grégaires, au nombre de deux à vingt-trois individus, mais le plus souvent groupées par trois ou cinq. Dimensions, fonction de celles de l'hôte, variant entre 300 et 400 f* de long, sur 70 à 100 pied divisé A / / / i y 2 .T 1 £ .5 6 S .« B LL^ 2 | 1 1 1 c / 1 // .7 1 D i // i m it \ I 2 1 /r i /// i iv .5 1 \ ,/■' 1 1 1 V 6 \ 1 m | , , . 7 1 l.\ • i />' i n 1 1 17/ 1 K 8 1 \ H i — , 1 rU r ' i m * \ / 1— r 1 5 K7 1 1 1 u T \ k\ (S P7/ 1 1 ' \ j 1 i i 7 vrn ! ' \ Z L_ s^ M /_ a i LA A' / g > \ \ 6@£ Fig. 1. — Schéma de la progression par ondes inverses. en un certain nombre de tranches égales, dix par exemple, et admettons que l'onde dilatée corresponde à quatre tranches. Partons d'un état où toutes les tranches sont contractées et fixées au sol (stade A, fig. 1), et imaginons que l'animal se met en mou- vement. La tranche / se dilate la première en quittant le sol (stade /?) et repoussant en avant l'extrémité antérieure, tandis 154 SÉANCE DU 27 OCTOBRE 1908 (jiic tout le reste du pied demeure immobile. Eu se dilatant à sou tour, la seconde tranche repousse en avant la première et l'ex- trémité du pied (C); la tranche 3 (D), puis la tranche 4 (E), l'ont de même ensuite. Jusqu'ici, l'extrémité antérieure du pied n'a pas cessé d'avancer, sans prendre appui sur le sol : l'animal n'est alors plus fixé au substratum que par les divisions postérieures de la sole pédieuse. Mais, si l'onde dilatée ne doit corres- pondre qu'à quatre divisions, les choses changent à ce moment. Au stade F, la tranche / se fixe au sol en se contractant, tandis que la tranche 5 se dilate; l'onde dilatée se trouve repoussée en arrière d'une division. La même chose se répète ensuite par la contraction de II et la dilatation de 6 (G), etc. En X,la tranche /0, se dilate à son tour et l'extrémité postérieure du pied quitte le sol; à partir de ce moment, cette extrémité avance, tandis que l'autre reste immobile jusqu'au dernier stade figuré, qui se ramène au premier. Comme on le voit, l'animal étend d'abord progressivement l'extrémité antérieure de son pied, puis la fixe et haie ensuite vers ce point de fixation tout le reste de la sole. Ce mouvement est très analogue à celui d'un Ver de terre par exemple, qui, allongeant au maximum ses anneaux antérieurs, contracte les premiers, ce qui les dilate transversalement et leur permet de se fixer, puis attire progressivement vers ce point les anneaux suivants. On peut encore comparer jusqu'à un certain point ce mouvement à celui d'une Chenille arpenteuse qui, allongeant son corps et en fixant l'extrémité antérieure, en rapproche ensuite l'extrémité postérieure. Il est très différent au contraire du procédé employé par les Troques et que l'on peut comparer à celui des Chenilles non arpenteuses et de certaines Holothuries. Naturellement ces deux modes de progression sont susceptibles d'un grand nombre de variétés. J'ai supposé ici que l'onde dilatée correspondait à quatre divisions sur dix; mais elle peut être plus courte, ou au contraire plus longue, et comprendre sept à huit divisions par exemple. Alors la partie adhérente de la sole diminue à proportion, de sorte que l'animal est moins fortement fixé au substratum. Aussi de pareilles ondes dilatées très longues doivent- elles exister surtout chez les êtres à double système d'ondes : c'est précisément le cas de la Littorine et de la Phasianelle; chez ces animaux il y a, comme chez le Troque, mais avec procédé inverse, deux systèmes d'ondes alternant dans les deux moitiés droite et gauche de la sole pédieuse. Inversement, j'ai supposé dans mon schéma du Troque que les ondes contractées corres- SÉANf.K DU 27 OCTOBRK 10()son (1) XIII, \>. 43, note. Bull, de la Soc. Zool. de Fr., 1908. xxxm — 13 160 SÉANCE DU 10 NOVEMBRK 1908 passage. Donc jamais il ne porte à la bouche, jamais il ne cueille les feuilles avec ses griffes. D'après M. Geay, un de ces arbres n'aurait pas assez de feuilles pour nourrir un Paresseux pendant plus de deux jours, d'autant plus qu'il reste toujours à l'extrémité des fins rameaux des feuilles que l'animal ne peut atteindre. Il est donc tout à fait impossible qu'il naisse, qu'il vive et qu'il meure sur le même arbre, comme divers auteurs l'ont prétendu (1). Par conséquent l'opinion de Dampier, qui écrivait vers 1691, et de Woodes Rogers est exagérée, quand ils racontent que ces animaux n'abandonnent jamais un arbre qu'ils ne l'aient tout mis en pièces et qu'ils ne l'aient aussi dépouillé qu'il pourrait l'être au cœur de l'hiver.Cette opinion a été aussi admise par Buffon(2) et dans le règne animal de Cuvier (3). Quant à Brehm, il paraît se rapprocher plus de la vérité : « Ils ne quittent pas un arbre aussi longtemps qu'ils y trouvent de la nourriture et ils n'entre- prennent un déplacement que lorsque la nourriture devient rare (4). » Pour des animaux aussi exclusifs dans leur nourriture, on com- prend que les voyages soient difficiles et que le séjour dans les ménageries soit plus dangereux que pour beaucoup d'autres. En ménagerie, les animaux