Conservation work performed with funds from the 1993/94 NEW YORK STATE CONSERVATION/PRESERVATION DISCRETIONARY GRANT PROGRAM HISTOIRE PHYSIQUE, POLITIQUE ET NATURELLE LILE DE CUBA. IMPlUMtKli: \}L Mr VcliOUCHAKD-HZARD, ru de I'Ejieron , *< HISTOIRE / i 3>/> ibbb XV IM1YSKJUE, POLITIQUE El NATUBfilSg^)Nb &V oe DI LILE DE CUBA M. RAMN DE LA SAGRA, DIRECTEUR DU JARDN BOTAN IQUE DE LA HAVANE , CORRESPONDAN! DE l/lNS 11TUT P.OYAI. I> t l'l'.AM i: , ETC. BO.TANIQU3E, PILANTES CELLUl, AIRES PAR CA.M1LLE MONTAGIVE. PARS, ARTHUS BERTRAND, D1TEUI!, UBflAint DE LA IOC1BT1 DE ..I KMIA l'!l 1 1 Kl I", hmhiiii iiml.l III. s 1.1 MU un . Ul M'W , 1. 1 i. ii \ n r.i El ii i.i. , '' 18S8-184SS. 1 \, t S x f t l'aCAOKMH ROYALE DES SCIENCES NATRELLES DE MADRID, DE CELLE DES CEORGOrtf'.LfiS L rLOBANCJ DC3 JOCIETfcS LINNIENNES Ofi LYON ET flORDI AL1. HISTOIRE PHYSIQUE, POLITIQUE ET NATUREIXE DE LILE DE CUBA. BOTANIQUE. INTRODUCTION. L'ile de Cuba, cette reine des Antilles, est, pour la pre- miare fois, l'objet d'un travail de la nature de celui que nous soumettons aujourd'hui au jugement des botanistes. II faut a peine s'en tonner , car si les richesses vegetales d'un ordre suprieur ou les phanrogames propres ce beau pays sont imparfaitement connues du monde savant , plus forte raison doivent tre encor ignores les plantes que nous allons tcher de faire connaitre. Pour tre d'une infriorit manifest sous le rapport de l'organisation , ees vgtaux n'en mritent pas moins d'attirer nos regards tant par la regulante et l'lgance souvent remarquables de leurs formes que par leur utilit dans les arts et l'co- nomie domestique. Mais ce n'est pas sous ees seuls rapports que les plantes eellulaires, ainsi nommes en raison de leur texture, peu- vent nous oTrir quelque intrt ; plus philosopbiquenient tudies qu'elles ne l'ont t , en general, jusqu' ce jour, BOTANIQUE. I II BOTANIQUE. ellcs nous promettent la solution d'une foulc de problmes relatifs soit la structure anatomique , soit la pbysiolo- gie des plantes d'une organisation plus complique (1). Je me bornerai, par exemple, a rappeler les Recherches ana- iomiques et physiologiques de M. de Mirbel , sur le Mar- chanta polymorpha (2), lesquelles ont amen des resultis si inattendus et d'un si haut intrt pour la science. Nul doute que des travaux entrepris dans une mme direction ne conduisent des dcouvertes d'une mme portee scien- tifique, pourvu toutefois qu'ils soient suivis avec cette patience infatigable et cette rare sagacit qui distinguent le clebre physiologiste qui a laiss un si bel exemple imiter. Mais , abstraction faite de toute application , on ne sau- rait vritablement imaginer l'intrt toujours croissant, toujours nouveau que cette tude inspire ceux qui y con- sacrent leurs loisirs , ni se faire une juste idee de la satis- faction dont elle recompense les eForts qu'ils tentent pour pntrer dans les secretes profondeurs de ce merveilleux microcosme. Ceux-l seuls le savent , qui l'ont prouv. Se bornt-on, en effet , la ~ontemplation pur et simple des objets naturels, quel plus noble exercice pour l'intelligence, quel plus noble plaisir pour l'ame ? Les mille et mille for- mes, toutes plus V.gantes ou plus bi? arres les unes que les autres, sous lesquelles ees objets s'offrent a l'observa- teur, ne sont-elles pas sulisantes pour exciter vivement son attention et le teir sous le charme d'une incessante admiration? car, comme l'a dit un philosopbe illustre, si Dieu est grand dans les grandes dioses qu'il a cres , sa ( i ) The structure of these plants is among the most important subjeets of con- templation , for tbose who Avish to become acquainted with the exact laws of ve- cetation. They represeut the organised matter, of vrhich all otlier plants are composed , both in its simplest state and Avhen it begins to enter into a state of bigh composition. In short, it is here that the physical properties of elemen- tary vegetable matter can be most usefully studied. Lindley , A Natural Sys- tem of Botany, p. 4 19. (2) Mirbel, Recherches analomiques et physiolngiques sur le Marchanta poly- morpha, pour servir Fhistoire du tissu cellulaire, de rpiderme et des sto- mates. liMKODUCJIUN. 111 grandeur esl encor plus manifest dans les inlinimeni petites. Que si , au contraire , dans notre goisme qui n' estime les dioses qu'en raison de leur utilit matrielle ou pro- chaine , nous voulons considrer sous ce point de vue les plantes cellulaires prises dans leur gnralit , nous voyons qu'une grande quantit d'espces peuvent servir et servent effectivement a la nourriture de l'homme ou des animaux qu'il a soumis a son empire. C'est ainsi qu'un nombre con- siderable de Cbampignons lui procure un aliment aussi sain qu'agrable au got. Si Ton m'objecte que , par une deplorable compensation , les poisons les plus subtils sont aussi caches dans cette classe de vgtaux et paralysent en quelque sorte la sage prvoyance de la nature en la rendant illusoire ou dangereuse, je rpondrai que cela n'en demon- tre que mieux encor Turgente ncessit de se livrer l'- tude difficile de ees plantes , ne fiit-ce que pour apprendre a distinguer d'une maniere sre les bonnes espces des mauvaises , et a utiliser ainsi une masse tres grande d' ali- ment rpandue a la sur face de la terre. Mais ce n'est point a l'homme seul que les vgtaux de cette immense famille sont capables de nuire ; tous les agriculteurs savent quelle dsastreuse influence peut avoir leur dveloppement para- site sur les cereales , les oliviers, les orangers et beaucoup d'autres plantes. L'histoire de la Muscardine est la pour tmoigner aussi qu'ils n'pargnent pas davantage les ani- maux, et que, dans la lutte qui s'engage entre eux et ees derniers , ils ne l'emportent malheureusement que trop souvent pour notre industrie (1). Dans les contres peu favorises sous le rapport de leur sol , les Algues ofrent aussi a l'homme une alimentation ahondante. Ainsi, dans le nord de l'Europe, on mange (i) Voyez Recherches anatonques et physiologiques sur la maladie conta- gieuse qui atlaque les vers a soie , et qu'on designe sous le nom de Muscardine, par M. Audouin, et Expriences el observations sur le Champignon entomoctnru- ou Histoire botanique de la Muscardine, par le docteur C. Montagne. Voyez en core le Rapport de M. Dutrochct , membre de l'Institut, sur ees deux me'moires: Cumples rendas des sances de V ' Acad. des Se, >>. jain'icr i S :J S . IV BOTAN IQL'E. les Halymenia eclulis et palmata , la Luminaria saccha- rina, XUlva Lactuca, la Porphyra purpurea et beaucoup d autrcs espces. Au Chili, on vend au march pour l'usage de la table 1' enorme Laminaire a laquelle M. Bory a attach le nom de Durvillcea utilis. La Laminaria potatorum , d'un volume non moins extraordinaire, sert aussi d'aliment aux habitants de l'Australie. Les Lichens fournissent en mme temps dans l'un de leurs reprsentants , le fameux Lichen d'Islande [Cetraria islndica), un aliment doux et sain, propre a nourrir sans exciter , et un remede dont les proprits , efficaces dans quelques aTeclions chroniques de la poitrine, ont t cons- tates et prouves par une longue exprience. Un autre Lichen, le Cladonia rangijerina, s'est acquisune galec- lbrit par les services qu'il rend en Laponie o on l'em- ploie a la nourriture des Rennes. Passons actuellement aux usages conomiques de ees plantes ; nous verrons que les Algues rejetes sur nos cotes ou rcoltes sur les rochers que le reflux de la mer laisse a sec donnent aux cultivateurs un excellent engrais; qu'in- cinres et convenablement traites , elles fournissent la sol de et l'iode , substances prcieuses par leurs applications dans les arts et la mdecine, et qu'enfin c'est encor parmi elles que se rencontre ce vermifuge autrefois si usit contre les vers qui affligent Fenfance. Les Lichens ne le cdent point aux Algues pour l'importance des produits qu'en a retires l'art chimique. Quoique l'onconnt, depuis les temps les plus recules , les proprits tinctoriales de plusieurs es- pces de cette famille , il est juste toutefois de reconnaitre que c'est aux savantes analyses de l'un de nos plus hbiles chimistes que l'on doit l'orcine. M. Robiquet, en oprant sur plusieurs espces de Lichens du commerce, en a retir ce principe a l'tat cristallin. Quoique parfaitement inco- lore , il suit de mettre l'orcine en contact avec l'ammo- niaque , mme a l'tat de gaz , pour en obtenir instan- tanment cette magnifique couleur pourpre que les mo- dernes ne prisent pas moins que les anciens. C'est une IHTRODCTION. V des mille merveillcs sorties des laboratoires de nos chi- mistes. Les Champignons ne sont plus gure employs dans l'conomie domestique ni dans la mdecine. Le fameux bolet du Larix (Polyporus qfficinalis) , d'un usage si frquent comme purgatif chez les anciens , est tota- lement inusit de nos jours. Les seuls Poljporus Jo- me ntarius et igniarius servent encor confectionncr l'amadou , substance absrbante que la chirurgie rao- derne n'a pas entirement exclue de sa thrapeu- tique. Quant a l'ordre des Muscines , le Marchanta po- Ijmorpha est la seule espce que quelques rares mdecins modernos emploient encor comme diurtique. Je n'ai parl jusqu'ici que des usages conomiques des vgtaux cellulaires ; il ne serait pas moins intressant d'numrer ou de mentionner seulement ceux auxquels la nature les destine pour le maintien des lois ternelles qu'elle a tablics dans l'ordre des vgtations successi- ves; mais, comme cela m'entrainerait trop loin hors de mon sujet , je terminerai ici le resume deja assez long des avantages immdiats que l'homme retire de ees vg- taux. II resulte ncessairement de tout ce qui precede que c'est a tort qu'on a beaucoup trop nglig parmi nous et qu'on nglige encor l'tude philosophique des plantes infrieu- res. Loin de mriter le ddain que Ton anete pour elles, ddain qui n'est pas toujours de bonne foi , ees plantes ne sont pas moins dignes que celles dont la structure est plus complique d'exciter au plus haut degr et notre curiosit naturelle et notre profonde admiration. Soit qu'on les en- visage sous le triple rapport de leur emploi dans l'conomie domestique , de leur utilit dans les arts ou de cette sim- plicit de composition dont la physiologie peut retirer tant de profit, soit qu'on n'y cherche qu'une simple et doucc distraction a d'autres travaux, chaqu pas fait dans l'tude de ees plantes nous fournira des prouves de l'inpuisable VI BOTANIQUE. fcondit de la nature et de la puissance rafmie du Cra- teur. Avant de tracer le plan que je me suis propos de suivre dans cette publication , je dirai deux mots des matriaux qui ont t mis a ma disposition ; j'indiquerai sommaire- ment la proportion relative des plantes des six familles dont je vais faire l'histoire ; je donnerai enin quelques rensei- gnements sur le nombre , la nouveaut et l'importance des cbantillons qui composent la collection cryptogamique de Cuba. Sous tous les rapports, et cela devait tre, la famille des Champignons , en y comprenant les Hypoxyles , marche incontestablement la premire et laisse les autres bien loin derrire elle. Les Polypores coriaces ou subreux et les Sphries nous ofFriront le plus d'objets nouveaux. J'ai aussi remarqu un Tulostoma tres diffrent de l'espce euro- penne et dont j'ai dj donn par avance les caracteres dans ma Centurie de plantes cellulaires exotiques nou- velles. Viennent ensuite les Algues, dont la premire par- tie, les Phyces ou Thalassiophytes proprement dites, est termine et va tre livre l'impression pour tre suivie immdiatement de la seconde , comprenant les Lichens ou Algues ariennes. Une considration importante que je ne dois pas passer sous silence , c'est , pour quelques espces, le nombre assez considerable des chantillons qui , en me les offrant dans tous leurs ages et dans des tats varis, me mettra mme d'en tracer l'histoire presque aussi compltement que si j'tais sur les lieux. Peut-tre mme , et ce n'est pas le moindre avantage que la science retirera de la richesse de nos matriaux , me sera-t-il possible de ramener a un type certain des espces regardes jusqu'ici comme bien distinctes , parce qu'elles avaient t tablies par des au- teurs diffrents sur la vue d'chantillons uniques de la mme plante a des ages divers , ou provenant de localits frt diffrentes. Je regrette d'awnoncer que la collection de Cuba, quoi- INTRODUCTION. VII qu'elle n'en soit pas totalement dpourvue , n'est pas jus- qu' prsent aussi riche en Mousses qu'on et pu et du l'esprer. Cependant , comme par les soins empresss et l'active vigilance de M. llamn de la Sagra, les rcoltes se poursuivent a Cuba , et que les envois de plantes se suc- cdent encor , nous avons lieu de prsumcr qu'avant d'en- tamer l'tude et la publication de cette famille , le nombre des espces se sera accru et nous permettra d'ofrir aussi quelques nouveauts en ce genre. Les Hpatiques sont moins rares , et nous pouvons en promettre quelques unes dont la nouveaut et les formes elefantes eharmeront les amateurs des plantes de cette jolie famille. Quant au plan general de cette partie de la botanique qui m'a t confie, jai cru devoir adopter celui qu'a suivi M. Martius dans le premier volume de sa Flore du Brsil , toutefois en modiiant les divisions principales d'aprs les progrs rcents de la science. Ainsi, aprs avoir donn une dinition complete des familles, des ordres, des tribus, des genres et des espces , soit deja tablis ou connus, soit nouveaux et proposs ici pour la premire fois, j'ajoute un cboix de synonymes , la plupart vrilis sur des figures ou des chantillons authentiques. L' Habitat vient ensuite et est lui-mme suivi, pour les espces nouvelles , d'une description aussi complete que possible de la plante. Je termine ce qui regarde chaqu espce par des observations qui ont trait tant a l'organogra- phie qu'aux affinits qui lient la plante avcc ses cong- neres. Si j'ai prfr la langue latine pour les descriptions, ce n'est pas seulement parce qu'elle est universellemenl comprise , mais c'est surtout a cause de la concisin a la- quelle elle permet d'atteindre. Penetr des inconvnients qui accompagnent tout cban- gement dans la nomenclature , quand ce changement n'est pas d'une absolue ncessit , je me suis abstenu de ees in- novations si frquentes de nos jours, et , dans le choix a faire entre plusieurs noms , j'ai presque toujours prfr le plus gnralemenl connu des botanistes. Non que j'aie VIII BOTANIQDE. nglig les travaux de mes prdcesseurs ou ddaign d<; m'en servir : toutes les fois que j 'ai vu du profit pour la science adopter une opinin ou une dnomination nou- velle , je n'ai point hesit a le faire. Mais il y a loin de cette sorte d'clectismc la manie de ne se servir que des noms les plus rcents, ou , ce qui cst peut-tre pis encor, a celle d'en creer de nouveaux pour des objets deja mille fois dcrits. Pour les Algues, j'ai suivi la nomenclature d'Agardh, modifie pourtant soit par quelques uns de nos compatrio- tes tels que Bory , Gaillon , Chauvin et Duby , soit par M3VI. Martius de Munich et Greville d'Edimbourg. Si je n'ai pas entirement adopt les reformes que le dernier de ees savants a proposes , c'est que , tout en reconnaissant ce qu'il y a d'excellent dans son travail , je ne suis pas encor convaincu (et je donnerai les raisons de mon doute) que la distinction de beaucoup de ses genres deja tablis depuis longtemps par Lamouroux repose sur des caracteres assez tranchs ni assez nombreux pour tre naturels. Toutefois pour tre juste , j'ai d avec M. Greville , restituer a quel- ques uns des genres de cette famille les noms qui leur avaient t antrieurement imposs, et que M. Agardh a changs sans ncessit et sans autre motif que celui d'y substituer les siens. J'ai vu du reste avec plaisir que, pour plusieurs de ees noms , nous tions parfaitement d'accord sur cette juste restitution , avec le fils mme de l'illustre algologue sudois. Mais si je n'ai pas admis tous les genres tablis par M. Greville, j'ai profit, autant qu'il a t en moi, des pro- grs qu'il a fait faire a l'algologie. J'ai mme redoubl d'efforts pour le suivre , quoique de loin , dans la voie des analyses microscopiques , voie nouvelle qu'il a, sinon ou- verte, au moins bien largie. Ces analyses, dont on verra une partie seulement dans les planches qui accompagnent le texte , car pour les y faire teir toutes il m'en et fallu au moins deux fois autant , m'ont cot un temps infini et des diTiculls que ceux qui s'en sont oceups sont seuls INTRODUCTION. IX capables de comprendre. Ce serait en donner une idee bien imparfaite que de dir que je suis parven faire trois sections longitudinales dans un rameau du Cera mi um cla- vulatum, c'est dir dans un filament ayant tout au plus un dixime de millimtre de diamtre, de maniere a sparer des deux laterales une tranche moyenne , propre a montrer la structure de cette curieuse Cramie et le canal qui la parcourt. Toutes les analyses en question ont t dessines ou plutt calques par moi sur la nature , au moyen de la chambre claire perfectionne et adapte par M. Charles Chevalier a son excellent microscope achromatique que pos- sdent maintenant la plupart des naturalistes. Les plan- ches ont t peintes d'aprs ees analyses et sous mes yeux par M. Alfred Riocreux , jeune artiste auquel on doit une partie de celles du Voyage de M. d'Orbigny , et dont le pinceau, tout a la fois lgant et facile , justifie de plus en plus les tmoignages avantageux que nous avons deja ren- dus au mrite de ses premiers travaux en ce genre. Pvelativement aux Champignons et aux Lichens , je n'ai pu prendre un meilleur guide que M. Fries , prince des mycologues de l'poque actuelle. Quant aux Mousses, je proiterai des reformes intro- duites dans cette famille par mes savants amis, MM. Brueh et Schimper, tout en regrettant que leur magnifique ou- vrage sur la bryologie d'Europe soit trop peu avanc pour m'clairer sur celles qui restent a faire dans les tribus qu'ils n'ont pas encor soumises a leurs recherches. M. Nees d'Esenbeck, prsident de 1' Acadmie des Curieux de la Nature, ayant bien voulu continuer a m'accorder son secours pour l'tude dilicile des Hpatiques, les espces nouvelles de cette famille paraitront encor sous nos deux iioms runis. O n trouvera a la fin de mon travail les observations de gographie botanique que j'aurai t mme de faire dans l'examen des plantes cryptogames de la collection de Cuba. En prean! ce< engagement, je ne dois pas taire que, X B0TAN1QDE. IINTUODUCTION. quelque importante que soient les matriaux mis a ma dis- position, ils ne sauraicnt pourtant concluir, sous le rap- port de la gographie, a des resultis bien satisfaisants par leur certitude. Dans l'insufisance actuelle des faits, com- ment pourrait-on , en effet, s'lever ees hautes considra- tions d'o doivent naturellement dcouler les vrits gen- rales qui lient ees faits entre eux? C'est done accroitre incessamment les observations de ce genre qu'il faut sur- tout s'attacher, afin de laisser, du moins, a nos successeurs les matriaux ncessaires la construction d'un difice dont nous devons nous contenter de jeter les fondements. C'est ce que , pour mon compte, je tcherai de faire avec toute l'attention et tout le soin dont je suis capable. Puissent mes eForts ne pas rester vains et mriter, sinon les sufra- ges, au moins l'indulgence de mes lecteurs. PARTIE DESCRIPTIVE. PLANTEE CELLULARES, DC. classis i. ALGiE, L. Juss. (non Rotli). Char. Plantee agamce (Acotjledonea? Ag. Nemece Fr.) aerece vel submersce, scepius perenn antes, conteoctu celia- loso vel filamentoso numquam vasculari, libera? , nuda? , vel in gelatina nidulantes , continuo aut interrupte vigen- tes, superficie externara humiditatem exhaurientes ; vi- vipartu , prolificatione vel ncleo ascigero in apothecia diversformia erumpente, vel sporidiis superjicialibus (co- nidiis) aut in sporangia varia inclusis, propgala? . familia i. PHYCE.E, Fr. Chah. Vegetabilia agona, submersa , sea vesiculis simplicibus in muco primordiali immersis , seu cellulis po- lymorpls filamentisque articulatis aut continuis, liberis vel sub forma determnala varia laminosa jrondosaque consociatis , composita ; vivpara aut sporidiis (gongylis) intrnsecas pratparatis , nudis , vel intra conceptacala forma situque vara, coadnnatis , f>ropagata. 2 BOTAN IQUE. Alga? aquaticce perennes aut annuce continuo vigentes } elementum nutriens tota superficie absorbentes . Syn. Alga?, Roth, Cat. , Bot. Thalassiophyta , Lamour., Ann. Mus., tom. XX. Hydrophyta, Lyngb. , Tentara. Hydroph. Dan. , p. 24. Hydrophycce , Fr., Syst. orb. veg., p. 320. Phycea* , Fr., Lidien, eur. reform., p. 32. subfam. i. ZOOSPERMEjE, /. Ag. Ciiar. Alga? e cellulis , articulis vel tubis constitua? in quibus ipsa massa inclusa granulosa ta?idem in sporidia abit. Ha?c sporidia sub planta? matnritatem motu quasi spontaneo gaudent , quojam Ultra cellulas matricules in- cipiente, per jor amen aut ab ipsis factum , aut a natura suppeditatum, eadem libera evadunt, seseque ad novam reproductionem disseminant (Conf. J. Agardh , Novitia? Flora? Suecia? ex A Igarum familia , p. 9). Syn. Nostochinea? , Mart., FL, Bras., I, p. 6. Confervoidea? , Ejusd., 1. c, p. 8 (excl. Ceramieis et Chara). Caulerpea? , Grev., Syn. gen. Alg., p. G2, et Montagne, Mmoire sur V organisat. et le mode de reprod. des Caulerpes , Comptes rendus des sances de VAcad. des se. de Paris , 18 sept. 1837 et 26 fvr. 1838, et Ann. des se. nat., 2 e ser., Botan., tom. IX, p. 199. Alga? frondosa? s. fucoidea? , Mart., 1. c, p. 17, ssq. (Zonaria, etc. exclus.). Ulvacea? , Fr., Lichen. eur. reform., p. 35. Ulvaces [excepto Aspercocco) et Spongodies , Lamour., Essai, p. 59 et 71 . O r dies, I III (exceptis Ceramieis ad Florideas perti- nentibus), Endlicher, Gener. plant., p. 1-5. Ordines, XII-XIV, Grev., 1. c. BOTAN 1QUE. 3 ordo i. DIATOMACE.^ (1), Endl. Individua crystalUformia lineis plerumque rectis cir- cumscripta, atque aut aci/ormia, aut cuneiformia , aut cuadrngula , rarius linea curva circums cripta ; cce- terum plana , rgida , fragilia , in varias formas aggre- gata ; aut nimirum in parallelogrammum aut in circu- luin aut apud superiores infdum; ex qua compositione , suo quodque modo, scepe mxime sin gulari , solvuntur. Pie ras que in muco nidulantur. Color tolius ca?spitis in re- centibus plerumque jusco-lutescens , exsiccatione in vi- ridi-olivaceum pulchro vernice nitentem abiens. Indivi- dua swpissime hy alia; sed si colorata , color luiescens. Agardh, 1. c. Syn. Diatomeas y Ag. , Sjst. , XII. Kutz., Synopsis Diatomacearum, p. 1. Endlich., Gener. plani., p. 1 . sbordo i. DIATOME.E, Endl. Individua (f rastilla ) plerumque lineis rectis circum- s cripta t plana , juscescentia , rgida, solitaria ve l vari consociata. Syn. Diatomacece , Kutz., 1. c, p. 3. Diaiomea', Endl., 1. c, p. 3. (i) Mor manuscrit de la famillc des Algues e'tait cntirement termine, quand j'ai eu rinestimable avantage de connatre a Paris M. Ehrenberg. J'avoue que les belles planches de son magnifique ouvrage sur les Infusoires , quil nous a ait voir et savamment expliquees, et que les exprienccs dont il a bien voulu nous rendre tc'moins, ont singulicrcmcnt ebranle' mes anciennes eonvictions tonchant les Diatomace'es. Mais press par les circonstauces et n'ayant d'ailleurs pas fait une e'tude speciale de ce monde nouveau, je suis forc de livrer l'impression dans sa forme primitive la partie de ma publication relativc ees Infusoires carapace siliceuse. * BOTAIIIQB. STYLLARIA, Ag. Individua (f rastilla ) libera, canciformia plana, longi- tudinaliter striata , pice eroso-denticulata , solitaria. Endl., 1. c, p. 2. STYLLARIA CUNEATA , Ag . S. frustillis transverse fasciatis pluridentatis . Syn. Frustulia cunala, Ag., Sjst., p. 2? Echinella cunala, Lyngb., Hjdrophyt., Dan., t. 70. Frustulia Lyngbyei, Kutz., 1. c, p. 29^ f. 32. Stjllaria cunala , Ag., Conspect. Diatom., p. 38. Hab. Ad fila Ceramii diaphani v. repentis in portu Havana lecti parasitans. DIATOMA, DC. Fila lineara , plana , transverse in artculos [frustilla ) soluta, angulis alternatim cohcerentia . DIATOMA TENUE, Ag . D. frustillis dimetro Apio vel hplo longioribus , simplicibus vel conjugatis , fasciis binis transversalibus hites centibus. Syn. Diatoma tenue, Lyngb., 1. c, p. 79, tab. 61. Ag., Consp. Diatom., p. 52. D. tenue > nrmale, Kutz., 1. c, p. 52, f. 63. Conferva flocculosa, Fl., Dan. , t. MCDXCVII, f. I . Hab. Ad radices Lemnce minoris L. et Salviniai B0TAN1QUB. > hispidee Kunth, quas investit, circa urbem la Ha vane lectum. subordo ii. DESMIDIERE, Kutz. Individua plerumque cjlindrica , viridia , solitaria vel vari consociata . BIDDULPHIA, Gray. Individua seriata , series in artculos ope istlunorum coherentes soluta?. BIDDULPHIA AUSTRALIS, Moltagn. B . frustillis quadrato-parallelogrammis turgidis, lon- gitudinaliter striatis , medio transversim fasciatis tenuis- sime lineatimque punctatis. Hab. Ad Florideas varias in portu Havanensi ledas parasitans. Descr. Csespes mucosus, primo viridis, demum albidus, nitens, e filis compositus tenuibus lentis ope tamen conspicuis , fragilibus et frustulatim solubilibus. Individua e forma quadrata scnsim clon gata parallelogramma, trgida, longitudinalitcr striis qua- tuor nolata, quse tndem strie in medio, fascia transversali lira- Una dilatata, cvanescunt, tenuissimc lineatim punctulata, altero ngulo coha;renta. Fascia media transvcrsalis quse singulum, uti diximus, individuum percurrit, binis initio lineis approximatis li- mitata est. Har lineae, evolutione continuata frustilli, se ab invi- ccm removent pedetentim, frustillo tndem in bina denuo soluto. Coha?rcntia it ope ccllularum scu apophysium spha?ricarum ngu- los cujusque frustilli forruantium, quorum, uno soluto, alter cun prximo adherens mauct et lum , alternis angulis individuorum coha?rentibus, calea irrcgularis nascitur. Obs. Cettc especc est en menie lemps voisine du Confera Bid- diphiana, de l'Englisb botany (Diatoma Biddulphianaj Ag.\ qui (i BOTANIQUE. a seryi de type Graj pour l'tablissement de son genre Biddul- phia admis par MM. Kntzing et Endlicher, et du Diatoma inters- tilialis de M. Agardh, que je ne connaispas. Elle a aussi quelques rapports, au inoins si j'en dois jugcr d'aprs la description, avec le Biddulphia vesiculosa, Kutz. {IHaloma, Ag.). Elle offre, en cffet, la bande transversale hyaline qui distingue la premire de ees Des- midies et se montre quelquefois sous la forme clliptique qu'on dit propre la seeonde. Cepcndant j'ai quelques raisons pour penscr qu'elle difiere de l'une et de l'autre. Un caractre que je donnerai comme spciique du B. australis esl celui que je tire surtout de la forme de l'intervalle observable entre deux individus avant leur sparation. Cette forme est absolument celle d'un 8 de chiffre. Elle dpend de ce que les cinq cellules longitudinales qui terminent l'article a chacune de ses extrmils ne sont pasgales, et que ce sont les deux externes et la moyenne qui saillent davan- tage , les intermdiaires restant plus courtes. L'accroissement et la multiplication successive des individus m'a paru s'oprer de la maniere suivante : l'individu a d'abord un diamtre qui l'emporte sur la longueur , et a cette poque la bande transversale est forme de deux lignes fort rapproches. Peu peu et mesure que l'volution s'effectue , ees lignes s'loignent l'une de l'autre et laissent entre elles un espace transparent de plus en plus tendu. L'article a pour lors un diamtre plus court que sa longueur. Tai souvent remarqu qu'il se formait prs du bord libre quatre cellules qui indiquaicnt le lieu o , plus tard , devail s'oprer une nouvclle divisin. Les lignes qui bordent l'espace hyalin deviennent, dans ce cas , les extrmits de deux individus contigus dans le milieu desquels , mme avant leur sparation , il se forme une nouvelle bande transversale tres troite. C'est en sui- vant, non dans l'tat de vie> il est vrai , mais dans les phases suc- cessives de leur volution, une grande quantit d'individus, que j'ai pu me fairc cette idee , peut-tre inexacte, du mode de dve- loppement de ees tres curieux qui tiennent, en quelque sorte, le milieu entre les deux rgnes vegetal et animal , ou bien , comme le veut l'ingnieux et spirituel Bory, en constituent un nouveau qu'il a nomm Psychodiaire. Pour achever d'indiquer les autres caracteres par lesquels notre Desmidieme semble diffrer du B '. pulckella , Gray, je dirai que l'on n'apercoit pas de points colores dans l'espace hyalin qui se forme au milieu de l'article , mais que celui-ci prsente en revan- BOTAN1QUE. che une mmnse quantit de points rangos en series linaires el qui lui donnent de la ressemblance avee les yeux a facettes de quelques insectos : on n'apercoit ees pouctualions qu' la leu tillo d'unc dcmi-ligne de foyer du microscope simple ou au microscopc compos. J'ai communiqu cette espece M. Ehrcnberg lors de son der- nier voyage en France. ordo ii. NOSTOCHINiE, Ag. Gelatina ji garata , globulis s.jilis simplicibus aat ra- mosis y continuis aut articulatis farcta. GHLOROCOCCUM, Grev. Grnala spheerica v. ellipsoidea, aggregata , strati expertia. GHLOROCOCCUM MURORUM? Grev. C. granulis viridibas simplicibus sphwricis ellipticisve. Syn. Protococcus viridis? Mart., Fl. Bras., 1 , p. 7, ex loco. Protococcus Monas, Ag., c. alg. europ., t. 1 1 , ex Kutz., Aun. se. nat., 2 e serie, lom. II, p. 3G2, t. G, f. 4. Chlorococcum murorum, Grev., Crjpt. Scot. FL, i. ',V2h. Hab. Ad lerram humidam argillaceam propc urbe ni Havanam lectum. Obs. Cette vgtaliou forme, sur la lene qu'elle recouvre, des laches irrgulieres tres minees d'un veri tendr. Les globules qui la composent sont sphriques ou elliptiques el transparens ; leur cen- tre est oceup par un noyau de maliere verte. Ces globules vsicu- Icux ont un dimetro d'environ deux centimes de millimtre ; ecux qui sont elliptiques ont une longueur double de leur dia- metre . S HUTA IQUE. ohdo iii. CONFERV ACEyE , EndL Fila capillaria, membrancea vel filamentosa intus v. extus articlala , Simplicia v. ramosa, libera {id est haud in frondem coalita), interdum lamen reticulatim contexta , viridia vel rarius fusca aut purpurea , infor- mis infimis hy alia. Sporidia viridia y fila j ardenta vel inter artculos vesiculosos nflalos contenta. Endl. Aqua? marinas el dulcs vulgares hospites. Nonnullas vivpara? , al'ue motu quasi spontaneo vitam animalem mentiuntur. Syn. Confervoideos , Agardh, Syst., XX. Confervea?, Oscillatoriea? , Byssoidea? pro parte, atBatra- chospermea? (pluribus exclusis), Greville in Lindley, a natural Syst. of Bot. y 2 e dit., 436 sq. Confervacea? , Endl., 1. c, p. 4. trib. i. OSCILLATORIN.E , Ag. Substantia gelatinosa elongata in fila sub Simplicia, sub- continua mucosa, demum sa?pe ndurato-cornea, intus granulis vel annulis densis par allelis jareta, interdum motu oscillante vel ob rapidum incrementum quasi re- pente donata. Endl., 1. c, p. MICROCOLEUS, Desrnaz. Fila libera e vaginis membranaceis jasciculatim pro- repentia, Simplicia 3 transversim lineolis confertis notata, demum contexta. MICROCOLEUS MARITIMUS, Bory . M. filis viridi-hyalinis minutissimis rigidis strictis in fascculos parallele conjunctis. BOTANIQCB. 9 Syn. Oscillatoria chthonoplastes , Lyngb., 1. c, j). 92, t. 27. Agardh, Sjst. ah., p. 62. Microcoleus maritimus , Bory, Dict. class. hist. nat. , tom. X, p. 526. Hab. Ad littora Cubensia lectus. Obs. Cette Oscillarie differc-t-elle de sa congnere, le M. ter- restris, Desmaz. , autrement que par son habitation sur le sable des bords de TOcan , o on la trouve souvent rampante, mlange avec d'autres conferves? Pour dcider pertinemment la question , il faudrait avoir pu les observer comparativement toutes deux vi- vantes dans leur lieu natal. Je m'en rapportc done ici a la distinc- tion qui en a t faite par mon savant ami , lequel a sans doute t a nime de faire plusieurs fois cette coraparaison . Les diffren- ces indiques par M. Bory sont, dans notre espce, une dimen- sin gnralement plus grande et des filaments moins sensiblc- ment articules. Les chantillons que j'ai a ma disposition prsen- tent ees filaments d'un vert trsobscur ou presque noir et rampants sur le sable , mls a une touffe de Caulerpa fastigiata. Les fila- ments sont runis en fascicules flexueux couchs et eotrclacs. Je n'ai pu apercevoir la gaine commune. SCYTONEMA, Ag. Fila libera, coricea, intus annulata. Ag. , Syst., XXII. SCYTONEMA? RUBRUM, Montag . S. decumbens rubrum, dichotome ramosum intrica- tiun, ramis divaricato-geniculatis , sporangiis dimetro subbrevioribus. Syn. Scytonema rubrum, Montag., Cent. Pl. cell. exot. in Ann. Se. nat., 2 e serie, tom. VIII, p. 349. Hab. Ad folia dejecta in nsula Cuba. Desc. Fila in facie tolii supina decumbentia ramosa, intrcata, 10 BOTANIQB. (|ii;isi discreta, non autem oongesta , capillo lenuiora etoculo iu unalo inconspicua, acris lantum ope Icnlissub oculos cadentia , maculas diametri 3millim. efformantia. Kami elongati divaricati, pice obtusi, intus sporangiis aut dimetro brevioribus aut cum- dem e([uanlibus anuulati. Sporangia demum libera elliptica gra nulis amorphis refera. Color maeularum ob pulvisculum absque du-bio peregrinum rubro-fuscus , filarum vero microscopio subjec- torum viridi-fuscus. Obs. Cctte espce nc peut tre distinguc de ses congneres que par la couleur de ses tacbes, par la longueur des segmente du lila- ment interne ou des sporanges et par sa ramiheation. SCYTONEMA BYSS01DEM , Ag. I:OTANIQUE (CRYPTOGAMIE^, I'L. II, fig. 2. S. filis simplicibus ereciis brevissimisjlexuoso-crispis iit stratum nigrum complicatis. Var. corticale^ Montag., ms.jilis simplicibus flexuosis erectis ramoso-proliferis. Syn. Byssus petrcBa nirrima fibrosa , Dill.. Hist. muse, t. 1, f. 18. Cornicularia velutina, Ach. , Prodr., p. 218. Parmelia paunosa , Ach., Meth. 9 \i. 245. Collema panno sum , Ach., Lichen. univers., p. G60. Collema velutinum , Ejusd. , Synops., p. 329, ex Ag. Scytonenia bjssoideum , Ag., Sjst. Alg., p. 39. II ab. Acl cortices vetustos i/i consortio Parmeliee cujus- dam nondum specifice determinare lectum. Obs. Compar des chantillons de Collema velutinum, Ach., re- eueillis dans les Vosgcs et communiqus par non ami le Docteur Mougeot, je n'apcrcois aucune difieren ce a la vue simple. Sou- mis au microscope compara tivenient a la meme plante, je vois en- cor les mimes formes , des dimensions gaes dans les filaments B0TAN1QUE. 1 1 olios sporanges, lo momo modo d'cnchevtrement de ceux-la entre cux , enfin tout me parait identique , Pexception d'un soul point. Dans la planto do Cuba , dveloppe sur unecorcc, los fila- monts , d'un auno hrun , pousscnt de tuutos pars d'autres fila- ments pollucidos ou a peino colores d'une teinte de vori bleutfe qui n'onl tout au plus que la einquime parti du dimetro dos pre- miors. Cos filamcnts secondairos sontdj cloisonns ou plutt rem- plis do gongyles tres subtils qui les fonl paraitre tels. lis sont s abondants, qu'ils forment une sorte de duvet qui unit entre cux d'une maniere tres serre ceux dont ils manent. Les gongyles sortcnt a la maturit de l'extrmit des filamcnts principaux. On les voit sur le porte - objet du microscope, seuls, ct ayant alors une forme ovale ou rgulirement clliptique, ou bien runis doux a doux , trois trois et ainsi de suite, en series plus ou moins nombreuses. J'en ai observ quelques uns qui m'ont paru en tal de germination , si l'on peut employer ce lerme pour dsigner le dveloppement primordial de la plante. Ils pousscnt deux filamcnts pellucidcs dont l'un est toujours plus long que l'autrc. Le plus court correspondrait-il au point par o celte algue se fixe sur los corps o elle prend son accroissement? Serait-ce une espoce dis- tincte? EXPLICATION DES FIGURES. Pl. ii. fig. -2. a Sommet d'un ilament du Scytonema bijssoideum , var. corticale, vu un grossissement do 380 dimetros. II porto ees filamcnts secondairos dont j'ai parl ctqui nc sont peut-ctre quedos prolifications. b Chapclcl ou suitc de gongyles sortis du tubo du ilament. ce Forme dos gongyles aprs lour sopara lion et avant lour germination. dd Gongyles dans ce dernior tat. Toutos los figures sont faites au momo grossissement. trib. ii. CONFERVE.E, Jg. Fila articulata viridescentia , omn i no libera vel reti- culatuiu connexa , )lerum(ue eniospora. Sn\. Co/iJcivea>, Ag., Syst., XXV. Endcli,, I. c, p. ."). 12 BOTAMIQUB. CONFERVA, Ag. Fila membrancea libera, Simplicia v. ramosa entos- perma. Algae marinas, fluvitiles et palustres. CONFERVA FASCICULARIS , Mert. C. filis ramosissimis capi Hacis , ramis alternis remotis ahbreviatis , ramulis fastigiatis subsecundis , articulis dimetro quadruplo lojigioribus. Syn. Confera Ja scicularis 3 Mert. in Ag., Syst., p. 114. Martius, Fl. Bras., I, p. 9, descriptio bona. Montag., Voy age dans Y Amcr. mr., par Ale. d'Orbi- gny, Botanique , pl. 7, f. 1 . Hab. In porta Havanensi ubi paucissima eocemplaria cum alus algis intricata legit el. Ramn de la Sagra. CONFERVA RIPARIA, Dlllw. C. Jilis tennis simis longissimis Jlexuosis impleocis, re- motissime ramosis , ramis brevibus subsimplicibus d'wari- catis , articulis dimetro duplo longioribus , geniculis pel- lucidis. Syn. Conferva jipara, Dillw., Brit. Conjerv., p. 69, t. E. C. obtnsangula , Lyngb., Tentam., p. 159, t. 55. C. riparia, Ag., Sjst., p. 106. Hab. Ad littora Cubensia vulgaris. Obs. On trouve dans Lyngbye une fort bonne description de cette conferve, et surtout une figure grossie avec laquelle notre chantillon convicut parfaitement. Dillwyn l'a donnecomme sy- BOTANIQUE . 1 3 nonymc du Confcrva riparia dcRolh(Cat. Bot. m,p. 216), quoi- que les caracteres par lesquels ce dernier auteur dfinit sa plante nc se rapportcnt gure qu'a la tnuit des filamente et a la Ion gueur des articles ,, car a peine s'il dit un mot de sa ramification. Aussi c'est avec doute qu'Agardh ruuit l'algue de Roth a celle de Dillwyn. De son cote, Lyngbye, sans oscr se prononcer avec plus de certitude , rapporte la premiere a son Zygnema lilloreum. Quoi qu'il en soit, je nc doute nullcment que les chantillons de Cuba n'appartiennent a l'especc de Dillwyn. CONFERVA BRACHYCLADOS , MoHag . noTANiQun (cryptogamie) , rr.. iv , lig. 2. C. filis tenuissimis irregulariter dichotome ramosis, ramis primaras longissimis patentibus, secundariis apprcs- sis, ultimis brevissimis spinceformibus secundis pectina- tis, articidis injerioribus cylindricis dimetro quintuplo, supremis oblongis duplo tantum longioribus. Syn. C. brachy ciados , Montag., Cent. pl. cell. exot. i/i Ann. se. nat. } tom. VIII, p. 349. Hab. Prope Havanam leda, probabiliter aqiuv salsee ncola. An ad saxa adkrerens vel libere Jluitans inventa sit, incertum. Desc. Ccespes maximus , densissimus , laete viridis , nitens , 5 poli, et ullra longus, intricalus : Fila tenuissima ultrasetacea , membrancea dichotome ramosissima. Rami primar s. inferiores altcrni , longissimi , patentes ; secundarii strictiusculi ramulis ins- tructi brevissimis spinasformibus subsecundis vel seriebus quater norum alternatim secundis approximatis pectinatisque. Articuli in- feriores (fili primar) dimetro sxtuplo, ramorum quadruplo , ra- mellorum duplo sesqui longiorcs, irregulariter alternatim collapsi, medio hyalini, ad genicula obscuro virides. Color ccespitis lele viri- dis , filorum viridi alboque variegatus. Substantia membrancea tcnuissima. GhartaB vel vitro laxe adhreret. Obs. Je ne connais le Confcrva membrancea, lofm , que par la I B0TA3IQ0E simple diagnosc qu'en a doune M. Agardh daos son Systema Alijaran. On concevra aismenl qu'il est impossible sur un si pet nombre de caracteres , et principalcmcnt dans un gcnre s nom- breux ct si mal connu , de dcider si l'Alguc dont il est ici ques- tion doit ou non y tre rapporte. Les sculs , en effet , qui me semblent convenir a toues les deux , sonl , d'une part , la tnuit et la consistance membraneuse des (llamen ts, de l'autre la rami- ication dichotome. Mais M. Agardh ne parle en aucunc maniere de la disposilion remarquablc des derniers ramules , disposition qui me parait essontiellc et qui distingue a premire vue cette con- ferve de toutes ses congneres. La longueur des articlcs, que le clebre algologucsudois dit tre de quatre fois le dimetro, vari dans notre plante entre une fois et demie et six fois ce mme diamtre, selon la hauteur o on les observe. Ccsarticles, d'ailleurs, ne sont pas absolument cvlindriques , mais plutt oblongs. J'ai compar mon C. brachy ciados avec le C. diffusa, Roth; mais elle n'a de commun avec cette espce que le mode de ramification , et encor cellc-ci est-elle fort diverse dans les derniers ramules. Les fdaments de Fcspce de Roth, voisinc du C. rupestris, onl un calibre trois ou quatre fois plus gros que ceux de la notre. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. iv , ig. -2. a Conferva brachyclados de grandeur naturelle. h. Partie suprieure d'un individu vue un grossissement de qua- torze diamtres. c Portion du Blament grossi 150 fois pour montrer la longueur et la forme des articles et celles des ramules latraux. CONFERVA IMPLEXA, Dtllw. C. filis tenuissimis simplicibus crispato-implexis molli- bus obscure viridibus., articulis dimetro sesqui-duplo longioribus. Syn. Conferva implexa } Dillw., Iiitrod., p. 46, t. B. Lyngb., 1. c, p. 144, t. 49. Ag. Sjrst., p. 91. Hab. Jd fucos majares in porta Havancnsi lecta est. BOTANIQUE. CONFERVA LINUM, Ruth. C. filis simplicibus c ras sius culis rigidis crispaiis , lon- gissimis, laxe implica tis , arti culis dimetro sublongiori- bus f siccitate plicalo-corrugatis . Ccespes sordide viridis veljlavescens , articuli fdoram secundum longitudinem pl'tcati , corrugati , angulosi , me- dio crjstallini , ad genicula gibbosa granulis obscure viri- dihus Tiigro-punctati. Syn. Conferva Linum, Roth, Cat. , Bot. } I, p. 174 e( III, p. 257. Fl. Dan., tom. CCLXXI, f. 2. Conferva capillaris _, Dillw., Introd., p. 47, t. 9. Ceramium Linum, DC, Fl. Fr., II, p. 47. Hab. In portu Havanensi lenta , vadorum marinorum ncola. Obs. Nos chantillons diffrent peine de ceux qu'on recucillc en Europe , sur les cotes de POcan et de la Mediterrneo. Peut- ctre les filamens sont-ils un peu plus dlis; mais l'aspect, la lou- gueur relativo des articles et tous les autres caracteres sont abso- lument les mmes. Elle n'adhre point au papier. CONFERVA ^EGAGROPILA, L. C.jilis e centro communi egressis globum constituenti- bus rigidis ramosissimis obtusis , articulis dimetro 3plo C>plo longioribus eocsiccatione cylindrico-ellipticis . Syv. Conferva cegagropila , L. , Sjst. plant. , edit. 3, p. 1037. Roth, Cat., III, p. 244, sqq. Dilhv., Brit. Conj., i. 87. Ag., Sjst., p. 118. Hab. Jdlittora Cubensia rejectam legit hanece speciem el. Ramn de la Sagra. <>iss. Cetle Confervc est d'un beau veri dans sa jeunesse, mais 16 BOTANQUE. avec Vkge elle prend uno teinte bruntre analognc eolio L . III, fig. 2. B. filis ca?spitosis simplicibus , mox dichotome fasci- culato-ramosis , ramis fastigiatis , ramenta brevissima basi attenuata clavata subsecunda gerentibus. Hab. In portu Havanensi Insulte Cubw ad alias juca- BOTANIQUB. 17 ceas parasitantem haiicce specicm, ut videtur , distinctis- simam detexit el. Ramn de la Sagra. Descr. Radix subhemisphaerica e fibris ramosis floxuoso-con- tortis constitua. Fila dense (cespitosa , sesquipollicaria, basi Sim- plicia, crinaba, mox ramosa, ramis elongatis fastigiatis fascicu- latis et subdichotomis hinc inde ramula ferentibus brevissima, vix dimidiara ipsius fili partera diametri acuantia sed et diamc- trum paululum superantia, pice confertiuscula, subsecunde versa. Color cespitis obscure viridis nigro-variegatus nilens. Charta vcl vitro arete adhaeret. Obs. Cettc espece est voisine du Bryopsis Balbisiana , dont je la separe avec quelque rpugnanee, cause des nombreuses mo- difications de forme que subit la plante mditerranenne, dans les lieux o elle a t trouve jusqu'ici. J'en ai, en effet, de nom- breux chantillons, la plupart originaires de la Mediterrneo et de l'Adriatique ; deux seulement ont t trouvs , l'un a Gibraltar par M. Webb, l'autre au Cap-Vcrt par M. Leprieur. Nanmoins, crame le genre lui-mrae est encor peu nombreux en espces, et qu'il y a peut-tre dans cetle conjoncture moins d'inconv- nient a sparer qu' reunir des formes voisines, je prends le parli d'admettre comme espce legitime cellc qui a t trouve Cuba. Si l'on considere, en effet, les nombreux et tres courts raraulcs qui partent de tous les points des rameaux principaux et qui, presss surtout et comme imbriques vers le sommet, ne sont ni plumeux ni pnicills, mais sont, au coutraire, tourns du mrae ct, on aura, ce me semble, un assez bon caractrc pour distin- guer ce Bryopsis de celui de Lamouroux. Au reste, ect auteur, auquel est due la cralion du genre qui nous oceupe, a donn de son Bryopsis Balbisiana une figure aussi raauvaise (juMncom- plte. En supposant done que l'espcc que je propose ici et que j'en regarde crame distinetc nc soit point admise par les phyeo- logues, el n'cn soit considre que comme une forme ou varil tropicale, je pense toutefois que la figure que je donne de ma plante avec les analyses requises par l'tat de la science ne sera pas trouve superfiue, soit qn'elle confirme mon opinin sur la l- gilimil de ma distinction , soit qu'elle nc serve qua introdurc dans la science une representaron plus Gdle el plus evade de Pune dt's formes de l'espce mditerranenne. 18 BOTANIQUE. Par la disposition de ses ramules tourns dans le mme seos, aotre plante est galement voisine d'une espce indito, trouve daos la Mediterrneo, etqui m\\ tcommunique par M. J. Agardfa sous le ora de Bryopsis secunda. Jusqu' ees derniers lemps, on avait cru le genre Bryopsis priv de conceptacles ou coniocystes. Je les ai observes le premier sur des ehantillons d'une forme faseicule du Bryopsis Balbisiana recueillis par raon exccllent et savant ami M. Wehb, dans la Me- diterrneo, au port de Villefranehe prsdeNicc. J'en ai fait l'ob- jel d'un mmoire que j'ai soumis, le lundi ) juillct 1838 , au ju- gement de l'Acadmie des sciences. Voir le Coniptc reudu de cette sanec. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. iii, fig. 2. a Touffe de Bryopsis ramulosa vue de gran- deur naturelle. b Un individu separ de la touffe et grossi quatre fois. c Extrmit d'un rameau qui montre les nombreux ramules, ordinaircment tourns du mme ct, dont cette espce est cou- verte. Cette dernire figure est faite a un grossissement de 25 dia- mtres. subordo ii, CAULERPEiE, Grev., Moniag. Characteres idem ac generis unid. CAULERPA, Lamour. reform. Surculus horizntalis repets radices fibrosas emittens et frondem membrnacem vitream multiformem sessilem aut stipitatam intus fibris tennis simis reticulatis sursum erigens. Fructus : massa granulosa viridis retculo in- terno paetibusque frondium affixa, demum in sporidia mobilia? abiens. Montag., Ann. Se. nat., 2 e serie, Botan.;, tom. VIII, p. 353, et tom. IX, p. 146, pl. 6. B0TN1QU. 1J CAULEIU'A FASTIGIATA, Mtltag. BOT ARIQUE (crypTOCAMIe) . II.. II , fig. '. C. suvculo {filo primario ) repente' frondibusque erec- is dichotomis fastigiatis Jiliformibus, pice ramulosis > ramulis brevioribus longioribusve obtusis , suboppositis aut et subjasciculatis adscndentibus , axillis rotnndatis. Montag., Cent. Pl. cell. exot. in Aun. se. nat. y tom. 8, p. 353. Hab. In Ocano atlntico littora Cubensia alente, prcesertim in portu Ilavanensi lec.ta est Iicecce distin'ctis- sima et fere paradoxa spe.cies , Poljpariis , Algis, Uno Testaran fragmentis repens. Descr. Cespitosa. Surculus filiformis membranaceus (non cor- neus) frondibus crectis similis, hinc inde radices ramosas pellu- cidas pro rationc planta? sat longas, miro modo intricatas quibus ad Algas Conchasve reptat, emittens. Frondes erecta?, tcnuissimav, tubulosa? , capillo humano vix crassiores, fere bipollicares irregu- lariter ramosa?, fastigiata?. Rami conformes, alterni, suboppositi vel fasciculati, adscendentes , axillis rolundatis, pice obtusi ex- siccalione diverse plicati, longitudinaliter rugosi, intus massa re- pleti sporacea retculo c fibris tenuissimis hvalinis basi bulbosis composito aflixa. Color ex pulverc ad inleriorem frondis paginam hete viridis pice frondium nigrescens, vel in variis speciminibus, sub Alga? maturationem ? aurantiacus. Substantia membrancea. Cuarta? et vilro laxe adha?rcl. Ous. Avanl d'avoir tudi el demontre la structure intime des Caulerpes, il m'et sans doute l de toule impossibilit de rap- porter cetle Algue a son vritable genre. A en juger d'aprs le port, on aurait pu croire avoir affaire a un Bryopsis ou a une Vauchrie non fructifie. II se pourrait mme que le Vuucheria fas- ligiala rapport de son premier voyage autour du monde par moa savant ami M. Gaudichaud, et qui ne m'est connu que par une simple piiase de M. Agardh ? ft une forme bien voisine de ma -20 HUTA MOLE. plante, si mme olio n'ost pas lout a fait idcntiquc, chose dont au roste je n'aj pu m'assurcr parce que je n'ai retrouv aueun chantilln portan t ce nom, dans les diverses collcctions que no- tre savant voyageur a enrichies de ses importantes Communica- tions. Dans l'impossibilit de constater la synonymie, je ne l'ai point rapporte. II est entirement inutile de dir en quoi cette especc difiere de ses congneres , puisqu'il n'en est aucunc. qui lui ressemble memo de loin. On nc la distinguera des Vaucheries ou des Bryop- sis acystiphorcs que par le tissu fibreux qui remplit l'intrieur de ses frondes. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. ii, fig. 3. a Touffe de Caulerpa fastigiata de grandeur naturelle. b Un individu dtach grossi cinq fois. c Extrmit d'un rameau vu a un grossissement de 16 dimetros, d Petite portion d'un filament vu une amplification de 190 diamtres. On en voit sortir a chaqu bout ees libres qui formen t le rseau anastomos dont j'ai parl et que j'ai Je premier fait connaitre. On voit aussi quelques parcellcs de la masse sporace contenue dans le tube des filamens. subordo ni. ULVEiE, Endl. Sporidia frondi inspersa , scepius quaternata. Frons membrancea viridis aut purpurea, plana aut tubulosa . ENTEROMORPHA, LK. Frons tubulosa viridis^ basi attenuata striato-areolata ; sporidia in areolis subquaternatim aggregata. ENTEROMORPHA CLATHRATA , GreV. E. fronde tubulosa flavescente , irregulariter clathrata fdiformi, ramis attenuatis . Syn. Solenia clathrata > Ag., Sjst. , p. 186. BOTAN1QUE. 21 Scjtosiphon clathratus , Lyngb., Op. cit., p. GG, t. 16. Fl. Dan., t. MDCLXVII. Conferva paradoxa , Dillw., Brii. Conf., t. F. Conferva clathrata , Roth, Cat. III, p. 175. Ulva clathrata, Ag., iS/^. I., p. 422. U/va ramulosa, E. B., t. 2137 et 2328. Entcromorpha clathrata, Grev., Alg. Brit., p. 181. Var. /S conj'ervoidea , j ronde terete fdijormi , tubu- losa, ramosissima , ramis ramulisque densissitnis , al- teris , patulis , surswn spectantibus. Syn. Scytosiphon erectus ,' Lyngb., 1. c, p. 65, t.i5. Ulva clathrata [6 confervoidea , Ag., Sp. Alg. I, p. 423. Solenia clathrata, Ejusdem, Sjst., p. 187. Hab. Ad littora nsula? Cuba? nter rejectamenta maris cum aliis Algis leda. ULVA, Ag., Syst. Frons membrancea plana viridis , sporidia quater- nata per totam frondem inspersa. ULVA LACTUCA, L. U. fronde obovata , lanceolata vel subrotunda undu- lata integra aut laciniata. Syn. Ulva Lactuca, L., Spec. Plant., 1G32. Martius, Fl. Bras., I, p. 20. Montag., Seri. Patag., p. 10, Voy. dans VAmr. mrid., par Ale. d'Orbigny. U. Lactuca et latissima, Ag., Spec. I, p. 407 et 409. Var. palmata, j ronde e centro indiviso in lacinias li- neares widulatas contorlasque partita. 