sont forcés de se plier à des exi- gences, à des habitudes auxquelles ils ne se soumettraient jamais en liberté. La résistivité individuelle est très variable suivant les individus quand les conditions normales de nourriture ne sont pas réalisées et il intervient une accoutumance plus ou moins complète aux nouvelles conditions. Ces faits expliquent les insuc- cès de l'élevage et pourquoi on trouve en Europe un nombre relativement restreint de Paresseux. En ménagerie, on leur donne du céleri, qu'ils mangent avec plaisir, des fruits, des bananes, des carottes. Buffon parle d'un Aï qu'on nourrissait depuis trois ans dans la ménagerie du mar- quis de Montmirail, de pain, de pommes, de racines et de lait. Dans leur pays, pour nourrir ses captifs, M. Geay coupait une grosse branche de Cecropia, la fichait en terre devant l'animal et celui-ci se mettait bientôt à grimper dessus pour aller en (1) Schinz, Naturg. Sàugeth., 1831, p. 221; Anthony. Arch. zool. expérim., fév. 1907, p. 61. (2) 1765. XIII, p. 43. (3) 2 e édit. oct. 1828, p. 262. (4) P. 648. SÉANCE DU 10 NOVEMBRE 1908 161 manger les feuilles; puis, lorsqu'il était rassasié, il redescendait à reculons. En captivité, au début, ils ne mangent pas seuls, il faut leur mettre les aliments dans la bouche; ils arrivent ensuite à saisir eux-mêmes avec leurs griiïes et à porter à la bouche. M. Geay pense que par une méthode rationnelle on pourrait assez facilement réussir à les amener en bonne santé en Europe. 11 a eu l'idée d'essayer de les nourrir avec des feuilles sèches. Il s'est adressé à leurs feuilles favorites, celles de Cecropia peltata, et il a parfaitement réussi à les faire accepter avec plaisir à ses captifs de la façon suivante. Au début M. Geay leur donnait des feuilles fraîches, encore attachées à la branche, puis il leur a donné le soir des feuilles coupées le matin, donc déjà fanées; ensuite des feuilles de la veille et enfin de^ feuilles séehées rapidement au soleil. Seu- lement, afin de les ramollir, il les mettait à tremper pendant quelques heures dans l'eau avant de les leur distribuer. Les Paresseux mangeaient les feuilles avec plaisir. Cet essai a si bien réussi que M. Geay a pu les nourrir ainsi pendant plus d'un mois à la Guyane et au Contesté, sans que leur état général en souffrît. Il est donc probable qu'en embarquant avec eux, dans cer- taines conditions pour éviter les moisissures, des feuilles sèches de Cecropia peltata, on pourrait les faire voyager plus facilement et surtout les amener en bonne santé en Europe, où ils arrivent parfois dans un état de débilité telle qu'ils peuvent à peine se soutenir. 1C2 SÉANCE DU 10 NOVEMBHK 1908 A PROPOS DES CARACTÈRES DE VHEMIBRADYPUS {SCAEOP US) TORQ UA TUS ILL. P A U R. ANTHONY Au cours de deux communications à l'Académie des sciences (1) et d'un mémoire plus étendu publié dans les Archives de zoologie expérimentale (2), j'ai étudié en détails les principaux caractères anatomiques de deux exemplaires jeunes de Paresseux à trois doigts, qui avaient attiré mon attention en raison des particu- larités qu'ils présentaient. Au cours de ces publications j'ai même proposé de les consi- dérer comme les représentants d'une genre spécial auquel j'ai donné le nom à' 'Hemibradypus. « A ce genre, disais-je, le 29 jan- vier 1906, doit être identifié, à mon avis, le genre Bradypus établi par Gray (3) d'après les seuls caractères crâniens (4). Le Muséum d'Histoire naturelle de Paris ne possédant pas de squelette de Bradypus torquatus 111., la seule espèce constituant vraisem- blablement ce genre, et aucune figuration n'en existant, à mon su du moins, l'identification absolument certaine ne peut être faite. La question ne sera définitivement tranchée que lorsqu'on con- naîtra le squelette du membre antérieur du Bradypus torquatus 111. (5). » En lisant le numéro du 12 octobre dernier, des Comptes rendus (1) R. Anthony : Les coupures génériques de la famille des Bradypodidse. (C. r. Acad. se. 29 janvier 1906). R. Anthony : Les affinités des Bradypodidse et en particulier de V Hemibradypus Mareyi Anth. avec les Hapalopsidœ du Santacruzien de l'Amérique du Sud. (C. r. Acad. se, 28 janvier 1907). (2) R. Anthony : Etudes et recherches sur les Edentés tardigrades et gravigrades. I. Les coupures génériques de la famille des Bradypodidse. II. Les attitudes et la locomotion des Paresseux. [Arch. de zool. expér., févr. 1907). (3) Gray : Notes on the genus Bradypus Linn. (Proceed. Zool. Society, 1849). (4) De simples raisons de nomenclature exposées tout au long dans mon mémoire des Archives de zoologie expérimentale m'avaient déterminé en effet à remplacer la dénomination de Bradypus ainsi d'ailleurs que celle de Scvopus proposée un peu plus tard par Peters par celle A' Hemibradypus. (5) J'avais donné au jeune animal que j'avais sous les yeux le nom d' 'Hemibradypus Mareyi Anth., en prenant bien soin de faire observer d'ailleurs que cette dénomi- nation spécifique devrait très certainement dans l'avenir être remplacée par celle tf