11 B0TAN1QUE. S<>\. L/lva latissiina , Var. & plmala , Aj. , l. c.,p. W)9. Ulva nematoidea , Bory, Cor/., p. 190. Montag., Flo- rida Bolwiensis nondum edita in Itin. Amer. merid. , par Ale. d'Orbigny. Nota. Ulvamfasciatam, Delile, Egypt.,^, 153,1. 58, huc ab Agardhio relatara, t speciem genuinam habeo. Conf. : Cryptogames Algriennes , etc. (mox editurai). IIvb. In porta Havanensi tjpus et varietas vulgares. ANADYOMENE, Lamour. Frons viridis venosa, vens rnultipartitis symmetricis rectis. Fructus ignotas . A n vera Alga? ANADYOMENE STELLATA,, Ag . A. fronde planiuscula , venis erectiusculis rnultipar- titis. Syn. Ulva stellata, Wulf., Crypt. aquat. , p. 6. Anadjbmene stellata, Ag., Spec, I, p. 400. Mari., Fl. Bras., I, p. 23, ad calccm. A '. flabellata , Lamour., Polyp., p. 365, t. 14, f. 3. Bory, Eocpd. scient. de More, Botaniq., tab. 37 bis, % 5. Hab. nter rejectamenta /naris littora Cubensia alluen- tis specimina quam paucissima leda irweni. Obs. II est encor incertain si cette production marine doit tre range parmi les Algues ou bien parmi les Polypiers, crame le voulait Lamouroux. Sa structure celluleusc doit faire pencher, selon moi , a la reteir parmi les premieres. Je partage compl- tement l'opinion de M. Bory quand il dit que l'pithte de Jkbel- lata donne par Lamouroux a cette Algue exprime bien mieux BOTANIQUE. *23 son port que celle par laqnelle Wulfcn la earactrisait. Mais la loi de la prioril, qu'il faut respectcr rcligicuscment toutos les Cois que les termes n'impliquent aucunc contradiction, nous fait un devoir de conserver le nom de Wulfcn , quoique moins expressif. subfam. ii. FLORIDEJE, Lamour. reform. Char. Froneles corticatee , planee vel filiformes , conti- iiuevaiiter ti culatee, purpurees aut roseee. Fructus : sporidiei (gongyli) purpurea vel intra conceptenla varia (sporan- gia) frondibus intumescentbus innata vel earumdem superficie vario modo ( punctiformiu , soriformiei) ins- persa. Syn. Florideee, Lamour., Ag., Grev., Endl. et Cerumieee, Duby, Endl., generibus Leibliniei, Bolbochcete , Chati- transa, Elaschistea , Ectocurpo , Sphaceleiria , Deisy- cludo et Cladostepho exceptis. ordo ii. CERAMIEE, Duby. Fila pleruni([ue color atei , articlala, simpuda vel ramosa. Fructificatio varia : conceptuada sessilia vel pedicellatei et tuberculu globosu apicbus ramulorum intumescentbus innata. Endl., 1. c, p. 5. Syn. Cermica?, Ag., Sp., II, p. 50. Duby, in Mam. Soc. Phys., et Hist. neitur., Genev., toni. V, p. 321 , sqq. et VIII, p. 28 sqq. cum iconibus plurib. illustr. CALLITHAMNION, Lyngb. Fila rumosissimu purpuris centin , rosea ^ versicoloriei- que, geniculis pellucielis fasciatis . Fructus : conceptenla spheerica velelliptica, sessilia vel pedicelluta, e peridio hjraHno nucleum induciente homogeneum purpureum e centro radiatim 3-4 \ partitum , constantia. BOTANIQUE. 3 l'\ B0TAN1QUE. Syn. Callithamnixyfi, Lyngb*, Op. cit, f p. 129. Ag., Spec, II, p. 156. Endlieher, I. c, n G1 . t 'era mi i species , ul)y, 1. <. CALMTHAMNION REPE1VS , Lyn()tj. C. filo primario decumbente radicante, ramos verti- cales iterum patenti-ramosos emitiente, articulis dimetro 2-3plo longioribus , conceptaculis Syn. Callithamnion repens , Lyngb., 1. c, p. 128, I. 40, Ag., Spec, II, p. 184. Conjerva repens, Dillw., Brit. Con/., t. 18. Roth, Cat., III, p. 221. Ceramium repens, Duby, Bot. Gall. y p. 971 . Hab. Ad caules Sargassi vulgaris in portu Havanensi leed, in consortio Ceramii repentis , Polysiphonia? se- cunda? et Biddulphia? australis hujus speciei specimina repentia inveni. Obs. Bien que notre Algue, corapare aux figures et aux des- criptions citcs dans la synonymie, prsente quelques lgres dif- frences, cellcs-ci ne m'ont pas paru tcllement importantes que j'aie du la distinguer de cclle de Lyngbye. Ces diffrences , au roste, sont probablemcnt individuelles ou locales et mritent peu dY'trc prises en considration. Ainsi les rameaux qui partcnt du ilament principal ou rampant ne sont pas tous ascendants , ni dresss. Quelques-uns naissent du ct oppos, ce qui les rend distiques. Ces rameaux en portcnt rarement d'autres; on en voit pourtant c et la, et mme on observe alors que plusieurs sont disposs en croix et presque horizontaux. Les articles sont tres- va- riables en longueur comme dans toutes ces espces peine cbau- ches. On en trouve qui ont une fois et demie la longueur du dia- mtre, et d'autrcs qui mesurent trois fois celte longueur. Dans nos chantillons, le filament principal rampe sur la tigc du Sar- gasse, o il se fixe au moyen de courts rameaux termines par un evasement scutiforme. II a un diamelrc de - demillimetre et les BOTAMQUE. 25 rameaos qui en partent a'ont pas un millimtre et dcmi de hauteur. CALLITHAMNION REPENS [i TENELLUM , Lytigb. hotanique (crvi-tocamie), pl. V,fig. 4. C. ramis verticalibus subsimplicibus. Syn. Conferva tenda, Dillw., t. F. Ceramium repens tenellum, Ag. , Syn., p. 03 ct Sjst. , p. 131. Callithamnion repens i tenellum, Lyngb., 1. c, t. 40. Ag., Spec, II, p. 184. Hab. j4d Polyparios varios et Haliserim plagiogram- marn in littore Cubensi rejectos adrepentem hanc vari- tatem observavi. Obs. Cctte varit ne se distingue du type que par ses rameaux presque tous simples ou divises une seule fois. II faut bien se gar- derde la confondre avec le Conferva villum, Ag., originaire du cap de Bonne-Esprance , o le dcouvrit M. Gaudichaud, croissant sur les mmes especes de polypiers. Sans le secours du raicroscope , il est effectivement impossible de prononcer laquelle des deux Algues on a affaire, tant leur fac 'es , leur couleur ct leur port sont de tout point scmblablcs. Toutes deux, comme les ls du velours, recouvrent les Polypiers d'un duvet purpurin tres abondant et tres court. Les fdaments de l'une ct de l'autrc ont tout au plus un mil- limtre de haut. A un grossissement suffisant, on les dislingucra aisment l'une de l'autre par la prsence du ilamcnt rampant qui caracterise le Callithamnion et qui manque dans la Confcrvc , cha- cun des ils composant cellc-ci tant simple ct partanl d'un rcnfle- ment bulbibrmc. Je n'ai point vu de fructilication dans mon cchan- tillon de Callithamnion repens S> tenellum j moinsdc regarder comim^ ccllc-ci un renlement du dernier article des filamente dresss, contcnant de troisiicinq gongvles purpurins bien distinetset places sur une ou deux ranges transversales, comme on peui le \<>ii dans la rurc. _'(. BOTANIOUE EXPLICATION DES FIGURES, Pl. y, fig. 4. Callithamnion repens tenellum, vu a un gros- sisscmcnt de 80 dimetros. CERAMIUM, Ag. Fila ramosa, purpurascentia , geniculis elevatis granu- liferis ; conceptacula globosa, sessilia, sa?pe involcrala 3 peridio membranceo tenaci , ncleo e granulis copiosis angulalis conglobato. Endlicher, 1. c. Syn. Ceramium, Ag., Sjnops., p. 26. Species Alg. , II, p. 138. Ceramium, Duby (exclus. Callithamnio et Griffithsia), 11. ce. fiorjna, Gratel., Bonnem. Hydroph. locul.,p. 52. Gail- lon, Rsum. les class. des Thalass. y p. 48. Dicty- derma, Bonnem. in Journ. Phjs., XCIV, p. 1 85. C ERAMIDM CLAVULATUM , Ag . BOTAMQBE (cRYPTOG AMIe) , PL. II, fig. I. C. Jilis dichotomis cartilagineis opacis , geniculis ele- vatis obscurioribus ciliatis , articulis longitudinaliter transversimque tenuissime striatis. Syn. Ceramium clavulatum, Ag., apud Kunth, Pl. a?c., I, p. 2. Spec. Alg., II, p. 152 (descriptio). Martius, Fl.Bras., I, p. 14. Boryna torulosa, Bonnem., 1. c., p. 58. Borjna ciliata, Bory in Blanger, J^oj. auoc Ind. or., Cryptog., p. 1 77 (non Gratel. nec Bonnem.) ex speeimine ab amicissimo Blanger commimicato. Var. y crispulum } Montag., filis fleocuoso-crispatis ra- mulis forcipatis , articulis plus minusve ciliatis. BOTANIOUE. 11 Hab. Ad Algas majores in />ortu Havanensi ledas crescit. Obs. Un chantillon de cette plante, provenant du Brsil, m'a- vaitd'abordt donnsans nom par Persoon. Bonnemaison, l'ayant vu dans ma collection, niedit quec'lait sa Borynatorulosa ,- jesuis done sur de ce synonyme. Depuis lors j'ai recu de MM. Blanger et Lehmann la mme Algue cueillieau cap de Bonne- Esperance. M. Maille me l'a donne de Hati, et M. Webb l'a recueillic lui- mme sur un ilotou plutot un rochernomm lboran, situ dans le dtroit de Gibraltar. Je ne sache pas qu'ellc s'avance davantage dans la Mediterrneo, o Bonnemaison Tindiquc avecdoute, en citant le synonyme de Ceramium coccineum, Drapnd. ms., qu'il a trouv sur l'tiquettc de l' chantillon de Pherbier de Lainouroux. Non-seulement cette Cramie n'a jamis t figurc , mais , malgr mme la dcscription qu'en a donne M. Agardh, elle est encor bien peu connue sous beaucoup de rapports. 11 est probable qu'elle a t souvent confondue avec le Ceramium ciliatum , Roth. Sa structure, bien diffrcnte, est pourtantdes plus remarquables, et je me suis attach en bien faire sentir toutes les particularits. Ses filaments sontcomposs d'articles mltiples, c'est a dir qu'en tr< deux cloisons il y a plusieurs ranges de cellules cubiques, colo- rees, disposes en general d'une maniere symtrique. Ces cellules forment des series linaires longitudinales et transversales, ce qui a fait dir que ces filaments taient stris en long et en travers. Cette conformation rapproche Pcspce en question du genre Pohj- siphonia dont elle ne diffre en efct , du moins sous le rapport que je viens de signaler , que parce que les cellules sont disposes sur plusieurs ranges pour composer un seul artiele, lequel , dans le genre prcit , est ordinairement form d'un seul rang de cel- lules colorees beaucoup plus saillantes. La ressemblance est encor plus grande si l'on observe au microscopc une (ranche horizonlale tres minee du filament. On voit que celui-ci se composc de 20 a 24 cellules orbiculairement placees et maintcnues entre deux membranes, l'une extrieure ou pidermique, et l'autre intricure, toutes deux pellucides, et que le filament lui-mme, depuis sa base jusqu'au sommet des ramules , est fistuleux ou parcouru par un canal qui n'esl interrompu qu'au niveau des cloisons, absolumen l romme le reprsente la mupc transversale qu'a donne M. I)ul\ du Polijsiphoniu jiolymorpha . a la planche I , lig. F ; l. G . de son 2H BOTANIQE. premier Mmoire sur les Gramies. Le filamenl est, en outrc , aplat ou comprime entre les cloisons et ne conserve sa forme cy- lindrique qu'au niveau de celles-ci et dans les derniers ramules. Si Pon fait une section transversale de cette portion aplatie , elle prend dans l'cau une forme elliptique , quelquefois un peu lanco- Je , ce qui n'a pas lieu dans les autres points , la tranche hori- zontale du ilament y conservant sa forme orbiculairc. Je nc puis dir si les choses se passent ainsi dans l'tat de vie , ou si cet apla- tissement est l'effet de la dessiccation. Chaqu article tant lg- rement renfl au niveau des cloisons , il s'ensuit que ees articles ont Pair de s'emboiter les uns dans les autres et que le ilament tant toruleux ( d'o le nom spcifique donn par Bonnemaison) peut se comparer certaines Corallines. De la base des filaments et meme de leur milieu , j'ai vu naitre , un peu au-dessous des cloisons , des radicelles au moyen desquelles la plante s'attache aux Fucus sur lesquels elle tablit sa demeure. Ces radicelles naissent au-dessous des cils spiniformes et ne sont point une dgnrescence ou une mtamorphose de ceux-ci , comme on serait tent de Pima- giner et comme je le pensis d'abord moi-mme avant de les avoir examines de prs. Elles s'vasent leur extrmit en un entonnoir hmisphrique ou bien se bifurquent et se trifurquent pour embras- ser les frondes qui servent de support a la plante. Le tube des fi- laments conserve a peu prs le mme diamtre dans toute sa lon- gueur ; il est seulement un peu dilat chaqu cloison o les cellules colorees sont accumules. Ces cellules sont vertes ou deco- lreos dans le bas de la plante (cela tient-il la dessiccation?) ; mais bientt elles prennent une teinte rose qui devient purpurine vers le sommet des rameaux. J'ai cherch les or ganes de la reproduction dans beaucoup d'chantillons , je n'ai ren observ qui ressemblt des conceptacles. Mais , et c'est peut-tre le mode de propagation de cette Algue , j'ai vu naitre dans la dichotomie un ou deux bourgeons, si Pon peut donner ce nom a des glomrules de cellu- les remplies de matire colorante, qui, par leur allongement, sem- blen t produire de nouveaux rameaux alternes avec les anciens , en sorte qu'en ce point on en remarque jusqu' quatre opposs deux deux. Ces rameaux, d'abord simples, se bifurquent ensuite eux-mmes plusieurs fois. Bonnemaison parait avoir vu aussi ces espces de prolifications. La longueur totale des chantillons de Cuba vari entre un et deux pouces, selon Pgc et la localit. Ccllc des articles est aussi BOTANIQUE. 29 variable dans les divers points du ilament. D'abord une fois, puis cinq fois plus longs que le diametre, ils diminuent cnsuile de lon- gueur mesure qu'on les examine plus haul , de facn que ceux des ramules en frceps ont une longueur equivalente tout au plus au tiers de ce meme diametre. Celui-ci, au reste, vari dans le meme ilament entre 15 ct 18 centimes de millimtrc. Telle que je viens de la dcrire, cettte jolic Cramie, mieux ca- ractrise qu'elle ne l'avait encor t et bien distincte , selon moi , de toutes ses congneres, offre deux variets rcmarquables , mais qu'on ne peut sparer spcifiquement a cause des passages ou des intermdiaires. L'unc , presque glabre , a ses dernires bifurca- tions dresses ; l'autre, videmment et longuement cilie , les a au contrairc recourbcs en frceps. Le port de la prendere, qu'on peut considrer crame le typc , a quelque chose de roide et de serr ; celui de la seconde cst crisp et flexueux. Si l'on ne faisait une attention toute spciale ala structure des filamcnts, qui cst la mme dans les deux formes , on serait tent d'en faire deux espces, M. Agardh ne parle pas des cils, qu'on n'observe, il est vrai , dans le type qu' un assez fort grossissement du microscope compos j cependant ils existent dans tous mes chantillons, ct Bonnemaison , qui les avait bien vus , dit qu'ils donnent aux fila ments une certaine ressemblance avec les tiges des prles. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. ii, fig. i. a Ceramium clavulatum, Ag.; var. crispulum^oh.. vu de grandeur naturelle. b Dernires bifurcations d'une branche grossie vingt-cinq fois en diametre. On voit en gg les esperes de bourgeons dont j'ai parl dans la description. c Sommit d'un ra- meau en frceps vue cinquante diamtres d'amplificat'nui. d Portion du filament principal dessin aun grossissement de cent soixante diamtres pour monlrer les cellules cubiques ranges en series longitudinales et transversales ct les cils qui garnissenl chaqu articulation. On voit en h une espce de bourgeon analogue ceux qui naissent dans l'angle des bifurcations. e Tranclie moyenne qui resulte d'une section longitudinalc du filament en Irois portions dont les deux laterales ont tcnleves. Gette (guie faite un grossissement de cen qualre-vingts diamtres raontre rorganistvlion des cloisons el des parois du ilament el le (anal dont 30 BOTANIQUE. il osi creus dans toute sa longucur. c Section transvcrsale du lilamcnt vuc au mme grossissement que la figure precedente. CERAMIUM DIAPHANUM, Roth. C. filis dichotomis membranaceis ex purpureo et hja- lino variegatis , ge?iiculis elevatis. Syn. Conferva diaphana, Lightf., Fl. scot., p. 966. Dillw., t. 38. Ceramium diaphanum, Roth, Cat., III, p. 1 54. Agardh, Sjrn.) p. 61 . Spec. Alg., II, p. 150. Lyngb., Tent., p. 119, t. 37. Ceramium axillare, DC, Fl. Fr., II, p. 46, ex Duby. Hab. d Flor ideas varias in littore prope Havanam rejectas lectum. C. diaphanum var. serpens , Montag. ms. Jilo primario decumbente radicante ramos hinc inde emitiente subsim- plices uno alterove ramulo dwaricato ojiustos. An species germina? Hab. Ad caulem Sargassi vulgaris in consortio Calli- thamnii repentis serpit. In Cuba nsula. Obs. Je n'ai pas cru devoir sparcr du type cette forme, qui n'en differe que par l'exiguit de totes ses partios et parce que son filament principal est rampa nt. On n'a pas encor assez physio- logiquement tudi le dveloppement des Cramics pour prononcer que cet tat ne dpend pas uniquement de circonstances de loca- lit et ({''habitat. Quant a la grandeur, on n'en peut rien non plus conclure, car omne magnum fuit parvum. Notre Algue est-elle done autre chose que des filamcnts naissants de Ceramium diapha- num qui attendaient du temps leur dveloppement normal ? Quoi qu'il en soit , j'ai d teir compte de cette observation , et la mentionner pour veillcr l'attention des Botanistes qui habiten t les bords de la mer , sur ees formes rampantes qui ne sont peut- lre que le cune age de Cramies plus par faites. BOTAN 1 QUE. .11 CERAMIUM F1LAMENT0SUM , A() . C. filis obsoleta geniculatis subcartilagineis cequalibus , ramellis horizontalibus piliformibus distincte articulatis. Syn. Conferva Griffithsiana, Engl., Bot., t. 2312. Boryna Griffithsiana , Bonnem., 1. c, cum descriptionc. Hjpnea charoides , Lamour., Essai, tab. 4, f. 1 , ex specim. in herb. Desfont. nunc Webbii viso. Cera mi un filamentosum , Ag., Spec, II, p. 141 . Duby, BoL GalL, p. 969. Var. o. GalL, p. 965. POLYSIPHONIA SECUNDA, Mofltag . BOTAN1QUE (CRYPTOOAMIE), I'L . V, fig. 2. P. filis radicantibus , ccespitosis , ramis rumulisque se- cundis! dwaricatis, articulis opacis dimetro duplo Ion- gioribus. Syn. Conferva lanosa, Draparn. ex Agardh. Hutchinsia secunda, Ag., Sjst., p. 149. Spec 2, p. 106. Var. i adunca^ Ag. (sub Hutchinsia), ramulis adunis. Hab. y^ Fucos varios , prcesertim ad folia Sargassi vulgar'is in porlu Havanensi lecti perrepentem legit el. Ramn de la Sagra. Obs. Je n'ai trouv aucune diffrence essentielle ui mme nota- ble , entre les individus de Cuba que j'ai dcouverts sur les feuilles des Sargasses ct ceux que j'ai recueillis moi-meme a Collioure dans la Mditerrane ou qui m'ont l communiques d'autrcs points de cette mer par mes correspondants. Cette especc , souvent assez pe- lite pour tre microscopique, omine dans le cas prsent , acquerl pourlant quelquefois des dimensious qui permeltenl qu'on I <>1sim \< 34 BOTANIQCE. l'oeil nu. J'en ai des chantillons recueiis Vlaguelonc, pies Montpellier , qui ontprs d'un pouce de long. Jel'ai encor recue de Genes el de Marseillc. EXPL1CATION DES FIGURES. Pl. v, fig. 2. a Polysiphonia secunda, var. adunca, enlevc dla fronde sur laquelle elle rampait et grossic a !25 diametres. b Extr- mit d'un ilamcnt termin en frceps vu 190 diametres. c Fila- ment principal rampant d'o partcnt infrieurement un ramean modifi en une sorlc d'patement hmisphriquc crcux au mojen duquel la plante se fixe sur les Fucus , ct suprieurement un des ramcaux qui sont libres ; la figure est faite a un grossissement de 80 diametres. POLYSIPHONIA HAVANENSIS, Montag . P. filis ultrasetaceis sanguineis irregulariter subdicho- tomo-ramosis s. virgatis , ramis patenti-erectis hinc inde spinulosis , sensim attenuatis ultimisque strictis jastigia- tis lubricis , articulis inferioribus supremisque bi-tr'weno- sis, dimetro cequalibus, mediis duplo lougioribus , geni- culis pellucidis ; conceptaculis Polysiphonia havanensis , Montag., Cent. pl. cell. exot. in Ann. Se. nat., 2 e serie, Botanique , tom. VIII, p. 352. Hab. In por tu Havanensi ins. Cubce a el. Ramn de la Sagra inventa. Descr. Fila caespitosa sescuncialia a basi ultrasetacea ramosa , pice attenuata. i?am primarii ascendentes iterum ramosi, ramulis fastigiatis strictissimis aliquot ramcllos spinulseformes erectos hinc inde ferentibus. Articuli dimetro sequales , duplo longiores, vel supremi dimidio bre\iores, venis binis ssepius parallelis, sed ctiam cruciatim dispositis striati ; Genicula pellucida . Conceptacula frus- tra qmesivi. Color ca^spitis basi fusco-purpureus , pice roseo-san- guineus. Subslanlia cartilagnea , ramulorum membrancea tener- BOTANIQE. 35 rima mucoso-lubriea. Chartse basi laxo, pice arctissime adha?re( , nec sino laceratione facile donuo solvitur. Obs. J'ajouterai la dcscription qui procede que la grossour des lilamcnts, mesurc au micromtre , est , dans le bas , la o les ar- ticles ont une longneur gale a leur dimetro, d'environ un dixime de millimtrc, ct que, dans les derniers ramcaux ct los ramulos spnuliformes , elle est de cinq centimes de millimtrc , c'cst-a-dirc rduite a la moiti. Les affinits do cette espce sontmultiplies. Bien que ma collec- tion soit richc en Cramies, je n'y en ai pas trouv une seule avec laquello, compare de tout point, je pusse la reunir. La plus voi- sino est sans controdit V Hukhinsia roscla , A.g. (Polystphonia 3 N.), dont jepossdc un chantilln de M. J. Agardh, ot la varite y ou Ceramium scrtularioides^Y&teXowp, queje dois afauteur lui-mme. J'ai aussi vu d'autres chantillons de la varite , recucillis en Sardaigne ct a Capraja par mon savant ami De Notaris. Je puis done, avec connaissance de cause, affirmer que l'Alguc de Cuba, a laquelle, du reste, quelques-uns des caracteres attribus par M. Agardh son Hutchinsiar osela conviendraiont assez, ne sau- rait d'ailleurs supporter la comparaison. Le plus saillant de ceux qui l'en loignent est surtout cet enduit muqucux qui runit en pin- ceaux l'extrmit libre des filaments, leur donne une sor te de luisanl quand ils sont plongs dans l'eau et les fait adhrer fortcment au papicr ou au tale, tandis que la partie infrieure s'en dtachc fa- cilement par l'effet de la dessiccation. Si vous ajoutez ce caraclere ceux tires de la couleur , si diTreiite dans les deux plantes, de la longucur des rdeles ( Voyez la Planche 36 , A 5 de Lyngbyc ) et de la tnuit des filaments, vous aurez , si je nc m'abuse, une reunin designes auxquels vous ne sauriez mconuaitre la diver- sitrelle des deux especes. II est a rcgrellcr que les chantillons de Cuba nous soient parvenus sans fructification. J'ai encor compar ma plante avec le Polysiphonia strtctctjDuh. . dont elle a le port rolde; niaison voit sur-le-champ que la longueur si diffrente des articles s'oppose toute confusin. Le Polystpho nia lubrica, N. (llutchinsia, Ag.), que je nc comais que par la des cription, diffferait de l'cspcc de Cuba par des filaments bien plus gros i la base. 30 BOTAN IQUF. EXPLICATION DES FIGURES. Vi., v, lig. 3. Touffe de Polysiphonia havanensts de grandcur naturcllc. b Ramcau grossi 160 diamctres. ordo vi. FLORIDA, Lamour. Frondes continuas t corticatce , membrancea? in- terdum articula to-constricta , vage autpinnatim ramosa, sa3pe ramulis aucta ; granula quaternata conglbala, BOTANIQUE. \ j ramulis immersa; sporidia piriformia pedicellala vel sphcerica intra apothecia (capsulas 4g.) s ub globos a jas - ciculata. Endl., 1. o., p. 8. Tout bien consider, j'adopte le genre Chondria tcl qu'il a t tabli par Agardh dans son Species et confirm dans le Systema Algarum. Un examen attentif de la fructification des espces ne m'a pas montr, dans les formes qu'elle revt, assez de diffrences pour autoriser le dmembrement d'un genre que la structure et surtout la consistance toute spciale des frondes me semblent pro- pres a solidement tablir. Je ne me dissimule pour tan t pas que le port des espces , bien tranch pour certaines , ne semble au pre- mier coup d'ceil militer en faveur de la divisin. Mais je crois que \cfacies, quand il dpend de modifications imprimes la forme extrieure, et non d'une structure particulire , est tout au plus propre a servir de base a des divisions secondaires. Aiusi je ne m'oppose pas a ce qu'au lieu des deux sections ou tribus admises par M. Endlicher, on en tablisse trois sous les noms de I o Lau- rencia, Lamour. ; 2 o Gastridium , Lyngb. ; 3 o Acanthophora , La- mour. Mais je ne pense pas que le temps soit encor venu d'- riger ees sections en genres. On trouvera, sur le genre Chondria et ses deux sortes de fructi- fication, des remarques dignes du plus haut intrt dans le pre- mier volume de la Flore du Brsil de M. Martius. Comme je par- tage compltement , a cet gard , le sentiment de ce clebre botaniste , je renverrai le lecteur a l'ouvrage que je viens de citer, ainsi qu'au Species Algarum de M. Agardh, o l'on verra sur quelles considrations le genre Chondria a t circonscrit tel que je l'admets ici. CHONDRIA 1NTRICATA, Montag . C. j ronde gelatinoso-cartasinea cjrlindrica inordinate undique ramosa , ramis incrassatis vari nter se intrica ti concretisque. Syn. Laurencia intricata, Lamour., Essai, p. '\',\, t. 3, fi. 8 et 9. M BOTA NI O II.. II \n. Superaliis Fucis in Uttora Cubensia lectis para- sltat. Obs. Je nc saurais, a l'cxeraple de M. Agardh, voir dans cette Algue une simple forme de son Chondria obtusa. Outrc le modc de vgtation qui cst si diffrent pour l'unc et pour l'autre, il y a encor pour distinguer ccllc-ci l'paisseur de sa fronde, sa ra^ mificalion, la forme et l'irrgularit de ses rameaux, et enfin la fructifica tion elle-mme situe a leur sommet renfl. J'avoue qu'a- pres avoir vu et prepar cette plante, il m'est difficile de n'y pas reconnaitre une espce tout a fait distincte du type auquel elle est rapporte par le savant phycologue sudois. J'ajouterai encor, comme dernier et essentiel caractre, cette adhrence ou soudure des frondes et des rameaux entre eux , et qui est tclle qu'on ne peut les sparer sans les dchirer. Je dois naumoins convenir que ce caractre est bien ventuel et de minee valeur. CHONDBIA THYRSOIDEA, Mart. C.f ronde fdiformi tereti vage ramosa^ ramis patentibus obtusiSj ramulis abbreviatis , cjlindricis clavatisve subdis- tichis aut botryoideo-conjertis } gongylophoris pice ru- go sis , gongjlis tri-quatematis globosis ovoideis gigartoi- deisve purpuris. Syn. Chondria papulosa thyrsoides 3 Ag., Spec, I, p. 345. Fucus thjrsoideus , Turner, Hist., t. 19. Chondria thjrsoidea, Mart., Fl. Bras., I, p. 30. Hab. In por tu Havanensi nter rejectamenta Oceani leda. CHONDRIA MUSCOIDES, Ag . C. fronde Jiliformi bipinnata spinulosa spinulis simpli- cibus creberrimis ; sporangiis in pice ramulorum nter spinulas sitis. B0TAN1QDB. 13 Syn. Ful us muscoides , L. Sp. P., p. 1630. F. acanthophorus , Turn., 1. c, t. .'32. Chondria muscoides et var Turnen, Ag. , I. c. , p. 361 , sq. Hab. ^/ oras Cubenses f requers. Obs. II existe tant d'intermdiaires entre le type de cetle Algue dont M. Agardh a donn une figure, et la varete represen lie par Turner que, vritablement, je ne saurais distinguer Pune de l'autre. Je trouvc, en cffct, une foule de passagcs entre les indi- vidus bipenns , hauts a peine d'un poucc et dcmi , et d'autres io- dividus atteignant une longueur de cinq a six pouces, a ramifica tion tres lache et a ramules spiniformes plus espacs. Je pense done que M. Agardh voit juste, quand il doule si cette espcc est galeinent distincte du Chondria acanthophora (Acanthophora Thie- riij Lamour., Essai _, p. 44, et Dissertat., t. 30 et 31, fig. 1). J'irai plus loin encor, en tendant ce doute V Acanthophora mi- litaris que Lamouroux a figure a la planche 10, fig. 4 et 5 de VEssai, et dont le rameau grossi me reprsente parfaitement la sorte de fructification que j'ai rencontre dans certains chantil- lons de Cuba. II faut bien le dir, ce savant auquel appartienl la gloire d'avoir sor ti l'Algologie du chaos o elle tait plonge fai- sait des espces avec une facilit inconcevable. Les plus Igres variations dans les formes ou la couleur lui suffisaient, le plus souvcnt, pour le dcider les tablir. Et cependant, chose rcmar- quable, Lamouroux n'a dcrit que fort peu d'espces et, en gene- ral, d'une maniere fort incompleto. II se conten lait bien souvcnl de les faire figurer, en leur imposant un nom, ou mme dejeter ce nom manuscrit dans les herbiers qu'il visitait. Dans cette section du genre Chondria, je n'ai observ de ren- tables capsules que sur des echan tillons du Chondria Dclilii , Ag., recus de l'Adriatiquc o les avait recucillis M. Meneghini. Chez cette espce, l'cxtrmit tout entirc du rameau est renfle, el contient des gongylcs arrondis d'autant plus gros qu'ils se rap- prochent davantage du centre de la capsule. Les chanlillons de Cuba m'ont present seulement des granules ternes, places dans la base tumie des ramules spiniformes. BOTAN IQI 1.. SPHjEROCOCCUS, Ag. Frons coricea vel membrancea , purpurascens _, va- ria; sporidia subrotunda vel ang'ulata , conglobata aut seriata intra apothecia (Sporangia Martius Capsula? Ag.) spliairica discreta, demum saipius poro pertusa, Endl., 1. c. sph/erococcus (Chondrus) multipartits , Ag. S. fronde membranaceo-cartilaginea punctata, irregu- lariter dichotoma , laciniis linearibus cuneatisve elonga- tis aut abbreviatis , axillis dichotomia? rotundatis raro subacutis y apicibus laciniarum subdilatatis incisis den- tatisve ; capsulis hemispha?ricis obtuse mucronulatis poro pertusis sessilibus per frondem sparsis. Syn. Fucus multipartits, Clem., Ens., p. 311. F. granateus y Turn., Hist., t. 215. Lamour., Dissert., p. 68, pl. 33, f. 3-4. Chondrus agathoicus , Lamour., Essai, t. 3, f. 3-5. C. multipartits , Grev., Sjn. gen. Alg., p. 6. Sphasrococcus multipartits , Ag., Spec, I, p. 247. An huc Fucus emarginatus frondibus membranaceis dichotomis, apicibus emarginatis integrisque? Wahl, Nat. hist., Selsh., V, II, p. 41 , ad littora Insulce S. Crucis. Hab. In por tu Havanensi lectus. Obs. II n'est pas d'AIgue plus polymorphe que celle-ci. Quoique toujours dichotome, cette dichotomie est si irrgulire qu'il en re- sulte les formes les plus bizarres , et qui semblent on ne peut plus trangres Tune Pautre ; en sorte qu'il fautune grande exprience pour ne voir qu'une seule espce dans ees formes multiplies , et une grande retenue pour ne pas ceder a la dmangeaison d'en creer deux ou trois a ses dpens. II faut avouer qu'icij comme dans les Lichens, la difficult est grande de ramener les aberra tions au BOTAMQLE. i ."> type. Daus beaucoup d'Algues, la forme genrale, extrmement variable , est done de peu d'importance, et l'on doit s'attacher a d'autres caracteres qui, bien que secondaires, ont souvent nan- nioins plus de fixit. Ainsi eclui qui voudrait riger en espces les innombrables formes du Sphcerococcus crispus, y perdrait son temps et ne ferait rien qui vadle. Mais, pour revenir a l'espcc qui nous oceupe ici, je dirai qu'au milieu de toutes ees variations de forme, de consistance, de couleur et de grandeur, on la rceonnaitra toujours a sa fronde dichotome ponctue, d'un rouge pourpre s'al- trant promptement par le sjour a l'air, et devenant alors b- garre de vert, de violet et de jaune, a sa fructificaron , consistan t en sporanges hmispheriques solitaires ou agglomrs , sessiles sur les bords ou l'une et l'autre faces de la fronde , termines par un mameln perfor par o s'chappent les gongyles a la moindre pres- sion exerce latralement. Ces gongyles sont eux-mmes tres va- riables dans leur forme, ce qui dpend et du degr d'volution et de la plus ou moins grande compression imprime au glomrule entier par la paroi du sporange : on en trouve, en effet, d'arron- dis , de gigarto'ides , de piriformes et d'oblongs. lis sont d'un rouge pourpre intense et contiennent eux-mmes une immense quantit de globules qui, dans le premier stade, sortentisols par l'ouverture du sporange, soit que les cellules qui les contiennent sous forme de sminules n'aient pas encor acquis la consistance qu'elles auront plus tard, soit que, prexistant aux cellules, ces globules nagent dans la mucosit o doivent s'organiser celle-ci , dernire supposition qui me parait peu probable. N'ayant vu ni figure, ni echan tillon authentique du Fucus laci- nuloms de Wahl , j'ai omis a dessein de le rapporter comme syno- nyme. Une Algue recueillie au cap Comorin, par M. Blanger, a t rapporte au Fucus laeinulosus; mais l'chantillon qui mVn a t communiqu est trop imparfait, trop incomplet, pour que je puisse prononcer si c'est a tort ou a raison que M. Bory de Saint-Yincent l'a spare du S. multipartitus. sphverococcus (Gclidium) rigidus, Ag. S. fronde cartilagineo-comea distichc ramosa Jili- jormi , te retas cala , pinnata, pinnis oppositis palcnlihus setaceis obtusis. i ( B0TANIQ1 E. Syi\. Fucus rigidus, Wahl, in Nat. Selsk, Skrivt., V, II, p. 46, ex Agardhio. Fucus sp'uuvjorniis , Lamour. , Dissert., p. 77, pl. 36, f. 3-4. Gelidium spinceforme , Ejusd., Fssai, p. 44. Greville, 1. c, p. 57. Fucus corneus var. spincejormis , Tura., IV, p. 44. Sphcerococcus rigidus, Ag., Spec, I, p. 28G. Hab. Ad rupes adhcerens in portu Havanensi lectus. Obs. Cette espce est dcrite dans Pouvrage cit de Lamouroux et dans le Species de M. Agardh; il est done inutile d'y revenir. J'ajouterai pourtant, quant a la fructifica tion , que sa forme gen- rale est assez bien reprsente dans la figure 4 de la planche 36 cite plus haut. Mais le dfaut de perfection des moyens amplifiants n'ayant pas jusqu'ici permis de pntrer daos l'organisation des renflements observes l'extrmit de certains rameaux , j'y sup- plerai ici , autant qu'il est en moi , en compltant ce qui reste a connaitre de cette fructification. Ainsi que l'avait bien vu Lamou- roux , c'est la sommit du rameau qui se dilate par suite de l'ac- croissement des gongyles et qui , de cylindrique qu'elle tait , de- vient elliptiqueoupistilliforme. Ceux-ci, gigartoides ou en massue, sont disposs de maniere que le gros bout regarde l'extrieur. lis sont ainsi nichs dans les cellules sous-pidermiques du rameau. Ceux de la partie moyenne sont les plus dvelopps. Leur couleur est d'un pourpre vif et leur nombre tres grand. lis sont , du reste , en tout semblables ceux que j'ai observes dans mon Sphcerococ- cus confertus. Je dois relever comme inexactes les expressions dont s'est servi Lamouroux , et queM. Agardh a copies. Ce n'est pas par l'ensemble ou la reunin de plusieurs tubercules separes que le rameau devient lancele ou pistilliforme, mais il prend cette forme par suite durenflement qu'y opere ncessairementl'volution des gongyles contenus dans les cellules de sa priphrie. Jepartage l'opinion de ees deux clebres algologues qui regardent cette Algue comme spcifiquement distincte du S. corneus. Outre que !a fructi- fication est essentiellcment diverse , son port crisp est si remar- quable , que parmi une foule d'chantillons de toutes les variets ou variations du S. corneus,, il serait impossible de la mconnaitre, BOTANIQE. \1 si elle s'y trouvait par hasard mlange. Nutre Algue est norma- lement d'un pourpre noir, mais elle se decolore et devient li\ ide et diaphanc par son sjour a l'air ou au soleil. C'est avcc cette dcr- nire nuanee qu'on la rcncontre le plus souvent dans les collec- tions ; mais , mme dans ce cas, les ramules fruclifis conserven t ordinairement leur coulcur noirtre. Cette fructifica tion , si toute- fois c'est la vraie , difiere de celle du genre, qui consiste, comnie on sait, en un glomrule de gongyles nich dans un conceptacle ou sporange arrondi et saillant a la surface de l'algue. spHyEROcoccus (Gelidium) radicans, Bory. I'.OTANIQVE (CRYPTOGAMIE), I>L . III, fig. 4. S. repens , fronde cartilagnea filiformi intricata ra- mosa, ramis primariis suboppositis , secundaras supre- misquevagis patentibus pice simul concretis , obtusis pro- liferisque. Nob. Sphoarococcus radicans frondibus cylindraceis ramosis ramis divaricatis , contortis, imple jcs > eoctremitatibus ut in stolonis radicantibus. Bory, in Belanger, Voy. Ind. orient., Botan. Cryptog., p. 165. Hab. Ad Conchar um fragmenta , Corallinas et Fuca- ceas varias , quas perrepit y ha?c Alga in nsula Mauritii ab amicissimo Belanger et in porta Havanensi nsula? Cuba? a el. Ramn de la Sagra lecta est. Desc. Frondes aggregatee basi intricata) lapillos, Conchas, va- rios Fucos, Zoophy taque varia arete aniplectentes adrepentesque , deraum ereetse teretes filiformes seta porcina crassiores, pollicem Ion gitudiue superantes, ramosa?. Rami primarii subopposili, iterum ut supremi , vagi et irregularitcr ramosi, plerique patentes sed nunquam divaricati, apicem versus non atlenuatum interdum et fasciculati et truncato-prolifcri. Accidil vero, sed non semper, sum- mitates ramorum vcl alus ramis coalitas , vel cum diversis eorpo- ribus finitimis concretas ess<\ Frucus . in specimine a el. Belanger commnnicato (in nostro deest) ramulus , ut in S. rgido , pice 18 BOTAN IQUB. incrassatus , lanceolatus, perphsera gongylis farctus. Substantia cornea, rgida. Color in mnibus evemplarbus tam africanis quain americanis , viridis , corneus in lividum aut pallidurn abiens. Obs. J'ai longtemps hesit considrer cette Algue commc une espcc legitime. Je la regardais commc une forme jcune ou anor- male de la precedente, el je me fondais , pour penser ainsi, sur Pidenlit des lieux o les deux plantes ont t trouves, Pile Mau- rice et Cuba, sur la rigidil, la ramiication, la pleur de certains chantillons decolores, enin sur la similitude des fructiications. D'un autre col, le S.rigidus mettant aussi quclqucfois a sa base des rejets couchs dont les rameaux sorlent sans ordre , je croyais que le S. radicans n'tait autre chose que ees rejets. Un examen attentif de plus de cinquante chantillons de la premire de ees deux Algues, encor attachs leur supporl , ne m'a ren offert qui ressemble Pespce que je lui croyais identique. En effet , la fronde principale, comprime dans Pun , est toujours cylindrique dans Pautre ; la couleur normalement verdtre dans le S. radicans est primitivement d'un pourpre noirtre dans le S. rigidus; enfin , la ramifica tion , qui n'est semblable que pour les premiers rameaux, s'loigne, dans le premier, de la rgularit qu'elle conserve dans le second. Mais ce qu'il y a de plus important, c'est que la structure anatomique de la fronde est difieren te dans les deux espces. Dans le S. radicans j les cellules vont en diminuant de grosseur de la circonfrence , o elles sont assez grandes et contiennent d'autres cellules globuleuses , comme dans mon S. confertus deja cit , au centre o au contraire elles sont excessivement petites, tandis que dans le S. rigidus les cellules sont petites et gales dans toute l'- tendue de la coupe transversale observe un fort grossissement du microscope. Cette Algue a quelque rapport avec le 5. intricatus Ag. , et si Pon s'en tenait aux termes de la dfinition , on pourrait croire que les deux plantes sont iden tiques. Mais , comme j'ai vu Pespce rapporte par M. Gaudichaud, je puis prononcer qu'elles sont diffrentes. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. iii, fig. 4. a Sphcerococcus radicans de grandeur naturelle. Cet chantillon est un de ceux determines par M. Bory, et vient B0TAN1QUB. !l 'ftbt> P. fronde reni-autjlabelliformi vagejissa aut ramoso- lobata , coriaceo-memhr aacea , longitiidinaliter striis obscurioribus variegata, zonis concentricis , angustissimis approximatis purpureo-fuscis ntala. Zonaria variegata, Ag., Spec, I, p. 127 et Syst., p. 264. Martius, 1. c, p. 24. Dictyota (Padina) variegata , Lamour., 1. c, t. 5, f. 7, 8 et 9. Bory, Dict. class., XII, p. 591. Grcv., 1. c, p. 44. Hab. In littoribus Cubce Insulce inter maris rejecta- menta leda. padina pavonia, Lamour. P. frondibus reniformibus Jlabelliformibusve glabris niembr anacis olwaceis per soros concntricos variegato- zonatis. Fucus pavonius , L., Spec. pl., ed. 2, p. 1630. Ulva pavonia, DC, FL.fr., II, p. 17. Dictyota pavonia , Lamour., Essai, p. 57. Padina pavonia , Gaill., Rsiun. Thalass., p. 24. Bory, Coq., p. 145. Grev., Alg. Brit., p. 62, t. 10. Hab. Cum precedente lecta. PADINA TENUIS, Bory . P. pusilla , stipite breviusculo stuposo in laminam ex- plnate membranaceam teneram (semipollicareni) reni- formem integrara, rarins lobatam, lineis concentricis zo- natam. Nob. Zonaria pavonia tennis , Ag., Syst., p. 264. 68 B0TAN1QCB. Padina Commerspni, Bory, Coq., p. 144, t. 21, dein i 3 . tennis, Dict. class. kist. nat., XII, p. 590. An Tro- narla pavonia var. trpica, Mert., in Mari. Fl. Bras., I, p. 24? Hab. Ad varias Algas olivceas Jlorideasque paras i- tantem egerunt Commerson, Gaudichand et Ramn de la Sagra. ordo vm. SPOROCHN01DE,E Grev. Frons cartilagineo-membr aacea compres so-plana vel Jiliformis viridi-olivacea ramosa, ramis extremis sa?pius penicillatis . Fructus (in Sporochno tantum inventus) : Jila clavcejormia, articulata , in vcrrucis sparsis agg regata et radiantia, vel in receptaculis ca vatis concntrica Jasci- culis penicillorum cornala. SPOROCHNUS, Grev. Frons Jiliformis , cylindracea vel compressa , cartila- gnea membrancea. Fructus : ut supra exposui. SPOROCHNUS? PENNATULA, Pwp. S. fronde plana cartilagnea ecostata ramosa, ramis oppositis acutis patentibus ; receptaculis sessilibus latera- libus. Spreng., Sjst. veget., IV, p. 329. Hab. Ad littora Cubas nsula? legit Poeppig. Obs. Je ne connais cette espce que par la phrasc diagnostique que j'en ai copie daos Sprengel. II n'cn a , que je sache , paru encor aucune description. Aussi ne puis-je dir au juste si elle doit tre rapportc au genre Sporochnus. Une fronde plae ra- meaux opposs me semblerait plutt la placer dans les Desmares- tiesj mais la prsencc de rceptacles encor inconnus dans ce dernicr gcnre me laisse un doute que pourrait scule lever la vue d'un des relian tillons recueillis par M. Poeppig. BOTANIQUB. I, p. 1. Carpophjllum , Sargassum et Turbinaria, Grev., 1. c, p. 29-32. SARGASSUM VULGARE, Ag. S. caule compres so , raimis abbreviatis distichis sim- plicibus j joliis lineari-lanceolatis lahceolatisve scrratis vesiculis globosis muticis in petiolo plano ; receptaculis ramosis cylindraceis . Fucus natanSj Turn., Hist.j t. 46,'excl. synon. Linnaei. Sargassum vulgare, Ag., Spec, p. 3. Syst., p. 293. Martius, Fl. Bras., I, p. 45. Hab. Ad oras portus Havanensis frequentissime rejec- tum et ibi lectum. Var. s foliosissimum , caule subsimplici Joliis brevissi- mis in petiolo aggregatis . Ag., 1. c, p. 5. Fucus foliosissimus , Lamour., Essai, t. I, f. 1. Mera, ut vult ciar. Agardh, Sargassi vulgaris varelas et in iisdem locis cun tjpo nter rejectamenta Oceani lecta. SARGASSUM CYMOSUM , Ag. S. caule angulato la?vi, foliis linearibus subintegerri- mis, vesiculis sphcericis, receptaculis cylindraceis abbre- viatis dichotomis cymosis. Sargassum cymosum , Ag., 1. c, p. 20. S. stenophjllum , cymosum, Mart., 1. c, p. 47. II ab. Cun priori. HOTANIQUE. 6 72 DOTANIQUE. SAHGASSUM ESPERI . Ag . S. caulc compres so , foliis clliptico~lanceolatis de fita lis vesiculis superioribus ovalibus. Fucus lendigerus , Esper., Fue, t. 15. Sargassum Esperi, Ag., 1. c, p. 9. Syst., p. 295. SARGASSUM LENDIGERUM, Ag. S. caule tereti simplicis simo foliis oblongis subserratis , receptaculis cjlindraceis , racemosis , racemis compositis. Fucus lendigerus, Linn., Sp. pl. 3 p. 1628. Turn., Hist., t. 48. Sargassum lendigerum , Ag. , 1. 1. c. c. Bory, Coq. , p. 125. Obs. Ces deux derniers Sargasses n'existent pas dans la collec- tion , et c'est d'aprs l'autorit de M. Borj que je les admets ici commc faisant partie de la Flore de Cuba. SARGASSUM POLYCERATIUM , Mofltag. BOTANIQE (cUYPTOGAMIe), PL. I. S. caule angulato muricato , foliis parvulis ovato- oblongis , breviter pedunculatis _, grosse irregulariterque dentato-spinosis ervo continuo percursis, vesiculis {raris) spheericis petiolo foliceo dentato suffultis ; receptaculis in racemum subdichotomum foliis vesiculisque immixtum dispositis , Jiliformibus longissimis subincurvis torulosis spinosisque , spinulis patentibus. Sargassum poljeeratium , Montag., Cent. Pl. cell. exot. in Ann. Se. nat.y Botanique, 2 e serie, tom. VIII, p. 357. BTAN1QUE. 73 Hab. Unicum exemplar in littore Cubensi rejectum et lectum adest in collectionc a el. Ramn de la Sagra me- cum communicata. Descr. Basis deest, quamobreiu totius Alga? longitudo latet. Quod autem superest spithamam metitur. Caulis filiformis angula- tus muricato-spinosus ramos undique emittens crebros elongatos, supremis fastigialis aut etiam apicem frondis superantibus. Rami patentes, tenuissime aculeati, fere capillares, in ramos secundarios raro divisi, sed ramulis numerosis fertilibus toti cooper. Ramuli frtiles autem ex intervallis enati vix duarum triumve linearum a?qualibus, constante vesiculis, receptaculorum racemo, quandoque et foliis. Folia, si adsunt, quod verorarum, ad basin racemorum sita, prvula, 3-4 lin. longa, 1-2 lin. lata, ovato-oblonga vel lan- ceolata subpetiolata , grosse irregulariterque spinoso-deutata, ervo continuo percursa , pice obtusa vel abrupto acuminata , poris mucilluis hic et illie seu inordinate pertusa. Vesiculce globosa; magnitudiue pisi minoris sat rarse vel iuter receptacula vel ad ba- sin racemorum collocatse ', modo solitaria? , modo binae terna3ve alterna?, petiolo suffultaB plano foliceo univervi poroso margioe- que dentato, paucis, partem folii jam descripti inferiorem oninino referente. Receptacula fdiformia ramulos frtiles terminan tia , raro foliis vesiculisque intermixta, ut plurimum nuda, bis dichotoma, pro gracilitatelongissima, 7-8 lin. longa, pice subulato incurva, torulosa, spinulis sparsis patentibus sursum dcorsumve recurvis aculeata. Tubercula quam plurima muco trgida et ilamentis dia- phanis ramosis centrum versus e locula? peripha3ria convergentibus, articulatis , utriculo elliptico crassiorc terminalis , in quo Gongyli (semina, J. Ag. ) (capsula;, Ag.) uti videtur, progignutitur. Illos autem non modo non maturos , sed vix ac ne vix formatos deprc- hendi. Color in sicco specimine nigrescens, humecta ti vero oliva- ceo-fuscus. Substantia caulis exsiccali fragilis, (iliorum membra- ncea. Obs. De tous les Sargasscs dcrits ou seulcment sgnales par une phrase diagnostique, je ne comais que le S. filipndula Agardh , Syslcma algarum , p. 300, qui se rapproche de l'espce que je vicns d'cssaycr de faire connaitre. Voici ses caracteres : S. caulc filiformi compresso loevi, foliis linearibus subserralis conspicue eos ~t\ Hu LN1QI E. tatis , vesiculis membranaceis longe petiolatis petiolo plano subcos- tato ; receptaculis Qliformibus. Hab. in Sinu Mexicano? J'ai soulign les niots qui indiquenl des caracteres toul a fait op- poss a ceux que prsente ma plante. Comnie les autres termes de la diagnose de cette Alguc , qui attend encor une descriplion , peuvent s'appliqucr a plusicurs autres espces fort diverses , je me suis cru suffisamment autoris , en raison des diffrences menlion- nes, sparer deux plantes qui, quoique originaires des mmes niers, n'en sont d'ailleurs pas moins fort dissemblables. II parait que de bonnes analyses microscopiques de ce genre sont encor dsirer, puisque l'on comprend parmi les caracteres qui distinguent les Sargasses des Cystoseires, celui d'avoir des sminulcs ou gongyles non environns de filaments cloisonns. Je puis affir- mer que non seulement dans l'espce dont il est ici question, mais encor dans plusieurs autres fort connues, j'ai rencontr des fila- ments cloisonns, tres variables, du reste, quant a la longueur et la forme des articles, naissant de la paroi interne des loges du rceptacle et convergeant vers le centre. Ces filaments sont sembla- bles ou analogues a ceux qu'on voit dans le Cystoseira abrotani- folia, et que M. Agardh a fort bien dcrits dans son Species,, avec cette diffrence que dans ma plante ils paraissent rameux comme ils le sont aussi en effet dans le Cystoseira sedoides, et articles une fois et demie ou deux fois plus longs que larges. Ces filaments transparents se remplissent avec le teuips de granules qui, crois- sant insensiblement, finissent par former un gongyle. En effet, celui-ci parait granuleux et contenu dans une cellule ou poche membraneuse hyaline , comme glatineuse , qui semble n'tre quel'article extreme dtach du filament o il s'est dvelopp. Dans le Sargassede Cuba, les rceptacles paraissent trop jeunes encor , et les loges ne montrent, dans le dernier article de leurs filaments cloisonns, qu'un rudiment du corps reproducteur, deja reconnais- sable pourtant sa couleur olivace jauntre et aux granules nom- breux qui le composent. Dans un Cystoseira sedoides recueilli Capraja par mon savant ami et confrre De Notaris, de Turin , j'ai observ des filaments rameux a articles ou nuls, ou du moins dont je n'ai pu constater la prsence , mais dont l'extrmit des rameaux renfls en forme d'ellipse contenait des gongyles parfaitement mrs. Dans un Cystoseira abrotani folia, rapport de Gijon, port des Asturies, parM. Durieu, l'analyse microscopique m'a montre des BOTAMQUE. 7"> filaments simples, cloisonns, hyalins , arlicles d'autant plus al- longs qu'ils approchcnt du soramet. C'est ordinairenicut dans le dernier article que se dveloppent des gongyles d'un volume con- siderable. A l'poque de la maturit , ils s'cn dtachent, je ne sais trop comment, soit qu'ils rompent la cellule qui les contient, soit que, ce qui cst plus probable, ils tombent avcc elle. Ils sont alors composs de granules globuleux peu colores et ayant au plus un diamtre d'un quatre-centime de millimtre. On trouve encor d'autres filaments claviformes, cloisonns aussi, ct dans chacun des rdeles desquels il parait se forruer un gongyle. Ccs derniers fila- ments ressemblent beaucoup a des thques ou utricules de certaius champignons, a celles , par exemple, des Helminthosporium. De ce qui precede, il resulte done , a mon avis , qu'on ne peut trouver dans la fructification toute seule un caractre propre dif- frencier les Sargasses des Cystoseires, et que celui dont on s'est servi presque exclusivement jusqu'ici tant inexact, la distinction de ees genres , purement artificielle , ne peut dsormais reposer que sur la forme et les accidents de la fronde, et principalement sur des vsicules solitaires libres , axillaires et non concatnes dans les feuilles. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. i. Sargassum pohjceratium. a Plante de grandeur naturelle. b Rameau fertile charg de vsicules de feuilles et de rceptacles , grossi trois fois. c Partie suprieure d'un des rceptacles, grossie 16 dimetros, d Moiti d'une coupe transversale d'un rceptacle pour montrer les locules et les filaments articules qui convergenl de la circonfrence au centre ; figure faite a un grossissement de 80 diamtres. e, e Filaments articules et dtachs de la locule dans l'extrme cellule desquels se dveloppent les gongyles, vusl60 diamtres. f Filaments cloisonns qui garnissent les locules du Cystoseira abrotam folia de Gijou, vus a 190 diamtres. g Un de ees filaments dans chacun des articles duquel on apercoit des gongyles, vu a 380 diamtres. h Un gongyle a nu dans l'intrieur de la lo- cule, vu au mme grossissement. i Globules dont cst compose la masse intrieure coloree du gongyle , vus au mme diamtre. Par transparence ees globules paraissent hyalins quand ils sont desuns, k Filaments rameux chargs de gongyles jeunes, qui gar- nissent les locules du Cystoseira sedoides de Gapraja , \ us un 7 (i BOTANIQUE. grossissemenl de 380 dimetros. / Un d ees gongyles mrel libre dans la lculo , vu a un grossissement de 190 dimetros. SARGASSUM TURBINATUM , A(j. S. caule simpliciusculo , ramis simplicbus sparsis jo- LUs peltatis in vesiculam coronatam denticulatam injla- tis ; receptaculis ramosis teretibus subclavatis. Fucus marinas, etc., Sloane, Jamaic, I, t. 20, f. 6. Fucus turbinatus , L., Spec. pl., p. 1629. Gmelin , Fue, t. 5, f. 1. Tura., Hist., t. 24. Sargassum turbinatum, Ag., 1. c., p. 41. Turbinaria denudata, Bory, Coq., p. 117. Hab. nter rejectamenta maris littora Cubensia alluen- tis cum Padina variegaa lectum. Obs. Je nepuis terminer ce que j'avais a dir sur ce genre , sans manifester mon opinin touchant le peu de fondement qu'il con- vient defaire , pour la distinction des espces entre elles, sur la forme des feuilles en general , mais principalement sur celle des vsicules. J'ai, en effet, trouv chez la mme espce des vsicules a support cylindrique et comprim, mutiques ou mucrones par le sommet de la feuille dans laquelle elles se dveloppent a la maniere de cellos des Macrocystes dans le ptiolc. C'est done un genre qui a besoin d'tre travaill de nouveau par un algologue habile et exerc. CONSIDRATIONS GENRALES sun LES PHYCES ALGUES SUBMERGES. Si, comme il n'est gure permis d'en doutcr aujourd'hui, il y a eu succcssion dans la formation des cspccs vegetales , les Algues sont nccssaircment les premieres plantes qui ont paru la surface du globe. En effet, d'apres les thories les plus modernes de la gogonie, le refroidissement graduel ct successif des couchcs extc- rieures de la terre ayant cu pour effct la production du milieu qui runit toutes les conditions ncessaires a leur existence , il est vi- dentque ees plantes ont d preceder toutes les autres ct commencer, pour les vgtaux, une serie analoguc a cclle que les animalcules infusoires ontouvcrtc pour le rcgne animal. Condition cssentiellc du dveloppcment de tout corps organis, le mucilage est la ma- trice o s'cngcndrent ees deux series qui, a leur point de dparl, sont tcllement confluentes qu'il est difficilc de prononcer si Petre qu'on examine appartient a Pune ou a l'autre. Les Algues sont en quelquc sortc la palcttc o la nature tale les vives ct brillantes coulcurs donl son pinceau magique composc, en graduanl admirablement les nuances, les vgtaux qui font sa plus bolle parure ; ou, si Pon prfere cette comparaison moius po- tique peut-tre, mais plus vraie, le milieu o elles vivent est Pim- mense laboratoire dans lcquel, essayant ses forces, elle s'lve par gradation des formations succcssivcs de plus en plus compliques, 78 BOTANIQDE. par le mlange vari ct modifi L'infni des elementa les plus sim- ples. L'tude des plantes de cclte famille devra done nous conduire quelque jour a soulever un coin du voilc pais qui recouvrc encor les plus importantes questions de la physiologic vgtale. Je vais jeler un coup d'oeil rapide sur l'ensemblc de cette famillc et indiquer sommairement ce que son organisation et sa morpho- logie prsentent de plus interessant a connaitre (1). La fronde (Frons , Thallus) ou le systme vgtatif des Phyces, rduitc son tat de plus grande shnplicit , consiste en une vsi- cule sphrique ou elliptique , tantt hyaline ou verte (Chlorococcum Grev.) , tantt coloree (Protococcus Ag. ) , rarcment cylindrique (Cylindrocystis Mngh.). Cette Al gue ouvre la serie vgtale et reprsente la cellule lmentaire dont on peut dir que toutes les plantes agames sont composes. Mais cette vsicule mere peut elle- mme en contenir d'autres dans sonintrieur (Hwmaococcus Ag., Microcystis Ktz. ). Enfin elle peut continuer a vgter et se re- produire dans la gangue mucilagineuse o elle s'est dveloppe, ou bien rester nue aprs l'avoir absorbe et fait servir sa nutri- tion. La fronde des Phyces ne conserve pas toujours cette simplicit. (i) Les personnes qui de'sirent pe'ne'trer plus avant dans l'etude attrayante des Phyce'es ou Algues proprement dites ne se borneront pas consulter seu- leraent, mais devront encor lire attentivement les ouvrages gne'raux ou les me'moires dont je donne ici l'indication. Ce sont les guides les plus propres les initier Tobservation des tresnaturels qui constituent cette famille, et surtout a aplanir pour eux les difficults d'une tude dans laquelle, sans ce secours, eiles broncheraient chaqu pas. II n'est question ici que des ouvrages qui exposent les principes ge'ne'raux de la science des Algues, et en aucune maniere de ceux qui servent la distinction des espces. Roth, Calalecla botnica. Lips. , 1797-1806 , 3 vol. 8. Vaucher , Hisl. des Conferies d'eau couce , Genere, i8o3, 4 o . Lamouroux, Essai sur les gentes des TJialussiophyles , Paris , 181 3 , 4 o . Lyngbye , Tentamen Hydrophyt. Danicce, Hafn., 1819, 4 o . Agardh, Metamovphosis Algarum, Lund., 1820, 80; Systema Algarum, ibid., 1824, in-12, et prface du second volume du Species Algarum, Gryph., 1828, 8 o . Bonnemaison , Essai sur les Hydrophyles locu- les, dans les Me'm. du Mus. d'hist. nat. , i8a4. Fres, Systema orbis vegeta- bdis , Lund. , 8, p. 320. Gaillon , Resume des elassific. de la famille des Thalassiophyles, Strasb., 1828, 8 o . Bory, Hydrophytologie de la Coquille , Paris, 1829, f. Greville, Alga; brilannica, dimb., i83o, 8<>. Duby , M- moires sur le groupe des Cramies, Genve, i832-i835. Ch. Morren, sur les Clostries , Ann. des se. nat., 2 e ser. , Botan., tom. V , p. 267. J. Agardh, de la propagation des Algues, mme Journal , tom. VI, p. 190. C. Montagne , de l'organis. et du mode de reprod. des Caulerpcs, mme Journal, tom. IX , p. 129. Meneghini, Cenni sulla organogr. eftsiolog. delle Alghe, Padova , i838,iu-f. BOTAN I QUE. 7! Dans ses complications diversos, elle revt deux formes principales. Dans l'une, elle se prsente sous l'aspect de filaments cloisonns ou simplement articules (Algce articlala:) qui nc sont (ue la rp- tition de la cellule lmentaire s'ajoutant elle-mme dans le sens de la longueur. Des tribus entires sont organiscs de la sorte. Chez les unes, les cellules, placees bout bout, forment des cspces de chape- lcts qui n'ont d'autre enveloppe extrieurc que le mucus matrical oi elles onl pris naissance (Nostochinece), mucus quipeut, d'ailleurs, rester amorpheou s'taler en membrane (Nostoc.) ; chez lcsaulres, ees mmes cellules, placees aussi bout a bout, soit sur une seule range , ou en serie simple, commc dans les premieres (Conferva, CaUithamnion Lyngb.), soit en serie mltiple, ou sur plusicurs ranges autour d'une cellule cntrale ou d'un axe ideal (Polysi- phonia Grev.), sont incluses dans un tube transparent, homogne, anhiste, continu, qui s'accroit dans la mme proporlion que les cellules qu'il est destin relier et proteger. Dans cette forme de fronde, on nomme cloison, articulation 3 endophragme , le point qui separe transversalement les cellules , et arlicle , segment , l'es- pace renferm entre deux articulations. Mais les Algues articules ne sont pas toutes formes de filaments simples. TI en est aussi de rameuses, et cette ramification est elle- mme fortvarie. Quclques-unes sont dichotomes (Conferva proli- fera L.,PolysiphoniafastigiataGrey. Spr.)ou trichotomes (6bn/ ait deja initis au mystre de la multiplication des utricules du tissu vegetal. Un nouveau travail de la plus haute portee , sur les mtamorphoses successives du cambium en utricules et de celles-ci en vaisseaux , vient non seulement confirmer les premiers faits , mais encor en ajouter de nouveaux et d'un aulre ordre. De ees faits, professs depuis plusieurs annes par M. de Mirbel , dans ses cours a la facult des sciences , que j'ai vus en partie , des 1837, traduits dans des dessins d'une rare exactitude, et dont ce savant veut bien me permettre de faire usage avant leur prochaine publi- cation , de ees faits, dis-je, il resulte que la multiplication des utricules, et par suitei'accroissement du tissu des vgetaux, peuvent avoir lieu de deux manieres queje nomme Pune centrifuge, l'autre cenlripte. Dans la premire, le tissu utriculaire, qui s'est organis primi- livement dans le cambium et ses dpens, s'accroit insensible- ment et forme ce que M. de Mirbel nomme tissu globulo-utricu- laire. A une poque dtermine, un seul ou plusieurs de ees glo- bules plus favqriss se creusent d'une cavil qui, graudissant aussi peu a peu , finit, quand elle a acquis tout son dveloppement, par recler de nouveau cambium. On concoit que, lemme phno- mne venant se rpter, une seconde, une troisime utricule conecntriques la premire, puissent s'organiser et s'emboiter successivement. Dans ce cas, les utricules les plus jeunes viennent, dans l'ordre de leur formation , se coller , s'ajouter a l'utricule mere et contribuer a en augmenter l'paisseur et la rsistance. Mais si, au lieu d'un seul , plusieurs globulcs se dveloppent a la fois dans la cavit d'une utricule deja forme , il ai-rivera un ins- tan t o, par leur accroissement, elles dchireront cette utricule dont les dbris mmes disparaitront et seront absorbes. Alors, chaqu utricule , devenue libre , continuera son volution BOTANIQUE. 85 particulire en subissant incessamment les mmes mlamor- phoses. Dans les prcmicrs instauts de leur formation , les utriculcs sont eommc rugueuscs ou couvertes de papillules a leur priphrie, ce qui dans une section les fait paraitre plisses sur le bord j mais, en grandissant, ellesperdent ce caractre et deviennent tout a fait lisses. Et, pour rentrer dans mon sujet, je ferai observcr que c'est absolument la ce qui a lieu dans certaines Protococcodes, les- quelles, consistant en de simples vsicules, nes de mme dans une gangue ou matrice mucila piniforme assimilable au canibium dos vgtaux suprieurs , se dveloppent au milieu ct aux dpens de cette gangue, et produisent dans leur cavil de nouveaux individus qui, semblablcs a clles-mmes, deviennent libres et vgtent pour ieur propre compte apres la rupture de la vsicule mere. Mais il y a toutefois cette diffrence remarquablc , que ce qui est un phno- mne de reproduction pour le vegetal a peine bauch n'en est qu'un de nutrition pur et simple pour la plante cotyldone. Dans l'un comme dansl'autre, nanmoins, les globules les plus favo- riss se dveloppent seuls ; les autres , comme cela s'observe si fr quemment chez les tres organiss , n'tant pas assez penetres de cette forc vitale congniale sans laquelle il faut prir, les autres avortent et s'oblitrent compltement. Voil done dj deux modes distinets de multiplication des utri- culcs dont on retrouve des exemples confirma tifs dans les vgtaux ou les animaux les plus simples (1). Maintenant ce que nous venons de voir se passer dans une utr- culo peul galement avoir lieu dans un espace inter-utriculaire ou ce qu'on nomme mats intercellulaires, et en general partout o il peut se former du cambium. Mais, indpendamnient de ees moyens, dont se sert la nature pour accroitre incessamment le lissn des vgtaux, il en est un autre que mentionne le mme savant dans ses recherches sur le Marchanta, c'est le dveloppement supra-utriculaire. Celui-ci a lieu en dehors de l'utricule et de I'ud des points libres de sa priphre. Comme il n'a pas t suivi d'assez prs pour qu'on ait pu saisr tous les degrs de l'volution de l'utricule termnale, il est possible qu'il rentre dans ootre seconde divisin. (i) On observe dans les vers acphalocystes quelqoe cliosu d'analoguc que VIIccmaLococcus nous a present dans les vgtaux. 86 BOTAN IQUE. Les volutions d'utricules dont je vicns de traeer l'hisloire d'a- prs notre savant physiologiste (1) , s'oprant toutes du eentre a la priphrie, j'applle centrifugo la multiplication quien resulte, et je reserve le nom de centripcte a la suivante, qui en est diffrente. Cellc-ci consiste dans le partagc d'unc utricule ou cellule, par une ouplusieurscloisons qui, nesdesaparoi, s'tcndentinsensiblcment vcrsle centre jusqu'a complete sparalion. Cefait, constatcncore, des 1832, par M. de Mirbcl (2) , sur le pollen des Cucurbitaces, a l succcssivcment confirm sur d'autres plantes, et en particulier sur les Phyces, par les observations deMM. Dumortier (3), Mor- rea (4) et Mohl (5). De son ct, M. Turpin, qui l'anatomic et la physiologie ve- getales doivent lant d'intrcssantes observations et d'ingnieux apercus, a publi, dans le tome XVIII des Mmoires du Musum d'histoire naturelle, une thorie sur le sujet en question. Je m'- carterais du plan que je me suis trac en donnant mme une simple analyse de ce travail , car ce n'est pas l'histoire de la phy- siologie vgtale que j'ai entrepris de faire ici ; l'ide fundamn- tale en a d'ailleurs t reproduite successivement par l'auteur dans plusieurs mmoires postrieurs (6) celui que je viens de mentionner. M. Turpin voit, dans le tissu cellulaire, une agglom- ration de vsicules disliuctes, individuelles, pouvant tre elles- mmes considres comme autant d'ovaires remplis d'un grand (i) Je regrette vivement qu'il m'aitt impossible, sans m'tendre au del des bornes que me prescrit raon sujet, de suivre, avec M. de Mirbel , les progrs de raccroissement des utricules et leur me'tamorpbose en vaisseaux , de faire voir comraent ceux-ci se percent de pores, de fentes, se roulent en spires, etc., en- cor raoins de montrer les conse'quences dignes du plus haut intert qui decou- lent de ees faits observes avec une si infatigable patience. J'ai d me borner noter le fait principal de la ge'ne'ration utriculaire dans la masse glatiniforme qui fournit les le'ments de cette merveilleuse cration. (2) Complmenl des obseivations sur le Marchanta polymorpha , p. 62. (Le mmoire sur les Cucurbitceas a e't ln l'nstitut en i832.) (3) Mmoire sur la structure comparte et le dveloppement des vgtaux et des animaux, Nova acta natur. Curios. Acad. ; tom. XVI, part. 1, p. 226. (4) Voyez Mmoire sur la crucignie. Considralions sur le mouvement de la sve dans les Dicotyldones . Mmoire sur les Clostries , Ann. Se. nat. , 2 e ser., Botan. , tom. V , p. 25^ et suiv. Mmoire sur le genre Aphanizo- menon, lu l'Acad. des Se. de Bruxelles, le 2 de'cembre i83j. (5) Sur la multiplication des cellules des plantes par divisin, etc., Ann. Se. nat., 2 e ser , Botan., tom. VIII, p. 3o5. (6) Esquisse d'organogr. vgt., Pars, 1837, iu-f. Ce travail accompagne la traduction de Goethe par M. Martins. BOTAN 10UE. 87 nombro d'ovules ou au moins de corps reprodueleurs ; il pense que c'est de la paroi intrieurc de ees vsicules que naissent , par ex- tensin, des glbulos organiss, vritables gcmmules reproduc- trices, soit de la vsicule raaternellc, soit de la plante, en passant par Ptat de bulbille, etc. Mais je ne saurais passer sous silenc ce que le mme acadmi- cien, appel vrifier les faits curieux annoncs par M. Cagniard- Latour, a observ (1) touchant lo dveloppement des glbulos qui rsultent de la ferraentation de la bire. Dans cet acte , qu'on croyait nagure purement chimique , et qui, pourtanl, est uno vritable vgtation , ees observateurs ont constat que chacun des globules du ferment pousse de sa priphrie des sortcs de gem- nes ou bourgeons qui , apres avoir atteiut le volume du glbulo maternel, en produisent successivement de nouveaux , de maniere a ce que, vers la fin de Pop radon , pour une simple utricule reni- plie deglobulins, comme les nomme M. Turpin , on a un filament moniliforme qui tend mome a se ramiier. Je vois la un fait d'au- tant plus curieux qu'il semble mcrveilleusemcnt expliquer le mode de dveloppement des Nostochines , tribu dout Porganisatiou n'est pas sans analogie avec les filaments en question. Voyons les autres applications de ees faits a Paccroissement des Phyces. Les cellules dont ees plantes sont composes con- tionnent une matire granuleuse verte (Chlorophylls) , nageant dans un fluide le plus souvent visqueux, matire susceptible, dans les Zoospermes, de se changer en amidon ou de se mtamorphoscr en Zoospermes ou sporules ; ou bien, dans les Floridcs, elles sont remplies d'une quantit plus ou moins grande d'autres cellules globulcuses , infinimont petites (2) ( Sphrioles ? Mirb.) , hyalines sous le microscope, quand ellos sont parses et libres, colorees en rose ple ou fonc lorsqu'elles sont runies en masse dans la cel- lulemre. Or, en vertu de Phygroscopicit, proprit tres remar- quable inherente Porganisation de ees plantes et dont leur tissu jouit au plus haut (legr , chacune des cellules qui les constituent absorbe le liquido ambiaut, soit immdiatcment , quand elle esl en contact avec lui, soit, lorsqu'elle en est spare, par Pintorm- diairc d'une substance mucilagineuse tres avide d'eau qui oceupe (i) Mmoire sur la cause et les eff'ets ele lafermentation alcolit/ue et acteusc, 1 ii TAcademie des Sciences, le 20 aolt i838. (2) Souvent elles egalent. a peine en diamtre y^' ou 355" de millimtre. Voy. la planche .>,(!?;. 1 <7 , H m presen 1 ouvrage. BOTAMQUE, 7 88 BOTANIQB. les espaces ou mats intercellulaires. C'est ainsi que s'explique la facilit avee laquellc s'cxcule dans l'tat de vie la transmission des liquides de l'extricur l'intrieur d'unc tige paisse de Fucace , transmission, du reste, que nous avons vuc plus haut bornee dans d'asscz troites limites, l'at de dessiccation du Fucus. Ces liqui- des sont ensuite elabores par la ccllule qui y puise a la fois les ma- triaux de son accroisement et de ses scrlions. Cet accroissement peut s'oprer des deux manieres que j'ai men- tionnes plus haut, c'est a dir qu'il est centrifugo ou centrpeto. C'est surtout dans les algues membraneuses que se fait la multipli- caron par volution ou centrifugo. Mais ici, commc la membranc ne s'accroit ordinairement que dans le sens de la largeur , il tombe sous le sens que la multiplication ne peut s'oprer que par des d- veloppements de cellules dans la substance intercellulaire dont parle M. Mohl, ctque nous avons en effet reconnue trede nature mu- eilagineuse , ou bien encor par celui des deux modes de multipli- cation volutive dans lequel plusicurs cellules nes au centre d'une autre la rompent pour vivre indpendantes et concourir l'aug- mentation de la masse du tissu. Dans les Algues articleos, la multiplication des cellules a lieu par un autre mcanisme. Choz les Conferves, par exemple, ce mcanisme consiste dans la divisin de la cellule extreme du fila- ment par une cloison transversale. Celle-ci se dveloppe peu a peu circulairement en s'avancant de la circonfrence vers le centre, jusqu' occlusion parfaite du tube. Les rameaux naissent du som- met de l'article et se divisent en segments par le mme artifice. Dans les Cramies , la multiplication des cellules s'effectue dans le sens transversal pour l'accroissement en longueur du filament , et dans le sens longitudinal pour son accroissement en diamtre. II cst probable que dans les Fucodes l'un et l'autre mode de mul- tiplication s'observent, el que l'un prside laformation des cellules arrondies ou polydres el l'autre celle des cellules allonges. C'est encor l'opinion de M. Mohl (1), qui ajoute que les cellules emboites se percent de pores au moyen desquels toute la masse du tissu cellulaire est en communication. Les Algues, comme les autres plantes, exhalent du gaz oxygnc sous l'influence de la lumire. Elles scrtent le mucus rpandu (i) Sur la connexion des cellules, Ann. Se. nat., 2 C ser., Cota., tom. VII, p. 3l2. BOTANIQE. 80 si ahonda rumen l dan s toul leur tissu, et dont la turgesecnce dans Ienrs conceptacles est si rcmarquable au momcnl de la reproduc- tion. Les cellules faconnent aussi la matirc verte que j'ai dit de- voir se transformer plus tard , dans la plupart des Zoospermes , soit en grains amylacs, soit en sporulcs. Nul doute qu'ellcs n'en- gendrent la matirc colorante qui sert a les distinguer en trois sous-famillesou grandes tribus. Enin un tres grand nombre de FucoTdes scrtent encor le gaz dont sont remplies Ienrs vessies natatoires. Quel botaniste ignore que les plantes se propagent de deux ma- nieres et par des organes diffrents? Dans le premier cas, Pr- game {bourgeon 3 bulbille , gonidie , conidie , propgale , gemme) est le simple produit de l'acte nulrilif; dans le second, l'organc exige, en outre, pour son dveloppement ultrieur, une opralion, la fcondation , qui suppose le concours des sexes. Cet organe re- eoit alors le nom de semence ou de sminule. Dans la reproduction par gemnies, le dveloppement n'est qu'unc volution ou simple- ment une nutrition continuc, par suite de la proprit qu'a l'or- ganc en question de s'assimiler de nouveaux matriaux alibiles. Mais, indpeudamment de la meme proprit dont jouit l'organc fcond, il conserve encor pendanl un temps plus ou moins long, aprs qu'il a t separ de la plante mere , la facult de germer et de se dvelopper. Le bourgeon , la gemme , le propagulc meu- rent si , a l'instant de leur sparation, ils ne se trouvent pas dans des couditions favorables a leur volution ; la semence et la smi- nule recoivent de Tacle mme de la fcondation la puissance de rsister, pendantun temps qui vari selon les espces, aux causes qui rendeut les premiers striles. C'est encor une grande question parmi les botanisles de savoir si les Algues submerges sont ou non pourvues des deux sexes. On pourrait, en effet, soutenir le pour et le con lie avee presque au- tant de succs, ct taver son opinin, favorable ou contrairc, par d'asscz solides arguments. Etd'abord, tousles pbvcologucs savcnl qu'a Ppoque de la fructilication des Phyces d'un ordre supricur, des Fucoides par exemple, il y a dans tous les organes qui appar- tiennent a cette fructilication une sorte de turgescenee qui ne provicnt pas seulement de l'accroissement des germes ou smiuu- les, mais qui est encor dtennine par une scrtion plus abun- dante d'un mueilage tres visqucux. C'est a ce liquide niucilagi- ncu\ que Correa de $n\* attribuait la fonction d'organc mle . <)0 BOTANIQDB. supposition gratuito peut-tre , mais qu , et-clle quelque fonde- menl . serail difficile appuycr sur des preuves directos , comme il est ais de le concevoir. Le mucus en question, s'il n'a pas un autre usage, me parait, du moins, propre favoriser l'ruption des smi- nules ou des gongyles et leur agglutinalion aux corps sur lesquels ils se posent au fond de l'eau pour germer. Mais si la prsence d'un (luido mucilaginiforme plus abondant, lors de la fruc tfica lion des Algues, n'est point un argument sans replique pour prouver que ees plantes jouissent des deux sexes, que peul-on opposer celui que nous offre en faveur de cette opi- nin le rapprochement , l'espce de copulation pour aiusi dir anmale qui a lieu cette poque entre les filaments des Zygnmes? Ricn n'explique , la vrit , comment l'un de ees filaments agit sur Tautre dans Pacte de la fcondatiou ; mais n'est-il pas prsumablc que l'action quelconque qu'il exerce sur son voisin est lie cet acte mme et en tient lieu? Sans se monlrer partisan outr des causes finales , il me semble qu'on peut voir la autre chose qu'une unin fortuito et sans but determin. En attendant que le voile qui les couvre soit enfin dcbir, admirons ees merveilles qui attestent a la fois la puissance infinie de l'auteur de la nature et l'extrme faiblesse de notre inlelligence. Les formes des or ganes servant la reproduction sont assez va- ries dans les Phyces, mais le mode de cette reproduction l'est beaucoup moins. Consideres d'une maniere genrale, ees organes se rduisent, en dernire analyse, une ou plusieurs cellules privi- legies dont la nutrition ., en y accumulant les sucs , a singulire- ment augment le volume. Ces cellules, ainsi mtamorphoses , prennent le nom de sporules (1) (sporulce)et de sporidies (sporidi) ou sminules. Les sporules et les sminules sont sphriques, pyri- formes ou quelquefois polydres ; par suite de leur mutuelle pres- sion dans un sporange globuleux. Quant la couleur, ils participent de celle propre aux diverses tribus auxquelles appartiennent les Algues qui les ont produites. Ils oceupent aussi des points de la fronde, et sont conlenus dans des organes fort diffrents, selon los genres qu'ils servent souvent caractriser. De mme que dans les autres familles de plantes cellulaires , ces (i) Je me sers des termes usits, mais je pre'fe'rerais un mot unique pour exprimer l'ide'e d'un organe qui, quoique modifie dans sa forme et sa couleur, a ponrtant aussi pour but unique la propagation de la plante dont il provient. BOTANIQE. 91 sporules el ees sminules, que nous examinerons lout a l'heure plus en dtail , ne sont pas l'unique mode de propagation des Phyces. Dans les plus infrieures {Protococcoidec) , la vsicule mere est fissipare. De sphrique qu'ellelait d'abord, elle devient duplique; puis survient un tranglemcnt vers le milieu , qui la partage en deux individus qui se sparent. Ce mode de multiplieation a sur- tout t observ par M. Meneghini (1), dans son Cylindrocysis Brebissoni, qui n'est peut-tre que le Palmella cilindrica , Lyngb. Au lieu d'un simple tranglemcnt, une cloison peut se former et diviser pareillement la plante en deux individus, phnomnedont jai expliqu plus haut le mecanismo, et qui assimile a une sortc de multiplieation l'accroissemcnt des Algues filamcnteuses cloi- sonnes (2). II ne sera pas inutile de noter, en passant, l'analogie qui lie ees plantes, du moins sous le rapport de leur propagation, avec les animaux infrieurs d'une part, et, de l'autre, avec un rayn paral- lle de la serie vgtale o les choses se passent absolument de la mme maniere (3). Nous verrons encor que dans des Phyces d'un ordre plus elev, indpendamment de la reproduction par des gongyles ou sminules formes dans le sein des frondes, un troncn de cette mme fronde peut remplir les fonctions de ceux- ci, et devenir apte a produire un nouvel individu. Dans le genre Hcematococcus, Ag., la vsicule, parvenue a son plus haut point de dveloppement, se rompt a la maturit et laisse chapper de son sein une nouvelle ligne de cellules dont cha- cune est appele a vgter et a croitre pour son propre compte. Aprs cette sorte de parturition, qu'on me passe l'expression , la vsicule se rsout en un mucilage qui se confond avec celui dans lequel vit la plante. Or les grains contenus dans un individu du genre Hcematococcus 3 et qu'on pourrait qualiier du ora de matroctones , puisqu'ils tuent leur mere en naissant , ees grains ne sont pour moi que des gonidies ou de simples propa gules, capables nanmoins de propager et de continuer l'espcc. On voit done que les plantes de cette tribu sont susceptibles de se mulliplicr soit par volution , soit par divisin. Mais ees mmes Algues infrieures (i) Cennisulla Organografia e fisiologa delle Alghe. Padova, i838, p. . (2) Voyez plus haut le mode d'accroissement des Confervees et des C.i.imiees. (3) Dans les genres Cladosporium, Oidium, etc., le la famille des Champi- gnons, le mode de reproduction a lieu ainsi. Ccs plantes sont, comme on dil loini ou Qssipares. 92 BOTANIQUE. vonl qous offrir des phnomnes bien aulrement dignes d'exciter au plus haut point aotre tonnement. Che/ toutes, ou au 'moins chez la plupart des Zoospermes, c'est-a-dire chez les Hydrophytes caractrisccs par la coulcur verte, la chlorophylle ou la matire porracee qui les colore s'organisc insensiblement en granules de la meme couleur, lesquels , s'ani- mant, a certaine poque, d'un mouvementcn apparence volontaire, instinctif, percent la paroi des membranes qui les tiennent empri- sonns, et, devenus libres, semblen t s'agiler ct s'agitent en effet comme pour choisir le lieu le plus favorable a leur dvcloppement futur. Deja observes depuis longtemps par divers botanistes , mais constates rcemment avec le plus grand soin par M. J. Agardh (1), dans des espces appartenant a des tribus diverses de la sous-fa- mille en question, ees faits ne doivent plus laisser le moindre accs au doute ou l'incrdulit. Ce savant a prouv incontesta- blement que, dans les Draparnaldies , les Conferves, les Zygne- mes (2J, les Ulvaces , les Siphoncs et les Ectocarpes , les mmes phnomnes se manifestent a Tpoque de la reproduction , c'est- a-dire que la matire verte se mtamorphose en sporules animes (3), et que ees sporules, munis d'une sor te d'appendice en forme de rostre, s'en servent pour perforer la membrane qui les separe du milieu o ils sont destines a vivre et a se propager de nouveau. L'aualogie lu fait supposcr que les Nostochincs et les Oscillaries, tribus sur lesquclles ses recherebes ne se sont point tendues, doivent jouir d'un mode de reproduction ou tout fait semblablc ou du moins peu difieren t. Les observations faites par M. Treviranus sur le mode de dve- loppemcnt du Draparnaldia mutabilis, et qu' rptes M. 1. Agardh sur le D. tennis ne permettent pas de douter que toutes les Bratrachospermes ne soient soumises aux mmes lois pour leur propagation. Ce que dit M. Vaucher ne s'accorde pas, ilestvrai, avec ce qu'on devait s'attendre rencontrer , en jugeant friori, et d'aprs l'analogie qui lie ees plantes avec celles du genre prc- dent. Mais un seul homme , et-il des yeux de lynx, ne peut (i) De la propagation des ligues, par J. Agardh, Ana. Se. nat., 2* ser., Botaniq., tona. VI, p. ig3 et suiv. (2) Voyez le Mmoire sur les Clostries, de M. Morren , memoire cite plus haut et confirmatif des observations de M. J. Agardh. (3) M. J. Agardh les nomine Zoospermes , et, comme il pense qu'ils existent dans la sous-famille tout entire, il donne celle-ci le nom de Zoospermes. B0TAN1QE. 93 pourtant tout voir. Ainsi le mouvcmcut des propagules que ce sa- vant n'avait point observ dans ses Ectospcrmes ( Vaucheria, Ag.) , MM. Treviranus et Ungher l'ont vu dans le Vaucheria clavata. M. Meneghini a suivi les Oscillaries dans les diverses phases de leur multiplication. Comme dans toute la serie vgtale, celle-ci a lieu par extensin ou par volution. Dans le premier cas , le fila- ment venant a se rompre accidentcllenient, un des disques conte- nus dans sa cavit peut s'en chapper et se dvelopper. Dans le second, il se brise en mme temps que le disque, et les granules qui remplissent celui-ci s'agitent quelque temps dans l'eau , et se fixent pour germer sur quelque corps tranger. Lorsque cette ger- mination s'est opre , ils ne tardent pas a s'en dtacher pour ac- qurir le complment de leur dveloppement. Dans l'Hydrodictyon , chacun des cotes du pentagone se dta- che, se gonfle, et devient seul un sac organis comme la plante mere. A cet effet , les granules contenus dans l'article avant sa sparation se disposent symtriqueinent sur sa paroi, et a une certaine poque , lorsque les rudiments du rscau existent, cette paroi se dtruit et laisse l'article ou la jeune plante libre de vg- ter et d'acqurir les dimensions de la plante mere. Cette mta- morphose, observe par Yaucher, est un des phnomnes les plus curieux de la reproduction des Algues. C hez les Conferves, chaqu article ou segment contient de la chlorophylle susceptible de se mtamorphoser en zoospermes. C'est le Conferva crea qui a servi aux observations de M. J. Agardh. Je vais exposer brivement ce qu'il y a vu pendant la periodo de la fruc tfica tion. La matiere verte ou chlorophylle ( chroniule de quelqucs auteurs), renferme dans les articles, est d'abord tout fait homogene et comme fluido. Plus elle avance en age, et plus elle devient granulcuse. A leur naissance , ees granules adhrent aux parois des cellules , puis s'en dtachent , s'arrondissent peu a peu et se runissent au centre de la logo , en une masse d'abord elliptique et cnin sphriquc. C'est alors qu'on commence a obser- ver dans la masse un mouvementde fourmillement. Les granules qui la composent s'en sparent l'un apres l'autre, et, devenus libres, se mcuvcnt dans la loge avec une extreme vitesse. On observe en memo temps que la membrane extricure de l'article se gonlle eo un point. La se produit un petit mameln qui devient le point de dpart des granules mobiles. Peu a peu ce point mameln n se perfore d'une ouverture par o s'chappent les granules mtamor- 91 BOTANIQUE. phoss en zoospermes. En cet tat, ils sont mnnis d'un prolonge- ment anlrieur assez semblable un bec (rostrum) et (Tune cou- lour plus pal que le reste du corps. Tant qu'ils sont en mouve ment dans lacellule, ils prsentcnt constamment cet appendice en avant, comme s'ils devaienl s'en servir en guise de blier pour pratiquer l'ouverture qui doit lcur donner issue. Aprs leur sor- tie , ils perdent leur rostre, qui se replie sous leur corps , et con- tinuent encor a se mouvoir dans le liquide ambiant pendant une a deux heures. Enfin ils se rassemblent en masses innombrables , et, s'attachant a quelque corps tranger, soit au fond du vase , soit la surface de l'eau, ils ne tardent pas a s'y dvelopper en filaments semblables la plante mre(l). C'est ainsi que s'opre le phnomne de la reproduction chez toutes les Conferves, les Siphones , les Caulerpes et les Ulves. S'il y a quelque modifica tion cette loi, elle est de bien peu d'im- portance. II existe, par exemple, dans quelques Siphones, un organe qui semble jouer le role de conceptacle , et auquel on donne le nom de coniocyste. Cet organe, o se dposent un grand nombre de sporules ou des granules destines le devenir , ne pa- rait pas tre indispensable a la fonction qui nous oceupe, puisqu'il peut manquer sans que son absence nuise a celle-ci. On a observ des coniocystes dans les Vaucheries et les Codium. Je les ai fait connaitre dernirement dans le Bryopsis Balbisiana (2) , genre o personne ne les avait encor vus. M. J. Agardh ayant suivi le Bryopsis arbsculo, dans toutes les phases de sa reproduction sans rien trouver d'analogue , il en resulte que, pour ees plantes du moins , l'organe en question n'est pas essenliellement ncessaire l'accomplissement dla fonction. J'ai dit prcdemmeut que les Zygnmes offraient un vritable accouplement, c'est--dire que deux filaments dont , avant Pacte de la condation , il serait impossible, a des caracteres physiques, de dir lequel est mle, lequel est femelle, se rapprochent dans toute leur longueur et poussent de chacune de leurs Ioges des prolon- (i) Sans chercher donner une explication de ce qui est inexplicable, au moins dans l'tat actuel de la science , M. J. Agardh affirme que ce mouvement des zoospermes n'est au moins pas d au phe'nomne de VEndosmose, comme le veut M. Berkeley, et il en donne pour raison que le mouvement commence deja dans l'interieur du tube. (2) Des Coniocystes ou Sporanges du genre Bryopsis de lafamille des ligues, Mc'moire present l'Acadmie des sciences de Tlnstitut le 16 juillet i838. BOTAN I QUE. 95 gements qui se soudent, et dans le tube desquels passent de l'un dans l'autre tous les granules de l'un d'eux. Ce qu'il importe sur- tout de noter ici, c'est que l'un de ees filaments est toujours donnont et que l'autre est toujours recevant , ce qui tendrait a con- firmer qu'ils sont de sexe diffrent. Chez ees Algucs d'eau douce, la chromule n'est pas, comme chez les Conferves, contenue sans ordre dans les articles ; elle y forme, au contrairc, des spires simples ou doubles, d'o le ora de Spirogyra^ Lk. , des toiles , des croix, etc. Au moment de la fructifcation , tout cet arrangement symtrique disparait, et les granules passent successivement et avec ordre du filament dunnant dans le filament recevant, pour former dans celui-ci un corps elliptique constitu par les matires runies des deux articles. M. J. Agardh n'a pas observ que le corps elliptique se dveloppt en un nouveau filament , ainsi que l'a dcrit et figur Vaucher; mais il l'a vu, au contraire, se dis- soudre en sporules nombreux, dous d'un mouvement tres ra- pide. Ce que nous dit des Clostries M. Ch. Morren , qui en a suivi avec soin les mtamorphoses , vient l'appui des assertions du phycologue sudois, a ce sujet. Les Ulves ont leurs sporules nichs, au nombre d'un six, dans les cellules sous-pidermiques ; ils en sortent de la mme ma- niere que ceux des Conferves. M. J. Agardh a encor observ le dveloppement complet des sporules dans VUlvaclathrata. La ger- minaron , dans cette espce , produit une expansin en forme de lame allonge. Dans cet acle, la matire verte se transforme insen- siblement en bandes transversales qui finissent par se partager de nouveau, dans le sens de la longueur, en deux ranges dis- tinctes. 11 suit, de tout ce que je viens d'exposer, que les Algues inf- rieures comprises sous le noin de Zoospermcs jouissent , a une certaine poque de leur existence, d'une sorte de mouvement qui rend leur nature ambigu, et leur place incertaine entre les deux grands rgnes des corps organiss. Les choses se passent diffremment dans les Florides et les Fucodes. Ici, a aucune poque de la vie des sminules . on n'observe ricn d'analogue cetle mobilit qui caracterice celle des plantes de la sous-famille precedente. Mais sous le rapport de la fructifcation, les deux derniers ordres offrenteux-mmes des dif- frences qu'il est temps de faire connailre. Les Florides articules (Cramies) ou contines olirenl, en g 96 BOTATflQl i:. aera!, ce qu'on aomme la donble firactification. L'unc, etc'est la plus simple, se compose de granules (anthospermes , Gaill.) contenus dans le propio (issudes frondes, c'est--dirc dans les ccllules sous- pidcrmiqucs, d'o ilsse dtachent aune poque dtermine, et sor- ten t par un pore qu'on apercoit quelqucfois peu de lemps api es leur chute. Cette sorte de fructification, dont la place vari selon les dille - rents genrcs, scrt elle-mme tablir des distinctions entre cux. Ainsi, chez les Delesserics , ees granules sont pars sans ordre sur la fronde, ou bien ils y forment des espces de macules plus colorees (sor), ou en fin ils sont enfoncs dans des foliles appendiculaires (Sporophylli). Les Thamnophores , les Rhodomlcs, les Polysipho- nies, les Plocamies les prsentent encor a l'extrmit de leurs ra- meaux mtamorphoss en silicules ou seulement gonfls en stichidies. On a toujours dit que ees granules taient ternes ; le fait est qu'ils sont ttradres et disposs ordinairementpar quatre, selon la remar- que de M. J. Agardh, dont j'ai eu maintes fois occasion de vrifier la justesse. Leur reunin constitue ce que le mme savant nomme Sphcerospore . Aprs s'tre d tach de la plante-mre , chacun des granules du sphserospore se separe de ses voisins, et, reprenant bientt la forme globuleuse qu'il avait dans sa jeunesse et que la pression mutuelle lui avait fait perdre, il tombe au fond du rase. La, runis en grand nombre sous forme de poussire rousstre, ees granules s'agglutinent ensemble au moyen du mucilage dont ils sont enduits , et se dveloppent bientt en espces semblables l'Algue dont ils sont issus. L'autre sorte de fructification est contenue dans des organes appendiculaires auxquels , selon les tribus et les genres , on a donn les noms de conceptacles, capsules , gloiocarpes, nemathceSj sporanges, etc. Dans les uns, des sminules pyriformes ou obo- vides s'attachent par un pdicule au fond d'une capsule urcole, ouverte au sommetj dans d'autres, ees sminules sont tres petites, arrondies, runies en grand nombre dans le conceptacle qu'elles font saillir en dehors et qu'elles rompent a la fin pour s'en chap- per ; enfin, dans ce qu'on appelle nemathecia , elles sont ou atta- ches l'extrmit libre de filaments us, moniliformes , hyalins, ou bien niches au milieu de ees mmes filaments sans y adhrer. Les anthospermes et les sminules sont ordinairement plus colo- res que le tissu de la fronde ou du conceptacle qui les reclait. Loin d'trc simples, ils sont, au contraire, composs d'une quantitc innombrable de vsicules tres petites , sphriques , renfermes dans BOTAN IQUE. 07 une cellulc plus grande , divise quelquefois clle-mme, l'int- rieur, par des cloisons, comme certaines utricules poUiniques. Au reste, ees smiuules nc se distinguen! par aucun caractre essen- tiel, si ee n'est leur volume et leur coloration , des cellules que j'ai ol)scrves dans le centre des frondes cylindriques de quelques Splurococcus (1). Malgr Passertion de M. de Candolle , mon esprit se refuse a considrer ees vsicules comme des spores etl'u- tricule mere comme un sporange. La germination bien connue maintenant des Algues de cette section me parait combattre victorieusement l'opinion, probablement modiie aujourd'hui , de ce savant illustre. Quclles que soient la nature el l'origine de la fructication des Florides, qu'elle soit antbospermique (Gaillon) , ou concepta- culaire, elle n'en est pas moins, dans les deux cas, propre germer et a reproduire la plante mere. C'est un fait mis hors de doute par les observations de MM. J. Agardh et Crouan frres. Ces dernires ont t commentes et fcondes par M. Duby dans ses intressants mmoires sur le groupe des Cramices. Non seu- lcment , chez ces Algues , l'une et l'autre sorte de fructifica tion sont susceptibles de germer et de propager l'espce dont elles pro- viennent; mais, bien plus, uu article unique separ du filament principal a pu reproduire un autre individu (2). Un fait analogue aaussi t observ par >I. J. Agardh. II a vuun article du Spha- celaria cirrhosa, muni de son verticille et dtach du reste de la plante, pousser une racine de sa partie infrieure et donner nais- sance a un individu complet. La germination des deux sortes de fructiGcation est identique et se fait de la maniere suivante. Les raciucs se font jour , selon M. J. Agardh, au travers de la membrane extrieure, ou du moins elles se distinguent constamment du corps des unes et des autres par une couleur plus ple. D'autrcs lilamcnts plus longs naissent a l'autre bout, et ces filamcnts, dans le Chondria en particuHcr, nc commencent a se ramifier que six semaines ou deux mois aprs leur apparton. D'un autre cl, M. Duby affirme, d'aprs MM. Crouan, qu'il n'y a point raptare de la membrane, inais un simple allongement de tissu, dans la production du filament livalin (i) Voyez l'anatomie dc> ti^es des .\f,rrococcus confertus et gaditanas, dans la planclic qui accompagne l^i seconde Pentade des Plantes d'Espagneet de Por- tugal de mon savant ami M. Webb. (a) Duby, Troisime mmoin sur les (' ramies , p. n, pl. Sg <) B. 98 BOTAIIQUE. radicellaire. Lequel de ees observaleurs a micux vu , c'est ee que je ne suis pas en mesure de decidor. Sous le rapport de leur mode de reproduction , les Algues oli- vaces ou Fucodes offrent quelques variations selon les tribus qui les composent. Ainsi, dans les Sphacelaries , outre le mode de propaga lion que j'ai rapport il n'y a qu'un instant, Textrmit des filaments et des rameaux se rende en capsules contenant une matire sporace noirtre, dont on n'a pas encor suivi les mta- morphoses. Chez les Dictyotes, les capsules, farcies de la memo matire, sont disposes en zones concentriques ou en amas (sort) , tantt eux-mmes symtriquement places, tantt pars sur la fronde. Les capsules sont frquemment accompagnes de filaments cloisonns qui tablissent une sorte de transition avec l'ordre sui- vant. Dans les Fucaces , enfin , les plus compliques et les plus par- faites des Phyces sous le double rapport de l'organisation et de la reproduction , on trouve des glomrules sphriques , runis en plus ou moins grand nombre et sous des formes diverses , soit dans la continuit, soit l'extrmi t des frondes. Ces glomrules contien- nent des sminules qui en sortent a la maturit par un pore dont chacun d'eux est perc. Les sminules , le plus souvent elliptiques, se forment dans le dernier article de filaments articules qui garnis- sent les loges des rceptacles et convergent de tous les points de la circonfrence vers le centre. Tous ne sont pas frtiles ; ceux qui avortent ou restent striles sont analogues aux paraphyses des Lichens et des Hypoxyles. La sortie des sminules est facilite par le mucilage abondant qui remplit et lubrifie la loge a cette poque. Aprs leur sortie, la substance mucilagineuse dont elles sont enduites favorise non seulement leur chute au fond de l'eau en augmentant leur poids spcifique , mais encor leur adhrence aux corps sur lesquels elles doivent plus tard se dvelopper. Dans la germination, les racines semblent passer au travers de l'utricule mere , absolument comme dans les Florides. Souvent elles parais- sent articules , mais cette apparence n'est pas de longue dure. Ces sminules conservent quelquefois un mois et davantage leur forme sphrique ; mais, des que l'allongement commence, il s'opre avec rapidit. Concluons des faits qui prcdent que les Florides, moins par- faites que les Fucoides sous le rapport de l'organisation , sont comme intermdiaires entre elles et les Zoospermes. Comme dans B0TAN1QDB, 99 celles-ci, la fructification est pour ainsi dir ceutrifuge, tantlis qu'ellecst centrpeto dans celles-l. Nous avons vu, eu effet, jus- qu'ici les sminules placees ou a la surace des frondes ou dans des conceptacles externes , et quand , ce qui est moins commun , elles naissaient a 1'extrmit (Tun flanaent cloisonn '(Sphcerococcus coro- nopifotiuSj Thamnophora Seaforthii; Bonnemaisonia aspara goides), ce filament irradiait du centre du conceptacle vers la priphrie ou lepoinlqui devait donner issue au gongyle. Eh bien, dans toutes les Fucaces, les fdaments d'o naissent les sminules ou gon- gyles convergent de tous les points de la priphrie vers le centre des glomrules dont l'ensemble constitue le rceptacle de la fruc- tification (t). La dure de la vie des Phyces est diffrente dans les trois sous- familles dont cette famille se compose. Les Zoospermes, presque toutes vivipares, ont une existence fort courte. Les Florides sont en general annuelles ou bisan nuelles ; rarement dpassent-elles ce terme. La plupart des Fuco'ides sont vivaces. Toutes les Phyces habitent dans lesein des eaux douces ou salees. Nulle ne peut vivre longtemps hors de Teau. Un tres grand nombre d'espces marines sont , la vrit , soumises des alternatives de submersion et demersin qui ne leur sont point prjudiciables ; mais toutes, mme les plus infrieures , ont besoin, pour croitreet se multiplier, de la prsence de ce liquide. Leur vie est done en quelque sorte continu et non absolument alternative comme dans les Lichens, ou simplement retarde , comme dans les Byssaces, plantes d'ailleurs avec lesquelles elles ont ellcs-mmes tant de points de ressemblance. Envisagc sous un point de vue tres general , la distribution gographique des Algues submerges est telleque les Zoospermes oceupent la zonc polaire, les Florides la zonc tempre et les Fu- codes la zone tropicale; mais, en les considrant de plus prs. nous remarquons que plus elles sont simples , plus aussi elles sont uniformment rpandues a la surface du globe. Les Protococco- des, les Nostochincs, les Conferves, quelques Llvcs sont presque spcifiquement les mmes par tate la terre. Ainsi VUlva Lactuca, L., des mers de Norwge ne diffre pas de VUlva Lactuca qui vegete dans la Mediterrneo , a Van-Diemen ou sur les cotes du Brsil el (i) Voycz la planche premire du present onvrage n j'.ii donn l'analyse mi- croscopique iles loges du Sargassum polycernlium. 100 BOTAN IQE. I' 104 nOTANIQUE. Mais les Diatomaces nc sont pas seulement unies de la maniere queje viens de signaler, ils formen t encor, dans les Desmidios, par exomple, des filamente dont los individus, quand ils so dsu- nissont, roslent ixs l'un a l'autre par uno potilc vsicule sphri- quc, ainsi que je l'ai dcrit plus haut dans le Btddulphta australis, ou bien, comme dans le genre Micrasterias Ag., ils sont associs sous formo d'toilcs ou d'orbicules fort lganlcs. La naturede ees otros cst d'ailleurs, comme je l'ai dit precdem- ment , si incertaine , si ambiguo, que des nomines d'un grand mrito sont en dsaccord sur le lieu qu'ils doivent oceuper dans la sric des otros organiss. MM. Agardh, Greville , Dujardin , de Brobisson , les considrent comme des Algues \ M. Ehrenberg en fait des animalcules infusoires. M. Meneghini, dans ses Ccnni, etc., dj cites, conserve les Desmidies parmi les Phvces, et rejette les Diatomes parmi les Infusoires. Enfin M. Bory en fait la base de ses Arthrodies, qui, elles-mmes, composent en grande partie ce rgne intermdiaire qu'il propose d'tablir sous le nom de Psy- chodiaire entre les animaux et les vgtaux. familia ii. B\SSACE^E, Fr. Ciiar. Vegetabilia agama, aerea aut raro arnphibia, perennantia, per intervalla in vegetaliojie retrdala, he- terognea , e substantia similari, vel totafdamentosa, vel gelatinoso-f lamentosa granulis viridibus (gonidiis (1) Fr., globulina, Turp.), inspersa, composita; sporidiis ascis inclusis et intra apothecia varia homognea exceptis , vel sub forma hjmenuli, excipulo quovis deficiente (2), supra thallum byssoideum hinc inde coadunatis , aut go- nidiis thallo immixtis, propgala. Alga? aerea? ad terram humidam, rupes irriguas , cor- tices arborum, imo et in alveis torrentium crescentes. Gems Collema in Europa temprala, Leplogium vero inter trpicos centrum habet. Camogoniea? fere omnes tro- picales. Planta? hinc Phjceis prassertim infimis structura vi- taque amphibia, illinc Lichenibus vita inlerrupta fruc- tificationeque affines. A prioribus auiem esscntialiter differunt ob vegetationem , paucis exceptis, aeream , emersam , et apothecia ascis sporidiis que inslructa ; a posterioribus vero ob gonidia thallo similari inspersa , strato scilicet corticali s. gonimo cum medullari confuso. (i) Dans notre dc'finition des Algues, pag. i, il s'cst glissc une erreur d'im- pression qu'il nc faut pas dilVrer de corriger. Au lien de conidiis, lig. 12, li- sez gonidiis. (2) On peut, dans ce cas , conside'rcr la conche de celloles globuleuses sur la- quelle sont dresses les theqnes crame un ve'iitablc hypolhecittm. Voyea ./mi. Se. nat., 2 ser., /otan., tom. II, p. 3^5, pl. iC, fig. 2, c. {Cilicia noli tan gere, Montag.). t()() B0TAN1QUB. A Fungs tndem mucedineis fructificatione nuda non autem peridiis inclusa, diversissima. Syn. Lichenes et Algas , Auct. pro parte. By ss acece , Fr., Syst. orb. veget., p. 291 (exclus. Rhizo- morpkeiSj Racodiaceis et Bjssceis quae aut veri Fungi aut Hypoxyla) et Collemaceoj , Ejusd., 1. c, p. 254. Collemaceoj , Endl., Gener. Plant., p. 14. ByssacecE , Fr., Lichenogr. europ. reform., p. xxxv. Obs. Acndu l'organisation tres remarquable de cet ordre de plantes, j'ai pens devoir, l'exemplc de Fries, l'lever au rang de famille. Je ne m'y suis pourtant decide qu'aprs avoir tudi avec soin celte organisation , dans les principales formes des gen- res dont cette famille est compose. Elle est videmment interm- diaire et pcut servir de passage entre les Algues submerges ou Phyces et les Lichens. Consquemment, elle doit prendre place ici. Pour l'inlelligence de quelques termes non encor universelle- ment connus, je suis forc de renvoyer aux gnralits que j'ai placees en tete de la famille des Lichens, famille avec laquelle celle-ci a une affinit encor bien plus intime qu'avec les Algues submerges. Nota. En indiquant, dans le cours de cet ouvrage, les diffrents grossissements des objets representes dans les planches, j'ai omis de dir quelle distance de l'axe du microscope tait placee la ta- ble o mes dessins ont t faits. Cette omission pourrait ne pas tre sans inconvnient pour les personnes qui dsireraient rpter mes observations, et s'assurer ainsi de leur exactitude. Je dois done prevenir, pour viter toute cause d'erreur, que la table sur laquelle je dessine est placee a une distance de vingt-cinq centi- mtres (a peu prs neuf pouces) de l'oculaire du microscope. L'o- mission, que je m'empresse de rparer ici, n'eutrainerait aucune erreur, si je m'tais content de donner la grandeur relle des ob- jes. Mais conime je n'indique que l'angle sous lequel je les ai vus, en employant une combinaison de verres donne, et que cet aagle augmente ou diminue, selon que le lieu o semble se pein- dre l'objet est plus ou moins loign du miroir, on comprendra BOTAN IQUE. 107 qu'il n'est pas indiffrenl de savoir au juste quel est cet loigne- ment. trib. i. COENOGONIE.E (1), Fr. Thallus e filamentis subcontimiis vari contextis in- terdum et granulis (gonidiis) viridibus aut liter colora- tis inspersis constans. Sporidia ascis inclusa in excipulo proprio aperto recepta vel sub forma hj menina collecta. Syn. Algarum species, Ag. Ccenogoniece , Fr., 1. c. COENOGONIUM, Ehrenb. Thallus effusus efdamentis pellucidis obscure articu- latis laxe intertextis compositus. Excipulum proprium or- biculatum substipitatum disco ascigerum. coenogonium linkii, Ehrenb. C. thallo effuso-imbricato suborbiculari filamentis pel- lucidis ramo sis obscure sed reipsa articulatis in telam glauco -viridem laxe intertextis composito; excipulo pro- prio luteolo-croceo , juniori marginato , disco homogneo ascigero. Sporidia ovato-elliptica serie nica ascis jili- formi-clavatis inclusa. Syn. Coenogonium Linhii , Ehrenb., in Nees ab Esenb. Horas physicoi berolinenses , p. 120, t. 27. Descriptio et icones eximia*. Fe, Meth. Lich., p. G3 , t. 2, fig. 27. Apothecia colore saturiore rubro a natura dis- crepare videntur. Supplm. a l'Essai sur les Crjp- tog. des corees offic, p. 134, t. 43, pour les thques. Mougeotia Linhii , Ag., Syst. Alg., p. 84. Peziza controversa, Spreng., Syst. veget. , IV, p. 513. (i) Les genres Cora Fr., Cdicia Fr. el Thermutis Fr.. fool encor partic de rette premirc tribu . 