Hemibradypus torquatus 111. [C. r. Acad. se., 12 octobre 1908). SÉANCE DU 10 NOVEMBRE 1908 163 de l'Académie des sciences, j'ai eu le plaisir de constater que le desideratum que j'exprimais dans cette phrase venait d'être rempli par M. A. Menegaux (1). Je dois ajouter cependant que j'ai été surpris de voir qu'au cours de la communication de cet auteur, mon nom n'était pas pro- noncé. Cet oubli m'a paru d'autant plus anormal que le texte de M. A. Menegaux corrobore aussi exactement que possible au point de vue des faits anatomiques essentiels, mes constatations de 1906 et de 1907. Le tableau ci-joint, qui se rapporte à quel- ques-uns des principaux caractères du Bradypus torquatus 111.. le prouve d'ailleurs surabondamment : R. Anthony A. Menegaux Présence du trou sus-épitrochléen. C. r. Acad. se. 12 oct. 1908, C. r. Acad. se. 29 janvier 1906, lignes 28 et 29 et figure. — Voir aussi Arch. de zoologie expérim . , février 1907. ligne 20. Soudure du trapèze chez l'adulte avec le premier rayon digité. Arch. de zoologie expert- Ici, ligne 48. ment., février 1907, fig. 2 et sa légende (p. 49). Réduction considérable du rayon digitél Vdans le sens transversal. • C. r. Acad. se. 29 janvier 1906, ligne 30 et figure. Voir, aussi Arch. de zool. ex- périm., février 1907 (notam- ment, la figure 2, p. 49). Ressemblance de la dentition avec celle des autres Paresseux à trois doigts. ld., lignes 72 et suivantes. Arch. de zool. expérim., février 1907, page 46, ligne. 26. Id., lignes 87 et 88. (1) A. Menegaux. Sur le squelette du membre antérieur du Bradypus torquatus 111. (C. r. Acad. se, 12 octobre 1908). 164 SÉANCli DU 10 NOVEMBRE 1 ( J08 11 est un point cependant sur lequel M. A. Menegaux et moi ne sommes pas tout à fait d'accord, c'est à propos de la consti- tution du carpe. Dans mes notes précitées (voir notamment Arch. de zool. expér., février 1907, fîg. de la page 49), j'avais dit que la deuxième rangée carpienne se composait chez l'animal en question de trois os comme chez le Choloepus ou Paresseux à deux doigts alors que chez les autres Paresseux à trois doigts elle se compose de deux os seulement. Afin de diminuer l'impor- tance de ce caractère, que je considère au contraire comme de premier ordre et que je crois être le premier à avoir étudié et analysé en détails, M. A. Menegaux relate qu'il aurait cons- taté sur un vieux Bradypus torquatus 111. entre autres synostoses la soudure latérale du trapézoïde et du grand os (1). D'après le texte de l'auteur cette soudure ne semble pas, d'ailleurs, malgré l'âge avancé du sujet, avoir été complète. Le fait observé par M. A. Menegaux n'a rien que de tout à fait banal pour qui sait la prédisposition générale aux synostoses qui caractérise la vieillesse dans tous les groupes de Mammifères, mais il ne faut pas confondre une soudure sénile avec la sou- dure normale extrêmement précoce du trapézoïde et du grand os (si toutefois l'on admet que l'os interne de la deuxième rangée carpienne des Paresseux à trois doigts soit bien un magno- trapézoïde) chez le Bradypus cuculliger Wagl. par exemple. Le caractère de précocité de cette soudure ne semble pas d'ail- leurs avoir totalement échappé à M. A. Menegaux, puisqu'il dit n'avoir pu constater qu' « une indication de suture » sur un jeune Bradype appartenant à une autre espèce que le torquatus. Pour lever tous les doutes d'ailleurs, je renvoie aux pièces suivantes déposées dans les collections d'Anatomie comparée du Muséum où chacun pourra les consulter : 1° Une main de Bradypus torquatus 111. très jeune. 2° Une main de Bradypus torquatus 111. à la limite de la vieil- lesse faisant partie d'un squelette monté. 3° Une main de fœtus de Paresseux à trois doigts appartenant à une espèce autre que le torquatus. 4° Une main de très jeune Paresseux à trois doigts appartenant à une espèce autre que le torquatus. 5° Une main de Paresseux à trois doigts adulte appartenant à une espèce autre que le torquatus. (1) D'après une opinion généralement admise ces deux os seraient en effet les éléments constitutifs de l'os interne de la deuxième rangée carpienne des Paresseux à trois doigts, lequel aurait ainsi la signification d'un màgno-trapézoïde. SEANCE 1 10 NOVEMBRE 1908 163 Dans les deux premières mains il y a trois os à la première rangée carpienne. Dans les trois autres il n'y en a que deux, et cela malgré, d'une part, l'âge avancé du numéro 2 et d'autre part l'âge extrêmement jeune des numéros 3 (fœtus) et 4, chez lesquels les éléments constitutifs du carpe sont encore totalement carti- lagineux. Mais ce qui vient en- core ajouter à ce caractère une importance considé- rable, c'est que chacun des os du carpe du Bra- dypus torquatus 111. est es- sentiellement différent, au point de vue de la forme, de son homologue chez les autres Paresseux à trois doigts etse rapproche au contraire singulière- ment, de son homologue chez le Gholœpe didac- tyle. C'est ainsi, pour ne citer qu'un seul exemple, qu'alors que le semi-lu- naire d'un Paresseux à trois doigts quelconque