108 BOTANIQB. Con fe iva lichei toulcs , Kaddi, Mem. Soc. ltul. Moden., tom. XIX, 1829, p. 48, t. 5, Bg. 6. Hab. Ad corticem arborum prope urbein Havanam et in loco S. Marcos dicto sterile lectum. Obs. Sclon l'expression de Frics , cette plante est un Biatora thalle ilamenteux. Sprengel en a fit une Pczize. Agardh Ta placee parmi les Algues. L cxcipulum parait form par la reunin des filaments du thalle. Ceux-ci sont videmment articules, con- tre Passcrtion de M. Fe, qui les a sans doute observes un faible grossissement. II faut une amplification d'au moins G00 dianitres pour apercevoir les cloisons; mais on ne voit les ulricules? con- tenus dans chaqu article qu' un grossissement de plus de mille fois le diamtre. On distingue alors nettement les articles, qui ont un peu plus du double du diamtre du filament. Les cloisons, assez grandes, sont pellucides. Ce que je nomme des utricules est le centre de l'article, color d'une teinte lgre bistre, et est analogue a cette mme partie dans les Callithamnion. Le filament lui-mme, qui, vu avec un plus faible objectif, ne parait qu'in- gal et rugueux, se montre, au grossissement en question, par- couru de lignes longitudinales, qui le font paraitre pliss dans ce sens. M. Ehrenberg a bien vu ees plis longitudinaux, mais il les croit intrieurs. Quant aux articles, il n'en parle pas et se contente de dir : Massam aliqaam includere non videntur. De distance en distance, on remarque encor des sortes de mamelons ou de protubrances arrondies , qui naissent videmment du filament et rendent raison des nodosits ou ingalits de sa surface. La coulcur de Vexct'pulum, comme celle du disque, est d'un jaune qui prend avec l'ge une teinte safrane. C'est du moins ce que j'observe sur tous les chantillons de ma collection, et dans les figures donnes par M. Ehrenberg. Les thques que j'ai exa- mines au mme grossissement dont je parlis tout l'heure ont le plus souvent la forme d'une massue tres allonge, ainsi que je le vois aussi dans les figures cites. J'en ai vu aussi d'troitemenl linaires, telles que les reprsente mon savant arai M. le profes- seur Fe. Elles ont une longueur de cinq six centimes de milli- mtre et un diamtre de ^ de millimtre. Les sporidies, ovales- elliptiques, sont un peu plus longues que ce diamtre, ce qui ex- BOTA.MQIE. 109 plique leur position oblique sur une seule range dans l'intrieur des thques. Sur un de nos chantillons, j'ai observ parsito VHypochnus nigro-cinctus j Ehrenb. trib. ii. COLLEMACE/E, Fr. Thallus efilamentis hyalinis granulisque viridibus (po- nidiis) moniliformi-concatenatis (1) insubstantia gelati- nosa confusis y quandoque strato celluloso subcorcatis constans. Apothecia varia excipulo gelatinoso sa?pe con- fuso. Collemacea? y Fr., 1. c. Endl., 1. c, Ccenogonio excl. COLLEMA (2), Hoffm. reform. Thallus foliaceus vel crustaceus crassus , horizontalis , gelatinosus intus e fdamentis duplicis ordinis s. hyalinis et moniliformibus , strato scilicet corticali cura medullari homogneo, compositus. Apothecia scutelliformia , disco immar ginato , excipulo thallode primitus clauso cincta. Collema, Fr., 1. c, p. 255. Endl., 1. c. HoTm. et Ach. pro parte. COLLEMA CHLOROMELUM , Ach. BOTANIQE (CRYPTOGAMIE) , PL. VI, fig. I. C. thallo foliceo submembranaceo orbiculato sil mato- lobato , plicato-ruguloso subreticulato , viridi-furvo ; apo- theciis marginalibus rufis , margine verrucoso. (i) CVest ce que M. Fee nommc de la globuline enchainec. (2) Les autres genres qui composent cette seconcle tribu sont : Leptogium, Fr., Iiphebe, Fr., et Micarea, Fr. I I O BUTAN1QDB. Syn. Lidien chloromelos, Swartz, Fi. Jnd. occ, t. 111, l>. 1802. Parmelia chloromela, Ach., Metli. Lich., p. 228. P, chloromelcena , Spreng., Sjst. veget., IV, p. 290. Collema ckloromelum , Ach., Lichenogr. univ., p. 228, ccesium , Ach. , Lichen. aniv. , p. 656. C. tremelloides /2 cjanescens , Ejusd., Syn. Lich., p. 326. Duby, Bot. Gall., p. 608. Collema plicatum, Hoffm., Plant. Lich., t. 35, fig. 2, mediocris. Hab. Ad cortices arborum inter muscos , confine Par- meliae domingensi, Spreng., loco S. Marcos dicto Ins. Cubce lectum. Obs. Nos chantillons, d'ailleurs striles, ne diffrent pas de ceux d'Europe. La plupart portent dans le centre du thalle une vgtation des cellules goniuiiques, qui, chez les uns, a l'aspect d'un Isidium et consiste chez les autres en un grand nombre de foliles menes, reniformes et dresses. Le dessous du thalle est marqu derugosits tres menes, comme Acharius le dit de sa va- rit pichneum(Sijnops., p. 343). Selon Eschweiler, 1. c, il existe dans l'herbier de M. Kunze des chantillons de cette espce pro- venant de la mme ile. LEPTOGIUM AZREUM, MoKltag . L. thallo foliceo membranceo tenerrimo Icevi dia- phanOj hmido violaceo-cyaneo , sicco ccerulescente , lo- bis rotundatis glabris undulatis integerrimis ; apotheciis sparsis subpedicellatis 3 disco rubro, margine pallidiori. Syn. Lichen azureus , Swartz, 1. c, p. 4 895. Parmelia azarea, Ach., Meth. Lich., p. 223. Spren- gel, Sjst. veget., IV, p. 290. Collema tremelloides , azureum, Eschw. in Mart., Fl. Eras., I, p. 237. B0TAN1QUE. 115 Colleina azureum , Ach. , Lichen. univ., p. 654. Ejusd., Synops., p. 325. Swartz, Lich. amer., t. i 5. Raddi in Atti della Soc. I tal. delle Scienze di Mo- dena , tom. XVIII, p. 36, t. 4, ig. 1, icn. bona. Fe, Essai, p. 311, t. 2, fig. 17. Hab. Ad corticem arborum cura prcecedente lectum. Obs. Je serais bien tent, je l'avoue, de partager l'opinion d'Eschweiler, qui runit cette Byssace , crame simple varite, son Collona tremelloides. Elle a, en effet, les plus granas rapports de forme et de couleur avec la varite j2 cyanescens de l'espce precedente, en compagnie de laquelle elle eroit sur les troncs d'ar- bres a Cuba. Mais , quoique je pcnche a confondre ees deux es- pces et a les regarder comme appartenant au menie l) pe , je me garderai bien toutefois, a l'exemple du lichenographe allemand , d'tendre cette confusin jusqu'au Leptogium lacerum, dont le thalle, constamment et profondment dchiquet, offre un carac- tcre capable de le faire toujours aisment distinguer. Que si, ce- pendant, l'on se relche tant soit peu sur la valeur spcifique de la forme genrale du thalle, il n'y a plus de bonne raison oppo- ser a la reunin propose par Eschweiler. Mais aussi , o devra-t-on s'arrter ? LEPTOGIUM MARGINELLUM , MoTtag . BOTAN1QUE fCRYPTOGAMlE), PL. VI, fig. 2. L. thallo foliceo membranceo tenero subdiaphano sicco glauco-ccesio , hmido virescente , lobis longius- culis y marsinibus undulatis plicato-flexuosis elevatis crispatisque ; apotheciis minutis marginalibus (carneis^ sphceroideiSj disco rufo-jerrugineo primo vix impresso subconcolori , demum diltalo plano, margine paludo scabriusculo. Sporidia elliptico-jusijormia s. navicularia intus cellulosa pellucida ascis clcwatis serie duplici in- clusa. Syn. Lichen marginellus , Swartz , Fl. Ind. occid. , tom. III, p. 1896. 116 BOTANIQE. Parmelia marginella , Ach., Meth. Lch., p. 225. Sprengel, 1. c, p. 290. Col lema margnale , Hoff., Pl. Lich., II, p. 47, t. 37, fig. 1 , haud bona. Collema marginellum Ach., Lichen. univ., p. 656, et Sjnop.y p. 326. Hab. Ad corticem arborum nter et supra muscos in eoclem cun precedente loco lectum confine Parmelise do- minpensi et Biatorae vernali. o Obs. Cette espce est effectivement bien distincte de toutes ses congneres par ses apothcies marginales. Dans l'tat de dessiccation, le thalle, vu la loupe, parait cou- vert d'une multitude de rides excessivement potitos, qui se croi- sent dans tous les sens et le rendent comme finement rticul. Si l'on plonge cette Byssace dans l'eau, ees rides disparaissent com- pltement et ne forment pas de veinules comme dans le Collema chloromelum que j'ai dcril tout a l'heure. Ordinairement ce thalle est nu, mais aussi quelquefois il se recouvre, comme le font beau- coup de Lichens, de granulations ou de foliles, soit cylindriques simples ou rameuses (Isidium), soit planes, reniformes ou spalu- les, entires ou crneles (phylla). Ces vgtations de la couche gonimique du thalle sont recouvertes par l'piderme (1) et se re- trouvent jusque sur les bords des scutelles, qu'elles garnissent d'une elegante collerette. Ce fait montre combien sont lgres et peu propres soutenir l'examen, les espces qui, comme le Par- melia venusta _, sont fondees sur ce seul caractre. Le thalle de cette espce consiste, comme celui des autres Lep- togiun; en deux couches ou strates, Puae extrieure ou corticale, compose de cellules tres irrgulirement hexagonales, l'autre in- trieure ou mdullaire, offrant un mlange confus de filaments hyalins continus et de granules disposs en chapelet, envelopps les uns et les autres dans une sorte de gele visqueuse. Les apothcies sont tres petites, sphroides et sessiles sur les bords releves et crispes des lobes du thalle. Dans le premier age, elles ont la plus grande ressemblance, quant a la forme, avec des (i) Selon Tobservalioii d'Eschweiler , cet organe existe ausbi dans les Colle- inaces, quoiqu'il y soit extrmement te'nu. BOTANIQUE. 117 tetes de camions (1). Leur diamlre est alors d'un demi-millimtre. Peu a peu elles s'vasent, et quelques unes acquirent un diamlre double et mme encor plus grand , ce qui parait teir a la soudure de deux apothcies voisines. C'est alors qu'on les voit parfaitement planes et que le bord form par l'excipulum propre est presque effac. Dans l'tat normal, le bord de l 1 apothcie est tres finement gra- nuleux, caractre dont Swartz et Sprengel font mention. Ces gra- nulations acquirent, dans l'tat atypique, un dveloppement le qu'elles forment sur le bord du disque cette collercltc dout j'ai parl. La prsence de ces foliles , de la nalure et de la couleur du thalle, nes sur le bord color de l'apothcie ne doit-elle pas faire supposer que ce bord est form, non par l'excipulum propre, mais par le tballe lui-mme, devenu si minee en cet endroit qu'il laisse voir par transparence la couleur de l'excipulum ? Ne serait-ce pas aussi ce qui se passe dans le genre Biatora Fr. (Patellaria Pers.)? II paraitrait que le Collema marginellum analys par M. Fe ne serait pas le mme que l'espce queje figure ici, et de l'authen- ticit de laquelle je suis parfaitement certain. En effet, ce licheno- graphe attribue a sa plante des sporidies jauntres elliptiques, co- lorees, paisses, toutes choses trangres a notre Lichen , qui nous a present, au contraire, des thques et des sporidies de la plus grande tnuit et parfaitement hyalines. Je ne les ai mme pu bien reconnaitre que dans les apothcies dont les disques taient bien ouverts. Au reste, la coloration dos sporidies pourrait teir a quel- que cause lcale et tre anormale, si toutefois il n'y a paseude confusin dans les espces. EXPLICATIOJV DES FIGURES. Pl. vi, fig. 2. a 3 Leptogium marginellum vu de grandeur na- turelle. b } Portion de la plante grossie quatorze fois , pour montrer la disposition des apothcies sur le bord du thalle. c , Une de ces apothcies jeune encor et entire , vue a une amplifica tion de 60 diamtres. d, La mme coupe verticalement par le milieu el montrant en d' la lame proligre, en d" Vhypohecium et en d'" la porlion du bord du thalle qui la supporte. e > Apothcie arrive au termo de son dveloppement et bordee d'appcndiccs foliacs comme (i) On nonimc binsi, diez nous, la plus petite sorte d'pingles. 1 18 BOTANIQUE. dans le ParmeKa venusta. Elle est vuc a un grossissement de 14 fois le dimetro, f, Une autre apotheie arrive au mme stade d'cvo- liion , niais coupe pcrpendioulairement par son milieu. Dans cette figure on voit en f la lame proligrc tale et mme un peu con- vexo dans l'tat d'humidi, en f" Vhypotheciutn^c au dessous les foliles anormales de l'excipulum thallodique , que laisse apercevoir le profil de l'apothcie. y , Tranche minee coupe verlicalcment dans le thalle , propre a en montrer l'organisaon , et vue '380 diamtres. h,, Cellules extrieures sous-pidermiques gros- sies 1140 fois. i, Theque isole de ses paraphyses et remplic de sporidies tres pellucides ; elle est vue un grossissement de 190 fois le dimetro, k. Une sporidie libre grossie 780 fois. On voit que les cloisons transversales, au nombre de quatre sept, sont cou- pes par d'autres selon la longueur, ou plutt qu'il n'existe pas de vritables cloisons, mais que Penveloppe genrale de la sporidie est remplie de cellules irrgulires, souvent cubiques angles ar- rondis, qui se touchent peine Tune l'autre. familia ni. LICHENES, Fr. Char. Vegetabilia agama, aerea, prennantia , inter- rupte vigenia, higroscpica s. humiditatem avide combi- hentia, sub forma crustcea , folicea vel fruticulosa ad terram, rupes et cortices adnascentia , e stratis duobus , externo (cortical) discolori subinde perfecte celluloso et interno (jnedullar) sa^pius filamentoso composita; aut ncleo propgala gelatinoso conglbalo vel in laminam (discurr) explcalo , sporidia nuda ut plurimum anhulata seriata vel ascis inclusa et tune plerumque paraphjsibus immixta continente intraque receptaculum (apothecium) excepto, nunc a thallo ipso (excipulum thallodes) , nunc e propria substaniia. (excipulo propri) formatum , priini- tus sa?pe clausum tandemque vari dehiscens vel origini- tus apertura, aut cellulis chlorophjllinis (gonidiis Wallr. gongyles Fe non Martius) in stratum viridem contiguum {stratum gonimoii) sub epidermide thalli stipatis , multi- plicata. Obs. Ainsi qu'on peut aisment le conelure do la dfinition qu precede , un Lichen est done, a proprement parler, une Algue merge. C 1 est la, ce me semble, l'ide la plus genrale qu 1 on puisse s'en former. Quant auv difiremeos cssentielles qui sparent la famille des Lichens de celle des Phyces, ellos sont pour la plu- parl le rsultat des circonstances exlrieures ou des milieux dans lesquels vivent ees plantes , etressortent de la dfinition elle-mme de l'une et de Pautrc famille. Pour l'intelligence des fails et des descriptions, je me vois forc d'entrer dans quelqnes dtails d'or- ganograpbie, que j'abrgerai, du reste , autant qu'il me sera pos- sible. Les persounes qui voudraient faire uno eludo approfomlie BOTiMQfE. n 1 20 BU JAMLE. de ce sujetj plus feond qu'on ne le pense gnralement en r- sullats d'une application procliainc a la physiologie vgtale, ne pourront micux faire que de consulter les savants travaux de Mcyer (1), Wallroth (2), Eschweilcr (3) et Fe (4). Mais je leur recommande surtout la lecturc altentivc et plusieurs fois ritre des prolegmenos que Fres a mis en tete de son ouvrage intitul : Lichenographia europcea refrmala, Lunda), 1831, in-8. Cet au- leur clebre y resume les faits qui eonstituent l'tat actuel de la science et y discute, avec une grande supriorit de vues , les dif- frentes opinions de ses prdcesseurs ou de ses contemporains, touchant la morpbologie des plantes de la famille en question. Les apereus ingnieux et nouveaux, les rapprochements inattendus, quoique pourtant tres naturcls, dont est rempli ce livre trop peu lu, dclent a chaqu page un observateur aussi remarquable par sa rare sagacit que par son immense et profond savoir. J'en ai donn une analyse dans le premier volume des Archives de Bota- ique, de M. Guillemin, page 557 et suivantes, et ce qui va sui- vreen est extrait en partie. (i) Meyer, Die Ent-wickelund, Metamorphose und Fortpflanzung der Flech- leu , Goettingen , 182o , in-8. (5) Wallroth , Rlalurgeschichle der Flechten , Frankfurt an Mein, 1825 ct 1826. (3) Esclrweiler, Systema Lichenum , Norimberg, 1824. Lichenes in Mar- tius, Flora Brasil., tom. I, p. 5i sqq. (-i) Fee, Essai sur les Cryplogames des corees exotiques qfficinales , Paris , Didot , 1824, et Supplment au mme oiwrage, Paris et Strasbourg, 1837. COUP D'OEIL GENERAL LES BYSSACEES ET LES LICHEWS. Les Lichens sont des plantes agames, composes de cellules de forme variable et diversement runies entre elles. Tout Lichen est form d'un thalle ou svstme vgtatif et d'un rceptacle cont^ nant les organes de multiplica lion. Le thalle est centrifuge, c'est a dir horizontal (crustac ou fo- liac), ou centripte, c'est a dir vertical (fruticulcux). Quelque- fois, comme dans les genres Cladonia et Stereocaidon, ou rencontre conjointemeut les deux formes de thalle. Celui-ci est, en general . compos de deux couches distinctes (1), Pune corticale, l'autre mdullaire. La couche corticale ou extrieure, homogne, dco- lore , molle quand elle est humecte, roide et souvcnt frage dans l'tat de scheresse, est principalement rcmarquable par la pr- sence d'un ordre de cellules sphcriques le plus souvcnt verles, qu'on n'apcrcoit bien, dans certains cas, qu'en entamant l'pi- derme qui les recouvre. Ces cellules, dans lesquelles parait rsider toute la forc vgtative, ontrecu le nom de gonidies (rjonidi) et forment une couche non interrompue qui prend celui de couche go nimique. Elles joucnt un tres grand role dans l'cononuV de ces plantes, puisque l'on retrouve en elles la facult de continuer ou de reproduire le Lichen, a la maniere des gemines prolifros des Mousseset des Hpa tiques, ou des bourgcous des plantes plus le\ ees dans l'chelle vgtale. Au dessous de ces gonidies se rencontrent d'autres cellules incolores arides C'est leur tat d'hjpertrophie (i) Elles ^ont confusiN dans les Byss 12-2 BOTANIQUE. qui constituc la plupart de ees anamorphoses auxquclles les L'chens sont sujcls, dans les lieux trop humides et prives de lumire. Ainsi les VariolaireSj les lsidium, les Lpres, les ruplions soriformes dont, avant d'avoir eludi physiologiquement ees plantes, on avait fait autaul d'lres distinets sous les oras gnriques de Va 7olan'a J lsidium 3 Lepraria, ne sont effectivement que des tats anormaux ou pathologiques d'autres Lichens bien connus el bien determines. La couche nidullaire, iufrieure a la premire dans les Lichens centrfugos, en est environne de tous cotes dans les centrpetos, c'est dir qu'elle y est intrieure ou cntrale. Elle est ordinaire- ment forme de cellules allonges filamenteuses , plus ou moins abundantes, plus ou moins denses, quelquefois libres et distinctes (Usnea), quelquefois confonducs et intimement unies avec la cou- ebe corticale. Outre les deux couches dont je viens de parler, il en est une autre qu'on n 'observe gure , dans quelques Lichens , que dans le premier age, et qui est propre surtout aux formes crus- taces et foliaces , c'est l'hypothalle (Protothallusj Meyer, Spr.) , compos de cellules cylindriques allonges, crame confervodes dans les premieres, runies en plus ou moins grand nombre et prolongeos en rhizines dans les secondes. L'hypothalle est l'tat primilif de lout Lichen n d'une sporidie, et peut tre regard comme le systme vgtatif rudimentaire. II peut se comparer au Mycelim des champignons, d'oi s'lvent les rceptacles de la fructification, qui nos yeux paraissent consti- tuer toute la plante. Ce qu'on serait tent de prendre pour de vraies racines dans les Lichens foliacs n'est que l'hypothalle, dont les cellules cylin- driques forment, par leur reunin, ou un duvet abondant, ou des faisceaux, au moyen desquels la plante se fixe sur les corps qui lu servent de support. Dans les Byssaces, les couches corticales et mdullaires sont confonducs dans une matire glatineuse qui les runit. Le thalle horizontal des Lichens est ou crustac (crusta) ou fo- liac. Dans le premier cas, il est entirement uni la matrice, sur laquelle le Lichen s'est dvelopp. La prdominent les cellules sphriques, remplies dune matire granuleuse qui rend le thalle ordinairement friable. Celui-ci est pi- ou hypophlode (1), uni- 'i) On entend par crote epiphlode d'un Lichen (thallus epiphlceodes) cele BOTAXIQE. 123 forme ou figur, contigu ou arol, quelquefoisentirement gra- nuleux ou mme conipos de ptitcs squammes imbrqnes. Dans quelqucs cas, le thalle appliqu revt une forme interm- diaire entre la forme crustceo et la foliace, c'est a dir que, comme dans le sous-genre Vlacodium, par exemple, il est crustac au centre, et dcoup en foliles adnes dans toute sa circonfrcnce. Le thalle foliac est remarquable , d'abord par sa composition in- time, dans laquelle le dveloppement excessif des cellules cylindri- ques de la couche mdullaire a obliter en grande partie les cel- lules spheriques qui forment presque en totalit le thalle crustac. De la la souplesse et la flexibilit du tissu des feuilles. Au reste, ce thalle, quelquefois rduit a de simples squammes, ce qui rend tres difticile sa diagnose, est le plus ordinairement form de fo- liles linaires, qui rayonnent d"un centre {stellatus), ou bien il est monophylle et plus ou moins dcoup en lanires largos , ta- les, et diversement conformes. Dans ce dernier cas, il adhre beaucoup moins intimemont son support. Le thalle vertical est ou comprim, comme dans lesEvernies, certaines Ramalines , ou cylindrique et fruticuleux, comme dans les Stereocaulons et les Usnes. Dans le genre Cla&onia, le thalle est la fois foliac horizontal et fruticuleux vertical. Les organes de la reproduclion des Lichens se composen t de deux parties bien distinctes, le Thalamium et VExcipulum, qui, reu- nios , constituent l'apothcie. Le thalamium ou nucleus renferme les thques (Asci); ce sont des cellules verticales cylindriqucs claviformes ou elliptiques, qui contiennent dans leur cavil, sur une ou deux ranges, d'autres cellules elliptiques ou navieulaires, auxquelles on donne gnrale- ment le nom de sporidics, mais que quelquos uns nomment aussi spores. Les thques et les sporidics sont placees au milieu de col- lulos allonges (Paraphjscs) , qui sont probablomont dos tliques avortes. Ces diffrcnts ordres de cellules sont unis au moyen d'une pelite quanlit de matire mucilagineuse tros vido d'humi- qui se developpc sur l'e'piderme des ecorces vc'gc'tales , et Ion ilonnc le imrn d'hypophleode {thllus hyi>oplil(codes) a cclle qui, primitiveir.ent forniiV bous l'epiderme , souleve cet organe en y adlierant, et subit avee lu toutes ses mi'li- morphoses , ou bien init par le lomprc et se montrer au dehors de maniere ce qu'il soit diicile de remontera son origine. Ainsi le thalle d'un Lirbcn < i ustac peul primitivement tre hypophlcodc , et devenir avec l'ge t : j>i|ibli<>de. Ces mots viennent du grec tyhooc i qui gnifie corce. \l\ DOTANIQE. dit. Eschweiler a encor distingue, dans le ihalamium et figur dans la llore du Brsil (1) de M. Marlius, ce qu'il nomine Vhy- potheciunij c'est dir une couche simple ou double de cellules arrondies sur laquellc repose cet organe. Enfin le ihalamium ou sporophorc (2), offre deux formes principales, selon qu'il appar- tient aux Lichens g ymnocarpes ou aux angiocarpes. Soumis l'ac- lion de l'air et de la lumire dans les preinicrs, il cst persistant et tendu sous forme de disque orbiculaire dans les Parmeliacces , les Lecidines, etc., ou indurescent et place dans des especes de fentos linaires (lirell) qui dislinguent les Graphides, cas dans lesquels il prend le nom de lame proligere {lamina proligera). Dans les seconds, renferm soit media tement {Verrucaria), soit immdiate- rnent (Sphwrophoron) dans le thalle, il est ordinairement dliques- cent, et conserve plus spcialement celui de nucleus. Y? excipulum est de deux sortes, ou homogne fourni par le thalle et consquemment concolore (excipulum thallodes) s ou h- trogne, d'une naturc particulire (excipulum proprium), ordi- nairement carbonac et discolore. Quelquefois il est double, c'est a dir compos d'un excipulum propre bord ou revtu d'un exci- pulum thallodique. Soit qu'il prenne son origine du thalle, soit qu'il ait une nature propre , Vexcipulum revet des formes varies et recoit des noms difieren ts. II est orbiculaire (scutella) dans les Parmeliaces et les Lecidines , linaire , simple ou rameux (lirell) dans les Graphides, ovoide ou sphrique (perithecium) dans les Verrucaries. Le perithee peut treentier oudimidi, c'est dir avoir ou n'avoir pas de fond. II arrive encor que plusieurs ex- cipulum confluents se soudent ensemble et produisent , surtout dans les Cladonies, ees apothcies symphycarpienncs (Apothecia sijmphycarpea) ; qui onl une grande ressemblance el une grande analogie de formalion avec le chou-leur. Les apothcies des Usnes ont encor recu le nom d'Orbilles (Orbilli). Pour complter ees gnralits sommaires, je dois dir aussi quelques mots sur la gnration des Lichens, sur leur mtamor- (ij Voyez Flor. Bras., 1, p. aG4, et Icones selectce cryptogamicce, Ejusd. oper., t. II, fig. i, 3,4 c, 3 b. (2) Le nom de Sporosphore cre par M. Fce ne peut tre admis sans cette l- gere modification exige par fe'tymologie. C'est ainsi qu'un mycologue distingue de la Grande-Bretagne a cmploy ce mme nom de Sporophore , d'une maniere plus heureuse peut-etre, pour de'signer les ilamenls qui soutienuent les spores tles Champignons de la classe des Hymenomyceles. Voy, Ann, ofnatur. Jirst. ni .'agaz. of Zool. Bol. and Ceoi-, avril i838. mi ILNIQDE. 125 phose ou l'volution successive dos organes aux difieren tes po- ques de la vie, enfin sur leur anamorphosc ou les dgnrcscenccs auxquelles ils sont snjets dans certaiues circonstances apprciables. Tout cela conslitue ce qu'ou nomme la Morphologie d'un tre na- turcl quelconque. Ainsi qu'ou a dj pu le voir dans notre dfinitiou des Lichcns, leur modc de propagation est double comnic dans la plupart des autres agames, les Champiguons, peut-tre, exceptes. 11 a lieu ou par la germination de la sporidic (elongatio) ou par l'volulion con- tinue d'uue gonidie qui, dans ce cas, fait l'oficc de genime pro- lifrc. Meyer ct Fres, par des cxpricnccs directes, ont mis hors de doule le premier mojen de propagation. Fries indique meme les prcautions a prendre pour que l'opration russisse. Comme celles de toutes les autres agames , les sporidies des Lichens cu tat de germination se prolongent en un (inononemeiv) ou deux ilaments opposs (dinemece)j qui, reuns a plusicurs autres dans des circonstances favorables a leur dvcloppcment , reproduisent une nouvelle plante. II esl facile de s'assurer de l'autre modc de pro- pagation, ni par Escbweiler, en observant l'cvolution des foliles qui a lieu , soit a la surface de certaines Parmelies, soit autour des supports (Podetia) (1) des Cladonies, foliles videmment pro- duiles par la vglation conlinue de la couche gonimique du Li- dien. On remarque pourtant cette diffrence entre les individus ns de sporidies et ceux qui rsultent de l'cvolution des gonidios, que les premiers commencent par un hypothalle , et que les seconds, qui en sont dpourvus, sont formes de plusieurs gonidies runies par agglutination et simultanment dvcloppes. Les ctats atvpiqucs (anamorphosis) dcsLichens^ ou leur cloignc- ment du tjpe individuel d'o ils proviennent, peuvent se ranger sous deux chcfs principaux : ou leur volution nrmale a ot em- pecbce ou retarde , ou bien elle a ct prc})te et aoclre. Mais, selon les circonstances qui ont ag, c'esl tanttuo orgaue, tantt un autre qui subit la dgnrcsccncc ou raltratiou d'o nait l'- lat atypique. Ainsi, selon que le lieu o 1 vegete est humide ou expos aux rayons d'un soleil ardeut^ l'hypotballe s'leud en lio cons varics qui simulcnl des Gonfervcs, ou s'oblitre, comme dans le Lepra antiquilatis . Plusieurs Scytoncma paraissenl nc pas re- (i) On nomine ainsi, dans le nonibnii\ gen re Cladonia, la portion Mili' 'I lus d'un an , en herbier, a recommenee a vgtex des qu'il a ele replai e dans des conditions favorables un nouvel accroissement. La vie de ce plantes est done indfinie et leur niort dependante des scules canses externes. Voy. Fries. Lichenographia europ. refrmala, p, xi.v (a) Summa est specierum accumulatio , Fries, 1. c. p. lxxxiv. 128 BOTAN IQUE. provoque leur dveloppement. II csl a noter que ce son! parlicu- lirement les Lichens dont les apothcies composes sont recou- vertes d'un thallc discolore, qui predominen t sous les Iropiqucs et font dfaut dans les regions qui avoisinent les ples. Aiusi les Chiodecloiij, les Pyrenastrum , les Trypetheliaces surlout y abon- denl. J'ai deja dit, ailleurs (1), que mon ami M. Leprieur, phar- macien de la Marine et naturaliste distingu, a recueilli autour de Cayenne et m'a adress une belle suitc d'espces de cette dernire tribu. Dcpuis cette poque, j'en ai recu un second envoi plus riche encor que le premier en exemplaires et en espces. Ce naturaliste a 'ait une remarque qui vient l'appui de ce que j'ai avanc et que , pour cette raison , je crois ne pas devoir passer sous silence. a Une chose fort surprenantc , dit-il , c'est Y habitat de ees belles cryptogames. Pour qu'elles se propagent, il faut de i'air et de la lumire en abondance. Ce n'est que sur les arbres des prairies naturelles que vivent toutes ees espces (2). La o le vent ne se fait pas sentir, la o le soleil ne darde pas ses rayons de feu , on ne doit pas s'attendre a en rencontrer. Les Lichens croissent sur tous les corps de la na ture : les arbres, la terre , les rochers , tout leur est bon , pourvu qu'ils y trouvent un poinl d'appui. Je possde, dans ma collection, un morceau de vitre sur leque s'est dveloppe une Parmelie. On en trouve mme sur le fer ou les autres mtaux. Les uns vivent indiffremment sur les pierres, la terre ou les corcesj les autres affectionnent une seule station et ne croissent que la. Sous les tropiques, ils attei- gnent leur dveloppement normal jusque sur les feuilles. Dans nos climats septentrionaux, j'ai trouv une opgraphe (3) sur des tiges de plantes herbaces, ce qui est tres remarquable, surtout sous le rapport physiologique. Une autre espce croit sur les feuilles des fougres a Cuba. De mme qu'il y a des Lichens propres a tel ou tel habitat \, de mme aussi il ya des rgions particulires a tel ou tel Lidien. Quand, par hasard, il arrive que ce Lichen croit dans une regin moins favorable son volution parfaite , il demeure strile et ne se re- (i) Centur. plant. cellul. exot. nouv. , Ann. Se. nat. , i e serie, Botan., tom VIII, p. 347. (2) Elles appartiennent a trois seules tribus, les Graphides, les Verrucarie'es et les Trypetheliaces. (3) Voyez Opegrapha herbarum, Montag., Archiv. de Botan., tom. II, p. 3o2, t. i5, ig. i. B0TAN1QUE. 129 produil probablcment alors qu'au mojen de ses gonidies. C'esl le cas o se trouvent les Sticta aurata et limbata, qu'on n'a jamis rencontres avec des apothcies, dans nos provinces de l'Ouest, o ponrtant elles sont fort communcs. Dans mon inlroduction, j'ai indiqu sommairement les usages auxquels on fait servir les Lichens, soit sous le rapport cono- mique, soit sous le rapport industriel ; je n'y reviendrai done pas. J'ai aussi parl du degr d'a Imit qui lie les Lichens aux Phyces et aux Byssaces. Compares aux Champignons, les Lichens n'ont point de formes analogiies aux ordres suprieurs de cette grande classe ; mais on en rencoutre parmi les Helvellaces et surtout dans la famille des Hypoxyles. Ainsi les Parmeliaces y sont represen - tees par les Pezizes de la section des Lachnes 3 et les Lccidines par celles de la section des Phialces; le Sphccrophoron peut se comparer au Thanmomyces , les Opgraphes aux Stictis, les En- docarpes et les Verrucaircs plusicurs tribus de Tordre immense des Sphriaces. Quant a la classification des Lichens, elle vari selon le point de vue sous lequel on les considere. Les uns (jthallistce) ont pris le thalle, les autres (fructistw) le fruit, pour base de leurs divisions. Parmi les preiniers, on compte charius dans son Prodromus , Agardh, Eschweiler et Fe; au nombre des seconds, sont Scbrader, Persoon, charius dans ses ouvrages postrieurs au Prodromus , Meycr, Wallroth et Fries. Dernirement, M. Fe, dans un ou- vrage fort remarquable (1) du reste, a cherch a fonder les gen- res sur la forme des thques, que Fries et Eschweiler (2) ont af- lirm ne pouvoir fournir de caracteres constants, a cause de leur grande variabilit dans la mme espce. Astreint a faire un choix, je me suis decide a adopter les prin- cipes qui ont servi de base a la mthode, d'aprs laquelle M. Fries a distribu les Lichens d'Europe. Ces plantes y sont divises d'a- bord en deux grands ordres : I o Gymnocaupi, dont les apothcies ouvertes sont discifres; 2 o Angiocarpi, dont les apothcies closes (i) Voy. Supplcmeni. a VJissai sur les cryptogames , etc., p. 4 , et les plati- nes : :)- 43. (i) Frustra diversas thecarum jornias tul genera distinguendain auxilium vo- < are sudui plurimorum ejusdem generis xix unquam ejusdem specici sapius (liversissimas , diversissimorum easdem thecas inveni. Eschweiler, Systenia f.i- chenum , p. 10. Voy'/ encor ranalysc que j'ai faite du Systmc de M. I-Vr , el qui sl usen-, dans les Aun des Se. nal., a si : r , Botan., lom. IX , p. a4g 130 BOTAN I QUE. Eonl nuclifores. Chacun de ees ordres est subdivis en tribus et en genres, que je ferai connaitre a mesure que j'aurai crire Phistoire des especes de Cuba. LICHENES, Fres. ordo i. ANGIOCARPI, SchracL, Fr. Char. Apothecia clausa, ostiolo pertusa aut irregula- riter dehiscentia , ncleo incluso subgloboso ascigero. Syn. Camoihalami phjmatoidei , Ach., Lich. univ., p. 19. Verrucarince , Eschw. in Mart., Fl. Bras., I, p. 114, et Eutrypethelince , Ejusd., 1. c., p. 151. Trjpethelies , Porines , Sagedies , Coniocarpes et Sphcerophores, Fe, Mlh. Lich. Gasterothcdami et inter Idiothalamos Limboriece , Fres, Sjst. orb. veget. , p. 258 et 267. Endl. , Gener. plant., p. 13 et 14. Angiospori a myelocarpi , Meyer, Flecht., p. 325. Sprengel, Sjst. veget., IV, p. 237. Pyrenothalami , Bartl., Ordin. nat., 8. Angiocarpi , Sclirader ex Friesio , Lich. eur. reform., p. 403. trib. i. LIMBORIE.E, Fres. Apothecia rotundata , excipulo proprio carbonaceo clauso , dein vari dehiscente , ncleo subceraceo riges- cenle. Thallus crustaceus , varius, interdum epiphyllus. Limboriece, Fr., 1. c., p. 448. STRIGLA, Fr. Perithecia carbonacea, subglobosa , farda , clausa, ostiolo rimoso-ncequabili collabente vel poro simplici per- BOTANIQUE. 131 tusa f ncleo e gelatinoso-rigescente nigricante in super- ficie subfatiscente. Thallus hjpophlceodes plerwnque epi- phjllus infols coriaceis percimibus tropicis. Syn. Slrigula , Fries, Sjst. mjc, II, p. 534. Sjst. orb. veget., p. 111. Elench., Fung., II, p. 114. Ecl. Fung. in Limicea Schlechtendalii , octobre 1830, p. 549. Lich. europ. ref., p. 457. Endl., 1. c, p. 33. Squammaries piphjlles , Fe, Essai, p. 56, pro parte. Stigmatidium, Meycr, Flecht., p. 328, pro parte. Spren- gel, Sjst. veget., IV, p. 243. Epiphjlla. Verrucariece , sect. iv, Strigula, Eschw., 1. c, p. 140. Cephaleuros , Kze. in Weig., Surin. exsic, et in Fries, Sjst. Mjc, III, p. 32T (anamorpbosis). Obs. Ce genre , par la raison toute simple qu'il est place sur la limite des deux familles, a t successivement consider par Fries lui-mme, tantt comme un Ghampignon de l'ordre des Pyreno- myccles, tantot comme un Lichen de sa tribu des Limbories. Selon cet ingnieux auteur, les series diverses des Agames (homo- nemece Fr.) reprsentent des rayons qui convergent et se ren- contrent vers le centre d'un cerclc, c'est a dir, dans le lien o la simplicit de Torganisation est telle, qu'elle laisse encor dans le doule sur la serie dont une espce peine bauchc est comme le point de dpart. Les botanistes qui se sont jusqu'ici occups de ees singulires productions, presque toutes tropicales, n'ont fait attention qu' leurs caracteres extricurs, parce qu'ils n'avaicnt pour but unique que de les distinguer spcifiquement. Pour expliquer leur vgla- tion, aucun d'eux n'a penetr la vraie structurc du thallc. Fries a avanc qu'il tait hypophlodej Eschweiler a dil elsoutenu le contraire. J'ai pass un temps forl long a recbcrcher lequcl de ees deux observateurs tait dans le vrai. Voici co que des macratious prolonges, des dissections minuticuses et l'observation microsco- pique m'ont appris a ce sujet. Je commence par convenir avec le Lichenographc allemand, que, par une macration de quelques heures dans l'eau simple, on peut, a l'aide d'une poiute acre 132 BOTANIQL'E. (je mcsers d'une aiguille cata rae le), enlever, sans beaucoup de difficults, le thalle du Strigula Feei, et qu'aprs cettc opration l'- piderme de la fcuille parait intact. Mais cela est loin de prouver. sclon moi, que ce thalle n'est pas primitivement hypophlode, comine le veut Frics. Tous les botanistes qui ont suivi les progrs lents, inais con- linus, qu'a faits la science des vglaux dans ees dernires anues, conuaissent l'intressant travail (1), publi par M. Ad. Brongniart sur l'piderme des feuilles. lis savent done que cet habile observa- teur a distingu deux parties dans l'organe dont il s'agit; l'une, formant la base de l'piderme, est compose d'une ou plusieurs cou- ches d'utricules separables, par la macralion, de l'autre qui con- siste en une simple pellicule membraneuse transparente et incolore. Celte pellicule, excessivemenl minee , est anhiste, c'est a dir qu'elle n'offre aucune apparence d'orgaoisation. Quelquefois, pourtanl , on y distingue les traces des lignes de jonction des utricules , formant une sorte de rseau peine apparent , ordi- nairement mme plus transparent que le reste de la membfanule. Eh bien, c'est entre cette pellicule que M. Ad. Brongniart nomme sus-pidermique , et les utricules les plus extrieures de l'piderme , que se dveloppe originairement le thalle du genre Strigula. Ce thalle est done compos : I o d'une membrane anhiste, trans- parente, d'une extreme tnuit, orbiculaire ou effuse, uniforme ou lobe a la priphrie, et parcourue par un rseau a maules in- gales, en general quadrilatres, rayonnant d'un centre commun ; 2 o de cellules vertes ou tout a fait dcolores , disposes en series irradies et flabelliformes , interposes entre la membrane en ques- tion et le tissu de l'piderme. Les cellules sont superposes en plus ou moins grand nombre selon l'paisseur du thalle. Non seulement cette paisseur vari singulirement , mais la composition de ce thalle n'est pas identiquement la mme dans toutes les espces. II en est une surtout sur laquelle je dois appeler l'attention, et qui s'loigne un peu des autres sous ce dernier rapport. Des la nais- sance , ou, ce qui revient au mme, dans les plus jeunes individus que j'ai pu observer, son centre se rompt et laisse chapper un grand nombre de fibres, qui se dressent de toutes parts, et sont (i) IVouuelles rechurches sur a slruclure de l'piderme des vgtaux , par M. Ad. Brongniart, membre de l'Institut, Ann. Se. nat., 2 C serie, Botan., tom. I , p- 65. B0TAN1QE. 133 termines par des granules ou utricules simples ou plurilobs. La circonfrencc du thalle reste toujours entire, ondule, quelque- fois lgamment plisse ou finemenl strie, comme dans les Pl- cenles. A mesure que le thalle grandit, le centre fibrilleux aug- mente en proportion, et ce n'est que pres de son bord que se rencontrent les pritheces, qui, consquemment, sont, pour ainsi dir, centrifuges. Je ne puis dir si cet tat est normal et typique, ou bien s'il est le rsultat d'une anamorphose du thalle, quoique je penche le considrcr plutt comme une dgnrescence et un tat atypique, du a des circonstanees locales, qu'il nc m'cst pas donn d'apprcier. Je dois ajouter, cependant, que des milliers d'individus vivant sur des feuilles appartenantes a des arbres diffrents ont tous offert la mme singulire structure. C'est cet tat, probablement atypique, qui constitue le genre Cephaleuros ,. cre par mon savant ami M. le professeur Runze et admis par Fries dans son Sijstema mycologicum (tom. III, p. 327). Deja l'illnstre mycologue d'Upsal avait apercu et not l'analogic troile qui liait cette production au vritable genre dont elle n'est qu'une d- gnrescence morbide ou une simple anamorphose. L'analyse que j'ai faite du thalle des strigules , dans l'tat normal et patholo- gique, m'a confirm que les soupcons de Fries, touchant l'ana logie en question , taient rellement fonds. Je dois la vril de dir que mes dessins de l'anamorphose du Striyula complnala taient termines, quand l'chantillon du Cephaleuros densitSj que je dois l'obigeancc de M. Kunze, me tomba sous la main. Je l'observai alors attentivement, et il me fut ais de recounaitre que ce prtendu champignon ue diffrait en ren de ce que le mi. croscope m'avait fait voir sur les feuilles de Cuba. Une prcuve qui , si je ne m'abuse , paraitra peremptoire a loul le monde comme elle l'est pour moi, c'est qu'a ct des plaques dgn- res qui portent le Cephaleuros densus de Surinain, on en trouvo d'autrcs qui portent des pritheces, et qui n 1 ont consquemment point subi l'anamorphose , qui transforme les premieres en fibrilles charges d'utricules a leur exlrmit. Ce n'est done pas de pro- pos deliber el par suile d'ides prconcues , que je me decide a rayerdu catalogue, dj si nombreux, de la tribu des Mucedines une production que, bien certainement, M. Kunze Lui-mme n v et point inscrito si, plus favorablemeut place pour l'ludicr, il et pu suivre toute L'histoire de son dveloppement. La planche vu du prsenl ouvragc , qui tait dj faite quand j'ai 134 BOTA M QUE. dcouvert les rapports intimes de ees deux genres, prouvera compltement , j'espre , la vrit de moa assertion , en raon- trant la circonfrence de l'une des plaques du Strigula com- plnala des prithces dans lesquels j'ai trouv des sporidies . tandis qu'au milieu du thallc on reconnaitra la dgnrescence qui en ferait un Cephaleuros. Quelques autres feuilles , il est vrai , ra'ont present des thalles cnlirement convertis en cette prtendue Mucedine ; mais , instruit par l'analyse que j'avais faite de cette production dans ses diffrents tats , il ne m'est pas venu dans l'esprit de les rapporter un autre genre , en- cor moins la famille des Chanipignons dont leur belle cou- leur verte me semblait raisonnablement les exclure. Au reste , la science a peut-tre gagn ce que les choses se soient ainsi passes ; car , si j'avais vu plus tt l'chantillon du Cepha- leuros , j'aurais pu tre influenc par le dsir de faire concor- der ce que je voyais avec ce qui avait deja t vu , mais autre- ment, par un aussi excellent observateur que M. le professeur Kunze. C'est dans l'paisseur du thalle que sont enfoncs les pri- thces. Leur forme et leur position sont galement fort variables. Dans le Strigula Feei 3 par exemple, ls sont entiers, ovoides, ct font une lgre saillie au dessus du thalle. lis sont percs d'un ostiole qui est blanc dans les individus dont la masse cellulaire est dcolore. Dans le Strigula nitidula ils sont di- midis, et le nucleus semble reposer nu sur la feuille. Enfin , dans le Strigula complnala , ils sont comme enchsss dans un thalle anormal dont la membrane , qui ne parait pas y adhrer , est dchire irrgulirement , pour livrer passage leur sommet libre. Quand il commence se former , le p- rithce est verdtre et ne se distingue du thalle que par deux lignes orbiculaires noirtres qui le circonscrivent , et dont l'une , plus grande , reprsente la base el la paroi , et Tau- tre , plus petite , cntrale, figure l'ostiole ou le pore du som- met. Peu a peu il devient carbonac dans toute son tendue, mais il reste membraneux et susceptible d'affaissement et de collapsus. Le nucleus , qui se forme en mme temps , est gelatineux, transparent, quand on le regarde au microscope , et compos de thques qui varient dans les diffrentes espces et sont accompagnes , dans deux seulement de ees espces , de paraphyses nombreuses et fort apparentes. BTAMELE. 135 Je n'ai encor parl que de la composition intime du thalle des Strigules, je vais a prsent lenter d'esquisser l'histoirc de son vo- lulion. Si je n'ai pu trc assez favoris pour suivre dans la nature loutes les phases de cette volution , le grand nombre d'individus que j'ai l mme de voir y a en quelque sorte suppl, en me montrant la mme espce ses divers ages. Le thalle commence se montrer a la surface suprieure de la feuille sous la forme d'une squamme arrondie, infinimcnt petite, mais pourtant deja facile distinguer de la feuille mme qui la porte. Insensiblemente cette squamme s'tend et sa priphrie se dcoupe en lobules qui s'allon- gent, et, se touchant bicnlt par le bord , finissent par se souder entre eux. Quelquefois la coufluence et la soudure ont lieu entre des squammes nes tres prs l'une de l'autre. De ees deux cas, assez frquents, naissent les formes diverses que revt le thalle, mais dont l'orbiculaire est la plus genrale. Une chose assez singulire et qui chappe, pour moi du moins, toute explication , c'est que sur la mme feuille on trouve des thalles d'un beau vert et d'autres du blanc de neige le plus pur. Ce n'est pas la vieillesse de la plante ou, pour ne pas laisser d'quivoque , du Lichcn qui amne cette decolora tion , puisque, mme a leur naissance, ou voit l'une a cote de l'autre des squammes blanches et des squammes vertes. On va mmejusqu' en rencontrer qui sont mi-parties deblancet de vert, et dans le centre dcsquelles les prithces sont dj apparens. A l'analysc microscopique, toute la diffrence que prsentcnt ees deux variets consiste en ce que les cellules sous-jacentes la pellicule anhiste sont vertes dans un cas et dcolores dans l'autre. Les veinules anastomoses du rseau de la membrane suivent naturelle- ment la dcoloration des cellules. STRIGULA FEEI, Motltag, nOTANIQUF. fCRYFTOGAMIE), PI. . VII, g. I. S. thallo crasso orbiculari integro vel sublobato inter- dum concntrico zonato albo-viridulo ; peritheciis sparsis aut centro congestis poro lato demum pertusis collabenti- bus. Asci ampli sporidiis navicularibus bilocularibus biserialibusque rejerti. Syn. Phjllocharis elegans , Fe , Essai, ]>. C, t. II, Bg. 7. BOTiKIQOB. , IQ 1.16 BOTANIQB. Craspedon concretum , Fe, 1. c, t. II, fig. 1. Melanoplithalmum Antillarum , Fe, 1. c, t. II, fig. 2. Nematora viridlssima, Fe, 1. c, t. II, fig. 5. Stigmatidium elegans l concretuml Spreng., Sjst. veget., IV, p. 243. Verrucaria epiphya, Eschw. in Mart., Fl. Bras., I, p. 141. Hab. Epi-raro hjpophylla ad folia varia in Cuba n- sula leda. Desc. Thalhts primapvus tenuis minutus sub forma squamae rc- niformis rotundaeve pelliculam epidermidis sublevans, dein, aetate provectiori, squamulis pluribus confluentibus vel radiatim ramu- losis elongatis vari lobatus, tndem squamulis cunctis laciniisque simul concretis orbicularis, crassus, lineam ad summum latus, ambitu tantum crenato sublobatus, undulatus, quandoque et li- ncolis concentricis exstantibus eleganter notatus. Color normalis thalli lete viridis videtur, sed et adsunt tuberculi thallini toti al- bissirni; imo plures partim albi, partim virides inveniuntur adeo ut rei rationem explanare perdifficile sit. Decoloralio illa e sola fetate thalli. nullo modo pender videtur ut asserit Eschweiler. Vera autem ralio mihi latet. Perilhecia sparsa vel centro inagis minusve con gesta, spherica, innata, adulta poro lato pertusa . demum collabenlia. Sporidia navicularia medio septata, subsena serie duplici ascis cylindricis inclusa. Obs. En jetant les yeux sur les figures que je donne des diff- rens ages et des formes diverses de cette plante , on verra la raison de la synonymie que j'ai adopte. On se convaincra qu'en runis- sant en une seule espce trois genres au moins de M. Fe, je n'ai fait que suivre la nature qui commandait cette reunin. Le thalle est, en effet, fort dissemblable a lui-mme, aux di- verses poques de son volution. Les diffrences qu'il prsenle dans sa forme et sa couleur se retrouvent sur des individus qui habiten t la mme feuille; elles mettent a mme de suivre toutes les transi- tions observables, entre la petite squamme reniforme ou orbicu- laire, dont il revt la forme a son origine et son dveloppement complet et normal , qu'on peut \oir en g et h de la figure 1 . Je ne BOTANIQUE. 