est sensiblement en forme de prisme triangulaire, c'est-à-dire de coin, celui du Brady pus torquatus 111. rappelle plutôt un paral- lélipipède comme relui duCholoepus didactylus L. Si le trapézoïde et le grand os du Bradypus torquatus 111. se soudaient, l'os ré- sultant ne ressemblerait en rien à l'os interne de la deuxième rangée bitude à Paresseux quatus 111. est, non seulement /J Squelette de la main. Face dorsale. — A, chez YHeiiiibradjjpus [Scaeopus) torquatus 111. — B, chez Braib/pus cucullir/er Wagl. (Oq voit nettement sur cetle figure la forme très différente des os du carpe dans ces deux genres). considérer comme le à trois doigts. Bref, le au carpienne que l'on s'accorde d'ha- magno - trapézoïde des carpe du Bradypus tor- point de vue du nombre de ses éléments, mais aussi au point de vue de la forme individuelle 160 SÉANCE LU 10 NOVEMBRE 1908 de chacun d'eux, d'un type très différent de celui des autres Bradypes à trois doigts et la soudure précoce, qui semble s'être produite chez ces derniers, a chez eux, au point de vue de la carac- téristique morphologique, une importance tout à fait compa- rable à celle qu'a la soudure précoce des métacarpiens et des métatarsiens chez les Ruminants dont le canon est, comme l'on sait, un caractère squelettique fondamental. Les figures ci-jointes, qui sont des reproductions photo- graphiques du carpe : 1° chez un Bradypus torquatus III. ; 2° chez un Bradypus cuculliger Wagl., me dispensent d'ailleurs d'insister (1). Indépendamment donc des .caractères purement extérieurs, notamment de ceux du pelage, dont je n'ai pas l'intention de m'occuper ici, ne leur attribuant qu'une valeur spécifique, le Bradypus torquatus 111. se différencie des autres Paresseux à trois doigts par un certain nombre de caractères anatomiques dont les principaux sont les suivants : Ptérygoïdes bulleux ; Perforation sus-épitrochléenne à l'humérus; Deux os seulement à la deuxième rangée du carpe; Réduction transversale du doigt IV. Les trois premiers de ces caractères le rapprochent du Cho- loepus didactylus L. Le dernier, qui lui est spécial parmi les Bradypodidse actuels, le rapprocherait plutôt des formes ancestrales, notamment des Hapalopsidœ du Santacruzien de l'Amérique du Sud. Il est d'ailleurs probable qu'à ces carac- tères différentiels s'en ajouteront d'autres lorsque l'anatomie de ce curieux animal sera mieux connue. Ces différences m'ont semblé suffisantes pour faire du Bra- dypus torquatus 111. le type d'un genre spécial. M. A. Menegaux n'est point de cet avis; c'est là une question d'appréciation personnelle que l'on ne peut discuter et sur laquelle je n'insiste pas par conséquent. Je désire simplement rappeler que Gray en 1849 (1) se basant sur les seuls caractères de la peau et du crâne reconnut déjà la nécessité de cette coupure générique et (1) Il existe encore d'autres points, moins importants, sur lesquels M. Mene- gaux et moi ne sommes pas tout à fait d'accord. Je compte y revenir ultérieurement dans un mémoire plus considérable. (2) Gray. Loco citato. SÉANCE DU 10 NOVEMBRE 1908 167 que Peters en L865 (1), fut également e1 d'une façon très caté- gorique du môme avis. Tout dernièrement enfin un naturaliste viennois, M. Franz Poche (2), vienl encore, tout en estimant nécessaire un supplément d'information que je compte d'ailleurs fournir sous peu, de se ranger à cette manière de voir. Dans une seconde note, parue le 19 octobre aux Comptes rendus de l'Académie des sciences, M. A. Menegaux (3) en mentionnant la bibliographie antérieure rappelle cette fois mes travaux sur ce sujet. La coupure générique que je propose lui paraît toujours inadmissible et il s'étonne en outre que j'aie hésité à identifier d'une façon ferme le jeune animal que j'avais sous les yeux au Bradypus torquatus 111. Je répète que n'ayant aucun terme de comparaison (4) j'avais cru bon de me tenir sur une prudente réserve et je m'attendais peu à me la voir reprochée, étant donné surtout que j'avais pris la précaution de dire avec la plus grande netteté qu'il était pour moi infiniment probable que l'animal que j'avais sous les yeux était un jeune Bradypus torquatus 111. et que ce n'était que provisoirement que je lui donnais le nom à' H emi bradypus Mareyi Anth. Que reste-t-il donc en somme des notes de M. A Menegaux ? D'abord, la confirmation des faits matériels sur lesquels je m'é- tais appuyé, ensuite une différence d'opinion sur la légitimité d'une coupure générique; je désire laisser le lecteur juge de ce dernier point. (1 1 Peters. (Mon. K. Preuss. Akad. Wiss. Berlin, 1865 pour 1864). (2) F. Poche. L'ber die Anatomie und die systematische Stellung von Bradypus torquatus 111. (Zool. Anz. 10 nov. 1908). (3) Menegaux. Les genres actuels de la famille des Bradypodidse. (C. r. Acad. se. 19 octobre 1908). (4) En effet, je n'avais pu me procurer ni à Paris, ni à Londres, de squelette de Bra- dypus torquatus 111. adulte; de plus le squelette de cet animal qui constitue sans aucun doute une pièce rarissime n'ajamais été figuré et les renseignements que l'on a sur son sujet sont particulièrement peu nombreux et très incomplets. 168 SÉANCE DL 10 NOVEMBRE 1908 LES NOTIONS DE MARTIN LISTER 1694) SUR LA LOCOMOTION DES GASTÉROPODES PAR FRED VLÈS Préparateur au laboratoire de Roscoff. J'ai eu l'occasion de rencontrer dans un mémoire de Martin Lister (1) (1694) un chapitre assez peu connu, où cet auteur étudie la locomotion des Gastéropodes; il m'a paru intéressant de repro- duire ici un extrait de ce chapitre, curieux parce que Lister y expose, outre ses observations, un essai de théorie de reptation. Voici l'extrait en question (2) : « Ad undulationem vero, quam in Cochlearum (3) Limacum- que pede observare licet, quod attinet, illa, si Cochleœ alicui se movere animus est, perpétua est. Hic, inquam, motus et terres- tribus Cochleis et Limacibus inest. Domiportis (4) autem et ali- quibus Limacibus ea undulatio totam pedis plantam occupât. At in nonnullis Limacibus (cinereo, magno, striato, puta, etc.) média tantum pedis planta velut canaliculo quodam undse, et numéro et magnitudine constanti, a cauda ad caput continue rotantur. Jucundum sane spectaculum ! In fluviatilibus verô Cochleis, illa undarum rotatio, quantum memini, omnino deest (5); quod prœclarum ejus usùs indicium est; nempe ad progrediendum (6). Is autem motus, quasi humoris cujusdam spiritusve continua circulatio a cauda ad caput primum nobis videbatur. At rem mihi diligenter examinanti, nihil minus esse compertum est (7). Nam média pedis planta hic atque illic trans- (1) Lister. (M.) Exercitatio anatomica in qua de Cochleis maxime terrestribus et Limacibus agitur (Londini, 1094, in-12, 1 pi. p. 152). (2) Le texte latin est extrêmement clair, facile à comprendre, et n'a nul besoin de traduction; je me contente de mettre en notes au bas de la page le sens de quelques expressions peu courantes. (3) Cochlearum. L'auteur désigne sons le nom de Cochleae indistinctement tous les Gastéropodes à coquille. (4) Domiporta = Escargot. (5) Manque complètement. (6) C'est-à-dire pour la progression. Cette phrase est assez peu claire : l'auteur pense-t-il que les Gastéropodes fluviatiles utilisent un antre mode de locomotion? (1) Il m'est apparu qu'il n'en était rien du tout. SÉANCK M 10 NOVEMBRE 1908 169 versim secta, vel aliter per longum lissa, ipso scilicet imdula- tionis itinere; istius tamen motus undulatorii progressus minime ideo sistebatur (1), aut multum mutabatur, vel undarum positu vel celeritate : neque aer humorve ullus alius visibilis erupit, quam qui a reliqua cote vulnerata solet. Undulationis autem u>iis in progressu animalium hujusmodi esse videtur; nimi- rum (2) pedis planta? pars undulata, id est, super cœteras eîevata, sola terram tangit, eaque saliva sive mueo quodam glutinoso continue madefacta (3), ut terra? adhœreat, necesse est. Prima itaque sub capite unda, verbi causa, terra? adfixa, reliquum cor- pus trahere et antrorsum (4) adducere potes est; et ut prima, sic sequentes, suo quaeque ordine et proportione, motum animalis progressivum trahendo moliuntur (5). At adhâesio quidem fieri potuit sine ulla undulatione, sed minime attraetio. Nam si sup- ponamus totam pedis plant am terra? adha?rere, loco fixum qui- dem corpus, sed non promotum intelligemus: qua? itaque cor- poris pars fixa est, reliquum solutum ad se trahit. Igitur in undu- latione alia quoque utilitas (6) est ad corporis motum progres- sivum expediendum ; nempe, adha?sionis solutio est libertas; rotseque adeo dentata? motum quodammodo imitatur, pedum- que sublatorum positorumque alternatim vices supplet. In illa autem mucagine, qua? in locis per qua? Cochlea? maximeque Limaces irrepserunt, exsiccata, instar margarita? resplendet, hujus undulationis effectus, quasi totidem progressus vestigia numerare licet. » Comme on peut le voir, Lister a des notions assez précises sur la morphologie des ondes pédieuses. En outre de leur descrip- tion, il donne un rudiment de classification de ces ondes, en trois groupes: a) ondes occupant toute la largeur de la sole, b) ondes occupant seulement la partie médiane de la sole, c) ondes invi- sibles, dans les Gastéropodes îluviatiles; classification qui offre beaucoup d'analogies avec celle indiquée par SiMROTH(7)enl882; (1) (Par ces sections du pied) la progression du mouvement ondulatoire n'était pas du tout arrêtée. (2) Nimirum = assurément. (3) Madefacta = humectée. (4) Antrorsum = vers l'avant. (5) Moliuntur = provoquent. (6) Par conséquent une autre utilité de cette ondulation est de faciliter le mouvement de progression du corps, qui devient possible par la rupture de l'adhérence; cela imite en quelque sorte le mouvement d'une roue dentée, et joue le rôle de pieds alter- nativement soulevés et posés. (7) Simroth. l'ber die Bewegung und dus Bewegungsorgan des Cyclostoma elegans. (Zeitsch. j. wiss. Zool.\ 1882, XXXVI, pp. 1-G7, 1 pi.). 