137 mis m'cxpliquer la cause de la dcoloration du thallo. On trouve des individus dans tous les tals et sous toutes les formes , qui sont indiffremmont blancs ou veris ; s'il n'y avait que les thalles arri- vs leur complet dvelopperaent qui fussent decolores, on pour- rait croire avec Eschweiler que cela tient toujours et uniqueruent a l'agc avanc de la plante, mais il n'en est point ainsi. Tous les ages du thallo offrent cette dcoloration. Bien plus, ainsi queje l'ai deja dit, quelques individus sont mi-partis de blanc et de vert. Mais ce n'est pas la seule anamorphose du thalle que Pon ait a no- ter dans cette espce. Plusieurs feuilles offrent encor des thalles de couleur brue dans lesquels on ne voit aucune trace de pri- thce. Une autre feuille m'a present, sous une pellicule nrmale blanche ou verte, un thalle ou plutt un parenchyme celluleux, absolumcnt noir, dans lequel taient enchsss des prithces qui, la o la pellicule tait tombe, ressemblaient assez bien a une sph- rie dont les bees sortent d'un stroma. J'aurais rapport cette va- riation au Strigula lobulosa de Fries, si cet antear n'avait attribu son espce des caracteres qui ne se rencontrent point ici, comme d'tre irrgulire, plae, lobe, olivace, etc. Mais le fait en ques- tion n'infirme-t-il pas la valeur, comme caractre spcifique, d'un thalle devenu charbonneux? Cette colora tion en noir, tout a fait anormale, ne semblerait-elle pas plutt provenir d'une altration notable du parenchyme dla feuille, et consquemment, des espces de Strigula fort diffrentes entre elles ne pourraient-elles pas la prsenter? J'ai encor observ des thalles vids dans le centre par Prosion mrbido du parenchyme de la feuille. On n'en voyait que la priphrie, dont la forme primitivo, altre par cet accident, s'- ait allongo irrguliremenl. Dans cette dernire variation, les p - rithces denudes se voient dans le centre ou sur les bords de la fon te du thalle. Dans Ptat normal du Strigula Feei^ le prithee, toujours en- lier, membraneux el minee s'affaisse aisment ; il est perc au soin- mel d'un poro ou ostiole tres visible, et qui parail mme blanc dans les individus dont le thalle est de cette couleur. Humect, les th- ques s'en chappent sous la moindre pressiou. Cet rgano est en- fonc (innatum) dans le thalle et ne fait pas de saillie a la surface de celui-ci. Sa couleur noirc fait cependant qu'on apereoil sous la pellicule anhiste, outre Postiole, uno portion do la sphorc com- primc qu'il reprsente. On en rencontre d'pars c et la, sans or dre ni regulante , mais on los observo aussi reuns , on plus ou 138 BOTANIQUE. moins graud nombre, vers le centre de chaqu plaque, circons lances tout a fait individuelles qui ne peuvent fournir, dans ees plantes, aucun bon caractrc pour la distinctin desespces, pas plus, au reste, que les diffrents ages du thalle. Dans tous les cas, il tait juste de donner cette plante le nom du spirituel lichenographe, qui nous a fait le premier connaitre les diverses formes sous lesquclles elle s'offre a l'observation. Le mme esprit de justice m'a d faire rtablir le nom gnrique donn par Fres ees plantes, trois ans avant la publication de VEssai sur les Cryptogames des corcs officinales. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. vii, fig. t. Strigula Feei. a, Portion de feuille morle la surface suprieure de laquelle on observe beaucoup d'individus de ce Lidien, vus de grandeur naturelle. On en voit de verts, c'est l'tat normal , et de tout blancs. b, c d, e, Montrent les dvelop- pements successifs du thalle avant d'arriver aux formes f, g, h_, qui sont l'tat adulte et parfait ; i 3 k 3 tats irrguliers du thalle. Toutes les figures de b a k sont faites a un grossissement de 14 diamtres, c'est a dir avec un objectif tres faible, invent et adapt a son mi- croscope achromalique horizontal, par M. Charles Chevalier, ob- jectif au moyen duquel on peut fort bien observer les corps opa- ques et les dessiner facilement d'aprs nature. I, Plusieurs pri- thces vus de face, m 3 Section verticale passant par le centre de Pun d'eux ; deux figures amplifies a environ 50 diamtres. n, n, , Thques contenant des sporidies, vues 380 diamtres. o } p 3 Sporidies grossies 970 fois , l'une a une seule, l'autre deux cloisons. Si nous comparons maintenant ees figures, qui toutes appartiennent srement a la mme plante, celles donnes par M. Fe et que j'ai cites la synonyrnie, nous voyons que la figure i est semblable a celle de son Nematora viri dissima } que g est bien celle du Phyllocharis elegans, que h nous reprsente le Melanopthalmum Antillarum et que k montre bien la forme du thalle sur laquelle est fond le genre Craspedon. II faut remarquer que ma figure h tant beaucoup plus amplifie que celle de VEssai } les p- rithccs, qui sont rellement presss et serrs les uns contre les au- tres a la vue simple, paraissent plus ecartes que dans la figure citc de M. Fe. BOTAMOUE. t39 strigula nuidula, Monag. BOTANiyui (cuyptogamie), PL.VII,fig. 1. S. thallo tenui applanato effuso, ambitu repando , ir- regulari, conjluenti, prasino-, peritheciis sparsis , hemis- phcericis nitidulis poro subtilissimo pertusis. Asci Sporidia minutissima oblonga subtruncata. An huc Strigula effusa?? Fr., Eclog. Fung. in Linnaea Schlechtendalii , 1830, octobre, p. 55. Hab. Ad eadem folia ac pra?cedens et ei commiocta ma- nifest tamen distincta et genuina. Desc. Thallus tenuissimus primo subrolundus demum irregu- lariter longe lateque expansus, ambitu plano repando, ervos fo lii venasque inprimis sequens ct eisdem seepe interruptus. Color intense viridis, prasinus, ferc hcrbaceus aut rarissime decolor. Pe- rilhecia dimidiata convexa ntida absque ullo ordinesparsa, inedias magnitudinis, ob tenuitatem thalli fere superficialia , poro perquam subtili bona lente tamen conspicuo pertusa . nunquam collapsa , sed potius decidua. Ascos invenire non potui. Sporidia tantum- modo mihi sub microscopio composito comparucre omnium m- nima oblongo, vix 3-^ millimetri partem ajquantia, c peritbeck) compresso ad instar nubecuhe cun gelatina efluentia. Oiis. II est impossible de confondre cette espce avcc cello qui precede. Peut-tre n'est-ellc pas distincte du Strigula effusa,, Frics, avec la description duque! elle cadre asscz bien sous tous les rap- ports, hors un scul. En offet , cet auteur clebre attiibue a sa plante des prilhces opaques, lantlis qu'ils sont dans la mienne d'un luisa n i si remarquablc, que j'ai tir de ce caractrc saillant son nom spcifique. La coulcur du thalle parait aussi diffrer ; elle du S. effusa est dite d'un vert pal, et cello du S. nitdula est d'un tres beau veri de g ramn ou de poireau. Mais, quoi qu'il en soit, je no me dissimule pas que ees diffrences peuvenf teir au\ localits ou au support do eos plantos. Ce nYsl dono que dans Tin 140 BOTANIQUE. certitude o je suis d'une parfaite idcntit que je me decide dou- ner un nom difieren t a l'espce de Cuba. Au reste, comme elle sera figure, toute anibigu'it sera leve a l'avenir. Dans notre espce, le thalle est moins que dans la precedente sujet a se dcolorer. J'ai pourtant vu un petit nombre d'individus parfailenient blancs. Les prithces sont diniidis, base tale, ainsi qu'on Pobserve dans le Verrucaria conoidea, Fr. Quand ils lombent, ce qui arrive assez frqueinment, la base reste attache au thalle sous la forme d'un anneau noir au centre duquel on voit a nu le parenchyme de la feuille. Ceci n'a pas lieu dans le Strigula Feeij o c'est plutt le thalle qui s'exfolie, tombe et laisse nu le prilhce. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. vii, fig. 2. Strigula nitidula. a, Moiti infrieure d'une feuille sur laquelle se voient en a' plusieurs individus de cette es- pce mlangs avec le S. Feei. b, Portion de la mme feuille mon- trant le S. nitidula grossi sept fois son diamtre. c, Prithce coup verticalement par le centre, pour montrer la maniere dont il est enchss dans le thalle, et, en d , le nuclus contenant les or ganes de la reproduction. On voit ene, dans la mme figure, le pore dont ce prithce est perc au sommet et par o s'chappent les spo- ridies. Celles-ci, extrmement menes, s'apercoivent en f. Elles sont grossies 500 fois. Je n'ai pu observer les thques. STRIGULA COMPLANATA, Montag . EOTAKIQUE (CRYPTOC AMIe) , PL . VII, fig. 3. S. thallo orbiculari membranceo cete viridi ambitu undula to plicato vel tenias sime striatulo contiguo; pe- ritheciis magjiis , prominulis in centro sparsis hemi- sphcericis , collapsu planiusculis rugulosis atris. Asci jniores ? Sporidia cilindrica cunmla pellucida non septata . Syn. Phyllocharis complnala, Fe, 1. c, p. xcix, t. II, fig. 13. Stigmatidium Phyllocharis , Spreng., 1. c. BOTAN IQUE. 1 1 Strigula orbicularis, Fr., Eclog. Fung., p. 549 (ex cles- criptione). Anamorphosis : thallo centro in fibrillis byssoideis pice granulosis ascendenti-erectis soluto , peritheciis subperiphericis immersis an abortivis ? Cephaleuros 3 Kze, 11. ce. Hab. Ad jolia Drypetis glaucse aliaque in Cuba nsula leda. Desc. Thallus varius au ad eadein speciem pertiuens ambigitur. Et quidem in foliis Drypetis illum auinadverti membranaceum complanatum centro convexulum arnbitu undulatum viridi-glau cum, in folio quodam pariler coriceo, diverso tamen a precedente mihi que ignoto crassiusculum, margine eleganterrugoso-plicatuin, intense viridem, in alus tndem foliis caducis tenuissimum, appla- atum, juniorem e fibrillis radiantibus matrici arete applicatis evi- dentissime constitutum, adultum ambilu subtiliter striatulum de- prehendi. Ha? diversse thalli formae , ut ad speciem dissimiles videantur, in hoc tamen congruunt quod omnes in insigni de qua feci mentionem anamorphosi, centro fibrillosa) evadunt. Ha3 vero fibra? nihil aliud suut quam cellulse parenchymatosa? thalli forsan humiditate nimia atypice elongata et pelliculam subepidermicam rumpentes. In individuis ad folia Drypetis glauca; vitam degen- tibus, thallus normalis videtur : ad descriptionem celeb. Friesii saltem optime quadrat. Perithecia centraba vel peripherica sparsa, thallo stellatim rupto immersa, pice nitida, demum collapsa ru- gosa, in tuberculis thallinis Drypetis obvia sed forsan abortiva aut certe male evoluta et atvpica. Sporidia eylindrica apicibus ob- tusis curvula, pellucida et quocumque destitua septo. In alus exemplaribus perquam ambiguis qua? huc solum anamorphosis causa traxi, nulla fructilicationis vestigia aderant. Obs. L'absenee des pritheces ne me permet pas d'aflirmer que les thalles observes sur certaines feuilles appartieunent au S. com- plnala. J'ai rapport ees formes a la meme espete par cette seule cousidration qu'elles avaienl subi la inme dgnrescenee, el aussi pour ne pas multiplier los tres sans motifs sufismls. 1 2 BOTANIQUE. EXPLICATION. DES FIGURES. Pl. vii, g. 3. Strigula complanata. a, Feuille de Drypetes glauca portant deux individusconfluens de ce Licheu. b, c , d, e 3 ats successifs par lesquels passe le thalle avant d'arriver a son en- tier dveloppcment qu'on voit en f. Toutesces figures, depuis jus- qu' f_, sont grossies 14 fois en dimetro, g, Reprsente lcquart d'une rosetle du thalle, beaucoup plus amplifie pour montrer les plis lgans de la circonfrence. h , Prithce vu de face. i, Coupe verticale du thalle, grossie 50 fois, pour faire voir les fibres qui se relvent de son centre, et portent a leur sommet un capitule de cellules verles ou dcolores, cellules qui sout proba- blement des gonidies dgnres. Cet lat anormal est peut-tre d a l'humidit excessive de la localit ct coDstitue le genre Ce- phaleuros Kze. kj k, Deux de. ees fibres isoles et munies des cel- lules qui les terminent, vues un grossissement de 80 dimetros. Ij Sporidies vues 600 diametres. Les thques ont chapp mes recherches. STRIGULA ROTULA, Mofltag , i5. orbicularis applanata membrancea tenuissima li- neis exstantibus radiantbus percursa } demum conjluens irregularis , peritheciis magnis thallo elevato verrucoso immersis caducis. Sporidia mxima sporidiolis farda ascis amplis inclusa . Hab. A d folia in Brasilia et Cuba nsula lecta. Desc. Thallus primsevus e membrana orbiculari tenuissima, lineolis seu nervulis paucis radiatam rotam simulantibus percursa et millimetrum latitudine vix metiente constans, mox confinibus coeuntibus irregulariter effusus viridi-pallescens matrici arete applicatus. Perithecta ampia thallo in modun verrucaB elevato immersa , hemisphaerica , atra, tndem elapsa, foveolam relin- ([uentia. Sporidia mxima medio ulrinque gibbosula quatuor spo- ridiolis farcta et ascis brevibus amplis duplici serie inclusa, pa- raplivsibus, ul videtur . nulls stipata. lOTAMQL'l. 143 Obs. Quoique les chanlillons en paraissent un peu impar- taits , il m'est impossible de passer sous silence une espcce en apparence si distinctc de toutes eelles que Ton a figures ou d- crites. J'en avais vu quelques individus striles sur des feuilles, originaires de Cuba, charges de Tricharia Fe. Mais cela ne pouvait me suflire pour la distinction spcifique. II me fallait ab- solument des fruc tfica tions. En visitant le riche herbier de M. le barn B. Delessert, je trouvai une autre feuillc, rapporte du Brsil, couverte de plaques de la mme espece., dont plusieurs porlaient des pritheces a l'tat adulte. La forme si difrente des theques m'a confirm la lgitimit de la distinction du Strtgula Rotula. STRIGULA NEMATHORA, Montdg . S. iludi stellato-radioso lteo- viridi vel decoloratione albo, laciniis linearibus anastomosantibus pice pedato- divisis vel orbiculari-dilatatis ; peritheciis magnis sparsis rfiallo attenuato immersis demum denudatis collabentibus . Asci tenues jiliformi-clavati sporidiis navicularibus in medio constricto-septatis s. bilocularibus biserialibus re- pleti. Syn. Nematora argntea, Fe, Essai, p. lviii et xciv, t. II, fig. 4, et Supplm., p. 146, t. xliii, n 14, ubi certe latet error. Hab. Ad folia Crescentiae cucurbitinse L. in Cuba n- sula a el. Auber leda. Desc Thallus e centro stellatim radiatus orbicularis semi-polli- cem latus, in nostris speciminibus lutescenti-viridis, vel omnino decoloratus albus, e laciniis constans linearibus angustissimis con- vexo-planis, subremolis, hinc inde expanso-nodulosis et inter sesc auastomosantibus , in ambitu tndem pedatim divisis aut sspius spathulato-dilatatis. Perithecia sat pro ratione magna, hcmispluT- rica , primo e membrana tenerrima vix nigrescentia composila nucleoque gelatinoso albo-opalino repleta ; adulta alia magis firma, thallo attenuato immersa atque sicut veala, demum de- 144 BOTA MOLE. oudata, collabentia, gelatina nigrefaeta farda, poro vix conspicuo pertusa. Situs peritheciorum sparsus, uunc in medio ampliato, nunc, quod plerumque accidit > in pice laciniarum thalli diltalo. Ut ut Iktc pcrithecia strato tenuissimo vel pellicula tantum epi- drmica velata sint , mole tamcu sua nec aliter in conspectum veniunt. JEt&te provecta vero , ob thallum squamatim ruplum et deeedentem , seusim nuda evadunt. Sportdia 8-10 navicula ria bilocularia medio constricta serie duplici ascis tenuibus elon- gatis filiformi-subclavatis paraphysibus numerosis immixtis in- clusa. Obs. Cette Strigule, bien distincte comme espce, mais dont rien n'autorise faire un gen re, se dveloppe a la facn de ses congneres. Elle n'est done pas primitivement bysso'ide, au moins dans l'tat normal, ainsi que Taffirme M. Fe. Une analyse soigne ne m'a pas montr non plus les sporidies aciculaires, qu'a trouves ce savant et qu'il a figures comme appartenant a cette espce, et pourtant ma plante ressemble a la figure cite ut ovum ovo. Dans mon Lichen, que je crois avec conviction identique a celui du professeur de Strasbourg, les sporidies, assez semblables a la vessie nalatoire de certains poissons et entre autres de la Carpe, diffrent peu d'ailleurs, quant a la forme genrale, de celles que nous avons observes dans le Strigula Feei. Lorsque les prithces sont encor recouverts par la couche minee du thalle et qu'on ne les apercoit que par transparence , on voit souvent quatre a cinq stries noirtres rayonnant du centre la circonfrence de la verrue. Le thalle, vu aun grossissement de qualorze diamtres , prsente des dentelures tres fines sur le bord des lanires qui le composent. Ces dentelures sont mme encor plus apparentes au pourtour des dilatations du thalle. J'ai d, par respect pour l'tymologie, modifier un peu l'or- thographe du nom gnrique de M. Fe, que j'emploie ici comme apposition. BOTANIQDE. 145 trib. ii. VERRUCARIEE, Fr. Apothecia rotunda ta , excipulo proprio clauso (pe- rithecio) , os t tolo contiguo pertusa , ncleo gelatinoso subhyalino dijfluenie. Thallus crustceas . Syn. Verrucarias, Eschw., 1. c, p. 114, pro parte. Fries, Syst. orb. veget., p. 263. Verrucariea? , Fr.., Lich. europ., p. 428. VERRUCARIA, Pers. Perithecia solitaria , integra l. dimidiata , crustce im- mersa vel nuda, corneo-carbn acea {aira), ostiolo sim- plici papillwjbrmi aut per tuso , ncleo gelatinoso fluxili aut deliquescente subhyalino. Thallus cruslaceus. Syn. Verrucaria, Pers. in Usteri, Annal., VII, p. 22. Ach., Sjnops. Lich., p. 87, plur. spec. excl. Fries, 1. c, p. 430. Pjrenula, Ach., 1. c, p. 117, plur. spec. VERRUCARIA EPIDERMIDIS , Fr. V. crusta hjpophlceode obsoletave , peritheciis dimi- diatis basi patente innato- superficialibus , collapsis nu- cleoque applanato-depressis . Fr. Var. americana Nob. crusta glauca centro jusces- cente effusa, nidia linea limtala , peritheciis conico-ap- planatis , ncleo cinereo-nigro depresso. Syn. Verrucaria analepta, Ach., var. americana Lich. Univ., p. 275. Synops. Lich., p. 88. Fe, Essai, p. 89, dein. 1 46 D0TAN1QUB. Pyrenula analepta, Supplm., p. 80. Verrucaria epidermidis , Fr., 1. c, p. 447. Hab. y^/ ramorum corticem Biatorae vestitae et Pertu- sarise americana} confns in loco S. Marcos dicto insulce Cubce lecta. VERRUCARIA PUSILLA , Ach. V. crusta tenuissima contigua submembr aacea ci- nereo-virescente peritheciis minutissimis hemisphcericis sessilibus papillatis demum pertusis intus nigris. Ach., Lich. Univ., p. 282. Hab. Ad corticem Icevigatam arborum monocotyledo- Tiearum prope S. Marcos Insulce Cubas lecta. Desc. Thallus crustaceus tenuissimus (crusta vitrea, Eschw.), lsevigatus longo latequc effusus indeterminatus glaucescens, hu- mectatus prasinus e cellulis constans subquadrato-hexagonis (in sectione) pellucidis et , ut videtur, epidermide mutata formatus. Perithecia erumpentia , membranaceo-carbonacea , sparsa, raro ternis vel quatcrnis seria ta, oculo inarmato vix conspicua et bonee lentis ope ut puncta nigra omnium minima aliquo uitore prsedita sub aspectum cadentia, jniora subintegra demum lentiformi-sub- hemisphaerica , basi deficiente inflexa papillula decidua instructa , qua ellapsa poro minutissimo pertusa. Nucleus hyalinus lentiformis. Asci clavati sporidia includentes navicularia triseptata sena oc- tonave simplici serie disposita , quandoque sporidiolis globosis bi- nis ternisque referta, et paraphysibus numerosissimis stipati. VERRUCARIA VARIOLOSA, Montag. V . crusta cerata ntida e stramineo subcervina , peri- theciis innato-erumpentibus dimidiatis aut, in eodemspe- cimine , basi inflexa subintegris plano- convexis nitidis orbicularibus vel confluentia ellipticis , superne incrassa- tis , infra nucleum globosum cinerascenti-nigrum aut plae deficientibus aut continuatis et a centro incrassato prosilientibus. BOTAN IQUE. 147 Sy.\. Verrucaria aurantia, Eschw., 1. c, p. 127; Icn. select. crypt., t. 7, fig. 7; mera ut videtur varietas ob colorcm thalli di versara nec ullo alio caractere distincta. Verrucaria prasina? Ejusd., 1. c, p. 124, et Syst. Lich., fig. 13, a, c, d. Verrucaria hymnothor a? Ach., Lich. univ., p. 280, et Syn. Lich., p. 92. Pyrenula variolosa , Pers. , Gaudich. in Freyc. Voy, Uran.j Botan., p. 181. Hab. Ad cortices arborum in Cuba Lnsula lecta. Desc. Thallus crustaceus indeterminalus, crassitudiuis in ejus- dcm speciei formis variis diversa?, glaberrimus, nitidus, fulvaster aut e stramineo-subcervinus tndem fuscescens evanidusquc, peri- tbeciis in exemplari Gaudichaudiano solis residuis. Perilhecia to- tis generis facile mxima, lineam etquod excedil lata, primo tota crustse immersa, sensim promiuula ad basin thallo vestita, de- mum , crusta eorumdem evolulione prorsus delela , plae nuda , orbicularia vel c duobus coalitis oblongo-elliptica, convexo-plana subconicavc ambitu altenuato depresso intra matricem infixa, vel retate provecliore ex toto libera, hevia, nitida vel sa?pius insequab'a et eirca ostiolum impressum pallidum minutissimum, poro vix visi- bili pertusum radiatim rimosa , supra crassissima, subtus aut abso- luto deficientia, aut tcnuissime continuata et e centro in appon- dicem conoideum aut subulalum plus minusvc lougum , fundo producto cenopbori vulgaris non absimilem, nucloumque perfo- rantem prominentia. Asci ampli longitudine tertiam millimetri partem, latitudine autem deciinam metientes, byalini , serie nica sporidia continentes elliptica mxima primo pellucda limbo crasso cincta et materia grumoso-cellulosa adhuc informi refera, de- muin colrala fuliginosa, anguslissimc annulala, annulis vigiuti quadratim ccllulosis, sporidiolis tndem globosis. Obs. II m'a sembl ncessaire de donner de celte Ycrrucaire une dcscription aussi complete que possible, car j'ai quelque raison de penser que , faute d'un examen sufisant, la mme espce a l pu- blie sous les noms diffrents que jai rassembls daos la sy- nonvmie. L'erreur est, en efel , tres facile. Si Ton donne Irop de i H BOTAN IQCE. valeur la couleur du thallc qui , commc on le sait, est singulire- mont sujette a varier dans les Lichens crus taces, cu raison de la na- lure de l'piderme, si l'on observe le Lichcn a des ages diffrents el qu'on n'eii suive pas la morphose tout cutiere, si eufin Ton nglige les caracteres microscopiques , lesquels , quoiqu'ils ne soient pas toujours un guide sur pour la delimita tion des genres , servent pourtant merveilleusemcnt la distinction des espces entre elles, il peut arriver et il arrive fort souvent, au grand dtri- ment de la science, que Pon inscrive la mcnie espce sous quatre ou cinq noms diffrents. Et d'abord, si nous lisons attentivement la description qu'a donne Acharius de sa Verrucaria hymnothora, et que nous la comparions a celle que j'ai faite sur les chantillons de la Verru- caire de Cuba, nous trouverons entre elles une similitude telle, qu'il est difficile de ne pas se persuader que l'une et l'autre plaDte sont soeurs ou du moins tres troitement allies. Un seul caraclrc not par le lichenographe sudois, cette papille qui termine et sur- monte l'ostiole, ne se retrouve pas dans notre Lichen, ce qui pourtant n'est pas un obstacle a la reunin, puisque, vu sa facilit tomber, elle peut fort bien ne lu tre pas tout a fait trangre. Tout le reste de la description convient a merveille. A l'poque ou crivait Acharius, on ne se servait pas encor des caracteres ti- res de l'analyse microscopique du nucleus , aussi ne pouvons-nous fonder sur eux aucun rapprochement. Cette convenance remarquable de la description en queslion avec la mienne, faite sur la plante de Cuba, m'aurait determin a adopter le nom d' Acharius, si, faute d'chantilon authentique du Verrucaria kymnohora , je n'en avais eu un plus cerlain lui donner, celui par lequel Persoon a design une espce des iles Malouines, recuillie parmon savant ami Gaudichaud. Je possde, en effet, un Pyrenula variolosa Pers. compltement identique avec ma plante. Mais on sait que Persoon, dans les dernires annes surtout de sa carrire scientifique , ngligeait toute littra- ture et regardait comme nouveau tout ce qu'on lui prsentail el qu'il ne connaissait pas. II ne serait done pas tonnant que le nom de Verrucaria hymnothora dt prvaloir sur le sien . Tout ce que je puis affirmer, c'est qu'a part une crotc plus minee, et use ca et la, je ne vois aucune diffrence entre son Lichen et le mien . Quant aux deux Verrucaires d'Eschweiler que j'ai donnes BOTAN I QUE. 1 19 crame synonymes de la prsenle espere, l'une, la V. prasina, avee la forme du doute, il est vrai, l'aulre, la V. aurantia, avec plus de certitude, clles ne me semblen t diffrer entre elles el de la mienne que par la couleur du thalle. Or nous avons deja dit que , dans les Lichens crustacs, ce caraclrc avait beaucoup moins d'impor- tance que dans les Lichens foliacs. Dans les trois espces, les p- rilhces sont, d'aillcurs, de la plus grande dimensin, dimidis ou quelquefois, mais rarement, entiers, a base inlchie ou continu, d'abord immergs dans la crote, puis la soulevant insensiblement jusqu'au point de s'en dbarrasser compltemcnt ct a paraitre alors sous la forme de boucliers d'un beau noir luisant, percs d'un trou au centre. Le nuclus n'est pas non plus sensiblement diffrent, et les sporidies , que le lichenographe allemand nomme des thques, ont absolument la mme conforma tion dans toutes les trois. II parait qu'il n'a pas t assez heureux pour trouver les utricules ou asci. Maintenant tirons quelcjues consquenecs taxonomiques des variations qu'offre la mme espce dans ses diffrents ages ou tats. J'ai dit qu' leur naissance les prithces taient entirement im- mergs dans le thalle, que peu a peu ils s'en dgageaient, qu'a une poque intermdiaire entre le jeune age et l'lat adulte, ils taient, quoique parfaitement apparens, recouverts d'une mem- brane de la plus grande tnuit, qu'on peut regarder comme la pellicule suspidermique de Pecoree, et qu'enfin, vers le dclin de Ieurvie, se dpouillant de toute enveloppe trangre, ils se mon- traient tout a fait us, mme a leur priphrie. D'un aulre ct, dans la mme plaque, on trouve des individus dimidis et si parfaitement scmblables a un bouclier ou a un cou- vercle que, quand la parlie moyenne se dlruit et tombe, on voit un fond blanchatrc form par l'corce denude en ce point , et en- tour par la base persistanlc du prilhce, comme le dil Arharius de sa V. hymnothora. On en rentontre aussi d'autres a base conti- nu, assez minee cependant; d'autres enlin che/ lesquels cette mme base prominc dans la cavil du prilhce, de maniere donner a une coupe verticale de eclui-ci la forme d'un cour abre'gcr jindiquerai de'sormais le travail d Eschweiler sur les Lichens bre'siliens, insere dans le premier volume du iloiti Brasilia de M. Martius. 158 BOTANIQUB. Poiiiia viridi-ovacea Fe, 1. c, p. 74, li>j. 3? 1 1 \ i!, y/r/ cortices prcesertim ramulorum juniorum quos investit in I ns. Cuba leda. Ons. Cettc espce est suffisamment bien caractrise pour .que, mme en l'absence d'chanlillons authentiques, je me croie auto- ris y rapporler le Lichcn en question ; j'ai d'ailleurs retrouv une identit parfaitc entre les thqucs de ma plante et celles qu'a figures M. Fe crame propres a son Porina desquamescens . J'avouerai, cependant, a en juger sur la courte et, en general, incompleto diagnose que l'auteur donnc de ses nouvells espces. que son Porina vari eg ata ne me semble qu'une forme du premier. J'irais mme plus loin en lui donnant encor pour synonyme une autre espce nouvelle du mme auteur qu'il nomme P. viridi-oii- vacea, si je n'tais retenu par la considralion que la forme des thques est, selon lui, diffrente et qu'elle se rapproche davan- tage de celle que revtent ees organes dans le Porina marginata. L'hypothalle d'un grand nombre de Pertusaires est noir ou gri stre. C'est a son dveloppement plus ou moins prononc que son dues ees bordures qui limitent le thalle d'une facn souvent forf elegante. Dans la Pertusaria marginata N. cette bordure est tres large. Chez l'espce qui nous oceupe ici, elle est aussi bien mar- que. J'ai quelques raisons pour penser que les lignes noires donl M. Fe dit que le thalle de son Porina vari eg ata est parcouru dpendent uniquement de la confusin de plusieurs crotes dve loppes dans le voisinage Pune de l'autre. D'un autre ct, sur les nombreux exemplaires de Cuba, qui m'ont aussi present le caractre dont je viens de parler, je vois des ostioles jaunes, bruns et mme tout fait noirs sur le mme thalle. Enfln les th- ques sont identiquement les mmes. Je ne vois plus, aprs cela, de caractre capable de difieren cier ees espces d'une maniere incon- testable. Comme toutes ses congneres , la Pertusaria desquamescens se couvre souvent de vgtations isidiformes tres menes et rameuses. Elle croit sur les trones et les branches, mais les petits rameaux en sont surtout envelopps. Elle est tres friable et tombe, sinon par cailles , du moins par petits morceaux la moindre pression qu'on exerce sur elle dans l'tat de dessiccation. Cela tient a ce que sa crole se dtache de l'corce sous-jacente, se soulve et BOTANIQDE. 15) forme des plis, des rugosits qui, n'avant plus de point d'appui, se brisent tres aisment. On trouve sur les mmes corces le Btatora vernalis et le Coenogonium Linkii. J'ai encor observ, dans la collection de Cuba, un morceau d'corce tres lisse recouvert d'une belle croite d'un vert olivare largenicnt margine par une bande circulaire d'une belle couleur d'ardoise. Cette crote est assez semblable celle des chantillons de Pertusarta margnala que j'ai recus autrefois de M. Fe. Mais, comrae elle est strile , je ne puis rien affirmer sur l'identil des espces. PERTUSARIA ENTOPHL^EA , Montag . P. crusta cartilagnea rugoso-verrucosa granlala viridi-lutescente linea nigra limitata, nucleis globosis al- bis cortici immersis , ostiolis concoloribus inconspicuis . Hab. Ad cortices arborum in Cuba nsula prwsertitn ad S. Marcos leda. Desc. Tballus cartilagineus corticem insequabilem obducens, hinc valde rugosus, granulatus, sulfureus, linea nigra an hypo-. thallo Opegraphae confinis suppeditata? liraitatus. Apotbeciorum verruese ab alus thalli verruculis non distinguendee ob ncleos inter cellulas fib rasque corticis oranino immersos. Hi nuclei globosi sunt albi et dimetro tertiam millimetri partem adeequant. Ostiola inconspicuavelagranulis thalli a?gre secernenda. Sporidia mxima limbo hyalino lato cincta decem millimetri partem metientia octona serie nica ascis clavatis amplis lougitudinc nucleum axruantibus inclusa. Obs. Ce Lichen offre la couleur et le port du Per (usara Wul- feniiDC. avee lequel je l'eusse indubitablemcnt runi sans l'im- mersion complete des nucleus, non pas dans la crote, mais dans le tissu cortical lui-mme, caractre de vgtation qui m'a paru propre a bien faire distinguer cette espece de toutes ses congneres connues. Elle a aussi quelques rapporls avee le P orina verr acosa Fe, supplment (Trypethelium vrrrucosum , Essai, p. 66, t. 1", fig. 3, Pertusaria verrucosa N.), mais elle en diffrc encor par KJO DOTAN1QUB. le mme caractre qui la separe de la P. Wulfenii et par la forme des sporidies qui n'onl pas le rebord crnel dont parle M. Fe. PERTUSAMA AMERICANA, Motltag . P. crusta incequabili granulosa cinereo-virescente li- nela Jlexuosajisca (an Lichenis cujusdam ei conjinis?) limita a, verrucis hemisphatricis sparsis approximatis- que, ostiolo rujescente , ncleo globoso. Sporidia Syjn. Porina americana, Fe, Essai, p. 83, t. xx, fig. 4, et Supplm.j p. 74, t. xxxvi, fig. 1 et thecee, t. xli, fig. 2.. Porophora americana, Spreng., 1. c, p. 242. Zenk. in Gceb. fVarenk., p. 180, t. 24, fig. 1. Hab. Ad co /tices ramorum et folia! in nsula Cuba lecta est. Obs. J'ai encor trouv des Pertusaires dgnres et devenues variolodes. II m'est impossible de les rapporter des Lichens ty- pes , c'est pourquoi je n'en parlerai pas plus au long 1 . CHIODECTON, Ach. Apothecia verrucceformia , e strato medullari pulveru- lento erumpente jormata, includentia ncleos ceraceo- gelatinosos nigrescentes , demum confluentes , ostiolis dis- cretis prominentibus. Fr., Lich. eur., p. 417. Thallus crustceas. Asci elliptico-clavati. Sporidia fu- siformia pluriseptata. Chiodecton, Ach., Sjn. Lich., p. 108. Ejusd., Tran- sad. Soc. Lin. Lond.j tom. XII, I, p. 32. Eschwei- ler, Sjst. Lich. _, p. 19, fig. 27. Ejusd., Lich. Bras., p. 168. Fe, Essaij p. 38 et 62, et Suppl., p. 49. Diritia? species , Fe, Supplcm., p. 53, t. xxxvi, f. 8. BOTAN IQUE. 1 ( I CULODECTON LACTEUM, Fe. 1 5 C. longe lateque eff'usum , crusta epiphlccode granu- losa glauca , humecta viridescenti } ambitu bjssina nivea, apothecs subrotundis conjluentibus depressis plano con- veocis niveis, ostiolis in sicco pruna alba velatis, humec- tatis vero perspicuis seriatim congestis prominentibus . Nobis. Asci breves obovati sporidia 5-G oblonga intus granulosa {immatura) ? continentes. Chiodecton lacteum, Fe, Supplm., p. 51 . Hab. Ad cortices arborum losvigatos Coniocarpo cin- nabarrino et Graphidi Leprevostii confines in Cuba n- sula a el. A uber lectum. Obs. Ne possdant pas, dans ma colleclion, le type de cette es- pce, c'est sur les caracteres que lui attribue M. Fe que j'y rap- porte mes echan tillons. II m'est consquemmeut impossible de ga- rantir l'identit des deux Licbens. A la diagnose un peu plus tendue que celle donne par l'au- teur cit, j'ajouterai que le thalle, dans son mode d'volution el par la nature byssode de son bord, a une grande similitude avec quelques Thlphores ct surtout avec mon Hypochnus albo-cinclus . Mais cette dernire plante tant constannnent orbiculaire, on l'en distinguera facilement, mme en l'absence de la fructiGcation. Quaud on y regarde de prs, le thalle de la prsente espce u'est pas blanc, mais glauque. II est vrai que les apothcies son l quclquefois tellement presses qu'elles le cachen t compltcnient, et qu'alors, en effet, ce thalle, vu a distance, parait d'un blanc de lait. Les boursouflements qu'on y observe ca et la sont bien aussi , comme le dit M. Fe, des apothcies dans le premier stade de leur dveloppement. Les thques, qu' leur tat d'imperfection jai rc- connu n'tre pas encor parvenes a l'ge adulte, m'ont offert, sans doute pour cette raison, des caracteres un peu diffrents de ceux observes par le premier dtermmateur de Pespce. So ne m suis pourtant pas cru pour cela autoris a creer une espce nou- velle. Notre Chiodecton se rapproche videmment du C. eff'usum I 62 BOTANIQB. Fe, mais les echan tillons de eelui-ci que Pauteur ra'a communi- qus dans le lemps indiquent clairement un tout autre type. Quant au Ckiodecton africanum du rame Lichcnographe, je puis perlinemment aflirraer qu'il appartient au genre Dirina de Fres, et qu'il esl mme tres voisin du Dirina Ceratonice Fr. que j'ai aussi recu d'Alger, o M. Roussel l'a cueilli sur les trones d'orangers. C'est de M. Pcrrottet lui-mme que je tiens mes chantillons du prtendu C. africanum. Au reste, Fres, au vaste savoir de qui ren n'chappe, a dj sgnale l'analogie qui rgne entre ees deux genres, et ce qu'il dit la page 418 de sa Lichenographia europcea , nam Dirina jnior ChiodectonreferU , explique l'erreur facile dans laquelle a pu tomber M. Fe. chiodecton feei , Metssner. C. ihallo subnullo , apotheciis sparsis remotis rotundo- deformibus alionando conjluentibus ostiolis atris plas aut concavis subquadrangulis , vel pseudolirellam simu- lantibus. C. Feei, Meissner in litt. ad el. Fe. Fe, Supplm., p. 51 , t. xxxvi, fig. 7. Obs. Je ne connais point cette espce, qui ne fait pas partie de la collection de M. Ramn de la Sagra ; cependant, comme elle est indique par M. Fe sur une corce recueillie a Cuba, je n'ai pas d omettre de l'inscrire ici. THELOTREMA! Ach. Apoihecia verrucceformia a thallo formato. , primo clausa , dein pice aperta marginata includentia nu- cleum profunde detrusum , eolio destitutum , demum in discum depressum, collapsum, rigescentem, excipuloque interiori discreto membranceo lacero-dehiscente vela- tum. Thallus crustceas. Syin. Volvaria, DC, Fl. Fr., II, p. 373, pro parte. BOTAN I QUE. 163 Antrocarpon, Meyer, Flecht., p. 326. Spreng., 1. c, p. 240. Thelotrema! Ach., Lich. univ., p. 62, t. G, ig. 1. Eschw., Syst. Lich., p. 15, fig. 2. Icn. Select. pl. ciypt. Bras., t. 10, fig. 3. rFries^ Lich. europ. , p. 427. THELOTREMA AUBERIANUM , MontCig. BOTANIQUE (CRYPTOGAMIE), Vh . VIII, fig. 2. T 7 . crusta cerata membrancea, humecta dilate oli- vcea _, sicca glaucescente-pallida 3 apotheciis (verru- cis Eschw.) primo conoideis demum confertis subcylin- dricis late apertis confluentibusque , excipulo interno niveo rimse rupto Del hinc inde perfralo nucleum corneum subplurilocularem arete cingente. An huc Thelotrema iihmefsum, Eschw., Lich. Bras., p. 177? Mihi plae ignotum. Hab. Ad cortices ramorum in Cuba nsula circa S. Marcos a el. Auber, Rectoris Horti botanici havanensis vicem gerens, inventum etei, utpar est, dicatum. Desc. Thallus crustaecus ob corticera rugosum riniosuinquc inaequabilis. Apothecium junius bulla) prvula) ad instar supra crustam parum prominens, clausun, dein magis magisque thal- lum sublevans depresso-eonicum, pice tndem rupto sensimquedi- latato, imo, binis aut pluribus confluentibus, ainplam ofert aper turam dimetro linearcm., margine abrupto elevato annulari erasso sa3pe irregulariter orbiculari cinctam. Excijndum interius crassum lbum, in teera apotheciorum ltate integrum, progressu tem- poris rimse dehiscit, demum multifore evadit, nucleum antem arete continuoque involvens. Foramina quibus perfunditur ex- cipulum proprium valde irregularia sunt el nucleum corneum ni- grescentemque in conspectum venire sinunt. Ilic vero tenuis in fundo apothecii depressus, laminis albis ex velaminc ortis in plures divisus videtur el colliculosus. Sporidia (Theca) Eschw.) oblongo- l(, BOTANIQDB. eiliptica tetraspora asis clvalo cylindricis inclusa. Habitus Per- tusaricB. Ons. Cette espce cst surlout remarquable par la blancheur, l'- paisseur et le mode de dhiscence de l'excipulum intrieur (Vela- men Eschw.). Celui-ci enveloppe le nucleus, mme lorsque la plante est parvenue l'age adullc. Jcune, on le voit d'abord enlier au fond de l'ouverture tres troitc dont se pcrce l'apothcie ; a me- sure que celle-ci se dveloppe et que son ouverture s'largit, on apcreoit l'excipulum se fendre rgulirement en trois ou quatrc lanires; puis ees lanires, au lieu de se redresser, s'appliquent fortcment sur le nucleus et ne permeltent sa communication avec l'air extrieur qu'au moyen de trous ou dchirures pro- fondes au fond desquelles il manifest sa prsence. Quand on pratique une section perpendiculaire passant par le centre de l'apothcie, on observe que cet organe, je veux dir le nucleus, est comme divis en plusieurs lobes par des lames blanches membra- neuses qui descendent de l'excipulum et s'interposent entre eux. Celte circonstance notable, qui fait paraitre le nucleus multilocu- laire, est tout fait anomale dans ce genre. Ce qui me fait prsu- mer que ma plante est diffrente de cclle d'Eschweiler, c'est que cet auteur ne dit absolument rien de ce fait, qui n'et pas manqu de lefrappers'ilseftprsentdansla sienne. II dit, en revanche, que les sporidies sont tres petites (minutissimee) , ce qui est fort vague, puisqu'elles varient peu dans ce genre. Au reste, pour lever a IV venir toute ambiguit sur ma plante, j'ai mesur ees organes et j'ai trouv que leurs dimensions taient : longueur 7^0", et lar- geur tz ss ^e niillimtre. Hauteur du nucleus et des utricules (asci), 9 a 12 centimes de millimtre. Celte espce a l'aspect de certains echan tillos avances en age du Thelotrema lepadinum Ach., avec lequel il est, du reste, tout fait impossible de le confondre, si l'on fait attention aux caracteres dislinctifs de l'un et de l'autre Lichen. Les apothcies devenues confluentes et largementouverles ressemblent ou plutt font res- sembler la plante a une Pertusaire, au P. Wulfenii p. ex., a cause des ouvertures dont l'excipulum intrieur est perc. L'analogie ne va pas plusloin. lio i YMOUti. 165 EXPLICATION DES FIGURES. Pl. vin, fig. 2. a Thelotrema Auberianum vu de grandeur na- turellc. b Coupe verticale d'unc apothcie simple , grossie quatorze fois et montrant en b' l'excipnlum, en b" les nucleus, ct en b'" les lames perfores du velum. c Coupe semblable d'unc apothcie com- pose, laissant voir les memes parties modifies par la soudure de deux excipulum. d Plusieurs apothcies vues de face et grossies, commc dans la precedente figure , 7 fois le diamelre. e Thques et parapbyses hyalines contenues dans le nucleus et grossies 200 fois. f Une thque isolce grossie 300 fois. g Une sporidic grossie G00 fois. THELOTREMA OL1VACEU1VI , Motltag . T. crusta subcerata efjfusa bullato-colliculosa mem- brancea frasilissima pallide viridi-olivacea , apothecs minutis vix prominutis pice porijormi vel lacero-dehis- centibus, apertura demum regulariter orbiculari, excipulo interiori albido convexo cnico tndem rapto laminam proligeram concavam scutellijormem carneam arete cin- gente. Sporidia seriata oblonga hexa-octospora ascis clavatis inclusa. An huc Thelotrema iride, Eschw., 1. c. , p. 174, sic definitum et perquam breviter desc iptum : T. crusta subcerata viridi-pallescente , excipulo vix prominuloy apertura minuta alineante , perithecio laterali cum cortice assurgente connato?? An huc ct Myriotrema olivaceum Fe quod his verbis el. auctor definit (Essai, p. 103) : thallus crustceas plano-expansus adnalus unijormis , foraminulis nume- rosis conspersus; apoihecium (patellula) crassum sessile tnaiginatum iii juventute ti i alio adluurens , denique libe- rtan partan inferiorem oceupans. Essai, 1. \\v, fig. 1 , ct Supplm., j). 92, t. xli, ig. 1, Asci. I ti (i BOTANIQUE. Gems milii prorsus gnotum. Hab. Ad vrtices arborum in loco S. Marcos dicto i?is. Cubes cum prcecedente lectum. Desc. Thallus (hypophlaodes) crustaecus late effusus cartilagineo- membranaceus subcratus, pallide viridi-olivaceus, in meis exeni- plaribus effusus illimitatusque, siecusfragilissimus, bullato-'rugosus et facillime a cortice subjacenti squamatim excidens. Apothecia vix prominentia cnica statim taraen poro tenuissimo albo, deinde lalius seepe irregulari modo rimoseque aperta, aut tandera fora minulo exacte orbiculari ad marginem ascendentem attenuatum perforata. Excipulum albidum , primo cnico -heimsphsericum, strato thecigero ceraceo corneo patelluleeformi immarginato pro ratione crasso exacte applicatum , progressu etatis vero ruptura et cum ipso thallo lateraliter confluens. Nucleus vel lamina proli- gera cum strato medullari thalli a cortice contigua aliquantulum distat in pluribus individuis. Sporidia oblonga, quam in specic antea descripta multo majora, hexa-octospora, tres centmetros lon- gitudine, unicum vero latitudine metientia , ascis clavatis inclusa. Obs. Indpendamment des difficults tres grandes qu'a offertes l'tude de ce Lichen, sa dtermination exacte, au milieu d'une foule d'especes mal circonscrites et encor plus imparfaitement dcrites ou figures, ne peut manquer de laisser l'observateur dans un doute dsesprant. Que faire done en cette oceurrence, sinon tcher de mieux caractriser le nouvel tre dont on s'est charg de faire connaitre l'histoire? C'est ce queje mesuis efforc de faire; les lichenographes comptents dcideront si j'ai russi. Le Thelotrema viride d'Eschweiler, si j'en dois juger d'aprs sa description courte et tronquee, offre avec celui-ci plus d'un point de ressemblance. Mais je n'ai point observ ce prithce la- teral qu'il dit s'unir Pecoree et se soulever avec elle. D'ailleurs, cetauleur ne parle point de la lame proligre, si apparente dans notre plante, ni des sporidies, si difieren tes de celles des espces voisines. Le Thelotrema clandestinum dont M. le professeur Fe donne une simple dfioition a la page 90 de son Supplment, m'a- vait aussi sembl avoir quelque similitude avec celui-ci, raais mon BOTAMQUK, 1G7 savantami a oubli de parler du nuclus, et ce qu'il dit de la forme des sporidies de sa nouvelle espece ne peut en aucune maniere convenir la mienne. Notez encor que je passe sous silence une crote thallodiquc d'un gris bruntre proprc au T. clandestinum, crote qui est d'un vert olivac daos le Thclotrema de Cuba. Les theques sont beaucoup plus grandes que daus l'cspce pre- cedente, quoique les dimensions genrales des apothcies et de la lame proligre soient bien infrieures dans celle-ci. Ce fait vient, comme beaucoup d'autres, prouver que, loin de pouvoir servir a la dlimitation des genres de la famille, ees organes, dont les formes excessivement varices sont a peine constantes dans la mme espece a ses diffrcnts ages , sont susceptibles tout au plus d'tre employs avec quelque avantage a la confirma tion des autres carac- teres qui distinguen t celle-ci de ses congneres. Notre espece a encor present dans quelques portions de sa crote une singulire anamorphoseanalogue a l'tat variolo'ide des Pertusaires. Aiusi le nuclus et l'excipuium, dans un tat mor- bide, se sont dvelopps d'une maniere tout fait anormale, et sont sortis sous forme de tubercules convexes par l'ouvcrture des verrues ou apothcies. Une coupe horizontale montre la nature pulvrulente de ees tubercules, et on y reconnait aux couleurs chamois du centre, ple et blauchtre de la priphrie, les deux organes dont ils sont la dgnrescence. THELOTREMA BAHIANUM , Ach. T. crusta incequabili lutescenti-pallida , apotheciorum verrucis hemispheericis Icuvigatis subconfluentibus , aper- turce minuta* margine interiori proprio tenui, fundo ( La- mina proligera) nudo nigro. Syn. Thelotrema lepadinum f bahianum, Ach. Lich. Univ., p. 312. Eschw., 1. c, p. 17G. Thclotrema bahianum , Ach., Nov. 4ct. Stockh. , tom. 33, p. 87. Spi. Lich., p. 1 14. Fc, Essai, p. 93, et Supplm.y p. 89. Obs. Je cite cette plante surfautorit de M. Fe, qui assure l'a- voir trouve sur des corecs de Weinmannia et de plusieurs autres arbres venant de la Ha vane. BOTANIQUE. II 168 BOTANIQUE. ordo ii. GYMNOCARPI, Fres. Apothecia aperi, discifera. Lamina proligera expa- nata, exvipulo thallode aut proprio recepta, normaliter persistis, ascigera, subinde primitus pulveraceo-collapsa (nunquam deliquescens). Fr., 1. c, p. 15. trib. i. GRAPHIDE^, Eschw. Apothecia difformia plerumque oblonga aut lirellce- formi-extensa , in statu normali excipulo vel pro- prio vel thallode marginata. Discus primitus cojinivens aut velatus oblongus subcanaliculatus . Thallus hypo- plceodes crustaceus adnatus. Graphidew, Eschw., Syst. Lich., p. 13. Fl. crypt. Bras. I, p. 55. Fries, Syst. orb. veget., p. 272 et Lich. eur. f p. 359. Fe, Meth. in Essai,\>. XXIX. Endlich. Gener. Plant., p. 12. CONIOCARPON, DC. Apothecia appressa rotundato-diffbrmia elongatave , aperta, immarginata, excipulo destitua, demum lamina tenuissima membrancea rumpente aut jatiscente in sotos spororum cete coloratorum abeuntia. Thallus crustaceus. (Genus aberrans atypicum.) Syn. Conioloma , Flcerke, Deutsch. Lich. II, p. 3. Eschw., Syst. Lich. , p. 19, fig. 28, et in Mart. FL Bras., I, p. 169. Fries, Syst. orb. veget., p. 378. Coniocarpon DC, Fl. Fr., II, 323. Schaerer, Natur. Anzeig, 1821, p. 34. Meyer, Flecht.,^. 112. Fr. Lich. eur., p. 378. Spilomatis spec. Ach. BOTAN I QUE. lf>9 CON1OCARP0N CINNABARINUM, DC. C. apotheciis difformibus subjuscis, primitas pruinosis in soros coccneos jatiscentibus . Syn. Spiloma tnmidulum A et rubrum, Ach., Lich. Univ., p. 136. Meth. Lich., p. 11, t. i, fig. 5. Syn. Lich., p. 1 . Engl. Bot., t. 2151. Spiloma j allax , Ejusd., Meth. Lich., p. 10. Opegrapha coccnea, Sclmltz, Fl. Starg, p. 375. Flor. Dan., t. mccclii. Conioloma coccnea, Floerk., 1. c. Spreng., Anleitung, 2 te Aufl.II, 1, p. 57, t. m, fig. (milii ignota). Eschw., 1. 1. c. c. Coniocarpon cinnabarinum, DC, 1. c. Duby, Bot. Gall., p. 675. Fries, Lich. enr., p. 379. Exsic. Flcerke, n 21 . Moug. et Nestl., Stirp. Voges., n. 852. Hab. Ad cortices arborum prope Havanam lectum. CONIOCARPON ANTILLARUM, Fe. C. crusta subfarinacea alba, cinereave, lineis Jleocuosis nigris limitata? apotheciis depressis rotundatis difjformi- busque rnfis. Asci obovati breves oblique subpedicellati spo- ridiis oblongis biseriatis hjalinis senis octonisve rejerti. Nobis. Coniocarpon Antillarum : thallo (crusta) albo subfari- naceo, crasso indeterminato ; apotheciis adpressis, rotun- dato-dejormibus saipe conjluentibus nudis subearnosis , pallide rufidulis: tliecis ovoideis sporidias ovoideas pr- vulas quadriloculares foventibus (sporis quatuor concate- natis). Fc, Supplm., p. 94. Obs. Ainsi que l'a fort bien observe M. Fe , cette plante esl si voisine uConiangium vulgare Fr., que, pour meeonvaincrc de la 170 BOTAN IQUE. non-identit des deux Lichcns, il m'a fallu les analyser compara- tivement. Alors j'ai observ dans l'espce de Cuba des theques bien apparentes, quoique pollucides, d'unc forme bizarro, que je nc saurais mieux comparcr qu' cello d'unc vessic humainc dislendue et vue de profil. Ccs theques coiilenaient sx a huit sporidies simples, hyalines aussi, ovales-oblongues, et crame embriqucs sur deux. ranges, disposition qui les ferail croire concatneos. Bien que les theques du C. ntillarum ne soient pas absolument cellos du genre, ellos sen rapprochent pourtant tcllemcnt que, les autres caracteres concourant d'ailleurs favoriser la reunin, j'ai cru devoir suivre la dtermination du professeur de Strasbourg et inserir avec lui ce Lichen dans le genre Coniocarpon. FISSURINA, Fe. ypothecium ovali-oblongum et lincari-elongatum, sub- ramulosum a thallo rimato clemwn hiante inclusum, nu- cleum jovens gelatinosum bibidum nudum ihecigerum , disco plano canaliculato. Thallus crustaceus adnatus. Syn. Fissurina, Fe, Meth. Lich., in Essai, p. XXXV, t. \ , fig 7, non bona. Diorygma, Eschw., Syst. Lich., p. 13, fig. \. Graphidis spec, Spreng., Syst. veg., IV, p. 254. Obs. Ce genre que MM. Fe, Fries et Eschweiler ont place parmi les Graphides y doit rester malgr l'opinion de M. Endlicher, qui, sur un rapporl avec les Gaslrothalames, indiqu par Fries, l'a mis, dans son Genera plantar um, a la tete des Verrucaries. C'est une Pertusaire a nuclus allong et rameux. Comme dans ce genre, le nuclus color est nu dans le thalle , mais il n'y a pas de verme. Cet organe est tres avide d'eau et absorbe, avec une grande promptitude, celle avec laquelle il est en contact. II se gonfle alors, devient convexe, de canalicul qu'il tait l'tat de dessiccation , ct dpasse le niveau des bords de la fentc du thalle o il tait d'a- bord r enferm. fissurina ntida, Montag. F. crusta cartilagineo-membranacea leevigata ntida straminea , nucleis linearibus jlexuoso - subramulosis BOTANIQUE. 171 latiusculis deprcssis incoloratis , margine thallode vix lante. Syn. Dioiygma nitidum , Eschw., Lich. Bras, p. G8. Hab. Ad cortices arborum prope S. Marcos leda. Desc. Thallus cartilagineus submembranaceus hevigatus niti- diusculus stramineus, passira decoloratus, niveus, indeterminalus vel linea peregrina, crustae confini propria, limitatus. Apothecia fere semper occlusa , ideo oculo inarmato vix conspicua et rimulas s. fissuras (unde nomen Fissurince quam Diorygmatis magis ap- tum) tenuissimas referentia, margines quarum saepius conniventes tndem se ab invicem discedunt. Nucleus nudus thallo concolor, sectus canaliculatus, humectus turgescenset convexus. Verticalitcr sectus formam oculis pra?bet subcylindricam utroque lalere com- pressam quasi lenticularem. Obs. Cette espce est voisine, mais pourtant diffrentedu Fissu- rina Dumastii Fc, queje dois a l'obligeance de l'auteur. Oulre la couleur de la crote, qui, comme je l'ai dit et crame on ne saurait trop le rpter pour convaincre certains lichenographes peu dis- poss admettre le fait, dpend, surtout dans les Lichcns crustacs, de la nature de l'eorce sous Tpiderme de laquelle elle se forme primitivement ; outre des fissures plus courtes, un peu autrement disposes et dont les bords sont rarement assez ecartes pour per- mettre a l'ceil arm d'apcrcevoir le nuclus , la forme de celui-ci et les dimensions des thques, beaucoup plus peites que dans la congnere en question, sufiraient pour piouver que l'espce est rellement distinetc. J'ai bien vu es tbques du Fissurtna ntida , mais il m'a t impossible d'observer les sporidies. Si Eschweiler les avait vues, il en aurait sans doute parl. (Test sur la descriplion fort incompleto donne par cet auteur que j'ai cru devoir rap- porter le Lichen de Cuba au Diorygma nitidum. J'ai adopt le ora de Fissurina, publi la mme anne par M. Fe, parce qu^l exprime bien micux le caractre principal de ce genre. 