170 SÉANCE BU 10 NOVEMBRE 1908 l'analogie s'explique facilement si l'on considère que les deux au- teurs ont étudié sensiblement les mêmes animaux. Au point de vue de la théorie locomotrice de Lister, l'hypothèse la plus inté- ressante est celle qui a trait à la rupture d'adhérence au niveau de la région surélevée de l'onde. Les auteurs modernes admet- traient plutôt que cette surélévation a pour effet d'augmenter au contraire l'adhérence, en « faisant ventouse »; mais il ne faut pas oublier que chez quelques Gastéropodes (Haliotis) la région tout à fait marginale du pied participe souvent au soulèvement, de telle sorte que la cavité de la soi-disant ventouse se trouve certainement en continuité avec le milieu extérieur. REMARQUES BIVERSES SUR LA REPTATION DES MOLLUSQUES PAR FRED VLÊS Préparateur au laboratoire de Roscoff. J'ai réuni depuis quelques années un certain nombre d'expé- riences et d'observations sur la locomotion des Mollusques reptateurs (Gastéropodes et Amphineures) avec l'intention de publier un mémoire d'ensemble sur ce sujet. Diverses communica- tions récentes ayant mis ces questions à l'ordre du jour,j'ai pensé que la publication de quelques-uns de mes documents pourrait intéresser quelques personnes. Je donne ici des indications som- maires sur diverses questions se rattachant à la locomotion des Gastéropodes; ces indications, purement préliminaires, seront bien entendu reprises, complétées et discutées, ainsi que la bibliographie, dans le mémoire définitif. Plusieurs de ces docu- ments ont été déjà signalés dans une conférence sur la locomotion des Mollusques que j'ai faite l'année dernière au laboratoire de Roscoff. I. — Comparaison des types direct et rétrograde au point de vue du second temps de l'onde. Dans un ditaxique direct, comme le Trochus ou Y Haliotis, on sait que l'onde pédieuse se compose d'une contraction longitudi- nale de cette région du pied, en même temps que de son élargis- SÉANCE DO 10 NOVEMBRE 1 0()«S 171 sèment transversal; en outre, il faut ajouter le plus souvent une contraction normale à la sole produisant le soulèvement de ladite région; M. Robert(I) a très nettement indiqué tous ces détails à propos du Troque. On pourra se rendre compte, sur la chro- nophotographie ci-jointe, de l'élargissement de la sole au ni- veau de l'onde (iig. 1). Il a paru simple à la plupart des auteurs d'interpréter ce phé- nomène par la contraction asynchrone des divers faisceaux mus- culaires du pied. Or, dans une Haliotis par exemple, une région quelconque de la sole comprend (fig. 2 et 3) : y.) Des fibres longitudinales, parallèles au plan sagittal de l'animal. H) Des fibres transverses par rapport au plan sagittal, et qui se Fin. 1, — Chronophotographie de la sole d'Haliotis tuberculata pendant la mar- che. Los « et • désignent les ondes de contraction longitudinale. divisent elles-mêmes en trois systèmes, l'un perpendiculaire, les deux autres obliques au plan sagittal. y) Des fibres dorso-ventrales, très serrées au voisinage de la surface de la sole, et dont plusieurs se prolongent très loin dans l'épaisseur du pied; des fibres du muscle coquillier se perdent au milieu de celles-ci. Pour expliquer l'aspect de l'onde pédieuse telle qu'elle est décrite plus haut, il faut admettre que les contractions des trois systèmes de libres se font dans l'ordre suivant : 1° Fibres dorso-ventrales y e1 longitudinales a, produisant le raccourcissement longitudinal de la région, son soulèvement au-dessus du sol, s'il y a lieu; en même temps, son élongation transversale, par l'existence des « ventres de contraction » de ces fibres à ce niveau, ainsi que par la compression latérale des (1) A.- Robert. Remarques sur la progression des Rhipidogloses. (Bull. Soc. zool, Fr., 1907, XXXII, pp. 55-02). 172 SÉANCE DU 10 NOVEMBRE 1908 faisceaux transverses relâchés. 2°) immédiatement après le pas- sage de l'onde, relâchement des faisceaux a et y qui retournent à leur élongation primitive, aidés par la traction des mêmes fibres de la région immédiatement antérieure du pied et, en outre, par une contraction des différents faisceaux transverses B : on remarque en effet parfois, sous le pied, immé- diatement après le passage de l'onde, une sorte de mouvement de « reflux » de la région; il y a souvent à ce niveau un rétrécissement de la sole (déjà si- gnalé par M. Robert dans le Troque) allant même jusqu'à déterminer quel- quefois de véritables encoches (Halio- tis). Cet endroit, sur le Trochus crassus en particulier, paraît en outre plus clair qu'à l'état de repos; il semble qu'il n'y ait pas là seulement, après le passage de l'onde, un retour au repos par simple relâchement passif des muscles, mais que le système dépasse en sens inverse sa position d'équilibre par un mouvement actif. La chose est souvent nette dans le Trochus; elle l'est égale- ment quelquefois dans l'Oncidie, où ce mouvement de reflux peut simuler une réflexion de l'onde à l'avant du pied. Il y a en somme après le passage de l'onde de contraction classique une sorte de « second temps » de contraction qui n'est peut être pas négligeable. Dans l'onde pédieuse d'un rétrograde comme le Chiton, les phénomènes sont au premier abord assez différents; mais nous y voyons également un « second temps» de contraction. J'ai signalé dans une note antérieure (1) les principales caractéristiques de la locomotion du Chiton (Acanthochites discrepans Brown) : on sait qu'il rentre,au point de vue des ondespédieuses,dans legroupe des « rétrogrades monotaxiques » de ma classification, c'est-à-dire que le déplacement des ondes se fait de l'avant à l'arrière de l'animal, en un seul système intéressant toute la largeur de la Fig. 2. — Schéma d'une coupe transversale du pied d'Haliotis, dans la région du muscle coquillier. 