1 7*2 BOTANIQUE. F1SSUIUNA INCRUSTANS, Fe. F. crusta cartilagineo-membranacea pallide psittacina s. ccesio-viridi y hjpothallo albo margnala , nucleis pal- lidis gracillimis ramosis , ramis divergentibus bi-trifidis margine iiallode incrassato appresso. Nob. Fissurina incrustans , Fe, Essai, p. GO, t. XIII, fig. 2. F. iba lio (crusta) membranaceo-cartilagineo cinreo ej- fuso in foliceas partes exsoluto; apotheciis (pseudo- lirellis) fissuris prominentibus ramosis divergentibus atris margine spurio undulato subcrispo, tha lami subcarneo helvolo. Fe. Diorjgma grammitis, Eschw., 1. c, p. 67. Hab. Corticalis hcec species ut et congeneres crescit ad truncos arborum prope terram, in specimine nico Spha?- ria? Arecaria* marginem incrustans, in alio Pertusarice americancB confns. N ostra prope S. Marcos leda est. Cuba. Desc. Thallus cartilagineo-membranaceus interdum in laminas furiraceas tenuissiraas secedens, plerumquc orbicularis oblon- gusve, pallide cesio-viridis, albcscens vel cinerascens, hypothallo albo conspicuo marginatus. Fissurce simplices contortae vel ra- mosa3, ratnis divergentibus bi-trifidis pedatisque, bilabiatse., labiis incrassatis, in nostra concoloribus vel candicantibus nec atris ut habet el. Fe. Nucleus sub labiis abscouditus, pallidus., gracilli- mus, madefactus interfissurarum labia turgescens, eadcmque adae- quans superansve, cjlindricus, lineis vel punctis minutissimis ni- veis perbclle aspersus. Sporidia oblongo-navicularia ad mnimum decies annulata, annulis minute cellulosis sena octonave ascis am- plis clavatis inclusa. Obs. Je pcosc que l'erreur commisepar le graveur, qui a mis la BOTANIQUE. 173 lettre la planche cite de M. Fe, a caus celle dans laquelle est tomb le lichenographe allemand. En effet, la fig. 2 de la plan- che XIII est indique comme appartenant a VOpegrapha rhizocola, pour laquelle on renvoie malheurcusement aussi dans le texte cette merae figure. 11 en est result qu'Eschweiler a pris pour un Gra- phis un Lichen qui rentrait dans son genre Dionjrjma. Meschan- tillons ressemblent tres bien a la figure que M. Fe a donne de cette espce. Cette figure , au reste, ne montre 3 pas plus que le Li- chen dont la description precede, ees fissures noires dont il est fait niention dans la diagnose donne par ce botaniste. STALIA, Fr. Nucleus (apothecium) erumpens, oblongas vel lineari- elongatus subramosus perithecio destitutus discuin de- pressum plano-canaliculatum sisiens plerumque cete co- loratum (scepius rbrum) primo albido-velatum , demum nudum. Syn. Pyrochroa, Eschw., Syst. Lich., p. 15, fig. 9. Platygramme, Meyer, Flecht., p. 332, pro parte. Graphidis species, Ach. et Fe. Ustalia, Fries, Dian., Lich., 1817 et Syst. orb. veget. , p. 274. USTALIA CARIBiA, MoUtag. U. crusta nivea pulverulenta effusa ncleo minuto im- merso ramoso rufo-fusco, ramis linearibus jlexuosis ra- mal osis , disco caiialiculato , margine thallode sulmullo. Syn. Graphis caribcea, Ach., Lich. Univ., p. 272. Syn. Lich., p. 8G. Fe, Fssai, p. 43, t. VII, fig. 4. Supple'm.y p. 30, t. XXXIX. Asci Grapli., n 25. Spreng., Syst. veget., p. 253. Hab. Ad corticem arborum in loco S. Marcos dicto lec- tum conjinis Glyphidi j vidos ce crescit. 174 BOTANIQUE. LECANACTIS, Eschw., Fr. Apothecia immersa subrotundo-difformia passim lirel- (vjormia, semper aperta, eoccipulo proprio carbonaceo cu- pulari cum thallo sub marginante connato. Discus corneus planiusculuSy nunqucun connivis, primo a thallo pruinoso velatus, margine excipuli cinclus. Thallus crustaceus , aporfiecia nigra albo-pruinosa. Fr. Syn. Opegrapha et Arthonia , Auct. pro parte, Gra- phidis species, Meyer. Lecanactis , Eschw., Syst. Lich., p. 14, fig. 7, et Lich. Bras.y p. 98, t. VII, fig. 2, 4. Fries, Lich. eur., p. 374. LECANACTIS PNCTIFORMIS , Eschw. L. crusta membrancea albida , apotheciis minutis subrolundis oblongis confluentibusque subelongatis, disco planiusculo a margine prominente sejuncto. Leiogramma (Lecanactis) punctiforme , Eschw . , 1. c, p. 101, t. VII, fig. 4. Hab. Ad corticem arborum insulce Cuba? lecta. GRAPHIS, Fr. Nucleus tetraqueter disciformi-canaliculatus jnior albo-velatus . Perithecium dimidiatum laterale planum apertum cun excipulo thallode clauso dehiscente con- natum. Syn. Allographa, Cheval., Hist. HjpoxjL, p. 11. Leiorreuma, Eschw., Sjst. Lich., p. 13, fig. 2. Platjgramme, Meyer, Flecht.^ p. 332, pro parte. BOTAN IQUE. 175 Graphidis spec, Ach., Sj r st. Lich., p. 80. Graphis, Fr., Syn. orb. veget., p. 272. graphis virgnea, Montag . G. crusta sublaminosa friabili Icevigata malachitico- ccesia pruifiosa, apoilieciis linearibus jlexuosis substellu- lato-ramosis , disco latiusculo margine tumidulo niveo pulverulento. Syn. Leiogramma virgineum, Eschw., Lich. Bras., p. 98. Hab. Ad cortices arborum in eodem cum prcecedente loco et prope Havanam lecta. Desc. Thallus crustaceus, tenuis, effusus et latas plagas obte- gens, siccus Iaminosus, niadefactus mazoideus, intus scilicet spon- giosus facillime diflucns, viridi-caesius albo-pruinosus, laevigatus. Apothecia sparsa lineara , duas lineas longa , Simplicia flexuosa simpliciterque ramulosa , furcata , stellulataque apicibus acutis. Discus angustissimus, rimosuscum margine tumidulo niveo-pulve- rulentus , madidus vero Iatius adapertus lilacinus nigrescens. Pe- riihecium laterale teauissimum subincurvum thallo omnino ves- titum et absconditum et ope tantum microscopii sub aspectum ve- niens , in nostris exemplaribus forsan junioribus nunquam de- nudatum nec nigrum. Sporidia oblougo-cvlindrica, pluries annu- lata et asis clavatis hyalinis parvulis facillime et mature disruplis inclusa, demum inter paraphyscs nuda. Species Ustaliis nimis af- liuis. Obs. La couleur du thalle de cettc espcc cst si notable, que, tous les autres caracteres concourant d'ailleurs a conirmer ma dtermination, je nc pense pas tre dans l'erreur en la reconnais- sant dans l'excellcnte dcscriplion qu'Eschweiler en a donne. Je dois dir pourlant que je n'ai jamis observ dans mon Lichen , peut-tre trop jeune, les lirelles dnudcs dont parle cet auteur et qu'il compare ccllcs du genreOpcgraphe. Je n'aimcme pu voirle prthce lateral qu'cn soumcttant aumicroscopeune coupe vcrticale fort minee de l'apothcic tout entirc. Peut-tre qn'avec l'ge ce 176 B0TAN1QUE. prithce rudimentaire init par acqurir plus de consistance et une coulour plus prononcc. Les sporidies sortent de bonne heure des utricules o cllcs se sont dveloppes et restent nu entre les paraplrvscs ; elles contiennenl ordinairement dix spores. Dans le jeune age , on ne distingue que des cloisons qui font paraitre la sporidic annele. GRAPHIS AFZELII ,Ach. G. crusta membrancea luteo-fusca, apotheciis promi- nentibus turgidis elongatis subsimplicibus Jlexuosis obtusis crusta alba vestitis , disco rimceformi, margine perithecii crassissimo divaricato ihallodem obtegente. Sporidia fu- sijormi-oblonga tetraspora ascis clavatis inclusa. Syn. Graphis Afzelii,Ach., Syn. Lich.,^. 85. Kunth., Sjn. orb. nov., tom. I, p. 18. Fe, Essai, p. 48, t. XII, fig. 5. Supplm., p. 34, t. XXXIX, Graphis, n 38. Eschw., Lich., Bras. , p. 80, sub Graphide nivea. Hab. Ad corticem arborum n Cuba nsula. GRAPHIS LEPREVOSTII , Montag . EOTANIQUE (CRYPTOGAMIE), PL . X , fig. I. G. crusta hypophlceode mazoidea demum pulverulenta suborbiculari , albida, apotheciis sess'di-appr es sis simpli- cibus, raro conjluentia triquetris , brevibus aut elongatis flexuosis crassis apicibus obtusis, thcdlo plae coopertis. Sporidia facile totius tribus mxima sena oclonave serie duplici ascis clavatis inclusa et ipsi inter fibras strati medullaris contextas nidulantes. Syn. Helminthocarpon Leprevostii, Fe, Supplm., p. 1 56, t. XXXV, fig. 1 1 . Graphis illinita vermiformis , Eschw., 1. c, p. 83? BOTAN IQE. 177 Ctesium lbum, Pers., Gaudich. in Freycin. Voy. Uran., p. 168? Hab. Ad cortices arborum prope S. Marcos insulce Cubce a el. Auber lecta. Desc. Thallus crustaecus mazoideus ina?quabilis, demum pulve- rulentas, albidus, pulvere ferrugineo peregrino interdum adsper- sus, orbicularis, oblongus, pollicem atus (quandoque et efusus) lineos nigris fuscisve flexuosis in aliorum Licbenum coniniolimi- tatus. Apothecia (lirella?) Simplicia aut per contluentiam triquetra, brevia aut elongata, flexuosa con tor taque , crassa, thallo ibidem subtartareo farinoso tota obducta, snpra vix et tantum in vetuslis canaliculata , nunquam vero denudata, nisi detrila. Perilhecium carbonaceuin mere laterale, basi omnino deficieos, tenuissimum , aut aequale aut a basi dilatata sensim sursum versus attenuatum , dimidiam millimetri partem etquod excedit altitudine meticns et ad corticem usque descendens. Nucleus discum semper occlusum effor- mans, niveus , humoris avidissimus , madefactus turgidus opali- nus, e fibrishyalinis tenuissimis summopereintrcatis, strato scilicet medullari constans, in quibus theca? nidulantur numerosa? clavata? omnium mximas, in fundo nuclei, qui verlicaliter sectus millimetri tertiam partem bis superat, ca?spitosa?, erecta?, oculo nudo conspi- cua? et loculamenta Mal aurantii trausversim secti non male re- ferentes. Sporidia etiam pro ratione enormiter magna , quintam millimetri partem adsequantia, oblongo-cvliudrica, pice obtusa, primo decies annulata , annulis sporas transverse ellipticas vel glo- bosas meutientibus, limbo hyalino latissimofacillime oculos fugiente cincta, demum multotics (ferctrigesies), annulata annulis ccllulosis, cellulis in quovis annulo ternis aut quaternis, limbo quo sporidia prima a?tate circumdata sunt, valde imminuto. Paraphjses nulla?, nisi fibra? ramosa? intricata? jam memo rata?. Species valde spectabi- lis, bine Graphidi Afzclii Ach. affinis, illinc Thelotremati cujus nucleus clongatus foret, anloga. Obs. Digne du plus baut intret par sa structure, et surtout par la maniere dont ses tbeques, d'une grandeur si rcmarquable, sont encbsses dans un nucleus compos de fibrcs rameuses excessive- nient llics et cornme feutres entre clles, cetlc espece a ci leve 178 BOTANIQB. la dignit de genre par M. lo profcsseur Fc , qui l'a pube le premier dans son supplmenl a l'Essai sur les cryptogames des corcesofPieinales.Nolreamicommun,l'exccllcntdocteurMougcot, m'ayanl communiqu, en mme tcmpsqu'au professour de Stras- bourg, un excmplairc de ce Lichen , j'ai pu, sans craindre de me tromper, y rapporter avec ccrtilude les echan tillons de Cuba. Une tude approfondie de cctte plante m'ayant montr les plus petits dtails de sa structure anatomique , je dois a la vrit de dir que jcn'y ai ren observ qui la separe des Graphis tels qu'ils sont defins par Fries dans son Systema orbis vegetabilis , et que les caracteres sur lesquels M. Fe a tabli son nouveau genre ne m'ont pas paru d'une valcur incontestable. En effet, ce savant prtend que son Helminthocarpon difiere des Graphis par la prsence, sur le disque , depoints atot?iistiques, parla consistance du nuclus et par la forme des thques. Examinons chacun de ees caracteres. Et d'abord la consistance du nuclus ne vari quedu plusau moinsdans lamajeure partie des espces voisines : l'on n'en peut done tirer aucun carac- tre bien tranch. Cette consistance, que l'imbibition d'un liquide rend a peu prs gale dans toutes les espces , dpend d'ailleurs ici de la maniere dont les fibres de la couche mdullaire sont rappro- ches ou commc feutres entre elles (1). Je ne crois pas non plus qu'il soit possible de trouver de bonnes distinctions spcifiques soit dans la nuance plus ou moins fonce de la coloration, je ne dis pas de la coulcur, du nuclus, soit dans son volume , quoique je convienne quMl est enorme dans le Graphis Leprevostii. Or ce caractre, la grandeur, est bien dchu de l'importance qu'on lu accordait au temps o l'on fondait sur lui des classes entires de vglaux j c'est tout au plus s'il peut, aujourd'hui, servir a distin- guer une cspce.Quant aux points atomistiques dont parle M. Fe, je n'y voisrien autre, si je comprends bien ses expressions, que le sommet prominent des thqiicS. Quant a la forme diffrente des thques et des sporidies, je me suis deja pronouc ailleurs cet gard. Selon moi, cette forme ne suffit pas seule pour la circons- cription d'un genre. Outre qu' diffrentes poques du dveloppe- (i) Cette sorte de tissu ou de feutre, compos de fibres extrmement fines, tres irrgulirement ramiie'es, o se voient nieles des granules ou des cellules d'une excessive te'nuit et dans lequel sont comme enchiissc'es les thques, forme peut- tre un caractre qui, joint a l'absence des paraphyses , pourrait militer en fa- veur de la conservation du genre Helminthocarpon. Eh bien, c'est justement le seul caractre dont M. Fe ne tient aucun comple et ne parle mme pas. BOTANIQUE. 179 mcnt du Lichcn elles sont tres disscmblablos a elles-mmes, commc oelui-ci nous le montre d'une maniere olaire, nous voyons qu' leur tat adulte ou normal, tat dans lequel je conviens avec M.Fe que la comparaison doit tre faite, elles nc difieren t en aucune maniere de celles qu'Eschweiler nous donnr (Syst. ch., fig. 1, 6, fig. 2, c, et fig. 4, c, ) comme propres a certaines especes de ses genres Diorygma, Leiorreuma , qui cst notre Graphis, ct Opegra- pha. Elles sont encor de tout point semblables a celles du Leio- gramma scalpturatum du mme auteur (Jcon. select. crgpt. liras. , t.V, fig. 2) et de notre Verrucaria variolosa. Bien plus, elles res- semblen t a celles du Graphis frumentaria de M. Fe lui-mme, es- pce dont je dois un chantillon a ce savant. Voil done plusieurs genres tres difrcnts, au moins quatre , dans lesquels on trouve des sporidics tailles sur le mme patrn. Je ne finirais pas si je voulais seulement numrer tous les faits qui rendent insoutenable un systeme de classification des Lichens, fond uniquement sur la forme des thques et des sporidies. D'un autre col, je trouve dans le Lichen en question tous les caracteres enumeres dans la dfinition du gcnrcGraphis : quelques- uns sont sans doute exageres, mais ils n'en rentrent pas moins dans les termes de la dfinition. Ainsi, compar au Graphis A fzelii, Ach., type de ce genre, je vois, comme dans celte espce, un prithce, beaucoup plus minee, mais pareillement lateral, recouvert, dans l'extrme jeunesse , par la crote, denud, ala vrit, plus tard dans l'un que dans Tautre, et au milieu duquel on remarque un nuclus moins volumineux et plus serr que dans le premier ; ce nuclus contient des sporidies autrement confrmeos, j'en con- viens encor, mais j'ai apprci plus haut la valeur de celte diff- rence comme caractre gnrique. J'infrc de tout ce qui precede qu'il ne me semble pas ncessaire d'instiluer un nouveau genre pour celte plante , qui rentre parfaite- racnt dans le genre Graphis. Comme espce, on nc saurait la con- fondre avec aucune de ses congneres. Les deux synonymes que j'ai cites me sont autrement inconnus. Le Graphis Schuhertii de Fries, Syst. orh. veg., p. 288, pourrait bien tre la mme plante; mais les caracteres diagnostiques ue sont pas assez expliciles pour que je puisse l'affirmer. 180 BOTANIQUE. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. x, fig. 1. a, Graphis Leprevoslii, de grandeur naturelle, croissant sur une ccorcc o il est cntour de toulcs parts par un ChiodecUm queje rapportcau C. lacteum. La ligne brue flexueuse qui limite son thalle appartient peut-tre a ce dernier. On trouve, en effet, des chantillons sans limites et d'autres ainsi bordes, sans qu'on puisse dir si la bordure appartient a ce Lichen ou a ceux qui croissent autour de lui. b, Coupe verticale d'une apolhcie ou lirelle grossie 14 fois. On y voit en V V les parois laterales de l'ex- cipulum propre, recouvertes en entierpar la crote paisse du thalle^ en b" les theques remarquables de cette espce niches dans un tissu bysso'i de tres avide d'eau. c, Coupe horizontale d'une autre apothcie compose, grossie sept fois seulement selon son diamtre et montrant les mmes parties dans une autre position. On distin- gue, au centre du tissu blancfibreux, desponctuations d'une couleur diffrente, qui sont les theques. d Piscau du tissu carbonac de l'excipulum, vu a 80 diamtres. e, Sortes de coques formes de fibres extrmement tenues et rameuses, dans lesquelles sont commc niches les theques , grossies 40 fois. /, Une thque isole vue au mme grossissement. g, Unesporidie jeune grossie 80 fois. h Une autre sporidie parvenue au terme de son accroissement. OPEGRAPHA, Pers. Apothecia varia, sublirellceformia, rima longitudinali aperta, excipulo proprio carbonaceo (perithecio) libero marginata. Discus canali culatas, primitas excipuli mar- gine injlexo-connivente claasus, dein apertus induratus comeas. Thallas crustceas adnatus. Syn. Opegrapha, Humb., Pers., Schrad. , Ach., Mth. , DC, Fres, Licli. eur. y p. 361 . Opegrapha et Graphidis species, Ach., Lich. unw. Opegrapha, Oxjstoma, Scaphis , Eschw., Sjst. Lich., p. 14. BOTANIQUE. 181 OPEGRAPHA SCRIPTA, Ack. O. crustahypophlosode , demumnuda leprosa, apotheciis immersis erumpenbus margine tkallode spurio secedente, excipuli lateralis marginibus tenuescentibus Icevibus disco lineari primitas caisio-pruinoso. Var. a apotheciis emersis inordinatis variis. Syn. Opegrapha pulverulenta, Pers., Ust. Ann. 1, t. \ , fig. 2, B, b. Ach., Meth. Lich., p. 28 et 30. Fl. Dan., t. MCCXLII, fig. 1 . Opegrapha scripta a pulverulenta, Fries, Lich. eur., p. 371. Graphis scripta f pulverulenta, Ach., Syn, Lich., p. 82. Graphis pulverulenta ; Eschw., Lich. Bras., p. 70. Hab. Ad corticem arborum in nsula Cuba. OPEGRAPHA IN.EQALIS, Fe . O. crusta Iceviuscula flavescente scabriuscula nigro- limitata, apotheciis incequalibus , brevibus longis immiz- tis , angustis obtusis aterrimis , disco canaliculato mar- gine crasso. Sporidia ovali-oblonga minuta qua terna ascis obovoideis parvulis hjalinis inclusa Syn. Graphis incequalis, Spreng., /. c. , p. 250. Opegrapha inasqualis, Fe, Essai, p. 26, t. VI, fig. 1 , et Supplm., p. 21, t. XXXIX, fig. 5. Hab. Ad cortices arborum prope Havanam leda. 182 BOTAN IQUE. OPEGRAPHA COMMA, Ach. O. crusta effusa albissima subpulverulenta, apotheciis sessilibus minutis gracillimis sparsis subcjlindricis bre- vir/sculis rectiSy longioribus subjlexuosis , disco angustis- simo. Syn. Graphis Comma, Eschw., Lich. Bras., p. 76. Opegrapha cincta, Pers., Act. Wetter. II, P. 1, p. 15, t. 10, fig. 4. Ach.Synops., p. 334. Opegrapha Comma, Ach., 1. c._, p. 73. Graphis linela, Ejusd., 1. c, p. 80. Graphis tenella, Ejusd., 1. c, p. 80, ex el. Fe, qui hanc cum binis prsecedentibus sub nomine O. gracilis (Sup- plm., p. 22) conjungit. Opegrapha farincea et calcea Fe, Essai, p. 27 et 28, fide Eschweileri; el. Fe facile huic opinioni assen- ticnte, Supplm., p. 22. Graphis linela et Comma, Spreng., 1. c, p. 250. Hab. Ad cortices arborum Gljphidi favulosa? confinis lecta. OPEGRAPHA PROSODEA, Ach. O. crusta cartilagineo-membranacea sordide pallido- juscescente, apotheciis sessilibus crassis subcjlindricis ni- tidiusculis rectis a marginibus conniventibus elevatis dis- cumque claudentibus subearinatis . Syn. Opegrapha Bonplandi, Fe, Essai, p. 25, t. V, fig. 4. Graphis prosodea , Spreng., 1. c. Opegrapha prosodea, Ach., Meth. Lich., p. 22, et Synops., p. 74. Var. g minutissima, Fe {Supplm. , p. 20), lirellis (apo- BOTAN IQUE. i 83 thecs), minutissimis, punctiformibus angustis, aterri- mis , disco subcanaliculato margine crassiusculo. Obs. Cette varite n'cxiste pas dans la collcction de M. Ramn de la Sagra. Je ne l'insre ici que sur l'auorit de M. Fe, qui la cite comme l'ayant reeue de la localit eu question. OPEGRAPHA LEPTOCARPA, Montag. O. crusta glaucescente membrancea tenuissima in- terdum nigro-limitata , lirellis (apotheciis) simplicibus vel ramoso-furcatis elongalis linearibus atris, disco cana- liculato angustissimo. Sporidia elongato-elliptica spori- diolis6 8 transversim ordinatis sena octonave thecis cla- vatis gracilibus inclusa. Fide Fe. Syn. Grapls leptocarpa, Fe, Essai, p. 36, t. X, fio- 2 Graphis furcata, Ejusd., 1. c. ,'p. 40, t. IX, fig., 4* Ex ipso in ejus Supplem. , p. 39. Spreng. , 1. c. , p. 251. Hab. Ad corticem ramorum Parmelice obsessae conjinis prope S. Marcos Cubce nsulas leda. Obs. Notre chantilln qui se rapporte la varete a lirelles ra- meuses nc diffre du type que par Tabsence de la ligne noirc qui limite le thalle. Mais je trouve que le Graphis leptocarpa que je tiens de l'auteur n'en offre pas non plus la moindre trace. Ce ca- ractere n'est done constant ni dans l'une, ni dans l'autre va- rite. OPEGRAPHA LN'TRICATA, Motltag . O. crusta tenui albo-cinerea granulosa illimitata , apo- theciis linearibus ramosissimis densissime intri cutis grega- riis supra crustam elevatis extus intusque atris, disco an- gustissimo. Sporidia clliptica pro ratione prvula, spori- BOTA>IQUE. 1 3 18i BOTANIQUK. diolis h ovoideis farda thccisquc subclavatis in- clusa. Syn. Graphis intricata, Fe, Essai, p. 42, t. IX, ig. 3, QtSupplm.y p. 30, t. XXXIX, Cg. 23, graphis. Graphis Julgurata et intricata, Spreng., 1. c, p. 251 . Graphis intricata, Eschw., Lich. Bras., p. 79? Hab. Ad corticem Portlandia 3 grandiflora? prope Hava- nam lectam vel certe ex nsula Cuba relatam hanc spe- ciem invenit el. Fe nec ea in collcctione Sagrana aderat. Obs. J'ai rapport avec doute le synonyme, ou, pour parler plus exactement, l'homonyme (TEschwciler dont la plante parait ne pas diffrer du type publi antrieurement par M. Fe, a qui j'en doisun chanlillon. On peut peine prendre pour un simple ou- bli le silence du lichenographe allemand, puisque la croix qui accompagne le nom spcifiqueannonce qu'il regardait cette espce comme sienne. Quant a Sprengel qui runit en une seule, sous le nom de Gra- phis fulgurata, les G. intricata, interrupta et fulguraa du professeur de Strasbourg, je ne puis dcider s'il a eu tort ou raison d'oprer cette reunin , puisque je ne possde d'exemplaire authentique que delapremire espce. II serait bien possible pourtant que la seconde n'en diffrt que bien peu, puisque, de l'aveu de l'auteur, les th- ques sont semblables , mais seulement un peu plus petites. Les fi- gures cites de YEssai laissent quelque chose dsirer sous le rap- port de Pexactitude , surtout celle qui reprsente l'Opgraphe grossie. On a oubli de colorer les lirelles en noir, en sor te qu'elles sont res tees de la couleur de la crote. OPEGRAPHA FILICINA, Motltag. BOTANIQUE (cRYPTOGAMIe) , PL. IX, fig. I. O. crusta hjpophlceode tenuissima viridi effisa , apo- theciis superficialibus plano-coiwexis simplicibus aut con- uentia furcatis atris opacis obtusis , excipuli dimidiati BOTANIQUE. 185 marginibus conniventibus , madeja ctis remotis et nucleum hyalinum nudantibus. Hab. Ad folila cujusdam Filiis non definiendo? hanc speciem mihi novam legit prope Ilavanam el. Aubev, Par- melice subfuscae varietati confinem. Desc. Crusta hypophlceodes omnium tenuissima, ex nico goni- diorum stratosub epidermide folii formato constans, effusa, irre- gularitcr orbicularis, nulla linca limitata, raro diametrura sex millim. superans, viridis, punctis nigris adspersa. Apothecia super- ficialia lineara, Simplicia aut bifurca, dimidiata s. basi omnino deficientia, applanata, pice obtusa, atra opaca, marginibus in statu sicco approximatis , in hmido vero remotis. Nucleus gelati- nosus albus hyalinus; asci breves obovati quamplurimi paraphy- sibus stipati, sporidiis 4 5 fusiformibus tri-quadriseptalis pellu- cidis referti. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. ix , fig. 1 . a Plusicurs plaques (VOpegrapha ficina sur un morceau d'unc feuille de fougre, de grandeur naturellc. b, Une de ees plaques et les 1 relies dont elle est couverte, grossies vingt-cinq fois en diamtre. On voit en V le thallc ponctu de noir et en b" b" les lirelles dont les bords ecartes par l'humidit laissent apercevoir un nuclus d'un blanc opalin dans lequel sont contenues les the- ques. Cj Une lirellc rameuse a l'tat scc et dont consquemmcnt les bords sont conniven ts. d, Coupe verlicale de celle-ci pour montrer les parois du prithece dimidi. Les figures b, c, d sont grossies vingt-cinq fois. e, Une thque isolc grossie trois cent quatre- vingts fois et environnc de paraphyscs. f 3 Une sporidic grossie sept cent quatre-vingts fois. Obs. La crotc de. cetle Opgraphe se forme sous la pcllicule sus- pidermique, absolumentcomme dans legenre Strigula. Sa couleur verle tranche mme par son intensit sur le vert grstre de la feuille de fougre morte. Sous le rapport plysiologique, celte es- pece a cela de remarquable qu'ellc peut, commc mon Opegrapha herbarum (1), se dvcloppcr sur des feuilles annuelles. On pourrait (0 Voycz lYotice su/' les plantes crfptogames a ajouter l< Flore francaise, par 1 8G BOTANIQUE. peut-etre, a la rigucur, regardcr l'Opgraphc europenne comme une des millo variations de VO. aira, Pcrs. , tandis que VO. fdi- cina me semble distinctc de toutes celles qui, sous les tropiqucs, vi- vent sur les ccorces d'arbres. Je convicns pourlant que les thequcs el les sporidies sont assez semblables aux mmes organes trouvs par M. Fc dans son O. Melambo, public dans le Supplment l'Essai, p. 20, t. XXXIX (Opegrapha, fig. 4 bis). II y a bien aussi quelque similitudc dans ladiagnosc des lirclles des deux Lichens; mais, comme il n'y a dans l'ouvrage cit ni description ni ana lyse, incertain de l'identit, je me contente de signaler l'analogie qui rgne entre elles. GLYPHIS, Ach. Apothecia oblonga sublinearia et diffbrmia primo con- niventia demum canaliculata _, perithecium carbonaceum injeran lateraleque nuclewn ascigerum excipiens et cun strato medullari (Stromd) verticaliter elevato erumpens. Thallus horizontalis adnatus. Syn. Graphis spec, Ach., Lich. univ., p. 674. Gljphis , Ach., in Linn. Transad., vol. XII, l, p. 32. Ejusd., Synops., p. 106. Eschw. , Syst. Lich., p. 19, t. 26. Fres, Syst. orb. veget., p. 271. Fe, Essaiy p. 61, et Supple'm., p. 47. Spreng. , 1. c, p. 255. Endlicher, Gener. Plant., n 139. Asteriscos species, Meyer. GLYPHIS FAVULOSA, Ach. G. crusta albida demum pulverulenta (per aitatem fuscescente) linea nigra jlexuosa limitata, str rnate mi- nore orbiculari vel oblongo planiusculo, apotheciis lati- ribus remotiusculis rotundo-subangulosis conjluentibus- que sublinearibus nigris f siccis concavius culis . Sporidia C. Montagne , Archives de Botanique , tome II , p. 3o2 , t. xv, fig. i . L'espce en question a e'te' trouve'e aussi sur des tiges de fougre et sur celles du Teucrium Scorodonia dans les Ardennes. BOTANIQUE. 187 elongata hinc attenuata sporidiolis ovoideis 6-8 trans- verse di spositis jareta sena serie daplici asis clavatis in- clusa. Syn. Trypetheliumfavulosum, Ach., Act. Soc. Gorenk., vol. I. Glyphis favulosa , Ach., Linn. Transad., 1. c, p. 42, t. 3, fig. 1. Sjnops., p. 107. Fe, Essai, 1. c, et Supplm., p. 47, t. xl, fig. 1 ( Asci); Mthod. Lich., p. 28, t. 1, fig. 19. Eschw., Lich. Bras. } p. 167. Hab. Ad cortices arborum variarumfrequens } ut vide- tur, et Opegrapha? Comino? et Ustalia? caribea? (mihi) con- flus prope Havanam et ad S. Marcos a el. Auber lecta. Obs. La crote devient avec l'ge d'unc couleur de chamois sale. Les chantillons de Cuba offrent la plante dans les deux lats sur des corces diffrentes. Dans les chantillons frapps de vtust, les apothecies sont en partie tombes et laissent nu un stronia fort noir. trib. ii. PYXINEJS, Fr. Excipulum proprium nudum thallo superficiali impo- situm y primo clausum {ideo perithecium)! Thallus hori- zontalis expansus foliceas , subtus lber vel fibrillis sen fissuris affixus , discolor , contextu filamentoso . Fries, Sjst. orb. veget., p. 266. Endlicher, Gener. Plant., p. 13. PYXINE, Fries. Perithecium superficiale libere evolutum , orbiculare primo clausum, dein ore circulan ruptura, nucleum ceraceum ascigerum discijormem revelante. Soredia. Thallus cartihtgincus , foliaceo-imbricatus, laciniatus fibrillis qffxus. Fries, 1. c, p. 267. Endlicher, 1. c., n" 146. 188 BOTAN lOl'li. PYX1NE SOREIATA, Fl\ BOTANIQUE (CRYI>TOCAMIE), I>L . VII, ig. 4. P. thallo cartilagneo stcllato-imbricato supra albido- glaucescente subtus nigro fibrilloso , laciniis linearibus planiusculis incisis multijidis crenulatis quandoque so- rediatis j peritheciis subcentralibus aterrimis primo clau- sis demum ore circulan apertis plauo-concavis tenuiter marginatis. Discus tndem impolituss. rugosusaterrimus. Syn. Circinaria dissecta, Fe, Essai, p. 127, t. xxx, % 2. Circinaria Berteriana, Ejusd., 1. c, p. 128, t. xxx, fig. 3. Lecidea albo-virens f Mejer t Prim. Fl. Essequeb., p. 295. Eschw., 1. c, p. 256. Lecidea Areca?, Spreng., 1. c, p. 261. Lecidea sorediata, Ach., Syn. Lich., p. 54. Eschw., 1. c, p. 245. Spreng., 1. c. Hab. Ad cortices arborum in nsula Cuba , loco S. Marcos dicto a el. Auber leda. Desc. Thallus orbicularis, stellari-expansus, siecus albo-glauces- cens, humectus virescenti-olivaceus, quater quinquiesve centesi- mam metri partem dimetro metiens, centro in crustam rugosam sub- concretus, dein Parmelice ambigua ad instar in lacinias divisus linea- res imbricatas flexuosas incisas multifidas planiusculasscrobiculatas nonnunquam ad marginem, praesertim in statu adulto, sorediatas, pice pruna nivea aspersas, subtus nigras, fibrillis s. fixuris con- coloribus cortici arete affixas. Perithccia aterrima, opaca, ad centrum magis confera, ambitum versus vero parcius sparsa, jniora globosa , clausa , demum ore circulari rupta , concava , valide marginata, adulta magis applanata imo convexula, margine tenui subevanescente instructa. Structura eorum singularis. Spo- ridia octona decenave obscura oblongo-linearia bilocularia, quoque BOTAN [QUE. 189 lculo sporidiola bina globosa continente, thecis clavatis paraphysi- bus immixtis inclusa. Obs. II rgne une grande incertitudc sur la synonymie de cette espce, ct cela parce que les Lichcnographes, en publiant leurs prtenducs nouvellcs espces, ne se sont point assez oceups de re- chercher si ren de semblable avait t dcrit avant eux. II faut bien aussi, pour tre juste, convenir qu'il cst difficile de s'assu- rer, par une description, de l'identit de deux Lichens. J'irai nimc plus loin, et j'oserai affirmer que sans le secours d'unc figure analytiquc, dfaut d'chantillons authentiques , la chose devient tout fait impossible dans l'tat actuel de la licheno- grapbic. Quant a l'cspcc que je viens de dcrire, je suis certain que c'est le Lecidea recae, Spreng., parce que je tiens de Balbis des chan- tillons de la Guadcloupe, recueillis par Bertero, et vus ct nomms par Sprengel lui-ninie. J'ai la mme certilude quant au Circinaria dissecta Fe , donn par ce savant comme synonyme de la plante de Sprengel. C'est d'aprs la figure cite du professeur de Stras- bourg que j'y runis le C. Berleriana dont, selon l'auteur mi- neme, lestbques et les sporidies ne diffrent point des mmes r- ganos dans le type. Je ne sais en ce cas o trouver un caractre distinctif. Toutefois est-il certain que ce Lichen est tres digne de remarque sous le rapport de la structure de ses apothcies. Quand on les exa- mine tres jeunes ct humcteos, on les trouve excessivement min- ees et pellucides; mais peu peu, ct avec l'ge, ellcs dcvieuuent car- bonaces. A toutes les poques , on observe que l'excipulum form par le thallc est incomplct, c'est a direqu'il manque la partie inf- rieure. II arrive de l que la lame proligre ou le nuclus repose sur une couche de ccllules d'un jaune citrn fourniepar la subs- tancemdullaireduthalle. Cette couche se confond insensiblement avec une autre d'un brun fonc sur Iaquellc cst immdiatement tendu le nuclus. J'ai constat par l'obscrvation que la structure des prithccs de VUmbilicaria pustulata cst compltcmcnt identi- que a cellc uPyxine sorediala. Fries a done cu raison de rappro- cher ees deux genres. l!)0 BOTANIQUE. i:\lM.ICATIOA' DES FIGURES. Pl. mi, fig. 4. a, Pyxme sorediata\uc de grandeur naturcllect charge de fructifications. h, Portion de la circonfrence du thalle replie en dessus de chaqu cote pour laisser voir la face infrieure d'une couleur diffrente et munie de crampons noirs, simples ou bifurques, scrvant a fixer le Lichen sur l'corce. Cette figure est grossie cinq fois. c, Apothcie entire l'ge adulto, d, Une autre un peu plus jeunc, coupe verticalement par le milieu; e, encor une autre plus ge que la premire et devenue convexe, laissant voir en e' la lame proligre, et en e" une couche filamenteuse d'un jaune prononc. Les figures e 3 d, e sont vues a un grossissement de quatorze diametres. /", Thques remplies de sporidies et accom- pagnes de nombreuses paraphyses dont le sommet est agglutin, noirtre, vues une amplifica tion de deux cent soixante-dix fois le diamtre. g, Sporidies isoles de leurs thques et grossies six cents fois. On voit qu'elles sont colorees en bistre et qu'elles contien nent deux sporidioles. trib. ni. LECIDINE^, Fr. Apothecia libera, orbiculata, mox convexa cephaloi- dea , subimmarginata , discus semper apertus cecpiabilis , excipulo proprio impositus. Thallus varius. Fr., Lich. Europ.j p. 198. LECIDEA, Ach. Apothecia subdiscreta primitas ab excipulo omnino proprio carbonaceo aterrimo margiuata , dein scutelli- formia aut hemisphcerica solida. Discus semper apertus , primo punctiformi-impressus , scepius corneus et strato carbonaceo impositus. Thallus horizontalis, ex hjpo- thallo oriundus, sber ustaceus j effiguratus aut unifor- mis. Apothecia jam primitus aterrima > raro discus colo- ratus. Fr., 1. c, p. 281. Syj\. Lecidea , Ach. ; pro parte. Fries , Vet. Act. B0TAN1QUK, 191 HandL, 1822, p. 253. Syst. orb. veget., p. 252. Eschw., Sjrst. Lich.y fig. 18. Calillara, Ach., Sjrnop. Lich., p. 11. Rhizocarpon, Ramn in DC, Fl. Fr., II, p. 366. LECIDEA PARASEMA, Ach. L. thallo crustceo primo submembranaceo demum granula to albo cinereovc glauccscente , ab hypothallo nigro limitato , apotheciis sessilibus excipuli cupularis margine subtenui, disco planiusculo nudo aterrimo intus concolori. Syn. Lecidea parasema var. cupularis, Pers., Gaudich. in Freyc, Voy. Uran. Bot. 3 p. 193. Lichen punctatus et limitatus, Scop., Fl. Carn., ed. 2, p. 363 et 364. Lichen sanguinarias, Lightf., Fl. Scot., II, p. 803. Hoffm., Enum. Lich.y i. 5, fig. 3, 4, 5. Wulf. in Jacq.,, Coll., III, p. 114, t. 5, fig. 3, b. Lichen parasemus , Ach., Prodr., p. 64. Engl. Bot., t. 1450. Patellaria parasema, DC, Fl. Fr. } II, p. 347. Duby, Bot. GalL, p. 648. Verrucaria punctata 3 Hoffm., Germ., II, p. 192, cnm var. limitata. Lecidea punctata, Flcerke, in Schrad. Journ. _, IV, I, p. 34. Eschw., Lich. Bras., p. 246, pro parte. Lecidea parasema et tersa, Ach., Synops. Lich., p. 17 et 27. Fries, Lich. eu\, p. 330. Zenk. in Gceb. TVarenk., p. 139, t. 16, f. 3. Fe , Essai , p. 105, et Lecidea parasema var. americana ,Y^\\^>. , Supplcm., p. 101, t. xlii, fig. 1 (asci). H\b. Ad cortices variarum arborum in Cuba nsula lecta. Ous. Nos chantions nc difieren! du i\|><- europen que par 192 BOTANIQUE. une bordure un peu plus largo de la crote, ct des apothcies re- bord plus pais. Les theques ct les sporidics sont semblables ou du inoins offrent de si lgres diffrences qu'il serait ridiculo de fairc servir collcs-ci des distinctions spciGques. Un excmplaire prsenlait les deux tiers de son thalle passs la dgncrcscencc variolo'ide ; l'autre tiers tait rest dans l'ctat nor- mal. La portion dgnrce, compltement strile, offrait des gra- nula tions pulverulentos d'un jaune verdtre excessivement ple. LECIDEA PARMELIOIDES, Hook. L. thallo subfoliaceo , coriaceo-membranaceo , centro crustoso-subsquamuloso , ambitu effigurato , lacinialo, la- ciniis pice rotundatis subreniformibus zonatis , unicolori cinereo-plumbeo , hypothallo e viridi ccerulescente-nigro ; apotheciis adpressis immersisve convexis primo rufo-cas- taneis demum amplis airis immarginatis , nonnunquam sjmphjcarpeis . Syn. Circinaria Erythroxyli , Fe, Essai, p. 128, t. n, fig. 14, dein, Solorina circinarioides , Ejusd., Supplm., p. 130. Coccocarpia moljbdcea ! incisa et polyphylla , Pers. , Gaudich., 1. c, p. 206. Lecidea palmicola 3 Spreng., 1. c, p. 2G2. Lecidea melanothrix , Eschw., Lich. Bras., p. 258. Lecidea parjnelioideSjUook., inKunth., Syn. Plant. orb. nov., I, p. 15. Hab. Ad cortices arborum prope Cumana celeberr. Humboldt et Bonpland, in Guadalupa et Jamaica Ber- tero , in ins. Marianis cel. Gaudichaud , in ripa fluvii Amazonum cel. Martius , in India orientali el. Belan- ger , tndem circa Havanam et in loco insulte Cubce Sto Marcos dicto ciar. Ramn de la Sagra et Auber liancce insignem speciem legerunt. Desc: Thallus orbicularis , dimetro bipollicaris ct ultra , centro BOTAN IQLK. 193 c foliolis s. squamis semiorbicularibus concrctis compositus, am- bilu subfoliaceo-membranaccus , laciniatus, laciniis plus minusvc profundis, pice reniformibus ascendcntibus, a cortice elevalis subliberis, supra concavis crenulato-plicatis, Coree Pavonice Fr. ad instar zonatis, hypothallo dense tomentoso c viridi caerulescente- nigro marginatis. Color in speciminc sicco cinereo-plumbeus ni- tens, in humecto vero plumbeus nec hilo viridi mistus. Facies prona s. inferior cortici per fixuras densas ex hypothallo enatasad- lueret. Apothecia peltiformia adpressa, jniora punctiformia sen- sim supra thallum expansa , convexa, extus et intus rufo-castanea , adulta magis applanata, duplo triplove niajora, semper (in meis sal- tem exemplaribus) inimarginala, aterrima, intus cornea, saepius pluribus conluentibus symphycarpea, difformia. Asci (a el. Fe im- perfecti aut jniores observati, ab Eschweiler autem omnino prae- termissi) claveeformes, hyaliui, sporidiis (4 8) glauco-viridibus elliptico-navicularibus bilocularibusque referti, quoque lculo sporidiolum globosum continente, paraphysibus crassis cylindricis geniculato-subarticulatis immixti . Obs. II est peu deLichens qui aient, autant que celui-ci, sub de vicissitudes dans leur classification et partant dans leur nomencla- ture. II a en cffet pass successivement dans quatre genres, et a servi de type un nombre gal d'espces prtendues difieren tes, mais en ralit identiquement les mmes. Si l'on voit sparment les variations assez nombreuses qu'offre cette plante dans la forme et les nuances de colora tion du thalle et des apothcies, on sera dis- pos a les dislinguer spcifiquement ; mais si, au contrairc, on les voit runies et en nombre assez grand ; si surtout on les analyse et qu'on les compare avec soin, on se convaincra promptement que les diffreoces nc sont point cssentiellcs et tiennent unique- ment, comme dans beaucoup d'autresLichens, tantt a l'ge oua la localit, tantt au climat ou a l'cxposition. En y regardant de prs, on reconnailra, si je ne m'abuse, entre le thalle de ce luchen et eclui &u I* armelia plmbea Ach., une analogic, je dirais pres- que une similitude si grande, que, si les apothcies avec leur facies proprc n'taicnt pas la pour lmoigner de la diffrcnce, on serait vraiment tent de les reunir. De la, assurment, le synonymc de Parmclia plmbea donn avec doule par Pcrsoon a son Coccocarpia mohjbdaia, qui ne difiere au reste lui-mme, en aucune maniere du Lachen cu question. 1H BOTANIQUE. Dans les divors cchanlillons que je possede de ce Lichen, la cou- leur du I halle est fort variable ; elle cst plombe dans ecux rapports des iles Maanes par M. Gaudichaud, et dans ecux de Cuba, d'un cendr livide dans l'chantion de la pninsulc indienne que je tiens de M. Blanger etdans le Coccocarpia polyphylla Pcrs. origi- naire des Moluques; er.in elle est mlange d'une teinle verdtre dans le Lecidea melanolhrix du Brsil. Quant aux apothcies , elles varen t aussi, comino je l'ai dit, du brun au noir fonc et de la forme convexo a la forme aplatie, mais ees variations dpen- dent absolument de l'ge auquel on les observe. Les tubrculos bruns dont parle Sprengel dans sa diagnose sont le jeune age des fructifications. Le thalle est minee , coriace ou papyrac membraneux et com- pos d'une couche gonimique verte comparativement assez paisse, laquelle repose immdiatement sur la couche mdullaire. Celle-ci , blanche en apparence, est forme de filaments qui, vus au micros- cope, paraissent d'un vert glauque. Ges filaments sont cloisonns, confervoides, noueux, flexueuxetramifis. Les crampons, aumoyen desquels la plante s'atlache aux corces, en proviennent videm- ment. Les apothcies, d'abord en forme de point, s'tendent, ou pour parler plus exactement, s'vasent, s'pandent, on pourrait mme dir, sur le thalle d'o elles sont sorties. Je n'ai pu y voir, pas plus, au reste, que dans les autres espces de Circmarta, cette membrane coloree qui a servi M. Fe fonder ce genre. Dans une coupe verticale passant par le milieu de l'apothcie, on remar- que que celle-ci recouvre, de chaqu ct, un espace assez grand de la couche gonimique, et que son milieu seul semble sortir de la couche mdullaire ou repose sur elle. Les paraphyses sontsingulirement conformes et ontbeaucoup de ressemblance , a part toutefois la couleur, avec les filaments de la substance mdullaire. Dans les fructiGcations adultes, j'ai par- faitement vu les thques et les sporidies. Elles n'taient qu'bau- ches dans celles qui n'avaient pas encor atteint la coloration noire. Quelques individus de ce Lichen ont leur thalle recouvert d'ex- croissances isidio'ides, et sont, par cette raison sans doute, restes striles. Par son thalle, ce Lichen apparticnt a la tribu Amphiloma des Parmeliaces, tandis que par ses fructifications il se rapproche bien plus des Biatora que des Lecides. BOTANlgUE. 195 BI ATORA, Fr. Apothecia libere enata, primitas ab excipulo thallode in proprium mutato ceraceo margnala , deb hemisphairica aut globosa subimmarginata solida cephaloidca. Discus semper apeldas, primo punctiformi-impressus , dein dil- talas turgescensque marginan excipuli pallidiorem obte- gens, strato s&pius pallidiori, nunquam carbonaceo, im- positus. Thallus horizontalis ex hjpothallo oriundas, subcrustaceus , ejjiguratus aut uniformis. Podetia nidia, in paucis apothecia stipitata. Margo nunquam primitus niger. Fr. Lich. eur. } p. 247. Syn. Lecidea et Lecanora? spec. Ach. et auctor. plur. Patellaria pro parle Pers., Meyer, Spreng. Sjst. ve- get. IV, p. 264; non Fries. Biatora Fries in Dianom., Lich., 1817. Sjst. orb. veget. y p. 250. Lich. eur., 1. c. Eschw., Syst. Lich., fig. 19. Non Acharius. BIATORA VEST1TA, Montag . IlOTAMQUE (CRYPTOGAMIE), PL IX, fig. 2. B. crusta cun hjpothallo albido-jibrilloso radiante confusa, nunc la?vigata viridi-olwacea ( intus coccnea) , nunc tenuissime granuloso-pulverulcnta cinereo-grisea apotheciis sessilibus primo concaviusculis demum appla- natis excipuloque cupularij asco-nigrescente velo s. cor- tice mutabili vestitis, intus sub disco plano castaneo (etiam variabili) albisl Sporidia ovoidea nica duplicive serie ascis clavatis brevibus inclusa. Biatora vestita, Montag., ISouv. esp. crjpt. in Ann.Sc. nal., 2 e serie, Bot., tom. II, p. 374. Lecidea mutabilis , Fe, Supplm., p. 105?? (Asci in tab. xlii depicti vix a nostris dierunt.) 196 BOTANIQUE. IIab. jid rmnorum corticem prope Ilavanam et S. Mar- cos nsula? Cubre lecta, Pcrtusariae desquamcscenti ct Ver- rucarias analepta? (I conflus (1). Desc. Thallus crustaccus, tcnuissimus, in nico autcm spccimine viridi-olivaceuSj laivis, subnitidus, ad lcntcm rimuloso-diffractus, in cseteris vero exemplaribus cum cortice rugoso inasquabilis, gra- nulosus aut granulo-pulverulcntus, magis cinerco-virens, plagu- las exiguas, orbiculares vel irregulariter effusas oceupans, inter- durn in confinis aliorum Lichenum lineolis nigro-fuscis limitatus. S ructu ra thalli conspicue e slrato duplici I o medullari, albo aut intense et lsete coccneo (nec hujusce tam vividi colors ratio satis constat), cum hypothallo fibrilloso albido confuso, e cellulis magnis ellipticis composito; 2 o corticali seu gonimo tenuissimo, crassitiem subsequalem servante et e cellulis viridibus hyalinisve globosis vel pressione mutua hexagonis constituto, constat. mnibus varieta- tibus udpothecia jniora concaviuscula, velo plmbeo subpruinoso demum evanido obducta, sessilia, marginata, dein a;tate pro- grediente applanata, disco marginem discolorem adaequante vel superante. Excipulum cupulare , solemniter fusco-nigrum , strato medullari cujus colorem induil mutabilem vestitum est et hypothe- cio albo insidet. Discus (lamina proligera) planus, tenuis, variat cas- taneus, rufo-fuscus, plumbeus aut atro-sanguineus, in teera setate depressus, tndem (aut madidus) marginem excludens. Sporidia ovoidea, magnitudine varia, ascis breviter clavatis crassis hyalinis paraphysibus immixtis nica duplicive serie inclusa. Lichen ni- mium proteiformis. Obs. Aprs la longue description que je viens de donner de ce Lichen, et celle de la varit prolifre que j'ai publie dans les A- nales des Sciences naturelles, devant surtout montrer, dans des figures, tous les dtails anatomiques qui y sont relatifs, je crois su- perlu d'en ajouter ici de nouveaux. Cependant j'indiquerai bri- vement les affmits et les diffrences qui distinguent cette es- (i) Planta brasiliensis a celeb. Gaudichaudio mecum olim communicata et sub nomine allato a me jam evulgata statum pra:bet plae abnormem et, ob apo- tlieciavel potius excipula miro modo et undique prolifera, monstrosum. Et qui- dem hsec prolificatio caeteris Liclienibus non aliena (Conf. Parmeliam gossypi- nam) ab excipulo sese multiplicante et alia excipula ex toto ejus orbe emitiente praecipue pendet. BOTANIQUE. 197 pce de toutes les autres du mme genre. Ainsi elle se rap- prochc du Biatora carnela par l'histoire de sa vgtation, de mme que du Biatora cinnabarina par la coulcur de la varite thallc coquelicotj mais elle diffre de Pune ct de l'autrc par son excipulum d'un brun fonc presque noirtre, qui parait d'aulant plus tranch qu'il repose sur un hypothalle blanc. J'ai rapport avec doule le synonyme de l'cspce de M. Fc, quoique j'aie quclque raison de penser que son Licben ne difiere point de ceux du Brsil et de Cuba. Les thques sont absolument les memes. Un chanlillon pouvait seul rsoudre la question, et cet chantillon me manque. Au reste, ce Licben tant tres variable dans sa couleur, soit en raison de la nature de Pecoree sur la- quelleil vit, soit sous le rapport de l'gc auquel on l'obscrve, jesuis persuade que beaucoup d'autres Lichens, regards jusqu'ici crame distincls, finiront par y tre un jour runis. Mais les malriaux me manquent pour oprer cette reunin. Ma plante ayant t publie avant celle de M. Fe, j'ai d reteir mon noni spcifique. Je ne dois pas omettre de dir que j'ai recu de mon ami Lon Dufour un chantillon du Biatora rivulosa var. corticalis (Lecidea rivulosa var. polypcona Ach., ms.) f dont les apothcies sont pro- lifres comme dans l'chantillon anormal du B. vestita rapport du Brsil. La varit dont la substance lpreuse et mdullaire du thallc est de couleur rouge montre que plusieurs espces fondees sur ce seul caractre pourront peut-tre un jour tre ramencs a des types connus. Ainsi le Parmelia sanguinolenta Mcyer (in Sprengel, Syst. veget. cur. poster. , p. 330) pourrait fort bien n'tre pas diffrent de notre plante, dont il offre surtout le caractre en ques- tion ; mais ne l'ayant pas vu, je n'ai mme pas voulu admettre le synonyme. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. ix, fig. 2. a, b, c, Trois chantillons de Biatora vestita mou- trant les formes varies que revt ce Licben. a, Varit croissant sur les rameaux a Cuba. Cet cxcmplaire montre la forme du Licben dont la couchc mdullaire est d'un rouge de cinabre, coulcur qui s'apcrcoit surtout sur le bord des apothcies ; le thallc tant d'un vert olivtre. b 3 Aulre variation croissant sur les trones d'arbres, a Cuba , ct dont les apothcies sont remarquables par une couleur l!)8 HOTA IQUE. plus ferrugiiicuse et par uu thalle plutt ochrac que veri, c , chantilln offrant en fin le mme Lichen dans un tat atypi que, c'est a dir avee des apothcics prolifres, soit de leur dis- que, soit de leur bord. C'est sur cet exemplaire, originaire du Brsil, qe j'ai tabli et publi l'cspce, il y a plusieurs annes. Le disque des apothcics a une coulcur qui se rapproche davantage de celle qu'il presente dans l'chantillon figur en a. d, Apothcic cn- lire et sessile du Lichen a vue obliquement ou de trois quarts et grossie 14 fois. e, Coupc verticale de cette mme apothcic laissant voir en e' la couche mdullaire rouge du thalle, en e" Yhypothecium blanc sur lequel repose l'excipulum propre e" , et en e"" la lame proligre. Cette figure est grossie 30 fois. f, Apothcie du Lichen figur en c. Le bord de cette scutclle est irrgulier et flexueux seu- lcment, mais non encor prolifre. g, Une autre apothcie du mme Lichen, charge de prolifications sur son bord, dans l'intervalle dcsquelles on observe une espce de velum de couleur cendre ou plombe. Ce velum n'est que la couche pidermique du thalle amincie comme celle que Pon voit sur quelqucs autres espces de ce genre ambig. Cette figure et la precedente sont grossies 7 fois. h, Thques et paraphyses grossies 190 fois. Ellos sont semblables dans les trois exemplaires. i, Sporidies isoles grossies 380 fois. . BI ATORA VERNALIS, Fr . B. hypothallo membranaceo-vernicoso albicante, clein granula minuta glaucescentia prof rente > apotheciis tur- gidis nudis decolorantibus , eoccipulo cupulari, margine obtuso evanido. Fr. Syn. Lichen vernalis, Lin., Syst. nat. 3, p, 234. Engl. Bot., t. 845 et 1863. Hom., Enum. Lich., t. 5, fig. 1 . Lecidea vernalis } ch., Lich. univ., p. 198. Syn. Licli., p. 36. Fe, Essai, p. 110,, t. XXVI, fig. 5, et Supplm.y p. 106. Biatora vernalis, Fr., Lich. europ., p. 260, pro parte. Hab. Ad corticem ramulorum prope S. Marcos leda. BOTANIQUE. 199 bi atora pusilla, Mofttag . 1OTAKIQIJK (cttYPTUGAMIE) , t. X, g. 2. B. crusta tenuissima cun hypothallo confusa vernicea subgranulosa prasina; apotheciis mi ni mis sessilibus car- neo-lueolis 3 coccipulo cupulari granlalo , margine di- lutiori dentato-crenato. Hab. JIa?c species distinctissima nec , prc&serUm ob co- loran iliallif cun congeneribus ullo prorsus modo com- miscenda a el. Auber prope Havanam , cucspilcm e sti- pitibus Filicum, ut videtur , constantem incrustans , inventa est. Dksc. Thallus crustaecus, intense amoeneque prasinus, cum hy pothallo confusus, supra csespilemjan dictum effusus, illimitatus, verniceus, granulis paucis hinc inde adspersus, ob locum inrequa- bilis. Apothecia omnium facile mnima, ferc microscpica et vix ter- tiam millimetri partem dimetro adequantia, sessilia, extus gra- nulosa, carneo-luteola , disco sicco plano leviterve impresso , hu- mecta to vero tremelloideo opalino convexo margincmque excipuli dentato-crenatum superante. Lamina proligera hypothecio albo e cellulis hyaliuis globosis composilo insidet. Sporidia oblonga uui- triseptata pauca uni aut bi-seriata ascis tenuibus clavatis, minutissi- mis parapbysibus immixtis hyalinisque inclusa. Obs. Je ne pense pas que Ton puisse jamis conbndre cetle jo- lic petite espece avee aucune de ses congneres. La seulc avee la- quelle elle a quelquc analogic est le B. campeslris Fr. (Peziza Mougeotii Pers. Myc. eur., p. 289, t. xn, fig. 5), dont elle nc dif- iere pas moins par la proportion dmcsurinent plus petite de toules ses parties que par la couleur du ihallc ct la forme de ses apothcics. Elle est aussi assez voisine du Micarea prasina Fr., et dcvra peut-etre un jour faire parlie du meme genre. Ouant aux difrcnces speiiques, elles sont lellcs qu'il est impossible de preudre Tune pour l'autre. Le Lidien de Fres a des apothcies spliriques qui deviennent brues en vieillissanl ct qui d'ailleurs sont comparativement tres grosses. BUIAMI.II I . '* !2)0 BOTANIQUE. EXPLICATION DES FIGURES. Pt. \, lig. 2. j Biatorapusilla de grandeur naturelle. b, Coupc verticale passant par le centre d'unc apothcie pour monlrer sa forme ct li maniere don t elle repose sur le thalle; on voit en b' la lame proligere, en b" l'liypolhccium, a un grossissemonl de 80 fois. c, Cj c, Apothcies vues dans difieren tes positions et grossies -25 fois pour rendre evidentes les crnules de leur bord. Je ferai remarquis une fois pour toutes, que la nuance de la couleur des apothcies , et en general des partios grossies a la loupc ou au microscope , est diffrentc de cclle qu'elles revtent quand on los voit de grandeur naturelle. d, Thques et paraphyses ap puyes en d' sur des cellules contenant des granules ct forman 1 une sortc d'hypothecium. Cette figure est grossie 390 fois. c, Sporidies isoles et deux loges vues au mme grossissement. f, f, Deux autres Iheques offrant des sporidies g, g, a quatro loges, les unes el les autres grossies 380 fois. CLADONIA, Hoffm. Apothecia discreta, libere enata, primitas scyphuli- formia, mox injlaia cephaloidea immarginata hitas ina- nia. Discus apertus, mox proiuberans reflexns, excipulum proprium cui impositus , abscondens , ascis obliteratis. Thallus horizontalis squamuloso-foliaceus aut crusta- ceus a quo surgit verticalis caulescens (Podetia) carti- lagneas , fistulosus. Fr. Syn. Cladona, Adanson. Pyxidaria , Mich., Bory, Voy., III. Cladonia , Scyphophorus et Helopodium , DC, Fl. Fr., II, p. 335-341. Mich., Fl. Bor. Jmer., II, p. 328-330. Capitulara, Flcerkc, olim. Cenomyce , Ach., Lich. wiiv., p. 105 et 526, t. xi, f. 3-6. Spiops. Lich., p. 248. Delise in DC et Duby, Bot. Gall., p. 619. Cenomyce et Pycnothelia , Duf. , sfnn, gen. Se. phys. Brnxelles } t. vm. BOTANIQUE. 201 Cenomyce, Scyphophorus et Pycnothelia , Fe, Essai, lntrod.; p. lxxxiii-lxxxv. Cladonia', Hom., Schrad., Schaerer, Meyer, Flcerke, Eschw. Fr., Licli. europ., p. 206. CLABONI SQUAMOSA, Hofpm. C. thallo squamuloso-dissecto , podetiis ramosis lacu- jioss mox decorticatis , granulis squamaceis exaspera- tis , axdlis perviis denticulatis , apotheciis cymosisfuscis. Fr., 1. c, p. 231 . Var. delicata, Fr., 1. c, pusilla, thallo foliceo su- pra viridi , subtiis niveo , laciniato-lobato , lobis minutis ascendentibus dentato-crenulatis sursum incurvis > pode- tiis (in meis exemplaribus) simplicibus ramosisve subula- tis basi pulverulento-squamosis pice pallidis decortica- tis, apotheciis, modoadsint, conglomeratis fasco-nigris. Syn. Lidien parasticas , Hoffm., Emun. Lich., p. 30, t. 8, fig. 5. Lichen delicatus, Ehrh., Crypt. exs., n 247. Engl. Bot., t. 2052. B&omyces delicatus, Ach., Meth. Lich., p. 327. Bceomyces quercinus , Pers., Ap. Usier. Aun. d. Bot. St., 7, p. 19. Cladonia parastica , Hoffm., Germ., II, p. 127. Spreng., 1. c, p. 272. Schaerer, p. 37. Cenomyce delicata, Ach., Lich. unw., p. 509 et Syn. Lich., p. 274. Deliso in DC. et Duby, Bot. GalL, p. 626. Helopodium delicatum, DC, Fl. Fr., II, p. 341. Cladonia delicata, Floerk., Monogr., p. 7. Cenomyce cncullata, Delise, 1. c. Cladonia squamosa * * delicata, Fr., 1. o. Hab. Ad ligua ptrida prope Havanam leda. JO 2 BOTAN IQUE. Ous. Tous nos chanlillons, compllemcnt identiques, quant ouv foliles du thalle, a ceux d'Europe, en diffcrent seule- iiciit par des supports striles simples et termines en forme de corne. On observe a peine, a leur sommet, une cbauche d'apo- threic coulcur de chair. Ces supports ressemblcnt, par la forme, ceux du C. ceratophylla , Eschw. (Lichen dein Cenomyce Sw.)j mais le thalle, bien diffcrent, est tout a fait celui de l'espceeu- ropenne. C'cst surtout a l'chantillon du Cenomyce cucullaa que je tiens de M. Delise, que les ntres ressemblent le plus. CLADONIA CONIOCRvEA, Flwrke. C. iliallo joliaceo 3 foliis laciniatis crenulatis discolo- r'ibus incurviSf podetiis elongatis simplicibus ramosisque plerwnque subuliformibus virescenti-pulveridentis , sey- pls uregularibus minute denticulatis sterilibus. Syn. Cenomyce coniocrcea , Floerk. , Deutsch. Lich. , n 138. Delise, 1. c, p. 629. Cenomyce subuliformis , L. Duf., ex specim. Cladonia coniocrcea , Floerke, Monogr., p. 84. Spreng., 1. c, p. 272. Cladonia corintia, var. Fr., 1. c, p. 225. Hab. Ad ligua carie consumpta cum precedente leda. Obs. Ce Lichen a t determin sur des echan tillons queje dois a l'amiti de MM. Dufour et Delise. Quoique nos exemplaires aient un peu le port du Cladonia cornuta, je crois pourtant qu'on peut les en distinguer facilement par leur thalle non simplement cr- nel comme dans ce dernier Lichen , mais profondment lacini et dcoup en lanires troites qui se retrouvent mme quelquefois jusque sur les supports. CLADONIA RANGIFERINA, Hoffm. C. thallo ev anido, podetiis elongatis erectis teretibus subscabris trichotome ramosissimis , axillis subperfora- tis _, ramis terminalibus sterilibus inferi ribusque utan- BOTANIQUE. 203 tibus, fertiUbus ercctis, ad instar cjmce partitis , apothe- ciis aggregatis fuscis, Syn. Lidien rangiferinus , L., Sp. pl. } ed. 3, p. 1620. Dill. , Hist. Muse. y t. xvi, fig. 29, a. Engl. Bot. , t. 173. Basomyces rangiferinus , Ach., Meth. Lich., p. 355. Clment, Ensay, add., p. 305. Cenomyce rangiferina, Ach., Lich. univ., p. 564. Ejusd., Syn. Lich., p. 277. Delise, 1. c, p. 621. Cladonia rangiferina, Hoffm., Germ., p. 114. Michx., Fl. Bor. Americ., II, p. 330. Spreng., 1. c, p. 270. DC, Fl. Fr.y II, p. 336. Scheerer, Spic, p. 37. Floerke, 3/onogr., p, 160-170. Eschw., Lich. Bras., p. 273. Fries, Lich. eur., p. 243. Hab. Ad terram in apricis nsulas Cubas leda. Cladonia rangiferina var. alpes tris ; podetiis albis sub- stramineis molliusculis verrucosis ramosissimis _, ramis ramulisque implexis , terminalibus sterilibus thyrsum amplan et densum effbrmantibus. Syn. Cenomyce rangiferina var. y , alpestris , Ach., Lich. univ., p. 564, et Syn. Lich., p. 278. Dill., 1. c, t. xvi, fig. 29, E, F. Cenomyce syhmtica var. jS, alpestris , Flcerke, Deutsch. Lich. , n 157. var. pumila, Delise, 1. c. Cladonia rangiferina var. alpestris Eschw., 1. c. Fr., 1. c, et Lich, Suec. exsic, n 240. Hab. Ad terram nudam in montosis nsulas Cuba' prassertim loco la cumbre de Cajalbana dicto legit kahece varietatem el. Ramn de la Sagra. 20i DOTAN1QUE. trib. iv. PARMELIACE.E, Fr. Apothecia thallo contigua, subrotunda, e cncavo ex- plnala , scutelliformia , raro peltata. Discus subceraceus persistis excipulo thallode marginatus. Syn. Parmeliaceai , Eschw., Sjst. Lich., p. 19, dempto Collemate. Dermatocarpearum, Ejusd., 1. c, p. 21, 22, Solorina et Peludea. Usncacece, Ejusd., 1. c, p. 23. Lidien, Wahlenb., Fl. Lapp. Parmelia, Eschw., Lich. Bras., p. 177. Parmeliacea? , Fr., Lich. eur., p. 15. subtrib. i. PARMELIE^E, Montag. Excipulum ihallodes primitus connivens dein apertum. Thallus horizontaliter expansus subtus dissimilis , saine villosus vel matrici adnatus. Syn. Parmeliaceas , Fr., Syst. orb. veget., p. 240. Endlich., Gener. plant., p. 15. PARMELIA, Fr. Ipothecia scutelliformia , orbicularia , thalli disco ho- rizontaliter adnata, margine thallode cequali. Discus primo connivenli-clausus subceraceus. Thallus e centro horizontaliter expansus, bilateralis , forma varias, hy- pothallo suffidtus. Sect. i. Thallo crustceo toto adnato uniformi am~ bitu similari aut ex hjpothallo tantumfibrilloso radiante. Hjpoihallus matrici adnatus sa?pe cum thallo confusus. BOTANIQUE. 20 > 1 . Urceolaria y Fr. Apotbecia crustce innata vel verrucis protiiberantibus inmersa. Lamina urceolata aut protubcrans verrucwfor- miSj nigresces 3 normaliter ccBsio-pruinosa , marginla. Thallus crustceas adnatus liypoiliallo scepe Jibrilloso radiante aut cun thallo confuso albido. Fr. , 1. c. , p. 176. PARMELIA VALENZELIANA , Montag. P. c rusta rugoso-granulata viridi-glaucesccnte effusa cum lijpothalio confusa , lamina verrucis prorsus im- mersa fusca primo comventi, demum urceolata margine proprio albido vel cum thallode granuloso connato , vel denudato lacero rupto subradiatim rcflexo. Sporidia na- vicularia bilocularia ascis elewatis amplis acl speciem cellulosis inclusa. Hab. Ad corticem rugosam arborum prope Havanam leda, Hypochni albo-cincti, Montag. confinis. Desc. Thallus crustaceus, tenuis, granulosus, cum hvpothallo oblitralo confusus, indeterminatus, per corticem iiicquahilcm ru- gosam ate cffusus, huniectus late > iridis, siecus c virescente gri- seus, verrucis miuulishcmisplKcricisoculo arma lo tantumeonspicuis adspersus. Apoiheciorum lamina fusca vel fusco-san guinea, ver rucis thalli immcrsa, urceolata, jnior clausa, margine thallode slriato vel in rugas radiantes eoaclo, dein magis magisque a thallo dendala lacero-dehiseens, plus minusve lateaperta, margine pro- prio albidulo integro inlexo aut raro radiatim rellexo. Sporidia numerosa, cymbiformia, bilocularia, uulloordinc ascis clavatis am- plis parphysibus immixtis ad speciem cellulosis inclusa. Specics Gyaleclis valde aflinis. Obs. CettcParmlie, qu'onprcndraitaisment,au premier abord, pourun Tliclolrcma, est dislinctc non seulemenl des espces de << 200 BOTANIQUB. deroier genrepar Les caracteres de vglalion et de fruclificalion, nuiis encor de toutcs les congneres de la section a laquelle elle appartient. Les verrues qui contiennent les apothcics ne sont pas visibles a l'ceil nu. Quant aux thqucs et aux sporidies, elles ont aussi des formes qui leur sont propres. En les comparant a cellesde plusicurs Parmeliaces de la mme section, j'ai observ que le Parmelia verrucosa_, Fr., se rapprochait davantage par les siennes dugenre Porina (Pertusaria, DC.)dans lequel Acharius l'avait place d'aprs ses caracteres extrieurs. Dans la varit b de ce Lichen surtout (Porina glomerata 3 Ach.), la forme des sporidies, leur volume et surtout l'absence de toute mem- brane scutellode me semble militer en faveur de l'opinion d' Acha- rius, et devoir lever les doutes que conserve encor, a cet gard , l'auteur de la Lichenographie d'Europe (1). Un seul chantillon de ce Lichen a t trouv prs de la Havane, par M. Valenzuela, propritaire-cultivateur, auquel je me fais un plaisir de le ddier en reconnaissance des soins qu'il a pris pour auarmenter notre colleclion. &' 2. Patellaria. Apoihecia regulara , scutellata , sessilia , margine tliallode persistente, lamina disci planiuscula immargi- nata. Thallus crustaceus adnatus hypothallo indeter- minato, in paucis paludo , in plerisque atro. Discus haud ccesio-prubiosus. Fr., 1. c, p. 131. PARMELIA SLBFUSCA, Fr . P. crusta cartilagnea primitas contigua l&vigata dein rimosa granulataque glaucescente hypothallo ma-r culari limitata; apotheciis adnatis, disco plano-convexo subfusco intus albido , margine thallo concolori erecto subintegro. Sporidia ovoideo -elliptica subpellucida ascis clavatis inclusa. Syn. Lichen subfuscus, Lin., Suec, n 1072. Dill., (i) Fries , ich, car. rejoym., p. 4i). BOTANIQUE. 207 Hist. Muse. y t. xviii, fig. 1G. Hoffm., Enum. Lich., t. 5', fig. Z. Engl. Bou, t. 2109. Patcllaria subfusca , Hoffm., Pl. Lich., t. 5, fig. 3. DC, Fl. Fr.,\\, p. 3G2. P armella sub fusca , Ach., Meth. Lich., p. 1G7. Clem., Ensayo, Add., p. 30 1. Spreng., 1. c, p. 297. Fr., Lich. eur., p. 13G. Var. a. discolor, Fr., 1. c, c rusta ut in typo, apothe- ciis regularibus , disco crassiusculo semper nudo tliallo dis color , margine integro aut per aitatem rugoso. a. erjthrocarpa Nob. , crusta granulata alba fusco limitata, apotheciis mediis sparsis disco rubro nudo mar- ginan crassum elevatum tndem cequante. A P. punicea subsimili diversa. Hab. Ad corticem tenias simum arborum prope Hava- nam leda. b. melanocarpa Nob., crusta granulis albidis composita efjfusa; apotheciis sessilibus crassis disco nigro valide flexuosoque marginato. A sequenti prorsus distincta. Hab. Ad cortices in eodem loco cum precedente leda. Cette espce cosmopolite n'est pas moins commune sous les tro- piques que dans notre Europe. Mais la, comme beaucoup d'au- tresLichens, elle tend son domaine jusque sur les feuilles des arbres et des fougeres. Quoiqu'elle y soit un peu larvc, on ne sau- rait cependaut la meonnaitre. J'en ai rame observ quclques pla- ques dont les apothcies avaient subi la dgnrescence isidiomor- phe. Sur la mme feuiile, on trouve mes variets erythro- et mela- nocarpa. PARMELIA ATRA, Ach. Meth. P. crusta cartilagnea mox granuloso-verrucosa , glaucescenie , hjpolhallo nigro, apotheciis sessilibus , dis- co potito aterrimo, inlus nigro, margine ihaUode persis- tente integro. Sporidia et as ut in priori. 208 BOTAN lOUl. Syn. Lidien atar, Huds., Fl. Angl., p. 530. Engl. Bot., t. 949. IIoTm., Enum. Lich., t. 4, fig. 4. Lidien cierais, Wulf., in Jacq. Collcct., IV, p. 183, . 14, fig. 5 b, non Linn. Lidien tephromelas _, Ehrh., Crjpt. exsic, n 313. Patellaria tephromelas, DC, 1. c, p. 3G2. Lecanora atra, Ach., Lich. univ., p. 344. Ejusd., Syn. Lich. , p. 146. Fe , Essai, p. 113, t. xxvui, fig. 5, et Supplm. L. atra var. [ americana, p. 110. Zenk. in Gceb. Warenk., p. 195, t. 25, fig. 8. P armelia subfusca, atra, Eschw., Lich. Bras., p. 183. Parmelia atra, Ach., Meth. Lich., p. 154. Spreng., 1. c, p. 295. Fries, Lich. eur., p. 139. Hab. Ad cortices vetustos in nsula Cuba legit el. Ra- mn de la Sagra. Obs. II existe deux caracteres pour dislinguer ce Lichen de la varite disque tout fait noir du prcdent. Le premier, facile voir et le seul dont ies auteurs fasseiit mention, consiste dans la couleur intrieure du disque , blanche dans le P. sub fusca, et noire dans la presente espce. Le second, microscopique et dont on ne parle pas, est la teinte vineuse ou violace par transparence dont sont colorees les thques, mais surtout les paraphyses. Ce caractre, aussi constant que Tautre, se retrouve dans les chantillons tropi- caux comme dans ceux d'Europe. La seule diffrence, s'il en existe, est dans Tintensit de la coloration, plus grande, comme on l'imagine aisment, dans les premiers que dans les derniers. PARMELIA PUNICEA, Ach. P. crusta tenui submembranacea ina?quabili gra- nulataque cinereo-albicante effusa , hypothallo albo ; apotheciis lentijormibus , disco cerino-puniceo cocci- neoque plano marginem thallodem tumidum subinte- grum wquante. Sporidia acicularia! sena octonave sep- tata ascis clavatis inclusa. BOTAN1QUE. 20 > Syn. Lecanora pnicea , Ach., Lich. univ., p. 174. Fe, jgfjoi, p. 119, t. xxix, fig. 7 et Supplm., p. 1 1 5 , t. xlii, n os 42, 43, 44, asci et sporidia. Zcnk., 1. c, p. 132, t. 15, fig. 5! Lecanora Persoonii, Fe, 1. 1. e. c, t. xxix, fig. 5. Lecanora coccnea, Fe, 1. 1. c. c, t. xxvn, fig. 7. Lecanora rubina, Pers., Gaudich., Voy, Uran., p. 193. P armella rubra, punicea, Eschw., 1. c, p. 191. p armella pun cea , Ach., Meih. Lich., p. 167. Spreng., 1. c., p. 301 . Ha.b. Jd cortices in loco S. Marcos dicto nsula? Cubos leda. Obs. Ce Lichen cst videmmcnt distinct de la varia tion disquc rouge du Parmelia sub fusca. II en difiere, en effet, et par son hypo- thalle blanc ou du moins qui ne limite le thalle ou la croutc par au- cune lignc d'un brun noirtre, et par ses sporidies dont la forme nrmale est aciculairc. II arrivc pourtant que, dans un mme dis- quc, ou en trouve a la fois qui sont amincies aux deux extrmits et d'autres qui sont obtuses par un bout et tres aigus par l'autrc. De la, sclon moi, l'insuffisance de ce dernier caractre pour distin- guer du type le Lecanora coccnea Fe. On ne pcut davantagc teir compte de la grandeur relative de ees organes dans la dli- mitation des espces, quand surtout aucun caractre extrieur tranch ne vient appuyer cclui-la. Ces variations, d'une minee im- porlancc , tiennent a une foule de circonslances souvent inappr- ciables. O s'arrterait-on si Ton tentait de distinguer spcifique- ment loutesles individualits qui offrent quelque aberration ? Mais, si l'on doit bien se garder de sparer ce que la naturc a reun , i I ne faut pas moins viter, autantque possible, de confondre ce qu'elle a voulu distinguer. On a done tout licu de s'tonner qu'un Li- chenographe distingue, qui avait fait servir les caracteres micros- copiquesa la dlimitalion des espces, qu'Eschwciler, par cxemple, aitrapprocb ce Lichen du Parmelia rubra Ach., sur un signe d'aussi pea de valeur que la coulcur du disquc, et que lui, qui avait fait une tude spciale des thques, il ait maintenu rapproches deux'es- pces dans lesquelles la forme des sporidies n'a pas la moindie res- semblance. Chez le /'. rubra, les sporidies sont oblongueset qaadr- 210 BOTANHJUE. loculaires. Or le P. punicea a les siennes tres longues, en aiguilles, tres pointues aux deux extrmits. Ccrtes, loin de partager la con- liance que M. Fc attache la valeur des thques et des sporidies pour limiler les genres des Lichens, je soutiens mme maintenant, avccplusd'assurance et de conviction qu'autrefois (1), que ees or- ganes non seulement sont variables dans les espces du mme genre, mais encor revtent des formes semblables ou analogues dans des genres trsloigns l'un de l'autrc. Et pourtant, malgr l'inconstance de ees formes, rexprience m'a demontre que ees organes variaient peu dans une meme espce. Je n'en dirai pas autaut de la grandeur, qui peut teir l'ge, Vhabitat et a une foule de circonstances extrieures. Pour revenir a l'espce qui nous oceupe, c'est done sur la seule considration de la coloration du disque que le Lichenographe al- lemand l'a runie comme varite au P. rubra. II aurait pu tout aussi bien, et mieux encor, appuy sur ce seul caractre, la reu- nir auP. subfusca, dontune varit prsente le disque d'un rouge presque aussi pur. Ainsi notre varit erythrocarpa du P. subfusca pourrait facilement tre prise pour le P. punicea, surtout venant des tropiques, si les sporidies videmment distinctes n'taicnt la pour faire viter l'erreur (2). Les considrations dans lesquelles je viens d'entrer me dispen- sentd'exposer en dtail les raisons qui m'ont port a reunir a notre espce, comme synonymes, les Lecanora Persoonii et coccnea Fe. Je n'ose ren dir du Lecanora rufidula du mme auteur. Quant au Lecanora rubina Pers., c'est le jeune age de notre Lichen. PARMELIA VARIA, Fr . P. crusta cartilagnea areolato-verrucosa jlavo-vires- cente , deliquescente ockroleuca, hypothallo glabro ma- culan, apotheciis sessilibus, disco polito hites centi-carneo decolorle margineque erecto integro tenuibus. Syn. Lidien varius , Ehrh., Crypt. exsic, n 68. (i) Voyez l'analyse que j'ai donne du systme de ce professeur , la page 24g du tome IX de la 2e se'rie des Ann. des Se. nat. (2) Je ne saurais trop recomraander l'emploi de rinstrumetit nomine Cniu- pressorium aux personnes qui veulent faire une e'tude speciale des thques ; c'est le meilleur moyen de les bien observer. BOTAN 1QUE. 211 Patellaria varia, DC, 1. c.,p. 360. Hoffm., Pl. Lich., t. 23, fig. 4. Lecanora varia, Ach., Lich. Univ., p. 377. Ejusd. , Syn. Lich., p. 161. P armelia varia, Ach., Meth. Lich., p. 178. Fl. Dan., t. mcccxlvii , fig. 1 . Parmelia subfusca var. ochromatica, Wallr., Natur- gesch. d. Flecht., I, p. 478. Parmelia varia, Yr., Sched. Crit., IX, p. 28, ai Lich. eur., p. 156. Var. Confera, crusta albida tenui ad lentem leviter granulosa rimulosaque in confniio linea fusca fleocuosa limitata, apotheciis confertissimis adpressis minutis sessi- libus fere innatis , disco plano carneo-pallido , humecto diaphano, marginan tenuissimum pallidiorem subgra- nulatum tndem ajanante. Syn. Parmelia varia, cinereo-camea , Eschw., 1. c, p. 187? Lecanora leprosa, Fe, Essai, p. 118, t. xxv, fig. 6? ex habitu, loco et icone. Hab. Ad corticem tenuissimum arborum leda. Obs. Voici une varil qu'il n'est pas facile de distinguer de certaines formes du Parmelia subfusca, d'autant moins que, dans les deux types, les theques et les sporidies sont semblablcs. Nanmoios les nuances de coloralion du disque qui, selon l'obser- vation de Fries, ne se confondent jamis, de memeque la tnuit de la marge de l'apothccie, sufGrontjusqu'aun certain pointpour faire reconnaitre le P. varia sous tous les masques quMl pourra prendre. La distinclion des deux lichens est, au reste, si difficile, que Wallroth ne fait de ce dernicr qu'unc varite de couleur du P. subfusca. Mais jamis les variations a disque pal ou eoncolore de celui-ci (Lecanora albclla, angulosa Ach.) ne deviennent verd- tres dans la vieillcsse, comme il arrive dans toutes les formes du P. varia. 212 BOTANIQUli. Se tromporait-on beaucoup en runissant comme synonyme, a cette varite dont nous avons donn la diagnose, le Lecanora le- prosa Fc? Je nc le pense pas, Les figures que ce botaniste a don- nes, soit du Lichcn vu de grandeur naturelle, soit des thqucs et des sporidies, ce qu'i) dit de sa frquence sur les corces venant des tropiques et principalcment des Antillcs, sa descriptiou elle- mme, quoique courte, tronquee, insuffisanle quandil s'agit sur- toutdc sigoaler, entre beaucoup d'autres, une espece nouvelle, tout me porte a croire que, compares entre eux avec soin par un Li- chenographe exerc , ees deux Lichens seront un jour consideres comme identiques. PARMELIA GYROSA, Montag . P. crusta cartilagnea, subcontigua, demwn rim- losa, diffracta, granulato-verrucosa flavo-virente aut aurantio-glaucescente cum hypothallo albo confusa; apo- theciis sparsis confertisque (subinde et proliferis) disco plano, nudo aut puliere lteo consperso, san guineo-rufo, marginem tumidulum integerrimum tndem flexuoso- gyrosum flavo-aurantiacum cequante Sporidia oblonga sporidiolis senis ovatis transversim positis farda et sena octonave ascis clavatis elongatis inclusa. Syn. Patellaria domingensis , Pers. , in Act. TVetter. II, I, p. 12*. Lecanora domingensis, Ach., Syn., p. 336. Fe, Essai, p. 418, t. xxn, fig. 2. Ejusd. , Supplm. , p. 114, t. xlii, n 41. Lecidea gyrosa Spreng., ms. , sec. el. Fe, sed in Syst. veget., omissa. Lecanora domingensis var. gyrosa, Fe, ined. ex specim. a el. Fe accepto. Lecanora acervuata, Fiaddi, Mem. Soc. Ltal. di Mod., 1829, tom. XX, t. 4, fig. 2. P armella acervuata, Spreng., 1. c. cur. post., p. 330. Parmelia ventosa, domingensis, Eschw. , 1. c. , p. 189. BOTANIQUE. 213 Hab. Ad cortices varios prope Havanam et in loco S. Marcos dicto legit et plurima misil specimina in statu vario el. Auber. Obs. Comrac on trouvera dans la Flore du Brsil de M. Martius une excellente description de cette espce, j'y renverrai le lecteur. Les figures cites de M. Fe et de Raddi me dispensen t galenient d'en donner un dessin. Les theques et les sporidies represen tees par M. Fe ne diffrent de cclles que jai observes que par huit sporidioles au licu de six, ce qui peut teir l'ge du Lichen ou son individualit. D'ailleurs, dans le nime disque, on rencontre souvent de semblables variations. II me reste deux observations a faire sur ce Lichen ; l'une porte sur la place que luiaassigne Eschweiler, qui, se fondant, comme pour l'avant-dernire espce, sur la seule analogie tire de la cou- leur, nous le donne avee une coufiance inexplicable pour une sim- ple variation du Parmelia ventosa, variation duc, selon ses pro- pres paroles, a l'habitat sur des corces et l'intensit de la chaleur tropicale. Je nc puis que rpter, cet gard, ce que j'ai dj dit ailleurs, qu'il ne faut pas trop se fier un caractre unique pour limiter les espces dans cette famille. Les organes de la propaga- tion sont ici pour protester contre un aussi monstrueux rappro- chement qui., au reste, n'est pas l'unique dans l'ouvrage cit. En effet, dans Tespce curopenne, qui ne croitque sur les rochers, les theques courtes et en massuc contiennent des sporidies tres minees, tres longues, aciculaires, munies de norabreuses cloisons, parfailement analogues en un mot, je dirais presque semblables, celles que nous avons obsrveos dans le Parmelia punicea. C'est au point que, si Pon adoptait un systmc de classification des Lichens fondo sur la forme des theques et des sporidies, ees deux Parmlies devraicnt marcher a cote l'une de l'autrc. On voit done combien la forme des sporidies de mon Parmelia gyrosa s'loignc de cclle qui est proprcaux sporidies des deux dernieres espces. Ma seconde observationa rapport au thallc de ce Lichen, dont j'ai cu l'occasion de constater aussi l'extrmc variabilit. Ainsi il peut tre parfaitemcnl lisse, granuleux ou vcrruqucux, continu ou fcndill ; j'en possde mme plusieurs chanlillons chez lesquels la crole est tout cutiere change en Isidium. Dans cet lat, le Lichen est presque constammcnl slrile; naumoins un exemplaire porte une ou deux scutelles qui empchent qu'on ne le mconnaisse. 214 BOTANIQUK. La coulcur du thalle vari aussi dcpuis le jaunc verdtre jusqu'au glauquc plc ou cendr. C'est une crote de cetlc demire nuancc que nous devons le Lecanora acervulata Raddi, qui ne diffre pas autremcnt du type. Je nc pouvais conserver le nom spcifique de domingensts donn priraitivcment a cette plante par Persoon, puisqu'il existe dj dans Acharius une cspce de Parmlie homonymc. J'ai d renoncer aussi a lui imposer le nom du premier descripteur, M. Presl, dans son Repert, Botan. System., p. 89, ayant propos de nommer Par- melia Persooniana le P. lugubris Pers., pour le distinguer de l'es- pce homonyme de Meyer. Pour ne pas creer un nouveau mot, j'ai adopt le nom spcifique donn par Sprengel une forme ge de cette espce, nom qui convient assez bien, puisqu' une poque avance de la vie, les apothcies ont le bord flexueux et singuli- rement contourn sur lui-mme. Sect. II. Thallo sub foliceo, dein in crustam subgra- nulosam conglomeratam compacto, orto ex hypothallo fibrilloso {raro obsoleto) supina matricem effuso. Fr., 1. c, p. 86. 3. PSOROMA. Ayothecia adnata aut immersa plerumque biformia, nunc e thallo orta, margine ihallode crenato , nunc ex hjpothallo orta y margine proprio integerrimo. Discus ceraceus, primo clausus. Ex hypothallo communi dis- creto, raro oblitrate , plurimce oriuntur squamulce dis- cretee folicea?! qua? ajero centro aut tota? in crustam subgranulosam concrescunt. Fr., 1. c, p. 89. PARMELIA PARVIFOLIA, Montag . BOTANIQUE (cRYPTOGAMIe) , PL . X , fig. 3. P. thallo e squamulis cartilagineis imbricatis multifi- dis e glauco-fuscescentibus constante, hypothallo albo ; apotheciis (sjmphycarpeis) brunneis IQUE. I> l Jl( BOTAN IQUE. pce on qucstion fot bien essentiellement distnct de la sfrante qui offre quelques formes transitoires. EXPLICATION DES FIGURES. Vl. X, fig. 3. a, Biatora parvi folia de grandeur naturcllc. b, pothcies symphycarpiennes vucs do face au milicu des squammes du llialle et grossies 1 1 fois. c, Plusicurs autres fixes sur une seule squammc grossic ainsi quYIIes 1 \ fois leur dianielrc. d, Goupe verticalc d'une autre apothcic vue au menic grossissement. e, Tranche verticalc de la lame p rol i ge re grossic 75 fois. f, Orga- nisation du tissu de cette lame vue a une amplificaron de 380 fois le diamtre. On n'y voit ni thques, ni sporidics. PARMELIA CORALLINA, Montag. P. iliallo sttbcrustaceo granulato-coralloideo, surculis erectis, subdivisis, albidis, apoiheciis magnis planiusculis demum hemispheericis, vix marginatis, rufo-juscis. Syn. Lccidea Corallina, Eschw., 1. c, p. 256, cum des- criptione ptima. Hab. Ad corticem arborum cun pirecedente leda. Obs. Ces deux Lichens, commc je l'ai fait pressentir, ne sont peut-tre que deux ctats de la nime espece dus des localits di verses. Une plus grande humidit pourrait avoir favoris la dg- nrcsccncc isidiode de la croute du dernicr. Bien mieux , il pour rait encor se fairc que les diffrenccs apparentes qui les sepa- ren t du Parmclia triptophylla dpendissent uniquement de la diversit du climat dans lequel l'un et l'autrc Lichen s'est dve- lopp. 4. Amphiloma. Apothecia erumpentia margine accessoro subcoro- jiata. Discus ceraceus, crassiusculus } nudus. Tliallus foliceas submonophyllus rotundatus , centro demum BOTANIQUB. 217 crustceo compactas , quandoque et byssaceus , hypo- thallo spongioso impositus. Fr., 1. c, p. 87. Syn. Zeora, Yr., Syst. orb. veget., p. 244. Ampia- loma, Ejusd., 1. c, p. 243. Pan?iaria,De\ise, Bory,, Dict. class. hist. nat., Tom. XIII, p. 20. Duby, Bot. GalL, p. 606. PARMELIA GOSSYPINA, Mofltag. BOT.VMQE (cRYPTOGAHIe) , Pt. VI, fig. 3. P. thallo bjssaceo-lanuginoso candidissimo centro contexto granulato-jloccoso ambitu laciniato multifido , laciniis plas subcontiguis appressis crenatis hypothallo tomentoso nigrescenti-ca?ruleo ultra margines expanso cinctis ; apotheciis substipitatis (prolifeiis), margine ini- tio erecto niveo jloccoso-pulverulento , dernum gyroso-in- flexo nudo, disco fusco-vinoso tndem nigro subcon- colori. Syn. Lidien gossjpinus, Sw., Fl. Ind. Occ. III, p. 1887. Lecidea gossypina, Acb., Lich. univ., p. 217. Meth. Lich., p. 85. Syn. Lich., p. 54. Hab. Ad cortices arborum prope urbem Havanam et ad muscos parasitantem hancce speciem eximiam maleque intcllectam legit circa S. Marcos in Cuba nsula el. Aubcr Directoris Horti hotanici Havanensis vicem gerens. Desc. Thallus totus byssaceo-laniiginosus, ad cortices candidissi- mus, in muscis vero srdido albidus, centro adnato contextus membranaceus, floccoso-granulosus, ambitum versus laciniatus, la- ciniis inciso-multifidis lobato-crenatisque, planis, contiguis, nun- quam autora imbricalis, bypotballo tomentoso cperulescenti-nigvo pulchrc marginante appressis. Quandoque, prsesertim in muscis bvpothallus ex lotocvanescit vcl certe nec margines tballi limbo ni- gro pereleganti prailexit. Tura, vcl ex aliquot fibris bvssoidcis mi- -JIK BOTANIQUB. mis coloratia constata vcl omnino abortit. Apothecia sa?pius con- tralla, in laciniis, siadsunl, rara, ex tliallo reipsa erumpentia, nor- maliter orbicularia , brcvitcr lamen pcdicellata, subtus hemispha 1 - rica, aborto pulverc vel floccis candidis nslar veli obducta, etate produca plae nuda, Simplicia vel e margine discoque prolifera, ad speciem interdum fasciculala. Margo apotheciorum iuitio erectus, mediocris et tballo concolor, demum inflexus, velo floccoso-pulve- rulento candido quo adspersus crat deposito, disciplani fusco-vinosi colurcm induit. In cxemplaribus apothecia fasciculatim enata vel prolifero-congesta ferentibus, hic margo flexuosus et gyrosus ad - modumevadit. Discus ceraceus, crassus, semper planus, nudus, fus cuslilacino mistus, cumaetate nigrescens,iutus purebrunneus. Hy- pothecium cdhosum concolor. Sporidia clliptico cymbiformia sena denave ascis clavatis inter paraphyses stipatis serie simplici vel du- plici inclusa. Structura thalli : fibra? byssacea?, continua?, vario modo ramosa? et inter sese anastomosantes, hinc inde glomerulos goni- diorum viridium qua? ipsis adha?rent ferentes, aut etgonidiis liberis adsperse cum hypothallo conformi sed aliter colora to prostrato confusa?, vel ex eodem orta?. Prolificatio scutellarum aut e disco aut ssepius ex earum margine fit. Plusquam sex scutellas hoc modo erumpere vidi. Haiscutellee autem adulta? fasciculum fingunt apo- theciorum ex eodem thalli puncto enatorum et pressione mutua ir- regulariter gyroso-marginatorum , ut in icone diligenter ea de- picta fuisse curavi. Species structura byssaceis valde affinis, ad quas retulissem ni prasentia hypothalli margoque thallodes scutel- larum admodum obsteterint. Quibus notis preesentibus huuc Li- chenem sub vexillo amphilomatis militare magis conducit. Obs. Quoique le thalle de ce Lichen soit compltemeut byssode et ne prsente ni piderme, ni couche corticale ; quoique les go- nidies, au lieu de former une couche continu sous l'piderme, soient parses entre les fibres de la substance mdullaire , la seule quiait persiste, cependant la prsence d'un hypolhalle analoguea celui sur lequel reposent les thalles des Lichens de la section Am- philoma, me fait uneloi d'y rapporter celui-ci. En effet, si Pon ex- cepte les deux premiers de ees caracteres, cette Parmlie, par son mode de vgtation , a beaucoup d'analogie avec les P. pellita et pannosa Ach. Nanmoins elle difiere encor de toutes deux par des apothcies pdicellcs, par un disque autrement color et jamis convexe, eufin par le bord des scutelles toujours inflchi dans DOTAN IQUE. 1 19 la vieillcssc. Elle n'a pas la couleur sulfurine da P. lanuginosa, mais elle en est voisine par son organisation byssine el conime pul- verulento, c'est a dir par la facile ct nrmale dliquescence de la eouchc corticale. Mais qui imagincrait jamis que je viens de dcrire le fameux Lecidea gossypina Ach., auquel Fries donne l'pithte de singular ris ! Cerlcs , on nc s'cn douterait gure en lisant la phrase dia- gnostique par laquellc il est caractris dans Acharius et que voici : L. thallo suborbiculato imbricado molli pulveraceo utrinque tomen- toso albido laciniis rotundatis inciso crenatis, apotheciisplanis ni gris margine tbido pruinoso demum nudo fleocuosoque. Ccux de ees ca- racteres qui conviennenta quelques unsde nos chantillons nepeu- vent se rapporter qu' ceux qui croissent sur les Mousses ct encor dont l'ge est tres avanc. II parait done qu'Acharius et Fries n'ont eu leur disposition que des individus gs et incomplcts. Chosc remarquable! Conime pour le Collema chloromelum, c'est la dcscrip- lion de Swartz qui m'a mis sur la voie pour la dlermination de celte espce, que je n'aurais jamis prise pour un Lecidea. Ce n'est pas simplement, comme l'avance Acharius, une poussire blanche {pruna) qui colore les bords de L'apothcie; ce sont des llocons d'une blancheur blouissante et analogues au thalle qui les recouvre dans leur jeunesse. Mais ees llocons byssodes venant a tomber avec l'ge, il ne reste plus que la poussire blanche, qui init par s'vanouir elle-mme et laisser la scutelle presque nu. Swartz a done eu raison quand iladil que les apolhcies taient lbo-mar- ginata. Ces apothcies ne sont d'ailleurs ni petites, except a leur naissance, ni planes, a moins qu'on n'entende parlcr de leur disque, ni parfaitement noires, mme a la fin de leur vic; elles sont, en outre, lgremcntpdiccllcs,caractre omis dans le signalement et la dcscriplion donns par le Lichenographc sudois. Si les sporidies du Lecanora bgssiseda Fe n'taient pas dites to- ruleuses , j'aurais pens que cetle espce n'tait qu'un tat avanc de notre Lichen (1). (i) Au moment de corriger ces cpreuvcs, raon ami M. Leprieur, re'ccm- ment arrive de Cayenne, me remet plusieurs formes de cette espece. Peut-iHre sont-ce des esptees diffe'rentcs appartenant au mime gruupe ; n'ayant pas cu le temps de les tudier a fon d, je n'en ]>uis ren dirc avec certitude. Cepcndant, parmi ces formes, j'en vois une portan t des apothcies toutes noires, qui pon r.iit bien etre celle gnrlaquelle a ete fondr le Lecidea gossypina] mais je feral re- marquer que, comme dans les formes biatorines de quelques Parmeliees , ces apothe'cies n'ont poiat de rebord thallodique, parce qu'elles naissent d'un hypo- 2-20 BOTAN lyUl. En tudiant le Parmelia gossypina sur les corecs o il croit, j'ai dcouvert au milicu des Mousses ct des Jongermanncs qu'il re- couvre aussi quelquefois, une Conferve si petitc qu' peine IV percoit-on a la loupe. Soumise au microscope, elle s'est prsentc sous une forme qui me la fait regarder comme nouvellc. Elle n'a gure plus d'un millimtre de longueur, etpourtant, dans un espace si court, on la voit lgamment ramifie, moins rcmarquable en- cor par son mode de ramification que par ses articlcs corallins qui lui donnent un faux air du Chondria articlala. En attendant que je la fasse figurer dans un supplment, voici sa diagnose : Con- fera microscpica Montag. : Viridis, millimetrum loriga^ ramosa, ramis sa'pius secundis iterum ramosis , articulis oblongis , dimetro sesqui-duplo longioribus s geniculis constriclis. Hab. Ad corticem arborum nter Muscos et Jungermannideas varias Parnieliae gos- sypinee in consortio lecta. Je ne pense pas que ce soit un simple Chroolepus. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. VI, fig. 3.a, Parmelia gossypina de grandeur naturelle. b, Portion de la fronde charge de plusieurs apothcies normales ct grossie 7 fois en diametre. c, Apothcie dans son jeune age. d, Apothcie nrmale coupe verticalement par le milieu. e et f, Apo- thcies vieilles et devenues prolifres sur le disque et le bord. En cet tat j quelques-unes sont dpouilles de leur duvet cotonneux et revtent la couleur du disque. C'est ce qui a induit en erreur les Lichenographes qui ont pris ce Lichen pour une Lecide. Le plus grand nombre des apothcies, mme parmi les plus ges, comme le sont quelquesunes de celles que j'ai fait figurer ici, con- servent ce duvet qui constitue le rebord thallodique , jusqu' l'lat de dcrpitude. Les quatre dernires figures sont faites un gros- sissement de 14 diamtres. g, Filaments byssins qui composentle thalle, au milieu desquels se voient des granules verdtres qui sont les gonidieSj a 380 diamtres. h, Thques et paraphyses grossies 300 fois leur diametre. i, Une thque isole, grossie 600 fois. k, Sporidies au mme grossissement. iballe noir tres abondaut. M. Leprieur, qui a vu ees Lichens \ivants, m'apprcnd que, dans cet tat, le thalle est du plus beau vert. 11 n'y a l rien d'etonnant ; la couleur verte etant due la couche gouimique, elle doit paraltrc bien plus intense dans un Lichen qui manque d'e'piderme. BOTANIQUB. 221 PABJUELIA PANNOSA, Ach. P. iliallo orbiculari cinereo-fusco-virescente subtus densissime nigro-tomentoso, laciniis linear i-multifi di s an- gustis planiusculis cojitiguis crenulatis, marginzbus sub- clevatis, apotheciis demum convexis fuscis nigricanbus marginem integrum aut wtate crenulatum concolorem tndem excludcntibus. Syn. Lichen pannosus,S\v.,\. c, p. 1888. Lrcidea pannosa, Ach., Meih. Lich., p. 84. Parmclia pannosa, Ach., Lich. univ. , p. 405, el Sjn. Lich., p. 202. Swartz, Lich. amcr., p. 0, t. 5, 6g. 1 . Spreng., 1. c, p. 285. Parmelia ccerulescens , pannosa, Eschw., 1. c, p. 10M. V anuaria pannosa, Bory, Dict. class. XIII, p. 20. Hab. Supra frustulum corticis ex Cuba proveniens specimen unicum inveni manciun vero etimperfectum. PARMELIA PICTA, Ach. BOTAN1QUE (cRYI>TOGAMIe), I>L. IX, fig. 3. P. thallo orbiculari albido juscescenti-olivacco glabro , subtus fus co-nigric ante subfibrilloso arete adglutinato, laciniis imbricatis plas inciso-lobatis crenalis, margi- nibus pulverulentas , apotheciis nigris, margine tmido iu~ tegerrimo floccoso-puherulento (cdbido). Sporidia octona breviter oblonga sporidiolis globosis binis jareta, ascisam- plis clavatis inclusa. Syn. Lichen pictus, Sw., 1. c, p. 4 890. Parmelia pida, Ach., Lich. unw. f p. 480. Ejusd., Meth. Lich., p. 211 ct Synops., 214. Hab. Ad corticem arborum prope S. Marcos lata Par- mclic ohsessae confinis. 22-2 BOTANIQDE. Obs. II parat que c Lichen diffre de hii-mme non seulement a ses diffrents Ages, mais encor d'aprs les loealits qu'il habite. Ainsi Swartz dit que le Ihallc de cette espce est blanchtre ; dans noschantillons, ce n'cst qu'avec l'gc qu'il plit. A sa naissance, les lanires esparces de ce thalle sont d'un vert-olivtre fonc , parfaitement appliques sur Pecoree, laqucllc ellesadhrcnt forte - ment, et bordees d'un liser noir fort lgant. Celui-ci est fourni par l'h vpolhalle, qui, dans le P. pida, est soud avec la couche m- dullairect fait corps avec elle. Peu peu, les lanires, croissant en tous sens, se pressent mutuellement et se rccouvrent l'unc l'autre. Alors le thalle est videmmcnt imbriqu. Nanmoins les plus gran- des plaques qu'il forme dans les exemplaircs de Cuba ne dpassent pas un dimetro de six ligues. Un chantilln, vu par Sprengel et originaire de la Guadeloupe , ne prsente pas des dimensions plus grandes. Swartz dit pourtant que les siens atteignent deux pouecs. Peut-trenosexemplaires sont-ils jeunes, quoique cependant fructi- lis. A un age plus avanc du Lichen, le centre de la rosette devient pulvrulent, et la poussire ou les sordies sont d'un blanc sale e( livide. Acharius a encor omis, dans sa description, un caractre important dont Swartz a bien soin de faire mention, c'est Tagglu- tination des divisions du thalle l'corce , agglutination qui est telle qu'il faut une macera tion assez prolonge pour la faire cesser. Au contraire, le marginibus subelevatis pulverulentis d' Acharius pourrait faire soupconner qu'on a affaire une Parmlie de la tribu des Physcia, tandis que, si je ne me trompe, elle appartient celle des Amphiloma. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. IX, fig. 3. a, Parmeliapicta de grandeur naturelle. On en voit plusieurs plaques sur la mme corce. b, Thalle represent dans le jcune age du Lichen et avant qu'il ne devieune pulvru- lent au centre. II est grossi 8 fois. c, Une des foliles de ce thalle plus avanc en ge et portant plusieurs apothcies a diffrents dc- grs de leur volution. Cette figure est grossie 30 fois. d, Coupe verticale d'un apothcie grossie 13 fois. e, Unethque. f 3 Plusieurs sporidies. Ces deux dernires figures sont vucs une amplification de 190 fois le diamtre. BOTANIQUK. 223 Sect. ih. Thallo foliceo a matrc discreto cid adna- tus hypothallus jibrillosus . 5. Physcia. Apothecia primo clausa, dein dehiscentia. Discus cera- ceus crassiusculus strato medullari impositus. Thallus normaliter joliaceus adscendens aut stellaris , subas Jibrillosus, Fr., 1. c, p. 76. PARMELIA APPLANATA, Fe. BOTANIQUE (CRYPTOGAMIE) , 1>L . VIII, ig. I. P. thallo orbiculari membranceo arete matrici toto adglutinato , sicco albo-glaucescente , humecto stramineo- virescente , subtus jusco-nigro , rugoso-plicato, ambitu lobato crenato, verrucis sorrediatis albis centralibus; apo- theciis inter verrucas collocatis vel et excentricis , mar- gine teid integro discum violaceum tndem nigrum su- perante. Sporidia elliptica bilocularia ascis clavatis inclusa. Nob. Syn. Parmelia applanata, Fe, 1. c, p. 12G, t. xxxu, fig. 2, non bona nec completa. Supplm. , p. 123, t. xlii, n 18, asci. Spreng., 1. c., p. 284. B- langer, Voyag. Jnd. Or. Crjpt., p. 122. Parmelia conjluens , Fr., Syst. orb. veget., p. 284. Hab. Ad corticem lasvigatam variorum arborum in Cuba nsula leda. Desc. rAa/tomembranaceo-cartilagineus, unum ad trcspollices dimetro metiens, siecus albo-glauccscens, huniectus vero strami- neo-virescens , intus candidissimus, subtus fuseo-niger, totus ma- trici arele adglutinatus (nec facile solubilis) apprcssusque, a con tro verrucis albis pulverulentis obsilo orbiculaliin expansus, eleganter radiato-plicatus, rugosus, ad ambitum sinuato-lobatas ; 1-2X UOTANIQUE. lobisplanis, crcnatis, conllucntibus simulque concrctis. Apothecia sparsa, raro conforta , plcrumquc excntrica, sed ct intcr verrucas sorediatas sparsim disposita, nempe ccntralia, sessilia, jniora subsphaerica dcprcssa, margine crasso, dcmum magis applanata, margine tenui discum vix superante. Discus ceraceus, crassus, initio (in plerisque nostris speciminibus) violaccus, vinosus, sub- pruinosus, tndem nigcr, nudus, strato mcdullari impositus. La- mina proligera tcnuis. Hypothecium atcrrimum. Sporidia octona elliptica bilocularia, quoque lculo sporidiolum globosum conti- nente, jniora pellucida , tndem fuliginosa ascis clavatis amplis inclusa. Obs. Possdant un chantillon authentique du Parmelia appla- nata F ec, je suis ccrtain de la dtermination des chantillons de Cuba. Je me suis vu daus la ncessit de donner une description de ce Lidien , qui n'tait connu que par des phrases diagnostiques ct une figure bien imparfaile. Un caracterc dont ne parle pas M. Fe, et que je n'ai rencontr moi-mme que sur un ccrtain nom- bre d'cxemplaires, c'est la couleur lie de viu bien prononcc que prsente le disque des apotbcies. A quoi ticnt cette coloration, si elle cst anormale; c'est ce que je ne saurais dcidcr. Dans les uns comme dans les autres, les thqucs ne varient pas plus que les spo- ridies. J'ai encor recu de magnifiques exemplaires de ce Lidien soit du cap Vert, soit de la presqu'ile de l'Inde, ce qui me fait conjecturer que le Parmelia confluens Fr. pourrait bien tre la mme plante. Les caracteres que lui assigne M. Fries conviennent tous assez bien ma plante. Publies sous des noms diffrents la mme anne (1824), j'adopte le nom de M. Fe pour deux raisons : I o parce qu'il m'a communiqu son Lidien avant la publica tion ; 2 o parce que j'ai l'entire certitude de l'identitc de cclui-ci avec le Lichen de Cuba. Cette belle espce tant dcidment admise et mritant de l'trc, la figure qu'en a donne M. Fe dans l'Essai m'a paru faite sur un chantillon incomplet. J'ai done pens que ce serait rendre service la scicncc que d'cn publier une nouveile. Les matriaux mis ma disposition me permettront, j'esprc, de la rendre aussi com- plete que l'exigent aujourd'hui et l'tat plus avanc de la Licheno- logic et la perfection plus grande a laquelle s'est elev l'art ico- nographique. BOTAMQUE. 225 i:\PLICATlON DES FIGURES. Pl. VILI, fig. 1. a, Une rosette de Parmelia applanata repr- sentc de grandeur naturclle. b, Portion du thallc pris a la circon- frence de la rosetlc et grossi 7 fois pour montrer la forme des plis ct les ondulations. c, Coupe verticale d'une apothcic aa termo moyen de son dveloppement, montrant en c' la couche gonimique du thalle, en c" la couche mdullairc, en c'" 1'hypothccium, en c"" la lame proligre ou le thalamium. Cctte figure et la suivantc sont grossies 25 fois. d, Une autre apothcic plus avanece en age ct divisc de mme par son milieu. e, Tranche verticale de la lame proligre, compose de thques et de paraphyses, reposant en e sur une couche de cellules et vues un grossissement de 190 di- metros, f, Une thqueisolc contcnant huitsporidics biloculaires et accompagnedeparaphyses. g, Formes diverses des sporidies aux diffrents ages. Les figures fet g sont faites a un grossissement de 300 fois le diamlre. PARMELIA DOMINGENSIS , Ach. BOTAKIQUE (cUYrTOGAMIE), I>L. VIII, g. 3. P. thallo orbiculari interrupte imbricato supra glau- cescente, humecto dilute viridi, subtus albicante Jibrillis sparsis obscurioribus obsito, lachis plas irregulariter lacinulats pice palmato-mul fiis, marginibus repan- do-dentatis niveo-pulverulentis ; apotheciis sparsis sd>- fuscis pruinosis , margine injlexo demum rugoso-crenu- lato. Sporidia oblongo-navicularia wseptata } quoque lculo sporidiolum globosum continente, octona denave serie duplici ascis clavas elongatis inclusa. Syn. Parmelia albicans , Pers. , Act. Soc. IVcter. , tom. II. Parmelia domingensis , Ach. (ex diagnosi) , Syn. Lich., p. 'll'l. Sprengel, 1. c, p. 280. Parmelia speciosa domingensis? Eschw., 1. c, j>. 198. 22 ( BOTAN IQUE. 1 1 vb. Frequens ad cortices arborum prope Havanam et in loco S. Marcos dicto lecta. Specimen quoque sterile ad Jo/i/un coriaceum inverii. Ab mnibus quas possidco varictatibus tam domesticis quam exoticis Parmelia; speciosce, quacum, ut vcrc dicam , multis nolis convenit, abunde differt I o modo vegetandi; 2 o rationc divisurae ihalli admodum diversa; 3 o apicibus laciniarum ciliis singulari modo ramosis carentibus ; 4 o marginibus extremis divisionum om- nium vel juniorum thalli elegantissime niveo-pulverulcntis, non autem, utsolenne est in exemplaribus europeeis P. speciosce, pice lantum sorediatis; 5 o apotheciis pruinosis, humectis fusco-rubris ; 6 o tndem odore proprio acido aromtico qui certe huic alienus. A Pyxine sorediata> cujus thallus concolor simili fere modo laci- niatus est, differt etiam margine thallode apothcciorum et, si ste- riles observaveris ambos Licbenes, margine laciniarum juniorumin illa autem, quanquam candidiore, plae nudo et duplicato, in hac vero semper niveo pulverulento. Obs. Cctte espce que je rapporle au Parmelia domingensis d'A- charius , parce que la phrase diagnostique qu'en a dounc cct au- teurlui convient raerveille, n'a pas meme d'analogie avec le P. speciosa de nos contres, soit qu'on la considere sous le rapport de la divisin de son thalle, soit qu'on envisage les seuls organes de la fructification. Ce que j'ai dit tout a l'heure de leurs autres dif- frences me dispense d'y revenir. La figure que j'en donnerai ach- vera de convaincre de ce que j'avance. Si je puis me fier un chantilln etiquet de la main mme de Sprengel, le Parmelia granuh'fera Ach. ne serait que l'espce en qucstion dans le dernier tat de vtust. Or on sait que ce bota- niste, qui runissait la premiere au P. speciosa, n'osait se pro- noncer a l'gard du P. domingensis. Par ses apothcieset sa maniere de croilre, notre espce a plus d'affinit avec la varit aipolia du Parmelia stellaris qu'avec le P. speciosa; on l'en distinguera pourtant facilement par la couleur verte que prend le thalle quand on le mouille, par la forme plae et non convexo des divisions de ce thalle, par les sorridies qui le recouvrent dans un age avanc, de mme que par ses marges pul- verulentos a toutes les priodes de la vie , par l'abscncc enfin de toute odeur balsamique. BOTANIQE. 