1. Fibres du muscle coquillier. — 2. Fibres transverses. — 3. Fi- bres dorso-venlrales. (1) F. Vlès. Sur les ondes pédieuses des Mollusques reptateurs. (C. r. Académie des se. Paris, 22 juillet 1907). SÉANCE DU 10 NOVEMBRE f DOS 173 sole, sans modification sur la ligne médiane; en outre, le Chiton présente la particularité que son système d'ondes est réduit à une onde unique, qui parcourt le pied d'un bout à l'autre avant qu'une nouvelle onde apparaisse. Depuis cette note, M. Robert (1) a eu l'occasion de reprendre ces observations, qu'il a con- firmées et étendues, et a donné une très intéressante théorie de la progression du type rétrograde. La topographie des faisceaux muscu- laires du pied de Chiton (fig. 3-4) est sen- siblement la même que celle de l'Haliotis, tout du moins au voisinage de la sole ; nous y retrouvons les fibres longitudinales a, les fibres transversales p en trois sys- tèmes, les fibres dorso-ventrales y; mais le faisceau impair des fibres du muscle coquillier de l'Haliotis est remplacé par deux faisceaux latéraux, dont les fibres ont des rapports analogues avec celles du pied proprement dit. Au moment du départ de l'onde à la région antérieure du pied, on remarque non seulement une élongation longitudi- nale de la région (avec le plus souvent son soulèvement, indiqué par M. Robert). mais encore une contraction transversale très nette. Ce sont ici les systèmes de fibres [s et y (transverses et dorso-ven- trales ) qui se contractent simultanément, produisant l'élongation et le soulèvement. Le système longitudinal a ne se contracte qu'ensuite, une fois que la région antérieure de la sole a de nou- veau pris contact avec le substratum; avec ce point d'appui, il produit sur la région suivante une traction fournissant l'élonga- tion de celle-ci, et, en aidant au relâchement des fibres transver- ses [}, il ramène en même temps le pied à sa largeur normale, ou même au-delà. Il y a donc également ici un « second temps » de l'onde. Tout se passe donc comme si nous avions la succession de con- tractions : Fig. 3. — Schéma de la disposition des fibres mus- culaires parallèles au plan de la sole, dans l'Haliotis et le Chiton. L. Fibres lon- gitudinales. T. Fibres trans- verses. O. Fibres obliques. (1) A. Robert. Seconde note sur la progression des Rhipidoglosses. (Bull. Suc, zool. Fr. 1908, XXXIII, p. 151-157). J 74 SÉANCE DU 10 NOVEMBRE 1908 1° dans le type direct : oty; (â. 2° dans le type rétrograde : (3v; oc. Tout se produit en somme, lorsque l'on passe du type direct au type rétrograde, comme si le système de contraction tournait de 180° dans le plan de la sole : dans l'un, contraction longitu- dinale + élongation transversale, suivies de contraction trans- versale + élongation longitudinale; dans l'autre, contraction transversale + élongation longitudinale, suivies de contraction longitudinale -f élongation transversale. Le phénomène moteur proprement dit, contribuant au dépla- cement* du centre de gravité de l'animal, doit correspondre, dans le^type^direct, à l'ensemble des phases ay (premier temps); dans le type rétrograde, aux phases a (second temps). Tous ces phénomènes de second temps, assez peu nets dans les Fie. 4. — Topographie schématique des principaux faisceaux musculaires dans une coupe transversale du pied de Chiton. I. Faisceaux dorso-ventraux. II. Faisceaux transverses. Mollusques, le sont beaucoup plus en dehors de ce groupe, dans les Némertes par exemple. Examinons les ondes rétrogrades à'Am- phiporus Marhji Oxner(fîg.5). Il y a plusieurs ondes monotaxiques simultanées sur le corps de l'animal ;une onde débute, comme dans le Chiton, pas une élongation et un rétrécissement de la région antérieure du corps. De même que chez le Chiton, cette région on élongation ne touche pas le sol, ainsi qu'on pourra en juger par les ombres portées sur le substratum dans les chronophotogra- phies ci-jointes. Ce rétrécissement gagne vers l'arrière; la région qu'il vient immédiatement de quitter prend appui sur le sol, en se regonflant par relâchement des fibres circulaires et contrac- tion des longitudinales; ce qui s'aperçoit du fait que ladite por- tion surpasse le plus souvent en diamètre transversal les dimen- SÉANCE DU 10 NOVEMBRE 1908 175 sions du reste du corps au repos. Le dépassement de la zone d'équilibre du « second temps » est ici très net, comme on pourra le voir dans les chronophotographies