227 Notre espcce n'est pas non plus sans quclquc resseniblance avec le P. pulverulenta; elle en est cependant dislincte par la forme de ses sporidies, par un autre modc de pulvrulence, et surtout par l'absence du tomentum noirtre dont est recouvertc la face inf- rieurc de celle-l. EXPLICATION DES FIGURES. Pl. VIII, fig. 3. a, Parmelia domingensis de grandeur natu- relle. b, Foliles de la rosette grossies 3 ou 4 fois en dimetro et dont une partie V , replic en dessus, montre la face infrieure ou adhrente, laquelle est blanchtre et charge de crampons (fixune). On remarquera que l'extrme bord de ees foliles est couvert d'une poussire tres blanche. c, c, c, c } Apothcies vues diff- rents ages et grossies 7 fois. On voit que les crnelures du bord sont d'autant plus marques que l'gc est plus avanc, d, Coupe verticale d'une de ees apothcies vue a un grossissement de 1 5 fois. e , Portion de la lame proligrc montrant les thques et les para - physes entre lesquelles clles sont niches ; cette figure est grossie 95 fois. f, Une thque isole grossie 380 fois. g, Sporidies vues au mme grossissement. PARMELIA OBSESSA, Actl. P. iludi orbiculari albo, excrescentis coralloideh apicibus fuscis (apotlieciis abortivis) obsesso , subas atro- fibrilloso, laciniis periphericis solis discrc.tis eroso-multi- Jidis plas interdum sorediferis; apotheciis centralibus plas fusco-atris, hypothecio niveo, margine gramdato- dentato. Sporidia breviter oblonga uniseptata vioc aut non attenuata , quoipie lculo sporidiolum continente, saipius octona duplici serie vel ordine nidio ascis clavatis djlficillime visibilibus paraphysibusque immixtis inclusa, Parmelia obsessa, Ach., Sjrn, Lich., p. 213. Hab. Frequens ad cortices in eisdem cum precedente locis lecta. Obs. Je ne ferai pas de description de cette espce. Qu'il me suf- 2-2H BOTANiyUE. fisc d'indiqucr les analogics qui la licnt avee ses congneres de la mme section et les diifrenccs qui l'cn loigncnt plus ou moins. Ces diffrences en font un Lichen si distinct qu'il scrait tmraire, je crois, de le reunir a quclquc autre que ce ft. Compar au P. casia , il lui rcssemble beaucoup par son thalle ; pourtant il s'en distingucra facilement par la couleur noire fonce du dessous des lanires, par le bord dent de ses scutelles ct par ses nombreuses productions coralliformes du thalle qui ne sont sremcnt que des fructifications avortes. La forme de ses sporidies , la couleur de la face infricure ou applique du thalle et la poussirc glauque des apothcies lui donnent un faux air du Parmelia pulverulenta mais ni la face suprieure du thalle ni le bord des scutelles ne sont recouverts de cette conche farineusc qui fait le caractre distinctif de cette dernire espce. Ajoutez ees diffrences que le thalle de notre Lichen, toujours blanc, ne devient pas bruntre avec l'gc, ce qu'on observe dansl'espce europenne. Quantau P. stellaris, ap- partenant aussi au groupe des Physcia, et qui , soit par la poussire glauque de ses scutelles, soit par la divisin du thalle, etc. , a quelque rapport avec le P. obsessa, il en est, a mon avis, suffisamment dis- tinct par la blanchcur du dessous de son thalle , par l'absence de toute pulvrulence sur les bords des laciuiures et par le bord or- dinairement entier de ses scutelles. Le P. speciosa, qui se masque sous une foule de formes varies entre les tropiques, en est aussi fort diffrent par un caractre important, la couleur blanche de son hypothalle. Le P. domingensis enfin s'en distingue aussi par ce caractre. Je ne dois pas omettre une observation que j'ai faite en tudiant le thalle du P. obsessa. Plusieurs echan tillonsoffraient une vgta- tion confervode semblable celle que l'on voit reprsente la planche 1609 de VEnglish Botany, laquelle envahit ordinairement plusieurs Lichens crustacs. M. Agardh a fait un Chroolepus de cette production qu'il regarde comme autonome. J'ai cru remar- quer que, dans mes chantillons du moins, elle tait due un dveloppcment anomal ou, en d'autres termes, une anamorphose siogulire et non encor signale, que je sache, des granules verts de la couche gonimique du Lichen ; toulefois je n'ai pu encor m'en assurer. De nouvelles recherches sont ncessaires pour meltrc ce fait hors de doute. Mon intention est done uniquement de l'in- diquer ici comme susceptible d'attircr un moment l'attention des Lichenologistes. Quelleque soit leur origine, les filaments qui for- BOTANIQUE. 221) ment cetto remarquablc vgtation sorlcnt d'cntrc les fentcs ou les gercures de l'piderme du Lichen. Quoiqu'ils n'atteignent pas un dcmi-millhutre de longucur, ils sont tres rameux, articules, a articles aussi longsquc larges. II n'y a pas de double tube, cepen- dant les articles paraissent composs de deux membranes. Les ar- ticula tions sont un peu contractes de maniere a rendre les fila- ments toruleux. On voit c et la des vsicules ou des cellulcs globulcuscs qu'on scrait tent de prendre pour des fructifications : ellcs sont placees latralcment le long des rameaux, ou bienclles en oceupent le soinmel. Ccttc production est d'un vert ple tiranl sur lejaune, et diffre parla du Chroolepus lichcnicola Ag., qui est d'un rouge oran ge. Y aurait-il quelque analogic entre cette pro- duction et ccttc anamorphose des Strigules dont est form le genre Cephalenros ? G. Imbricara. Apothecia elevata , subpedicellata } regulara, disco tenias simo , nudo , strato gonimo imposito! Thallus im- bricato-foliatus ex apotheciorum abortu saipe nigro- punctalus. PARMELIA SULFURATA, N. et Flw. P. thallo foliacco-imbricato membranceo submono- phyllo flavo-glaucescentc subtus aterrimo subtiliter re- ticulato interrupte denseque /brilloso ^ strato fibroso sul- freo , lobis rotundatis ciliatis , apotheciis disco rufo . margine incuivo. Parmelia sulfurata , Nees et Flotow , in Linneea , 1 834 , Band. IV. Hab. In nsula Cuba a Pceppigio lecta et cum cele- berr. viris sub n. 11 communicata. Obs. Ce Lichen nc fait pas par tic de la collcction cryptoga- mique de M. Ramn de la Sagra. Sclon MM. Nees el Flotow qui en ont donn une descrptiOD , elle ressemblc au P. perlata . '230 BOTAN 1QUE. dont ello se distingue vidcmmcut par la couleur jaune soufrc le la couche mdullaire, qui se laisse apercevoir par transpa- rence a travers l'pidernic blanchtre du thalle. La face su- prieure de celui-ci, sans clat, devient c et la raboteusc par suitc du dvcloppement de granulaons ( chnaumalische Aus- bruckc Wallr. ) qu'on retrouve aussi sur le bord des vieilles apothcies. Cette mme surface cst encor saupoudre, par places, d'une poussire couleur de soufre. Les lanircs du thalle sont si- nucuses ct un peu tomenteuses sur les bords. La o clles se rclvent, de mme que sur les vieilles scutelles, on apercoit quclqucfois la couche mdullaire. Les scutclles sont presque pdicelles , larges d'une a trois ligues, urcoles dans le jeune ge, planes dans un age plus avanc, et dchires en leur bord, qui est repli en dedans. PARMELIA PERL ATA, Ach. P. thallo foliaceo-imbricato membranceo leevi ex al- bido virescenti-g lauco , subtus fusco-ngro obsolete Jibril- loso , lobis rotundatis nudis , apotheciorum disco rubro margine tenui. Fr., 1. c, p. 59. Syn. Lidien perlatus > Lin., Sjst. nat., p. 808. Wulf. in Jacq., Collectan., IV, p. 273, t. 10. Dill., Hist. Muse, t. xx, fig. 39, A, C, D. Vaillant , Paris. , t. xxi, f. 12. Micheli, Nov. gen., t. 50, fig. 1. Engl. BoL , t. 341 . Lobaria perlata , HoFm., Germ., tom. II, p. 148. DC, Fl. Fr., II, p. 403. Lobaria submarginalis , Michx., Fl. boreal. Amer. , II, p. 325. P armella perlata, Ach., Meth. Licli., p. 216. Lich. univ., p. 458. Syn. Lich., p. 197. Duby, Bot. Gall., p. 601. Fr., 1. c. Parmelia coricea, perlata, Eschw., 1. c, p. 206. F 'arme lia plica tu , Pers., 1. c, p. 17. Parmelia coniocarpa , Laurer in LJnncea , II, p. 39 , 6dc Esctrweileri. Parmelia macrocarpa, Pcrs., Gaudich., 1. c, p. 197. B0TAN1QUE. 231 Var. , olivetorum, Ach., thallo glauco-virescente sub- as atro subnudo _, loborum marginbus elevatis crisps in- t rassatis pulverulentis . Syiv. Dillen., 1. c, t. xx, ig. 39, B. Licheii dubius , Wulf. in Jacq., Collect., I. c, t. 19, fig. 2. P armelia per Lata var. olivara, Ach., Mcth. Licli., p. 217. Parmelia perlata var. olwetorum , Ach., Lich. univ., p. 458. Syn. Lich., p. 198. Clemente, /?/.y. etc. ^/d., p. 303. Hab. Ad cortices arborum sterilis lecta. Var. y, latissima , thallo orhiculari amplissimo albo- glaucescente undulato plicato , lobis latis rotiuidatis si- nuatis hinc inde nigro-punctats , subtus ambitum versas rujo-castaneo , de cestero nigro subnudo aut sparsim vil- losiusculo y apotheciis pedicellatis interdum obliquis auri- formibus , junioribus urceolalis , demum amplis , disco rufo-fulvo rubroque margine tenui scepe jisso. Sporidia oblonga limbo pellucido lato cincta massa sporacea dilu- tissime viri di Jareta (annulata non vidi) oclona ascis am- plis simis obovatis inclusa. Nob. Parmelia latissima, Fe, Supplm., p. 119, t. vxxvin, fig. 4 et xlii, n 4. Hab. Cum prcecedente commixta lecta. Subvar. Punctulata , thallo tenuissime punctato , punc- tis e glauco-juscescentihus, apotheciis confettis, lam mi proligera deficiente. Hab. Cum precedente prope Havanam lecta. Obs. Je no puis me rsoudre distingucr 2M BOTANIQL'E. gaolesque que M. Fe a puble et fait gurer dans son Suppl inenl. V part la dimensin (1) et la consistance un peu plus coriace du thalle, e n'j vois pas do caractre assez tranch pour motiver celte sparation. J'ai compar les thqnes et los sporidics de ee beau Lichen aux mmes rganos pris dans un chantillon de P. perlata rocueilli par inoi a Hyres, prs Toulon, et je les ai trouves dans Pune etdaus l'autre plante de inme forme et de nime dimensin. Je u'ai pas t assez favoris pour observer les spores qu'a repre- sentes M. Fe dans une des sporidies de son Lichen. Malgr plu sieurs tentativos, je n'ai pu observer qu'une masse sporace peine coloreo en veri et spare de l'enveloppc genrale par un limbe Iransparent assez large. L'anamorphose que j'ai signale esttrs remarquable. C'est bien certainement le thallede la varit qui se couvre d'apothcies. Celles ci sontexcessivementnombreuses, etpas une n'est fertile. Le olisque ou la lame proligre manque dans toutes. Mais ce qui est surtout digne d'attention , c'est que les points d'un veri bruntre dont le thalle est parsem, points qui se remarquent principalement sur le bord des scutelles et jamis dans leur concavit, sont des portions dissmines du Thalamium ou lame proligre. Si on les soumet au microscope, on reconnait, un grossissement de 380 diamtres, quils sont formes de filamenls hyalins, c'est dir des paraphyses ou thques avortes qui composent normalement cetle dernire. Ce n'est point une sphrie, comme on pourrait le supposer , puisqu'il y a telle do ees granulations qui est toute verte et consquemmenl prive de prilhce. PARMELIA PAKIETINA, Duf. P. th alio foliceo squamulosove imbricato membran- ceo sublobato lteo, subtus pallidiori ob solete Jibrilloso , upotheciis elevato-marginatis integerrimis , disco lteo. Duf. in Hit. ad Friesium, 1. c, p. 72. *}* *}* i, concolor : thallo squamuloso lacero-laciniato , squamis confertis ascendentibus . Fr., 1. c, p. 73. Syn. Lichen concolor, Dicks., Crjpt. brit., III, t. 9, fig. 8. (i) Ce Lichen atteint jusqu'a pres d'un pied de diamtre, BOTANIQUB. 233 Lecanora candelaria , a, Ach., Lic/t. univ. f p. 416. Sjnop. Lich., p. 19*2. Moug. et Nestl., Exs. Voges., n 743, a. IIvh. Ad cortices varios, sed sterilis , l ceta. STICTA, flete. Apothecia scutellijbrmia , margini aut disco thalli ad- tiata , margine, (scepe obliquo) subas libero. Discus pri- mitas clausus tuiclei instar sub s trato gonimo oriens, dein elevatus explanatus nadas , strato medalla ri impositus. Thallus e centro expansas , foliceas, coriaceo-cartilagi- neus , sub tus villosus , cjphellis maculisve discoloribus variegatus nec venosus. Fr., 1. c, p. 50. Syn. Lidien, Lin., Dill. Pulmonaria, Hoffm., Pl. Lich. Lobaria et Sticta , DC, Fl. Fr. Sticta et Parmelia spec, Ach. Fr., Syst. orb. veget. Sticta, Belise, Monogr. Fr., Lich. eur. STICTA QUERCIZANS, Dclise. S. thallo cartilagneo centro plano ambitu laciniato, laciniis oblongis sinuosis , junioribus undulatis pice ro- tundatis , supra leevi e glauco-livido ad rufum vergente , subtus villoso tomentoso subfusco , cjrphels urceolatis pallidis , apotheciis sparsis ? submarginalibusque disco fusco planisuculo margine tenui inte ger rimo. Syis. Lobaria quercizans , Ylichx., 1. c, p. 324? Parmelia quercizans, Ach., Lich. univ., p. 464? Sticta quercizans _, Ejusd., Syn. LJch., p. '234? Spreng., 1. c, p. 304. Sticta quercizans, Uelise, Monogr., p. 84, I. 7, fig. 2t>. Sticta sinuosa! Pers., Gaudieh., I. c, j). 200. 234 B0TAN1QUE. Ilvi. ./(/ cortices arborum nter et supra muscos spe- cimina sterilia et jniora leda. Obs. Comme Michaux ni Acbarius ne parlent des cyphelles, je ne puis avoir la certitude que leur Sticta quercizans soit le memo que celui de M. Delise. M. Presl (1), en faisantle recensement des plantes nouvelles du Voyage de VUranie, remarque que le Sticta sinuosa, Pers., lequela t reconnupar M. Delise pourune varit de son Sticta quercizans, doit tre distingu de l'cspce homonyme (i BOTAMQUE. dus primitus erectus } intus stuppeus unijormis , siv tituiis. Discus coloratus. Fr., Lich. eur., p. 19. t . BVERNIA KLAVICANS, Fr. E. thallo ccespititio subcartilagineo ramosissimo vitel- li/io, laciniis linearibus compressis subtus subcanalicu- latis concoloribus , apotheciis scutelliformibus , disco au- rantiaco. Syn. Lidien Jlavicans , S\v., Fl. Ind. Occ, III, p. 1908. Ach., Prodr., p. 182. EngL Bot., t. 2113. Pannelia Jlavicans ! Ach., Met/i. Lich., p. 268. Sprengel , 1. c, p. 280. Pannelia chrjsophthalma , Jlavicans, Eschw., 1. c. , p. 224. Borrera Jlavicans f Ach., Lich. univ., p. 504, excl. Li- chene rgido, Pers., qui a priori non differt. Syn. Lich., p. 224. Borrera pbera var. peruensis , Ejusd., Syn. Lich., p. 224. Physcia jlavicans , DC, Fl. Fr., VI, p. 189. Cornicularia crocea, Ach., thallo croceo ramosissimo ra- mis teretiusculis impleocis ad axillas compressis. Syn. Lich., p. 301 . Pannelia crocea, Spreng., 1. c, p. 280. Borera acromela, Pers., Gauclich., 1. c, p. 208! Evernia Jlavicans , Fries, 1. c, p. 28. Hab. Ad cortices arborum in Cuba nsula leda. Obs. Nos chantillons, qui sont tous striles, se rapportent au Cornicularia crocea, Ach. EVERNIA FUKCELLATA? Fr. E. thallo fruticuloso tereti la?vigato spadiceo , ramis strictis furcellatis glaberrimis (ad pices in nos tris pas- sim nodulo sis). B0TAN1QUE. i-'iJT Syn. Cetraria furcllata , Fr., Sjst. orb. veget. t p. 283. EvernLa? furcllata, Ejusd., Lich. eur. ad calcem in- dicis DiUenian i. Dill., list. Muse, t. 85, fig. 13, ide Friesii (in edit. Londin., f. 14). Hvk. A d arborum ramos pndula. Species incerta. An Ramalina usneoides? Nobis (A lectora, Ach., quieamdem citat iconern). classis ii. FUNG, Un. Char. Planta' cellulares , e cellulis irregularibus Jibro- sisque constantes ^ e pide r miele perfecta stomatbusque des- ttt titee, agamce. Systema vegetativum , mvceliurn dic- fum, floccosum , in maletee nt plurimum lateas, similare, thalliforme, sed radiculis plantaran perfectiorum tantum respondenSj abseue onini cum caule el foliis anlogo , absque gemmulis (gonidiis el omni ndole colorbusque herbaceis. Simplici metamorphosi mycelium enititur sys- tema fructijicalionis pr&cellens , imitas veintin, m- nibus organis simul explicatis dejinite periturum , spori- d tije ruin. Sporidia evolutionjs gradu mxime discrepa nt. vesicularia , germinando injilum cum mycelio homoge- neum extensa. ESQUISSE ORGANOGRAPHIQE ET PHYSIOLOGIQUE SUR I. A CLASSE DES CHAMPIGNONS. La classe des Chainpignons esl. sans contredit, rue des pln> vastes du rgne vegetal; 1 tude des plantes qui la composenl esl aussi Pune des plus diBciles de la Botaoique . soit ;i cause des formes infinimenl vanees, souvent mme larveSj sous lesquelles elles s'offrent 1'obsei vation , soit en raisoo de lenr exiguit qui reclame les seeours des moyens amplifiants , ou de leur habitat qni les drol)e nos regards. 240 B0TAN1QUB. Louglemps ngligspar lesanciens botan istes, les Champignons n'ont commenc lixer leur attention que vers le commencemenl du dernier sicle. C'esl rimmortel Micheli que l'on doit les pre- mieres DOlions justes sur les vglaux de cet ordre; e'cst lui qui . le premier, a fait connaitre les sporidies des Agarics , dont quel- (|ues myctologues modernos revendiquent la dcouverte, et ees autres rganos que plusieurs d'entre eux regardent aujourd'hui mrne, avee Bulliard , comme de v entables anlhres, mais aux- quels il attribuait d'autres fonctions. Enfin c'tait encor a lui qu'tait rserve la gloire de mettre hors de doute le mode de re- production par des sminules ou sporidies, de ees tres qu'avaut lui le plus grand nombre des botanstes crovaient provenir de Pacte mme de la dcomposition des corps organiss, ou dont quelques- uns attribuaieut Porigine une gnration spontane ou equi- voque. Gleditsb et Batarra marchrent, quoique de loin, sur les traces du prince des cryptogamistes , <'l conlirmrent pleiuemenl ses obsrvalions. Non seulement Bulliard reconnut aussi que les Agarics et los Bolets avaient leurs sporidies nes ou exognes, ainsi que Micheli l'avait dj observ et annonc avant lui, mais il imagina encor le premier que ees autres organes auxquels l'illus- tre Florentin donnait pour usage de teir loigns les uns des autres los f'euillels dos Agarics devaient tre regards comme Tquiva- lent des tamines des plantes suprieuros. Le nombre brt restreint des espces de (Ghampignons connues cette poque dj recule ne requrait pas un grand degr de perfection dans les mthodes de classificalion. Mais la myctologie, tendant, chaqu jour, da- vantage les limites de ses domaines, attendait impatiemment un nomine capable de coordonner ses richesses et d'eu rendre l'accs icile. Persoon parut : dou d'un grand talent d'observalion et d'un esprit juste, il s'acquilta avee succs de cette lache ardue en donnant, on 1801, son excellent trail intitul Synopsis Fungo- rum, opus aureum, comme le nomine Fries, o sont disposes, dans un ordre remarquablement mthodique, toutes les espces de Champignous alors connues. De leur ct , MM. Link , dans une nouvelle disposition des Gymnomycetes , et Nees d'Esenbeck, par la publica lio n de son System der Pilzcn, ont fait faire aussi de nouveaux progrs i la Mvctologie. Fries, le dernier en date, mais, a mon avis, le premier de lous; Fries, qui a, pour ainsi dir, pass la moili de sa vie au milieu des forls, pour v suivre de plus prs les dffrentes phases de Tvolution de ees plantes si souvent B0TAN1Q. 241 phmres; Fries enlin , le digne suiccesseur de Linn , a aussi ap port des amforations considerables la mlhode nalrelle, selon laquelle les vgtaux de cetle immense classe avaient l deja dis- poss avant lui , par Pillastre prsideat de l'Acadmie des Curieux de la nature. Que s'il n'est pasde (out point irreprochable, surloul dans ce qui concerne les dtails de la structflre intime, dtails qui evigent forcment les secours du microscope et une grande habi- tude de se servir de cet instrument tout rcemrnent perfectionn, quel myctologue osera lui contester la suprioril de vues, I'im- mense savoir, le gnie mme dont il a l'ait preuve dans la plupart de ses ouvrages, mais surtout dans l'arrangemeut du genre Agaric de son Systema Mycoloyicum, arrangement peul-tre plus philoso- phique, au reste, et surtoul plus propre conduire a la dtermi- nation des especes de ce genre difficile, (jue la nouvelle disposi tion adopte par lui dans Y Epicrisis? Comrae ce n'est point une histoire de la Myctologie que j'cn- treprends ici, je dois me borner a ce peu de mols. II m'est cons- quemment impossible de passer en revue les travaux des savanls qui ont contribu son avancernent en publiant. soit des Flores locales, soit des traites particuliers sur quelques-unes de ses nom- breuses tribus, soitenfin des observalions organographiqucs, phv- siologiques ou medicales sur les Cbampignons. Toulefois, afin de mettre le lecteur, avide de s'instruire . mme de recourir aux sources et de cousulter les divers matriaux pars dans les recueils scientifiques ou les traites spciaux qui ont paru depuis Persoon, je donnerai, comme pour les Phyces el les Licheus , une lisie <>u numralion aussi complete que possible des ouvrages les plus im- portants, qui ont l i'ails sur celte intressante classe, me rscr- vant de faire connaitre succinctement , dans les gnralits qui vont suivre , la part de gloire que chacun s'est acquise par ses 1ra- vaux (1). (i) i '. i i - i . ' f . i -. a i i i . mycvologiqub. Je me bornerai Lndiquer ici les sonres oi l'on peut puiser des con naissances plus ou monis completes sur Porgan isation, les fonctions, la nomenclatura t la classification des Champignons , satis omel- tre celles o l'on trouve les moyens de remdier aux accidenta causes par lem usase alimentaire. Pour tre juste, je devrais faire remonter ce catalogue jus qu' Micheli, mais je le commenecrai une poque beaucoup plus rapprochi de nous. Bullan! , lltsi. des Champig.de In Frunce, 5 vol. 4 ', /'u/;.*, 1791, Pau let, Traite -des Champig., a vol. 4 o , Pars, i7<) ; !. Sowerby, Engl.Fung.or ft/ushrooms, vol. i", Lonrf-, 170;) Persoon, iS'ynops. meth Fungar. Cot., J42 B0TAN1QUE. Ainsi qu on a drt le voir par la dlinition quej'en ai donne [>\u^ haut, les Champignons sont done des vgtaux agames, compo ss de eellules de forme variable el dpourvus d'pidcrme, el con- squemmenl de stomates. lis eonsisleot en un svslme vgtatil (mycelium) form de lilamente allongs, conlinus ou cloisonns, caches dans Pinlrieur d'une matrice ou rampants et tendus >a Mirlare, desquels , selon le difieren t degr de composition dn Champignon, surgissent des Iructilieations extrmeinent vanees. Les modificalions que recoit le fru l, soit du mode d'volution du mvcelium, soil du degr auquel celui-e s'arrte, sont telles que I on peul volontiers considrer eomme des familles bien distinctes les six divisions nalurelles gnralenienl tablies dans celte classe de plantes. Ces six familles sont, en procedan t du simple au eompos , 1" les Comomycetes ; 2 les Hyphomyctes ; 3 les Gastromycetes, 4 les Pyrnomycetes ; 5 o les Discomyctes; 6 enfin les Hymno- HYCETES. 1801 , 8 o . Traite Chump. comes., 8, Pars, 1819. lycol. europ., tom. I, II, III, 8 o . Erlang., 1822-18-28, ouvrage non termine. Link in Berl. Magaz., 1809- 1816 et i 11 Spec. Plant. Lian. ed. Willd., tom. V et VI. Nees ab Esenbeck , Das System der Pilzen und Schwiemme , 4" IVuerenb., 1817. Fres, Syst. Mycol., 3 vol. 8. Gryphiswaldice, 1821 -1829. Syst. orb. veget., 8 o , Lund. 1826. Elenchus Fungor., 8 o , 2 vol., Gryphisw., 1828. Eclog. Fung. in Linnaa, t. V. Epicrisis seu Synops. i ly me rwmyc, 80, UpsaL, 1 83G- 1 838. Adolphe Bron- gniart, ClassiJ. nouv. des Champ. in Dicl. class. hist. nal., tom. V, p. i55, seq. Trattinick, Die essbaren Schwasmme OEsterreick's, IVien, i83o, 8o(2 e dit.) Vittadini , A/onographia Tuberacearum , Mediol. , i83i , 4 o . Krombholz , Naturgetr. Abbild. und Bcschreib des essbaren schcedlichen und verdcecht. Schwiemine , Prag, 1 83 1 , seq. Roques , Hist. des Champig. comes. et venen., 4 o , Pars, i832. Unger, Die Exantheme des Pflanzen, Wien, i833, 8 o . Extrail dans les Ann. se nal., Botan., 2.' ser., tom. II, p. 193. Secretan, Mycogr- suisse , 8 o , 3 vol., Geneve , 1 833. Dutrochel, (Jbservations sur les Champi- gnons, Acadm. des Se., Pars, sance du 'i inars 1 834. Rlotzsch, in Die- trich's Flor. Regn. Borus. , gr. 8^, Berol., 1 834 , seq. Corda, Sur les anth- res de Micheli dans les Champignons charnus, Flora ou Journ. Bot. de Halisb., 1 834 , p. 1 1 3 et 116. Sur les libres spirales des Trichiaces , mime Journ., 1 838 , p. 419. Icones Fungor. hucusq. cognit., tom. I-IV, f. Praga?, i837-i84o. Berkeley, Fung in Hook. Engl. FL, tom. V, part. 2 , Lond., i836, 8 o . On the fruclific. o/" the Pileal and Clvale Tribes of Hymenomjc. Fung, in Ann. 0/ nal. Hist., I. Sur lajiucli) . des genres Lrcopcrdon , Phallus el quelques au- tres genres voisins, Trad. J'ranc. , dans les Ann. des Se. nal., Bol., i r ser., tom. XII, p. 1C0. Le'veille, Rech. sur l'Hynien. des Champign., mime re- cud, tom. VIH, p. 32i. Rccherchcs sur les Urdines, mime recueil, tom. XI, p. 5. Trog, Sur la vgtalion fongique , Flora, 1837, p. 609. Philippar. Traite organ. sur la Ca ie el le Charbon , etc., 8 o , Fersailles , i837. BOIAMOIK. 243 Trois de ees tamules, les Pyrnomycles, les Discomvcles el les Gaslromyetes, onl la fructifica ti on concenlrique ou ineluse ( Fung involuti) ; les Irois aulres, les Hymnomvetes, les Hvpho mvctes et les Coniomyctes, prsentent caHIc fructificatiOD excen- trique ou mic( Fung evoluti). Enfin Fries donne le nom de Crypto- myetes aux Coniomyctes et aux Hypliomvetes , rservant celui de Phanromyctes pour les quatre aulres familles. CONIOMYCTES, N. al, E. Les Champignonsde cegroupetaient, pour la plupart, connus des anciens botanistes , qui les regardaient conime de simples exan- thmes. Divises en Epphytes et Fntophytes, selon qu'ils se dvelop- penl primilivcment l'extrieur ou sous Ppiderme des vgtaux, leur origine el leur nature sont encor de nos jours matire con- troversc. Quelques naturalistes modernes, et entre aulres M. Un- ger , qui a crit un traite sur cet objet, professenl, l'cgard des dornires ou entopbytes, l'opinion qu'elles doivent naissance soit a une aection pathologique du vglal lui-mme, soit a une ma- ladic des organes respira I oires. Toutel'ois des travaux plus reces, et surlout celui de M. Lveill, sur les Urdines, sont venus combatir viclorieusement cesdeux opinions. M. Corda, quiavait autrel'ois partag pleinemenl celle de son compatriote, vient de d- monlrer, dans une admirable analyse du Puccinia gramins (le. Fung.j IV, l. 3, . 27), que les sporidies, loin d'tre une matadie des ulricules, naissent vidcmment d'un mycelium dont il repr- sente les lilamenlspars entre les mats intercellulaires de la feuilte. Mme avant ees travaux de MM. Lveill et Corda, j'avais publi un h\t(Prodr. Fl. Fernanda Ann. se. nat., Bol., 2 e serie, lom. III, p. 256) qui me semblait dcider premptoiremenl la queslion ; c'est la prsence, sur la mme feuille, d'un .Fcidium el d'un Uredo. Enfin el cela esl encor plus concluant , M. (Gorila a vu runis dans un mme si roma la Puccinia gramins et le Cceoma linraris. Dans les espces de celte nombreuse l'amille, le syslme vg- talif est ilamenteux ou celluleux. Dans le premier cas, l'ensem- ble des ilamenls tjui le composent recoil les noms tfhypothalle , Mn/iasma, ou simplement de flocci. Ces lilaments sont, pour Pordinairc, cloisonns, tres rameux el entrelaces. Dans le secn d, on lu donne celui de stroma ou fiypostroma. Celui ei , variable dans ses formes, revl lantol celle d'un disque, comme dans les 1 \\ BOTANIQUE. Tubercularies, tantl relie d'un novau eellulcux porlant lesspores la priphrie. D'autros fois , les sporidies naissenl de ilaments (res courts (flocci spurii) i peine susceptibles d'tre regards comm un hypothallc. Le mycelium , par sa mtamorphose en spores, constitue quelquefois toute la plante, ou bien il est telle- ment obliter qu'on n'en relrouve plus la moindre trace, auquel cas ne pourrait-on pas raisonnablemcnt supposer qu'une gangue mucilagineuse a servi de matrice aux spores, ainsi que cela a lieu dans la serie parallle des Phyces? Enfin, dans un degr plus elev, le mycelium s'organise en une poche cellulo-membraneuse (1), tjui a recu les noms de peridium ou de pseudo-peridium , du fond de laquelle s'lvent les sporidies runies en series moniliformes; ex. Peridermium , Aicidium , Endophyllum. J'ai dit, en commencant, que les Champignons de cet ordresont piphytes ou entophyles. Les premiers, qui croissent sur des v- gtaux mors , sont souvent primitivernent caches sous l'piderme de ees vgtaux ou entre leurs fibres ligneuses, qu'ils rompent ou cartenl pour continuer au dehors leur morphose. Les secondsou enlophytes (ypodermii , Fr.) parcourenl toutes les phases de leur dveloppemenl sous Pecoree minee des arbres et sous l'pi- derme des feuilles vivantes ou mortes ou des tiges herbaces. Ce n'est qu'au momenl de la dispersin des spores, ou peu de temps avant cette poque, que, dchirant l'piderme soulev et distendu qui les recouvre, ils se monlrent la lumire et recoivent des in- luences atmosphriques le complment de leur dveloppement. De quelque maniere que se comporte le mycelium, sa morphose rgu- lire et nrmale aboutit loujours la production des spores, but unique de la nature dans la formation de ees singuliers orga- nismes que Ton a compares , non sans quelque raison , aux En- tozoaires ou vers intestinaux des animaux. Les sporidies, soit qu'elles proviennent de la mtamorphose des lilaments du mycelium, soit qu'elles tirent leur origine de la ma- trice o elles sout engndreos, finissent constammenl par devenir libres et se rpandre au dehors. Leurs formes sont innombrables. Elles sont simples ou cloisonnes, c'est dir formes d'une seule cellule (ex. Uredo) ou de plusieurs, placees soit bout bout (ex. Puc- cinia, Phragmidium), soit, mais plus rarement, cote cote, sur un (i) M. Corda reporte ees genres dans sa t'amille des Mylomyctes , qui cor- respond en partie aux Gasteromy celes de Fries. BOTAMQl.'E. 245 ni eme plan (ex. Triphragmium) , constamment dpourvues (Pune enveloppe cmanme (Gorda , le. Fung. , IV, p. 10). Sessiles (Apo- den) ou portees par un pdicelle (Hypopodium, Corda), les sporidies, qu'elles soient d'aillears uni- ou pluriloculaircs, sonl formes pour chaqu logo, d'une membran esimple (epispermium simplex), comrne dans les Uredo, ou double {epispermium dplex), comme dans los Puccinies. Dans le dernier cas, les deux lames d'ingale paisseur qui conslituent l'pispore sont si iotimemcnt unies entre elles, qu'il osl impossiblc de les sparer ; l'extreore prend le nom d'exos- portumet Pintrieure celui ^endosporium. L'pispore est lisse, ru- gueux , verruqueux , hispido, ele., et renferme le nuclus dans sa cavit. Celui-ci consiste, selon M. Corda, en un Quide glatini- forme dans lequel sont suspendues quelques goulles d'une sub staoce olagineuse, et nagent des granules qui , pendanl la vie de la plante , jouissent du mouvcment molculairc, mais tendeut a se concrter a mesure qu'ils approchent de la rnaturation. [| est superflu d'ajouter que c'est sur les varia lions infinies de tormos du mycelium et des sporidies que sont fonds les genres peut-tre trop nombreux dont se compose cette famille. A cet gard, je suis de l'opinion de Fries, qui dit : nter hypndermios mxi- mum par tem (Con iomycetum) eficientes , typos nosse suffciat , nisi singulorum mutationibus in singulis plantis observarais vitam ve- limus dicare (Syst. Myc, III , p. 57). Les Coniomyctes, vrais parsitos, croissent sur los vgtaux mors ou vivants; dans lo dernier cas, ilsatlaquent do prfrence les plantes herbceos, et plutt les feuilles que los liges ou que les rganos reproductours, qui malheurcusomont nesont pas toujours a l'abri de leurs ravages. C'est, en effet, dans cette classe quo so ron contrent ees Champignous niinemment nuisiblcs, dont lo parasi- tismo sur les corales produit la Kouillc (Rubigo) , la Niello (Carbo) et la Cario (Caries) , trois maladies dsaslreuses. tres rodoutes dos cultivatours et qu'il n'est pas de mon objel de dcrire ici. C'esl en- cor parmi los plantos do coito famille qu'on observe ce modc de reproduccin tomipare que nous roverrons dans la famillo suivanlo. Quanl au modo do gnralion et do mulplication dos Coiriomy- ctes. j'cn parlerai dans les gnralits par lesquellcsje rsumerai ce travail. J iG bota ique. HYPHOMYCTKS, N. ab E. Cette famille n'est pas seulement distiocte de la precedente, iiiinrae lpense Fries, par la prsence d'un systme vgtatif, puis- que nous venos de voir qu'un graod nombre de Cooiomyctes en taient pourvus. 11 faut dooc chercher la diffrence essentielle daos un plus haut degr de dveloppement , daos uoe struclure en quel- que sorte plus complique el surtout daos Pvolution libre du my- celium et des sporidies. lille se divise d'abord en deux graodes sections qui offreot pour earactre commun un s tro oa filameoteux, mais qui diffrent en- tre elles en ce que, ehez Tune, les sporidies sont oues ou simple- meot revtues d'uo tguuienl matrical, taodis que ehez Tautre, con tenues d'abord dans uue sorte de pridium form par uo reo- tlemeot de Pextrmit du ilaoient , elles s'en ehappenl a la ma- turit pour se rpandre au dehors. Le mycelium , quoique toujours libre, n'est pas semblable dans Tune et dans Paulre de ees sections. Daos la premire, ses fila- ments l'ornieot uoe sorte de stroma flocoooeux auquel les spori- dies soot adoes, ou bieo au oiieu duquel elles sont disperses. On donne ees filamenls le oom de Flocci. Daos les Sporotricaces , lous les filameots soot couchs ou d- combaots sur la matrice, et les spores, parpills eotre les flocom , >oot eo quelque sorte proteges par eux, crame par uo velum, or- gane que nous relrouverons d'une oaoire plus traoche daos les Phaoromycees. Ici le mycelium est dooc coofoodu avec les fila- ments frtiles ou sporigeres, ou plutt il les coostitue eo eotier. MaiSj dans les Botrytides, ees filaments sont de deux sortes, les uns dresss et frtiles (Jlocci frtiles), les autres striles, couchs sur la matrice, sont designes par les noms ^hxjphasma ou d'Ai/- popodium. Ceux-ci peuveottre coosidrs comme lesystme vg talif , d'o les preoiiers s'lveot comme des supports de la fruc- tification. C'est entre les filaments striles que s'observent ees granules nomms Conidies (Conidia), analogues aux gooidies des Licheos , et qu'il faut bieo se garder de confondre avec les vraies sporidies. A mesure que l'orgaoisatioo se complique, ees filaments, dresss ou dcombants, qui taieot d'abord libres ou seulemeot plus ou moios lchemeot eotre-croiss, se ruoisseot troitemeot et se soudeot eotre eux par la base, de maoire former une sorte HUTA IQUE. 243 de slroma caulomorphc, doi leur extrmil plus ou moins lon- guement isole supporle los sporidios. On voit cette disposilion dans los genres Coremium el harta que M. Corda runil aux Hy- mnomyeetes. Dans la seconde section, qui se compose des Mucorines, les fila- menls dresss, tubuleux, qu'ils naissent ou non d'un mycelium ou de llocons dcombants, se renflent en vsicule leur extrmil libre. Par des observations qui jettent une vive lumire sur la morphose de ees plantes, M. Corda {le. Fung. , II , p. 1 9 , t. 1 1 , f. 75] a constat que la vsicule ou sporange, prirnitivement en rapport avec la cavil du stipc , en tait bienlot sparc par une co- lumclleou septum hmisphrique, campaniforme, etc., dont il a pu suivre le dveloppement et sur laquclle les spor.es, le plus souvent runis en chapelets, achvent d'acqurir le degr de maturit n- cessaire a la reproduction de l'espce (1). Cette vsicule, qu'on nomine encor peridiolum , s'ouvre rgulirement ou par ruplure. Dans deux genres (Pilobolus et Chordoslxjlium) , dont nous rc- trouverons les analogucs dans les Gastromycles , le pridium se separe en entier du sommet du filament continu qui le supporte, etest lanc auloin avec lasticil. Persoon elM. Corda les rejettent, peut-tre avec raison, dans la famille suivantc. Les filamcnts frtiles des Hyphomy celes , exlrmement variables dans leurs formes, sont simples ou rameux , continus ou cloison- ns, byalins ou de couleur obscure, etc. Leur ramification vari elle-mmc selon les espces et les genres : ainsi, ils sont dicho- tomes, souvent verticills , irrgulirement rameux (virgato-ra- mos). Anhisles, le plus souvent incolorcs et pcllucides de leur nature, leur coloration est presque toujours due aux sucs qu'ils contiennent. Dans les Dmaties, les filamcnts frtiles, outre qu'ils sont lo plus souvent dpourvus de mycelium ou que eclui-ci est crustac, sont d'ailleurs remarquables par leur rigidit et leur couleur oli- vlre, fuligineuse ou noire; ils sont cloisonns el portenl des spo- (i) Fond sur ees observations, M. Corda a separ des vrais Hypliomycte eclte ?. c section pour la reunir la famille suivantc, dont il a change le or en celui de Mrlomycetes. Reste savoir si Ton doit accordu plus .1.- raleur a la prsence d'un pendile qu' la struciure Glamenteuse et au mode de vgta- tion. J'en dirai autanl touchant le genre jEcidmm , compris jusqu'ici parmi les esperes de la famille precedente et dont le nieme savant , par suite de la pr- sence diiii pridium , a aussi change la place dans le systeme. BOTA NI QUE. (7 21S BOTANIQfi. ridies adhrentes le long ou a l'extrmil de leurs raineaux. (Jn les nomine plus comniunment libres (Fibrce). Chez elles, on observe encor la rcproduction tomipare, c'est dir que dans le gen re Ciado sporium , par exemple, l'extrmit eloisonne du lilamenl principal ou du rameau se mtamorphose en sporidies qui sen s parent et tombent successivement. Les sporidies sont simples ou composes. Les premieres sont for- inesd'uneseule membranecelluleuse, hyaline (cpisporiurri), quel- quefois marque d'un hile, et contenant loujours une matire spo- race, diversemen l coloree, qu'on appelle nuclus. Elles renfermenl aussi, quoique plus rarement, des granules que l'on a consideres comme des sporidioles. Souvent isoles, elles sont quelquefois ag- glomres au sommel ou sur les coles des filaments qui les suppor- tent. D'autres ibis elles forment des espces de chapelels dont les grains sont tantt contigus, tanlt runis par un lien (desmos) in- terpos entre chacun d'cux. Les sporidies composes ne s'observent gure que dans les Dmaties , o , selon M. Corda , elles prscntent la mme structure que j'ai dcrile d'aprs lui a l'occasion des spores composs du genre Puccinie. Quant la forme genrale de ees organes, elle est sphrique, ovoide, oblongue, elliptique, reni pyri- ou claviforme. lis sont lisses, anguleux, chagrines, rids , mamelonns, hrisss de poils ou d'aiguillons. Leur couleur esl infiuiment variable-, le vert fonc et le bleu sont les seules qu'ils ne revelen t pas. Chez le plus grand nombre des espces de celte famille, les sporidies lirent videmment leur origine de la masse sporace, granuleuse , suspendue dans un suc visqueux ou simplemenl aqueux qui circule dans les tubes des filamenls non cloisonns. Fries a vu un mouvement d'ascension dans ce suc chez VAsco- phora raucedo. J'ai constat le mme fait dans mes expriences sur la Muscardine , sans pouvoir dcider si ce mouvement as- censionnel tait vital ou rnolculaire. Mais , la mme apoque, j'ai positivement vu , dans le Botrytis Bassiana , les sporidies, ou des cellules globuleuscs qui ne semblaient pas en dil'frer, s'- levcr incessamment dans le tube, de la base au sommet du fila- menl, au temps o se forment ees corps reproducteurs, c'est a dir, le second jour a daler de l'volution des flocci au dehors du corps du ver a soie. Mais quel que soit le mode de formation des sporidies. dans la famille des Hyphomjctes , leur morphose ou leur volution n'est pas la mme dans l'une et dans l'autre COTANIQUE. 249 de ses deux divisions principales. Dans lune elles sorlent en effet ou paraissent sorlir de l'exlrmit du lilament et se groupenf d'aprs un mode et sur un plan arrts d'avance pour chaqu genre et puur chaqu espce. Dans les Sporotricaces , elles sont libres el disperses enlre les filaments; dans les Isaries, elles sont acrogcnes, c'est a dir adnes au sommet d'un ramea u ; dans les Botrvtides, elles se runissent ordinairement en ca- pitules sphriques plus ou rnoins volumineux autour du sommet du filament principal ou des rameaux. Ce groupement des spores a lieu d'une maniere successive ainsi que je m'en suis assur en suivaut d'heure en heure l'volulion du Botnjtis Bassiana. J'ai cru voir que les spores, formes dans le tube des filaments prin- cipaux, sortaient par le sommet de ees mmes filaments ou de leurs rameaux , entrainant devant eux l'extrmit en cul-de- sac du filament, dont ils se formaient pour ainsi dir une se- conde tunique, ou pispore, et qu'ensuite ils adhraient au lieu mme de leur sortie. Dans quelques genres, au lieu de se grouper ainsi en capitules plus ou moins fournis, les sporidies (sporidia moniliformiter concatenata) forment des chapelets qui terminent les rameaux digits, fasciculs ou verlicills de la plante (ex. Pem'cillium, Aspergillus, etc.). Dans le genre Torula, ees mmes chaines ou colliers de sporidies constiluent presque tout le Champignon, et YOidium est form aussi de filaments qui se mtamorphosent presque compllement en spores. Dans les Mucorincs, celte morphose a lieu d'une facn bien diffrente C'est enlre l'espce de columelle, dont nous avons vu que la plupart des espces taicnt munies. et le pendile qui re- sulte de ladilatation du sommet du filament, que la masse spora- ce, accumule d'abord par l'ascension continu des sucs, passe successivement par une foule de changemenls, tres bien exposs par le myctologue de Prague (1) {le. Funrj., \\, p. 19), avanl d'arriver l'tat de spores el d'acqurir leur maturit parfaile. II ne faut pas oublicr que les sporidies des Mucdines peuvent se dvelopper dans des liquides, el donner naissanec des produi - tions confervoides qui en ont impos au poinl d'lre prises pour (i) Je clois prevenir le lecteur qu'en me constituynt riiistorien des faits con- signes dans ees gen eral i tes, je ne me rends en aucune fann garant de leur vr- i it. Toute resnonsabilite doit consequemment peser sur les observateurs dont je cite les travaux, surtout (piand les faits nouveaux n'ont pas eneore recu la san lion que peut seul leur donner le controle. 20 BOTANIQUB. de ?ritables Algucs(l). Elles foot voir l'aoalogie, lo lien qui unit les deux classcs, mais on k-s dis ti agera facilcment par l'absence He toule fruclificalion tant qu'ellcs resten t submerges. Ce n'est que quand ellos atteignont la surface da liquido que l'volution des spores peut s'effcctuer. Le genre Leptomitus et plusicurs aulres offrent dos oxcmples de ees thalles de Champignons striles. lis sonl, quaut aux liquides, ce que sont pour les licux prives de lu- miore los gonres Hypha^ Himantia , Byssus, etc. Uno foulc d'es- peces inscritos dans l'ouvrage de M. Biasolctti {Di ale. Alg. mi- crosc, Trieste, 1832) nc reconnaissent pas une aulre origine. Je crois qu'il en faut dir autant de la mtamorphose des globules du lait en Penicillium glaucum (2). l est encor un fait remarquable qu'on nc saurait passer sous silence, sans se rendre coupable d'une grave omission. Le Tham- nidium elegans } Lk. (Ascophora elegans, Corda, le. Fung., II, p. 14, t. 2, f. 43), a prsente M. Corda le concours des deux sortes de fructifications qu'on retrouve dans toutos los autres Aganies. Soln I'assertion de ce savant observateur, les ramcaux verticills de cotte espce seraient termines par des sorles de gemmes propagatrices, tandis que le filamcnt principal supporte soo sommet un vritable pridiole sporigre. Les petites plantes qui constituent eette famille sont dignes du plus grand intrt, principalement sous le rapport physiologique. Elles ne sont pas moins capables d'exciter au plus haut pointla curiosit du naturaliste qui borne sa jouissance contempler les merveilles de la cration. Si elles frappent moins los yeux du vul- gaire, c'est qu'il lui manque un secours sans lequel elles sont comme si elles n'existaient pas, et ce secours cVst le microscope. e quel monde nouveau ne sommes-nous done pas redevablcs cet instrument? Les Mucdines , par exemple , qui rivalisent d'cl- gance avec quelques unes de nos plus jolies hydrophjtcs arti- cules , forment quelquefois , dans l'espace d'un pouce carr , une immense forl d'arbrcs d'une deux lignes de haut, diver- (i) M. Schimpcr pense que c'est une cause analogue , c'est dir au deve- loppement anormal des sporules des Mousses, que Ton doit la plupart des Con- ferves d'eau douce , que chaqu espce de Mousse correspond une espece de Conferve, etc. V. Soc. hist. nal., Slrasb., 3 dcemb. i83o. (2) Consultez sur cet objet : Fres , Syst. nrb. vege., p. 42. Dutrochet, Sur l'origine des Moisissures , Ann. Se. nat., Bot., 2" serie, tom. 1 , p. 3o et suiv. Kerkeley, On a conferv. stal o/"Mucor clavatus in Magaz. ofZool. and Bot., tom. II, p. 35i. BOTANIQUE. 23 1 sement el toujours lgammcnt ramilis, portant l'cxlrmil de leurs branches disposes en vcrticilles, en ombclles , en pai- coles, etc., des grappes ou des capitules du plus dlicicux effel. Tantt, plus simples , elles simulen! des ptnceaux, desraassues, des umbellules ou de jolis buissons chargs de fruits. Ces produc- tions, dont le seul dfaut est dVtre phmres, la nalure compen- satriee les reproduil partout avee tant de luxe et d'abondaucc, qu'elles sout toujours d'uue observation facile. Les Hvphomycctcs naissent tous sur des substances vegetales ou animales en voie de dcomposilion. En general , ils ne sont pas dif lidies sur le choix, mais il est pourtant tellc espece qui ne vil que sur tclle plante ou tcl animal. La plus communc de toutes, le Pe- nicillium glaucum, croit sur toutes les substances ct sous toutes les latitudes. D'un ct les Hjphoniyctes touchent aux Coniomyctes, dont les plus infrieurs de la serie ne diffrent que par le dveloppement l'air libre de leur hjphasma ; de l'aulre aux Gastromycles par les Mucorines charges d'un pridium separable (ex. le Pilo- nle). Fres les compare sa famille des Ulvacces (f7. Sean., p. 357), qui forme pour nous la sous-famille des Zoospermes, et remarque qu'elles peuvent, comme celles-ci, avoir des represen - tants dans les espces contines et dans les espces cloisonnes. Dans les deux familles queje viens d'examiner ct donl les indi- vidus n'ont gure d'utilit que dans l'conomic de la nalure, soit pour hler la dcomposilion des substances animales ou vegetales, soit pour fournir la nourriture dune foule d'insectes, les (lla- men ts a l'extrmil desquels naissent les sporidies peuvent tre dits creclo-divergents ; daus les suivantes, ces memes (ilameuts, di- versement lissusou feulrs, linissent toujours , except dans les Py- rnomyctes , par devenir erecto-convergents. GASTROMYCTES , Fres. Ln rceptacle simple ou compos (Pridium, Utcrus) forme pal la ruuion de cellulcs ou de lilaments entre-croiss , tel est le carac- tre essentiel de cette famille, qui, comme la precedente, se divise en deux grandes sections . les Angiogastkks el les Tin CHOSPERMES. I es GhampignoDS Angiogastres se distinguent sar-lc champ 252 BOTANIQUE. des autres par cee particularit que leurs sporidies, jamis pul- vruleutcs, sont contcnucs, soil daos une matire mucilagini- forme, ordinairement ftide, renferme elle-mmc dans un p- ridium general (PhalloidecB) , soit dans des rceplaclcs partiels formes par des replis du reeplaclc commun (Tuberaceai) , soit enfin dans des pridiums propres, nommes sporanges, et inclus dans un pridium commun (JSidulan acece). Un caractre commun , non seulement a lous les genrcs de celte premire subdivisin, mais encor a presque tous les Gastromy- ctes, c'est que, dans le jeune age, leur consislance se rapproche de plus en plus d'uu vrai mucilage. Quand ce n'est pas le Cham- pignon tout enlicr qui presente ce caraclre, on l'observe toujours dans une de ses porlions quelconque. Les Trichospermes diffrent principaltment des Angiogastres en ce qu' !a maturit des sporidies, celles-ci sont libres et se dis- persent sous forme de poussire, mlanges avec des filanients, quelquefois simples, mais dont la slruclure est aussi parfois plus complique. Cette grande section des Gastromyctes offre elle- mme trois formes tres remarquablement distinctes : I o les Jyxogasres dont le pridium s'organise dans une gangue muci- laginiforme qui constitue d'abord tout le Champignon ; 2 o les Trichodermaces chez lesquelles ce meme organe est , des V origine, form par des flaments entre-croiss et plus ou moins troi temen t serrs; 3 o les Lycoperdines qui olfrentun pridium ou rceplacle primitivement charnu, puis coriace, dans la composition duquel entrent soil des cellules, soit des libres feutres entre elles. Nous allons tudier les mtamorphoses successives du rceptacle et des sporidies, dans toute la serie des genres de cette famille, en nous levant des formes les plus simples aux plus compliques. Dans les Myxogastres, dont j'ai dil tout l'heure que le jeune geconsislait, ebez toutes lesespces sansexception, en un muci- lagc difflucnt, de forme et de couleur varies, on observe, me- sure que cette sorte de gangue glatiniformeprend de la consis- tance, ou qu'il se forme une crote commune a toute la masse, divise intrieurcment en cellules, ou qu'une quantit plus ou moins grande d'individus s'en sparent et vivent runis en socit sur un stroma commun. Ce slroma, qu'on nomme encor Hvpo- thalle (Hypothallus) , est form par le rsidu tres minee, membra- niforme, de la masse glatineuse d'o se sont eleves les pridiums. Dans le premier cas, il se produil un pridium unique, qui sera BOTAN IQUE. 253 ui> pridium commun , si nous vuulons considrer les cellules in- trieures comme des pridiums partiels sondes ensemble; ou bien, i! mis le second, chacao des individus du groupejouit d'an pri diuin propre, resultan! de la concrlion du mncilage. Ce pridium, sessile ou stipit, est compos d'une seule ou de plusieurs conches inembraneuses , papyraces ou cruslaces. Dans certains cas, s'il v en a deux , l'exlricure est crustaee, persistan te , ou bien, ex- eessivement minee et membraniforme, elle se rsout en squammules caduques. La dhiscence de l'organe en question est aussi quelque peu varice. Tanlt il se forme une ouverture irrgulire a son sommet (ex. Physarium); tanto! il s'ouvre comme une boite savonnette (ex. Craten'um) , tanto! loule sa moiti suprieure lombe el le reste persiste sous forme de coupe (ex. Ara/rta); lanlol enfin la membrane qui le constitue est si tenue, si dlicate . qu'elle se rsout lout entirecn squammules fugaces, et laisse a nu le capilh luna charg de sporidies (ex. Stemonitis). Mais, dans le mme lemps que se forme le pridium, sa cavit est le sige d'autres mtamor- phoses, celle des sporidies, d'une part , et de l'autre celle des lila- ments ou libres lastiques chargs de leur dissmination. Les fila menls sur lesquels reposent les sporidies sont simples ou rameux , libres et vagues ou anastomoss en rseau. Dans les Tricbiaces (1), ils sont conformes en spires el ressemblent aux lalres des Hpa tiipies. Roideset frgiles, ils s'agglutinent el se soudent entreeux de maniere a former les cloisons des cellules dans lesquelles sonl renfermes les sporidies (ex. Spumaria). Ces libres, qui par leur entre croisement composen l souvent des rseaux lgants, jouis sent aussi parfois d'une si grande souplesse jointe tanl d'lasti- cit que, devenues libres, elles s'ivent du fond du pridium el simulent un panaebe color , droitou peneb, toujours du plus gra cicux effet (ex. Arcyria); c'estcequ'on nomine vapillitium. Dans l'axe du pridium d'un grand nombre d'espces de cett section, on remarque encor un autre organe auquel ou a appliqu le niini de columelle (stvlidium). Celle-ci, qui peul manquee com pltement, semble la < onlinualion du atipe qui penetre plus ou moins avant dans le pridium el le Ira verse quelquefois dans toute son tendue. On l'observe aussi IVlat rudimenlaire. Ouand la columelle existe, les fibres rticulces partan! du pri- dium viennent y aboutir el s"v lixei . (i) Gorda, Snrlesjibres spiralesdes Trichiaces, Cfr., /'/<