ci-jointes. Dans ces figures, les portions rétrécies représentent les ondes de contraction des fibres circulaires (correspondant comme action aux (â du Chiton); Fig. 5. — Chronophotographies de la locomotion d'Amphiporus Martyi. Début à droite). les portions élargies, celles de contraction des fibres longitudi- nales (correspondant aux a du Chiton). La conclusion générale de tout ce que nous venons de dire est que notre conception actuelle et classique de l'onde pédieuse est peut-être erronée et incomplète. Nous ne considérons jamais, dans toutes nos théories, soit sous le nom d'onde de contraction dans le eas du type direct, soit sous celui d'onde d'élongation dans le type Bull, de la Soc. Zool. de Fr., 1908. XXXIU — U 170 SÉANCE DU 10 NOVEMBRE 1908 rétrograde, que la première partie du cycle locomoteur complet d'une région de la sole.Pour être logiques, nous devrions appeler onde pédieuse le cycle formé par la contraction des trois ordres de fibres Legendrea Loyezœ Fauré-Fremiet 15 Loxophyllum soliforme Fauré-Fremiet 13 Microgromia spumosa Fauré-Fremiet 76 TABLES DES MATIERES PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE D'AUTEURS PAGES Anthony (R.).A propos des caractères de VHemibradypus[Scaeopus) torquatus 111 162 Beauchamp (P. de!. Sur l'interprétation de l'appareil rotateur dans les familles des Microcodonidés et des Conochilidés 128 Benoit-Bazille (H.). Récolte et conservation des Acariens en vue de l'étude scientifique 114 Blaizot (L. ). Observations sur la gestation chez -dca^/imstw/gartsR. o7 BoRDAS(D r L.). Le cœcum rectal de quelques Hémiptères aqua- tiques 27 Bordas (D r L). Les glandes cutanées de quelques Vespides 59 Bordas (D r L.). Produit de sécrétion de la glande odorante des Blattes 31 Boutan (L.). Le métis du Gallus ferrugineus et son utilisation au Laos pour la chasse du Coq sauvage. 138 Caziot (G*). Diagnose d'une nouvelle espèce de Paludestrina de l'île de Corse et complément à la faune des Mollusques terrestres de cette île 33 Caziot (C l ). Erratum 142 Caziot (G 1 ). Etude sur la distribution géographique de VOrcula dolium 192 Caziot (C l ). Etude sur les Hélix elegans Draparnaud et seitula Gristofori et Jan 183 Caziot (C l ). Note sur la section Moiicella dans le genre Pupa. . . . 195 Ghatton (Edouard). Note préliminaire sur trois formes nouvelles du genre Blastodinium Ghatton 134 Ghevreux (E.). Sur trois nouveaux Amphipodes méditerranéens appartenant au genre Corophium Latreille 69 Fauré-Fremiet (E.). La structure des matières vivantes 104 Fauré-Fremib.t (E.). Microgromia spumosa sp. nov 76 Fauré-Fremiet (E.). Sur deux Infusoires nouveaux de la famille des Traclielidœ 13 Fol (Alice). Note t-ur la régénération de la tunique chez les Tuni- ciers 79 Hérouard (Edgard). Métrotropisme des bourgeons nus chez les Scyphistomes c 10 Kempen (Gh. van). Mammifères et Oiseaux d'Europe et exotiques présentant des anomalies (6 e série,. 83 Kempen (Gh. van). Mammifères et Oiseaux présentant des variétés de coloration, obtenus depuis 1899 88 TABLE DES MATIÈRES l'Ail ORDRE ALPHABÉTIQUE D'AUTEURS 203 PAGES Menegaux (A.). La nourriture des Paresseux 159 Paris (Paul . LaCanepetière, Telrax tetrax (Linné), en Bourgogne. 60 PARts (Paul). Note sur le Martinet noir \Apus apus) en captivité.. 147 Paris (Paul). Note sur le nid du Rouge-gorge [Erythacus rubecula). 148 Paris Paul). Un cas de reproduction du Ouistiti [Hapale jacchus). 147 Pellegrin D r Jacques ). Conseils pour la récolte et la conservation des Poissons en vue de l'étude scientifique 16 Pellegrin (D r Jacques!. Description de deux Poissons nouveaux de l'Amérique du Sud de la famille des Loricariidés 124 Raspail Xawer). Sur l'enlèvement des œufs d'Oiseaux par la Pie. 149 Raspail (Xaxier). Sur l'établissement judicieux d'un nid de Rouge-gorge 1 22 Robert (A.). Quelques observations sur les Cétacés de la Médi- terranée 22 Robert [A.). Seconde note sur la progression des Gastéropodes.. 151 Secques (F.). Destruction parle formol des Insectes qui attaquent les livres 112 Trouessart E.). Sur un Acarien du genre Nolnphallus produisant des dégâts sur les Pois de primeur dans le déparlement du Var. 36 Vlès (Fredj. Les notions de Martin Lister (1694) sur la locomotion des Gastéropodes 168 Vlès (Fred . Remarques diverses sur la reptation des Mollusques. 170 TABLE PAR ORDRE DE MATIERES PAGES Liste des membres v Liste géographique des membres xxm Liste des membres décédés pendant Tannée 1907 xxvm Bureau et conseil pour l'année 1908 xxix Liste des présidents depuis la fondation de la Société xxx Prix Malotau de Guerne (règlement xxxi Prix F Secques (règlement xxxm Séance du 14 janvier 1908 1 — 28 janvier 12 tl février 25 25 février (15 e assemblée générale annuelle) 39 10 mars 67 24 mars 78 — 14 avril 82 — 28 avril 104 12 mai 108 — 26 mai 110 9 juin.... 119 25 juin 121 7 juillet 143 — 27 octobre 144 10 novembre 1 58 24 novembre 180 — 8 décembre 187 — 22 décembre 190 Le Secrétaire général, gérant, A. ROBERT. RENNES IMPRIMERIE BREVETÉE FRANCIS SIMON c ffSÙ